Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Qu'est-ce qui a pu pousser Anton Tchékhov, médecin philanthrope et, déjà à l'époque, dramaturge reconnu, à quitter Moscou en 1890 pour se rendre sur Sakhaline, la plus grande île russe, au Nord du Japon, et, là-bas, partir à la rencontre des forçats ?
Le geste du peintre n’est jamais un simple mouvement : c’est une écriture du corps, une énergie qui traverse la matière et laisse une trace. Qu’il soit rapide ou méditatif, ample ou retenu, il engage le souffle, la vitesse, la résistance du support. De la calligraphie asiatique à l’action painting, le geste devient pensée, rythme, présence. Une manière de peindre qui révèle autant l’artiste que l’œuvre elle‑même.
Peindre la lumière, c’est tenter de saisir ce qui n’a ni contour ni poids : un éclat, une ombre, une vibration. De Caravage à Turner, de Rembrandt à Turrell, la lumière devient matière, atmosphère, révélation. Elle sculpte les formes, transforme les espaces, ouvre des mondes. Une exploration de ce phénomène insaisissable que les peintres n’ont jamais cessé de poursuivre.
Le silence en peinture n’est jamais un vide : c’est une présence, une tension douce, une respiration qui traverse l’image. De Hammershøi à Morandi, de Hopper à Rothko, certains artistes sculptent l’immobilité comme une matière. Le silence devient atmosphère, attente, profondeur intérieure. Une exploration de ces œuvres qui parlent en se taisant.
Le blanc n’est jamais un vide : c’est une matière, une vibration, une intensité. De Malevitch à Ryman, d’Agnes Martin aux monochromes contemporains, certains artistes en ont fait un territoire radical et méditatif. Le blanc devient lumière, texture, espace intérieur. Une exploration de cette couleur qui n’en est pas une, mais qui ouvre un monde.
La matière n’est jamais neutre : elle résiste, absorbe, accroche, se fissure. De Dubuffet à Fautrier, de Tapiès à Kiefer, certains artistes en ont fait un véritable langage. Textures, épaisseurs, reliefs : la peinture devient surface vivante, terrain de lutte, mémoire du geste. Une exploration de cette dimension tactile et profonde qui façonne l’image.
Le paysage n’est plus un décor : il est une perception, une atmosphère, une relation au monde. De Turner à Monet, de Friedrich à Richter, jusqu’aux installations immersives d’Eliasson, les artistes réinventent le paysage comme sensation, abstraction ou alerte écologique. Une traversée des formes contemporaines du regard.
L’invisible n’est pas ce qui échappe au regard : c’est ce qui le traverse. De Rothko à Soulages, de Twombly à Kapoor, certains artistes cherchent à capter une aura, un souffle, une présence diffuse. L’invisible devient vibration, trace, espace intérieur. Une exploration de ces formes qui ne se montrent pas, mais qui agissent.
Un oiseau hyperactif, un écureuil rongé par l’anxiété et un chat affamé : James Burks lance une série jeunesse qui assume pleinement ses codes. Sans chercher à révolutionner l’aventure humoristique animalière, ce premier tome mise sur l’énergie, la dynamique du duo dépareillé et l’efficacité du gag cartoon.
Avec "Les Trois Maisons de Michel Foucault", les Presses universitaires de Rennes prennent le parti d'explorer le philosophe français à travers Poitiers, Vendeuvre et Verrue. Le livre transforme ces lieux de vie en véritables chambres d’écho de son œuvre. Une manière singulière, remarquablement incarnée, d’approcher une pensée souvent réduite à ses concepts les plus célèbres.
Le scénariste Jean-Yves Le Naour et le dessinateur Emilio Van der Zuiden s’emparent de Margaret Thatcher, fille d’épicier devenue Première ministre de Grande-Bretagne. Il en ressort une figure intraitable, caractérisée avec ce qu'il faut d'humour noir et de critique sociale.
« - Hamaki va ouvrir son propre restaurent ! Son restaurant à ELLE !
- Oui, super. Et toutes les emmerdes qui vont avec, par la même occasion.
- Ooh, arrête un peu ! Tu ne la crois pas capable de gérer ?
- Si, si…
- Alors ne fais pas ton rabat-joie ! C’est un grand jour pour elle ! Tu me promets de rester PO-SI-TIF ?
- Oui, cheffe ! »
Avec "Au bord de l’abîme : où en est le cinéma d’horreur français ?", Léa Lahannier entreprend un état des lieux du genre horrifique hexagonal. Elle en exhume la mémoire cinématographique, les motifs, les contradictions et les métamorphoses. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.