Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Les données sont des formes de mémoire qui peuvent prendre n'importe quelle forme », dit Refik Anadol. Des filtres TikTok aux NFT de Beeple, du photoréalisme de Love Death & Robots aux prompts Midjourney : l'image n'est plus surface fixe mais processus vivant, hallucination contrôlée.
La peinture est des boîtes de chair liquide", dit Jenny Saville. De Black Swan à Titane, d'Euphoria aux défilés Balenciaga, l'art contemporain dissout les frontières entre corps et matière picturale. Chaque surface devient territoire à transformer.
Agnès Martin et le silence mystique du minimalisme : de ses grilles contemplatives aux espaces vides de Her, Lost in Translation et Drive, jusqu’au purisme de Jil Sander et The Row. Une quête de plénitude intérieure dans un monde saturé
Un homme seul face à l'immensité glacée. De Friedrich à Lubezki, le cinéma contemporain réinvente l'esthétique romantique du sublime et de la nature hostile.
Et aussi : 6 mini entrées de l'Abécédaire artistique. Lorsqu'on souhaite travailler dans l'art ou la culture, on se doit de connaître les termes, le "jargon" du métier... Mais pourquoi nous réserver ces mots ? Pourquoi ne pas les partager ? Que ce soit pour se cultiver, pour avoir un meilleur vocabulaire technique, pour briller en société ou tout simplement pour connaître de nouveaux concepts, cet abécédaire artistique est là pour être découvert.
Le rythme n’est pas une vitesse : c’est une forme. Il organise la perception, structure l’émotion, oriente l’attention. Dans le cinéma, les séries, la musique, la peinture ou les environnements numériques, le rythme agit comme un opérateur culturel : il accélère, ralentit, coupe, étire. Le rythme est une manière de faire sentir — une pulsation qui traverse les images et les corps.
Ne me touchez pas est la première création de danse contemporaine écrite, mise en scène et chorégraphiée par Laura Bachman. Elle y danse avec Marion Barbeau, Première Danseuse à l'Opéra de Paris qu'on a également pu voir au cinéma dans En corps. La pièce est d'une beauté sauvage, rythmée par une musique live qui dialogue avec les corps. La chorégraphe dit avoir d'abord pensé aborder le toucher à travers un court métrage sur les mains qui se frôlent et qui disent plus que les mots. Elle nous offre une large palette de rapports au toucher pour parler d'intimité, de violence, mais aussi et avant tout de désir et de joie de découvrir le corps de l'autre. La captation du spectacle est visible sur le replay de France.TV depuis le 2 septembre 2023 et Ne me touchez pas sera en représentation à La Villette en novembre 2023.
Le clair-obscur n’est pas technique : c’est une arme morale. Caravage fait surgir la lumière du noir comme un jugement, une révélation violente qui accuse et sauve. Cette expression traverse The Godfather (baptême dans l’ombre), Barry Lyndon (bougies cruelles), les défilés McQueen (ombres qui dévorent). La peinture reste l’art qui perce l’âme et hante le regard.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.