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« Les Gendarmes : L’album du film » : en coulisses

À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma. 

« L’Odyssée » : un monument de la littérature adapté en BD

Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif. 

L’homme gribouillé, à l’aspect monstrueux

« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ? - Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de… - Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ? - Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh… - Répugnant. Oui - … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a… - … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble ! - Franchement, je préférerais pas… - Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard. - Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »

« Histoire de la bande dessinée en France » : généalogie d’un art devenu champ culturel

Avec sa brève "Histoire de la bande dessinée en France", Benjamin Caraco propose bien davantage qu’une synthèse chronologique : une mise en ordre documentée d’un champ longtemps considéré comme périphérique, mais aujourd’hui pleinement intégré aux études culturelles. En 128 pages denses mais parfaitement limpides, l’opuscule paru aux éditions La Découverte réussit un exercice délicat : restituer la complexité historique, sociale et esthétique de la bande dessinée française sans céder ni à l’érudition sèche ni à l'inventaire de noms.

« Tunnels » : quand la route des vacances débouche sur l’invivable

Sous couvert d’un trajet estival banal, "Tunnels" orchestre une lente mais implacable dérive vers l’irrationnel. Michaël Sanlaville transforme l’autoroute des vacances en piège existentiel, où l’enfance, la peur et l’impuissance parentale se heurtent à une violence absurde, presque grotesque.

« Rest in Pieces » : l’horreur comme chambre d’écho

Avec "Rest in Pieces", Karmarket signe un recueil d’histoires courtes où l’horreur n’est jamais une fin en soi, mais le révélateur d’une solitude fondamentale. Entre fantômes intimes, corps mutilés, divinités grotesques et futurs désincarnés, l’auteur compose une œuvre dense, profondément mélancolique, qui scrute les failles humaines à la lumière d’un imaginaire sombre, nourri autant par H. P. Lovecraft que par Junji Ito, tout en affirmant une voix singulière, patiemment façonnée.

« Mickey et le Roi des Pirates » : désordre et duplicité

Avec "Mickey et le Roi des Pirates" (éditions Glénat), le récit d’aventures flamboyant se double d'une fable plus sombre sur l’identité, l'ordre et le pouvoir de l’argent. En convoquant Charles Dickens, le feuilleton populaire et l’imaginaire pirate, l’album glisse Mickey et Picsou dans un Londres fiévreux où un simple sou suffit à faire vaciller tout un monde.

Retour de l’Agent 9 : l’espionnage en équipe

Ce second tome d’"Agent 9" poursuit son travail de détournement : recycler les grands codes du récit d’espionnage pour les offrir, malicieusement désossés, à un jeune lectorat, sans jamais sacrifier ni l’intelligence, ni le plaisir de lecture.

« Le Serment » : en coupes franches

Avec "Le Serment", Mathieu Gabella et Mikaël Bourgouin signent un huis clos chirurgical et cinématographique. Un thriller fantastique tendu, où chaque action semble rapprocher le récit d’un point de non-retour.

« Frangipane » : la République à parts égales

C'est aux éditions Glénat. La galette des rois devient le théâtre d’une implosion intime et politique. Et par ce truchement, Hervé Bourhis signe une comédie sociale acide, nerveuse, et furieusement contemporaine.

La tête de mort venue de Suède, illustration du doute cartésien

« - Et qu’est-ce que tu as de tellement particulier ? Des comme toi, il en avait plein ses armoires, le vieux Cuvier ! - Plein les armoires ?! Certainement pas !! Je suis même unique en mon genre, si je crois qui je crois !! Ma tête en impose, elle fait débat… Mais j’ai sévèrement manqué de bol, voilà !! Je paie sans doute pour ce temps où je me considérais moi-même comme n’ayant ni mains, ni yeux, ni chair, ni sang, ni aucun sens… C’était un point de départ rhétorique, mais aujourd’hui, j’en suis bel et bien là ! - Tes os te manquent, tu dois être déprimé. - C’est vrai que si j’étais entier, tout aurait une autre allure, alors que là !... Un crâne à la dérive, balloté de-ci de-là… précieuse relique un jour, débris douteux le lendemain !... Alors que c’est moi qui ai mis l’homme au centre du monde ! »

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L’homme gribouillé, à l’aspect monstrueux

« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ? - Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de… - Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ? - Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh… - Répugnant. Oui - … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a… - … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble ! - Franchement, je préférerais pas… - Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard. - Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »

« Naïs » : la force du renoncement

En adaptant "Naïs" de Marcel Pagnol, Éric Stoffel et David Ratte redonnent vie à l'un des textes les plus denses de l'écrivain provençal. Derrière une romance contrariée se dessine en effet une réflexion sur le sacrifice, la différence et l'amour possessif, portée par une galerie de personnages d'une remarquable justesse.

« Les Adieux ne durent jamais » : le voyage comme ultime conversation

Après "L'Étreinte", Jim et Laurent Bonneau se retrouvent pour un nouveau récit habité. Un simple road trip entre amis y fait figure de révélateur. Une traversée des silences, des absences et des liens invisibles qui continuent d'unir les vivants aux disparus. Les Adieux ne durent jamais confirme la singularité d'un duo qui préfère les émotions diffuses aux effets spectaculaires.