Sneaky Pete, une série de David Shore et Bryan Cranston : Critique saison 1

Après avoir été rejetée par CBS, Sneaky Pete, la série co-produite par Bryan Cranston, a finalement été achetée par Amazon, qui se paye un divertissement sympathique, malgré quelques clichés et grosses ficelles.

“When liars get caught in a lie, they don’t come clean, they build a bigger lie.”*

Après en avoir entendu parler pendant des mois, des années même, Sneaky Pete sort enfin sur Amazon. La série narre la supercherie mise en place par Marius, alias Pete, qui a une semaine pour rembourser les 100 000 dollars qu’il doit à Vince, un patron de casino, autrement ce dernier commence à couper les doigts de son frère. Ce synopsis sérieux donne lieu à une série pêchue, traitée avec beaucoup d’humour et d’optimisme, le tout accompagnée d’une bande-son pop rock vitaminée.

Une légèreté assumée de bout en bout, qui passe notamment par le traitement du méchant, incarné par le grandiose Bryan Cranston (Malcolm, Breaking Bad), qui reste en soit un personnage assez cliché, on pense à son interminable monologue de mafieux qui explique pourquoi il se doit de couper l’orteil d’Eddie (joué par Michael Drayer, vu dans Mr Robot) qui se liquéfie alors de peur. Mais le fait de rester à la surface de ce criminel froid et cruel permet de ne pas donner une atmosphère trop dramatique et sombre à la série, dont la volonté est de rester résolument légère. Même chose en ce qui concerne la famille de Pete, que Marius essaie d’arnaquer, et dont les membres semblent soudés mais qui sont en fait pleins de ressentiments. A chaque fois qu’un drame familial s’apprête à pointer son nez, la série le déjoue et renverse la situation en se cramponnant à son ambiance optimiste. On ne retient alors que les touchants échanges entre Marius et la cousine de Pete, Carly, ou encore sa romance naissante avec Julia, bien qu’elle soit peu développée dans cette première saison. Malheureusement, les grand-parents de Pete resteront antipathiques jusqu’au final.

La série accumule parfois des ressorts dramatiques un peu faciles pour faire monter le suspense, comme la carte d’identité de Marius malencontreusement perdue dans le coffre de son “cousin”, qui sont des scènes qu’on a vu et revu. Et bien que certains éléments auraient gagné à être plus subtils, le tout fonctionne. Et si ça marche c’est avant tout grâce au casting et surtout grâce à la superbe performance de Giovanni Ribisi, l’éternel petit frère de Phoebe dans Friends, qui réussit à donner dès le pilote, une épaisseur à son personnage, auquel on s’attache immédiatement. Et malgré ses mensonges qui ne cessent de s’accumuler, on souhaite toujours voir les choses aller de son côté. Si Sneaky Pete a droit à quelques complications superficielles, elle s’en sort plutôt bien en gardant un récit relativement fluide et facile à suivre sans que l’on se noie dans les sous-intrigues. On notera cependant un milieu de saison un peu long qui se rattrape avec un final énergique, digne d’un film de casse à la Ocean Eleven, avec ses split screen et son rythme dynamique.

*Quand les menteurs se font prendre, ils ne confessent pas, ils construisent un plus gros mensonge.

Sneaky Pete, saison 1 : Bande-annonce

Traqué par l’homme qu’il a trahi, un escroc change d’identité à sa sortie de prison. Ne sachant pas où aller, il prend l’identité de son compagnon de cellule et se rend dans la famille de celui-ci. Tout en donnant le change à ses nouveaux parents, le jeune homme doit trouver un moyen de sauver son jeune frère devenu la cible du gangster qui veut lui mettre la main dessus.

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Sneaky Pete : Fiche Technique

Créateurs : Bryan Cranston, David Shore
Réalisation : Seth Gordon (Ep 1)
Scénario : David Shore (Ep 1)
Interprétation : Giovanni Ribisi (Marcus/Pete), Margo Martindale (Audrey), Peter Gerety (Otto), Marin Ireland (Julia), Libe Barer (Carly), Shane McRay (Taylor), Bryan Cranston (Vince)…
Production : Bryan Cranston, James Degus, David Shore, Graham Yost.
Sociétés de production : Sony Pictures Television, Shore Z Productions
Format : 10 x 48 minutes
Chaîne d’origine : Amazon Video
Première diffusion : Pilote (7 août 2015), saison entière (13 janvier 2017)

Etats-Unis – 2017

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Perrine Mallard
Perrine Mallardhttps://www.lemagducine.fr/
J’ai grandi avec Luke Skywalker, Korben Dallas et la bande de Friends. Rêvé de devenir un gangster comme dans les films de Scorsese. Me suis prise pour une cinéphile après avoir vu Pulp Fiction et découvert mon amour pour le cinéma avec les films des frères Coen. J’aime la poésie de Sofia Coppola et l’imaginaire de Wes Anderson. Je préfère presque toujours les méchants. Et mes films préférés sont entre autres : Bronson, Un Tramway nommé Désir, Donnie Darko, The Dark Knight, Thelma & Louise, Somewhere, Mad Max : Fury Road, The Voices, Snatch et la plupart des Coen. J’ai découvert les séries avec Supernatural pour ensuite me tourner vers The Walking Dead, Misfits et continuer avec The Office, Hannibal, True Detective pour ne jamais m’arrêter, à tel point que je ne peux plus me passer de ma dose quotidienne. Néanmoins, j’ai la fâcheuse tendance à dire que les premières saisons sont les meilleures. Je n’ai pas de préférence entre le cinéma et les séries, tout comme je n’en ai pas concernant les genres, les seuls films/séries qui ne me plaisent pas sont ceux qui me laissent indifférente.

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