« A l’origine, nous étions des êtres doubles : chaque humain était constitué de deux personnes, unies en un seul corps gigantesque. Notre force et nos capacités étaient d’autant plus grandes et notre pouvoir était tel que nous cherchâmes à rivaliser avec les dieux… »
Un sex-shop, une vendeuse qui en a vu d’autres et Hugo, collègue aussi candide qu’intarissable : il n’en faut guère davantage pour transformer godes, porno, fantasmes et petites misères sexuelles en machine à gags. Sans prétendre révolutionner la gaudriole, cette BD trouve son meilleur carburant dans le télescopage entre la banalité du commerce et ce que ses produits ont de délicieusement embarrassant.
En revisitant le mythe de Frankenstein à travers une mosaïque d’organes, Michael Walsh signe l’un des récits les plus originaux jamais consacrés au monstre de Mary Shelley. Publié chez Urban Comics, ce Frankenstein portant des habits neufs interroge ce que les morts laissent aux vivants.
Avec "Leave Them Alone", Roger Seiter (scénario) et Chris Regnault (dessin) signent une fresque ambitieuse, tendue, qui s’inscrit dans la grande tradition du western. Paru aux éditions Bamboo (Grand Angle), l’album se déploie sur 160 pages denses et nerveuses, où le souffle de l’Ouest n’a rien de romantique : il sent la poussière, la sueur et le sang.
Sous la plume de Corinna Bechko et avec les dessins de Beni R. Lobel, "Avatar : S’adapter ou mourir" (éditions Delcourt) se glisse dans les interstices de la saga de James Cameron. Une préquelle où le souffle mythologique de Pandora s’unit à une réflexion douce-amère sur la connaissance, la confiance et les désastres engendrés par l’arrogance humaine.
Camille Anseaume et Cécile Porée livrent avec "Une toute petite conversation" (éditions Delcourt) un récit aussi pudique qu’intime, où les choix faits autrefois trouvent enfin leurs mots. Un album qui sonne comme un dialogue réparateur, d’une tendresse lucide, sur l’amour et la parentalité.
Quand Brian Azzarello et Eduardo Risso s’aventurent sur les pistes poussiéreuses du Far West, le résultat est une fresque crépusculaire où l’innocence se fait lambeaux. Derrière le fracas des fusillades et le parfum sec de la poussière, ce western raconte surtout l’histoire de trois enfants jetés dans un monde d’adultes et déjà trop abîmés par la violence.
À l’occasion des 120 ans de la loi de 1905, les éditions Delcourt publient un album documenté qui retrace le vote de la Séparation des Églises et de l’État. Un récit vivant, mais aussi un terrain miné par les choix de mise en scène et d’interprétation.
Entre thriller médiéval et fresque historique, le nouveau diptyque de Jean Dufaux et Juan Luis Landa nous entraîne dans les ruines du royaume de France, là où la faim d’un monstre croise la ferveur d’une pucelle. Une œuvre crépusculaire où la noirceur d’un ogre s’oppose à la lumière de Jeanne d’Arc.
Les temps changent, même à Donaldville. À l’ère des influenceurs juniors, des fortunes volatiles et des prisons connectées, Picsou n’a plus vraiment la main sur la manivelle de son coffre-fort. Dans "Picsou et les Bit-coincoins", Jul et Keramidas signent un album irrésistible de malice et de satire, où le canard le plus riche du monde tente de surnager dans l’économie numérique… à coups de scrolls, de scams et de selfies flous.
« A l’origine, nous étions des êtres doubles : chaque humain était constitué de deux personnes, unies en un seul corps gigantesque. Notre force et nos capacités étaient d’autant plus grandes et notre pouvoir était tel que nous cherchâmes à rivaliser avec les dieux… »
Dans "L’Âge des inutiles", David Da Silva croise Donald Trump, la Silicon Valley, l’intelligence artificielle et le cinéma pour poser une question simple mais inquiétante : et si le progrès que nous célébrons préparait déjà notre propre déclassement ? Non pas la grande apocalypse mécanique promise par la science-fiction, mais quelque chose de plus discret et rationnel : un monde où l’humain deviendrait peu à peu l’élément le moins rentable du système.
Un sex-shop, une vendeuse qui en a vu d’autres et Hugo, collègue aussi candide qu’intarissable : il n’en faut guère davantage pour transformer godes, porno, fantasmes et petites misères sexuelles en machine à gags. Sans prétendre révolutionner la gaudriole, cette BD trouve son meilleur carburant dans le télescopage entre la banalité du commerce et ce que ses produits ont de délicieusement embarrassant.