Co-rédacteur en chef.
Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray
Rédacteur Cinéma & Séries télévisées.
Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).
On la trouve en sous-texte dans n'importe quel bout de péloche : la ville est un lieu d'action, un cadre spatiotemporel, le révélateur d'un milieu ou d'une fonction, un élément qui amorce l'intrigue ou lui donne corps. De Fritz Lang à Hayao Miyazaki en passant par Martin Scorsese ou Woody Allen, nombreux sont les cinéastes à l'avoir exploitée et érigée en personnage à part entière. Elle est tour à tour chiche, grandiose, contemporaine, futuriste, délabrée, high-tech, surpeuplée ou vidée de ses forces vives.
Scarface n'est pas seulement un classique du film de gangsters ayant inspiré des générations entières de cinéastes. C'est plus qu'un relief dans l'immense carrière d'Howard Hawks. C'est un monument de la mise en scène, l'écrin idoine de personnages aux déviances multiples, le révélateur d'une puissance mafieuse en extension constante... Et sans doute, cela va sans dire, un des plus grands films de l'histoire du cinéma.
C'est le dernier acte d'une trilogie entamée il y a dix ans. Dragons 3 questionne à nouveau l'amitié et la place de l'homme dans la nature, mais affranchit cette fois ses deux principaux protagonistes, le jeune viking Harold et sa Furie nocturne, dans une trajectoire personnelle et familiale aux mimétismes troublants. Grâce à la technologie baptisée MoonRay, un écrin visuellement bluffant, aux détails saisissants, vient porter des enjeux pluriels tels que l'amour, l'identité et la quête de sécurité.
La Dernière séance, c'est en quelque sorte l'antidote aux usines à rêves hollywoodiennes : jeunesse lasse et sans perspectives, géographie du désespoir, libertés offertes par la fin du Code Hays en contradiction directe avec les nombreuses entraves qui maintiennent leur emprise sur les personnages... Peter Bogdanovich réalise le film le plus pessimiste du Nouvel Hollywood avec un classicisme quasi suranné.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.
Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.