Chloé Margueritte

Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

Skam France : l’amitié, un village pour porter l’adolescence au sommet

La saison 7 de Skam se termine sur cette idée qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Et la série tout entière dit qu’il faut des amis, une bande de potes, pour construire une adolescence solide où l’on apprend à tomber, à trouver une place dans le monde, même incertaine. Une adaptation réussie (de la version originale norvégienne) pour une série française loin des habitudes de France Télévision (grâce à sa superbe idée, France TV Slash). La saison 8 est à découvrir dès ce lundi 3 mai !

Hippocrate saison 2 : soigner (aussi) les soignants

L'hôpital souffre, ses soignants sont à bout de souffle. C'est ce plaidoyer qui est à l'origine de la saison 2 d'Hippocrate, la série de Thomas Lilti. Si la réalité a rejoint la fiction, la dépassant de manière inattendue avec la crise sanitaire, la série dégage une force née d'un rythme ultra maitrisé et d'un équilibre entre une écriture à la fois documentaire et fictionnelle qui offre la part belle à ceux qui soignent sans le pouvoir toujours convenablement. A découvrir tous les lundis sur Canal Plus à partir du 5 avril ou en intégralité sur MyCanal.

La nature comme territoire de solitude au cinéma

La nature au cinéma n'est pas toujours que "luxe, calme et volupté" et ce ne sont pas les héros d'Into the wild, La vie pure ou encore The lost city of Z qui diront le contraire. La nature devient alors pour eux un territoire de solitude. Pourtant, ils partaient en quête de gloire ou de bonheur et se retrouvent face à eux mêmes et au besoin de partage. De quoi nourrir notre cycle sur la nature au cinéma.

Madame Claude : la reine des prostituées sur Netflix

Madame Claude avait été interprétée par Françoise Fabian en 1977. Cette fois, c'est Karole Rocher qui s'y colle, voix off omniprésente à l'appui. Le biopic reste classique, mais claque grâce à un casting au top. A voir sur Netflix, la sortie en salles ayant été finalement abandonnée par la production.

La Voix humaine : le court métrage d’Almodovar en VOD

La Voix humaine est un court-métrage réalisé par Pedro Almodovar en langue anglaise. Par un langage aussi universel qu'Almodovarien, le réalisateur décrit la courte période d'enfermement d'une femme au bord de la crise de nerfs. Interprété par Tilda Swinton, ce personnage féminin rejoint la longue liste des femmes empêchées qui se rebellent, femmes que le réalisateur affectionne. Librement inspirée de la pièce de théâtre de Jean Cocteau, La Voix humaine est à découvrir en VOD depuis le 19 mars.

La Fleur du mal : quand la famille se barricade à la sauce Chabrol

Le thème si cher à Chabrol de la bourgeoisie est ici cruellement décortiqué. La Fleur du mal met en scène une famille bourgeoise qui se déchire, mais loin des regards, et ce thème de la transmission est poussé à son paroxysme. Un petit régal, même si rien de neuf ne venait, en 2003, bouleverser la petite mécanique Chabrolienne. 

Slalom de Charlène Favier : apprendre à dire non

Slalom de Charlène Favier sortira en salles quand les cinéma seront de nouveaux ouverts. Présenté en avant-première avec la 25e heure et le cinéma le Méliès à Montreuil, le film est un petit bouleversement. Commencé en 2015 mais achevé  après les révélations #metoo, le film est un écho maitrisé et équilibré à ce mouvement. Charlène Favier a fait de son film-pansement, un film universel qui va droit au cœur. L'équilibre et la force se jouent dans l'écriture des personnages, mais aussi dans une mise en scène joueuse, tendue et travaillée qui fait de Slalom plus qu'un film coup de poing, mais plutôt une véritable œuvre de cinéma.

L’Apollonide, souvenirs de la maison close : rêve d’un monde disparu

L’Apollonide, souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello emprunte à la structure du rêve. Nous sommes en effet prévenus dès le début que le monde qui nous est présenté n’existe plus. Nous sommes dans un souvenir ou plutôt des souvenirs au pluriel. Le réalisateur s’inscrit dans un cinéma de la recréation fantasmagorique. Parfait pour notre cycle sur le rêve au cinéma.

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Kill Bill : The Whole Bloody Affair, la nouvelle séquence anime et le geste hybride que Tarantino a inventé en 2003

Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.

Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

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Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.