À travers une série de contributions consacrées à la pandémie, au climat ou encore au vieillissement démographique, l’ouvrage paru aux PUR observe avec acuité l'état et la lente métamorphose des systèmes sociaux. France, Japon : partout, la crise agit comme révélateur, accélérateur, et parfois même en tant que mise en demeure.
Sébastien David et Hélène Valmary dirigent aux PUR un ouvrage collectif intitulé Les super-héros dans le cinéma hollywoodien contemporain. Ce dernier prend le blockbuster au sérieux : plus qu'un produit industriel ou le symptôme patenté de l’hégémonie Marvel, le super-héros y est analysé comme carrefour de formes, de gestes, de sons, de corps ou encore de croyances. Un laboratoire où le cinéma contemporain rejoue, parfois malgré lui, toute une histoire des images.
Avec "Les Trois Maisons de Michel Foucault", les Presses universitaires de Rennes prennent le parti d'explorer le philosophe français à travers Poitiers, Vendeuvre et Verrue. Le livre transforme ces lieux de vie en véritables chambres d’écho de son œuvre. Une manière singulière, remarquablement incarnée, d’approcher une pensée souvent réduite à ses concepts les plus célèbres.
Hugues Jourdain adapte le roman de Constance Debré, "Nom", publié en 2022 chez Flammarion. Victoria Quesnel (vue dans Léviathan de Lorraine de Sagazan à Avignon en 2024) y interprète l'autrice dans un décor d'une simplicité salvatrice : un plateau nu , un corps, une chaise, un micro et une paire de Nike. La force du texte dit n'en est que renforcée, le plateau s'embrase et les mots résonnent dans le silence pour mieux venir tout détruire et construire, autrement. "Nom" est une transformation, une épure, qui se débarrasse du futile et interroge nos rapports amoureux, familiaux surtout, notre lien au monde et au superflu.
Benoît Gourisse, dans un imposant ouvrage de 620 pages publié aux éditions LettMotif, nous offre une traversée passionnante de trois décennies emblématiques du septième art. Il dresse un portrait complet des chefs-d'œuvre ayant marqué l’histoire hollywoodienne, tout en analysant les bouleversements artistiques, techniques et socioculturels qui ont façonné l'industrie du cinéma.
Dans "Liberté, Vérité, Démocratie" (Flammarion/Climats), Arnaud Esquerre s’attaque avec une clarté redoutable à l’un des dilemmes centraux de notre époque : comment préserver la liberté d’expression tout en évitant qu’elle ne se détruise elle-même ? Alors qu’on lit et entend souvent qu’« on ne peut plus rien dire » en démocratie, l’auteur retourne la question et observe que nous n’avons jamais disposé d’autant d’espaces pour nous exprimer, quitte à ce que certains d’entre eux s’érigent en lieux d’excès et de violence. Entre réflexions théoriques (Freud, Judith Butler) et analyses contemporaines (cancel culture, modération sur les réseaux sociaux, scandales religieux), ce court essai regorge d’exemples concrets qui nous invitent à repenser la place de la vérité en politique.
Les éditions L'Harmattan publient un généreux et interdisciplinaire "Dictionnaire du sang". Jean-François Schved analyse par le menu les multiples réalités que recouvre ce liquide indispensable à la vie humaine et animale.
Le volumineux ouvrage "Fellini 23 ½", d’Aldo Tassone, est publié chez Carlotta. Comptant quelque 800 pages, il s’inscrit dans la lignée des publications « format bible » dédiés aux grands cinéastes, après ceux consacrés à Ozu et Bergman. Ici, c’est l’ensemble de l’œuvre de Federico Fellini qui est examinée et célébrée : les 23 films « et demi » du maître italien, réalisés entre 1950 et 1990, sont passés au crible, depuis Les Feux du music-hall (Luci del varietà) jusqu’à La Voce della luna, ultime long métrage du réalisateur.
"La Montagne par les grands maîtres de l'estampe japonaise", introduit par Anne Sefrioui et publié aux éditions Hazan, se penche sur la montagne telle qu’elle est représentée dans l’art de l’estampe japonaise. Sous la forme d’un ouvrage-accordéon de 118 pages accompagné d’un livret explicatif de 48 pages, ce coffret explore l’importance culturelle, spirituelle et esthétique de ces paysages dans l’imaginaire japonais.
Dans "De la caricature à Charlie Hebdo – 1830-2015", Yves Frémion retrace avec minutie et passion l’histoire riche et mouvementée du dessin satirique français. Cet ouvrage volumineux, publié aux éditions Glénat, sonde la caricature politique et sociale, des premières estampes révolutionnaires jusqu’à l’héritage contemporain de Charlie Hebdo. Entre portraits d'artistes, analyses contextuelles et thématiques, cette somme est une célébration de la satire comme miroir critique de la société.
"Focus 2024 : Le regard des photographes de l'AFP", publié par les éditions La Découverte, réunit les clichés les plus marquants de l'année, capturés par les photojournalistes de l'Agence France-Presse. Ce recueil visuel documente la réalité du monde contemporain, entre conflits, catastrophes climatiques, manifestations sportives, moments de joie et résilience humaine.
À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma.
Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.
« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ?
- Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de…
- Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ?
- Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh…
- Répugnant. Oui
- … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a…
- … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble !
- Franchement, je préférerais pas…
- Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard.
- Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »
En adaptant "Naïs" de Marcel Pagnol, Éric Stoffel et David Ratte redonnent vie à l'un des textes les plus denses de l'écrivain provençal. Derrière une romance contrariée se dessine en effet une réflexion sur le sacrifice, la différence et l'amour possessif, portée par une galerie de personnages d'une remarquable justesse.
Après "L'Étreinte", Jim et Laurent Bonneau se retrouvent pour un nouveau récit habité. Un simple road trip entre amis y fait figure de révélateur. Une traversée des silences, des absences et des liens invisibles qui continuent d'unir les vivants aux disparus. Les Adieux ne durent jamais confirme la singularité d'un duo qui préfère les émotions diffuses aux effets spectaculaires.