Guillaume Meral

"Titulaire d'un master en filmologie et actuellement en doctorat, Guillaume a déjà travaillé pour quelques médias avant de rejoindre l'équipe. Fan de James Cameron et George Miller, dévot de Michael Mann et Tsui Hark, groupie de John Woo et John Carpenter, il assure néanmoins conserver son objectivité critique en toutes circonstances, particulièrement pour les films qu'il n'aime pas (en gros: La Nouvelle-Vague, les Marvel et Denis Villeneuve). Il aime les phrases (trop) longues, la douceur sémantique de Booba et Kaaris, et le whisky sans coca"

Tony Scott : le cinéma familier d’un génie méconnu

Tony Scott était un cinéaste de l’âge d’or de Hollywood, dont l’estime de soi serait restée imperméable à la théorie des auteurs et aux révolutions des 60-70's. Un artisan qui prenait du temps à faire le produit et demander plus cher que le voisin, mais mettait son honneur dans le résultat final.

Questions de cinéma: interview de Nicolas Saada

"On ne peut pas vouloir plaire au public sans essayer en retour de lui donner quelque chose, c’est-à-dire faire des films qui puissent correspondre à une idée personnelle de cinéma. Il s'agit d'une question presque morale. "

Anna, Luc Besson drague Me Too

Sur le papier, Anna a tout du projet « safe », monté spécialement pour remettre une pièce dans la machine Luc Besson. A l’écran, ça ressemble un adulte de 60 ans qui ressort son vieux t-shirt des Spice Girls pour être invité aux soirées pyjama de la petite nièce de Rose McGowan.

Questions de cinéma, de Nicolas Saada: le 7ème Art prend la parole

A travers la parole des autres, Nicolas Saada esquisse une conception du cinéma qui lui est propre : un art intrinsèquement lié à ses conditions techniques, où l’intention artistique se mesure à sa capacité à survivre à un processus de production tortueux, où les dogmes se doivent de rester sur le pas de la porte de sa fabrication.

Joie sur pellicule : Simon Phoenix, génie du mal

Je suis le loup dans cette bergerie géante qu’est le monde. Je suis le renard dont les poules guettent la silhouette d’un œil inquiet dans l’entrebâillement de leur poulailler. Je suis le croque-mitaine qui empêche les marmots de dormir et l’hypothèse probable d’une mort prématurée pour tous ceux qui croisent mon chemin. Putain, mais qu’est ce que c’est bon d’être moi. Simon Phoenix, pour vous desservir.

Miracle en Alabama, Premier Contact par Arthur Penn en Blu Ray

Sur le postulat d’une héroïne privée des sens de la vue et de l’ouïe, Miracle en Alabama est un film sur le toucher qui puise dans les propriétés du médium pour traduire l’expérience de ses personnages en termes audiovisuels au spectateur. L'un des très grands films d'Arthur Penn.

Liam Neeson : Je ne suis pas un salaud

Liam Neeson paye sans doute le prix de son timing malheureux. Sans doute aurait-il commis un crime de lèse-majesté en privant la société du spectacle de l’occasion de mettre sa spontanéité en scène. Mais au-delà de ça, son moment est touchant parce que la vérité ne choisit pas ses mots. Parce que la sincérité désarmante du fond répond à une sincérité désarmante de la forme.

Time and Tide : le Big-Bang de Tsui Hark en HD chez Carlotta

Chez Carlotta, Time and Tide s'offre enfin une version HD digne de ce nom. L'intelligence du travail éditorial effectué ici se mesure autant à la qualité individuelle des interventions qu’à l’effet produit par leur agencement. Les analyses des intervenants rebondissent les unes sur les autres pour générer ensemble et en creux un portrait collectif et passionnant de Tsui Hark.

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Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

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