Hollywood Legends ressort deux classiques des années 50

Ce 4 novembre,  nous retrouverons dans les bacs deux films de la Fox, dans la continuité du travail de restauration en Haute Définition des classiques de la firme entrepris par la collection Hollywood Legends. Deux DVD desquels on regrettera l’absence de bonus.

Tant que soufflera la tempête (Henry King, 1955)

Trois ans après Les Neiges du Kilimandjaro et après un court passage par les colonies en Indes (Capitaine King), (il manque un mot/nom) retourne poser sa caméra en Afrique, et plus précisément en Afrique du Sud. Le parti-pris d’Henry King est de filmer cette représentation romanesque au possible du colonialisme comme on filmerait un western classique. Autant dire alors que la limite morale de cette fresque qui vante l’hégémonie des braves européens sur des sauvages indigènes (si le film a été censuré dans certains pays car jugé très insultant envers les africains, ce n’est pas pour rien) cherche à se raccrocher aux branches selon l’argument que la situation, qui fut la même sur le continent américain à l’égard des indiens, est admise depuis longtemps. Les fameuses scènes d’attaques par la tribu zoulou ont beau former une imagerie encore rare au cinéma dans les années 50, la façon dont elles sont filmées ici nous met dans une parfaite zone de confort cinégénique, tant elle a en fait été déjà vue cinquante fois. Faut-il alors y voir une critique allégorique du traitement des indiens aux Etats-Unis ? Rien n’est moins sûr, car jamais le scénario ne nous fera prendre parti pour ces natifs. Le réalisateur préférera se concentrer sur une intrigue plus académique encore que la forme, celui d’un triangle amoureux qui oppose deux hommes entièrement antagonistes (Tyronne Power et John Justin) pour les beaux yeux d’une même femme (Susan Hayward). Pendant ses 110 minutes, le scénario déroule rebondissement convenu sur rebondissement invraisemblable dans cette histoire d’amour, sans jamais prendre la peine d’exploiter son contexte politique autrement qu’en en filmant les beaux décors exotiques.

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD:
Master restauré HD
Format image : 2.35 ; 4/3 Letter Box
Format son : Anglais & Français Mono
Sous-titrage : Français
Couleurs
Durée : 1h41
Prix indicatif : 16 €

L’Homme au complet gris (Nunnally Johnson, 1956)

Davantage connu pour ses scénarios (et en particulier ceux des Raisins de la Colère et, plus tard, des 12 salopards) que pour ses rares réalisations, Nunnally Johnson n’en reste pas moins l’auteur de cet Homme au complet gris, qui connut un gros succès à sa sortie, et qui surtout a le mérite de dépeindre avec un soucis de véracité assez rare les bouleversements de la société américaine d’après-guerre, prise entre un conformisme ultra-conservateur et un traumatisme autodestructeur. Cette caution réaliste est assurée par le fait qu’il s’agisse de l’adaptation du roman homonyme de Sloan Wilson, une autobiographique propulsée au rang de best-seller dès sa parution l’année précédente. Cette précision ajoute en plus au degré de sympathie que l’on peut ressentir pour le personnage de Tom Rath, interprété par un Gregory Peck aussi classe qu’à son habitude. Dans le rôle de son épouse, la belle Jennifer Jones incarne l’assurance que les femmes ont pu prendre dans cette société phallocrate pendant l’absence de leurs maris sur le front, cette fameuse « prise de pouvoir » dont le cinéma hollywoodien a cherché à nous avertir à travers la figure de la femme fatale dans les films noirs. La meilleure piste du scénario est certainement celle de l’éclatement de ce cocon familial, annonciateur des troubles qui traverseront l’Amérique lors de la décennie suivante, au cours de laquelle la jeune génération de baby-boomers abreuvée à la télévision se rebellera contre l’hypocrisie et la superficialité de leurs aïeux. Sur la forme, la mise en scène de Johnson se révèle en revanche terriblement impersonnelle, voir figée et plan-plan, ce qui explique que le film ait si mal vieilli, malgré son propos toujours d’actualité, et donc, , qu’il soit inévitablement tombé dans l’oubli. Cette réédition est donc une bonne occasion de le redécouvrir, surtout pour les amateurs de l’ambiance feutrée de la série Mad Men.

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD:
Master restauré HD
Format image : 2.55 ; 16/9 compatible 4/3
Format son : Anglais & Français Mono
Sous-titrage : Français
Couleurs
Durée : 2h26
Prix indicatif : 16 €

 

Festival

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Julien Dugois
Julien Dugoishttps://www.lemagducine.fr/
Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

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