Salem : saison 1 : Critique de la série

Salem une série à l’ambiance gothique envoûtante

Le bûcher pour Salem ?

Pour sa toute première série, WGN America, une petite chaîne de Chicago, mise beaucoup sur cette création fantastique d’Adam Simon et de Brannon Braga (scénariste de Star Trek : Générations et Star Trek : Premier Contact), qui nous plonge au cœur de la jeune Amérique puritaine du XVIIème siècle. Dans la petite ville mythique du Massachussetts, des femmes sont accusées d’avoir pactisé avec le diable, et sont condamnées pour sorcellerie puis pendues ou brûlées au bûcher. Tout un programme !…

Si la sorcellerie est l’un des thèmes favoris des séries adolescentes, comme en témoigne Witches of The East End qui lorgne mollement du côté de Charmed, Salem est destinée quant à elle, à un public adulte. Son ambiance fantastique, provocante et oppressante, mêlant sang, sexe, et surnaturel, en fait de ce point de vue, une série mâture et sans concessions, l’éloignant néanmoins de la véracité historique. Malgré un pilote un peu lent et flou, le show parvient au fil des épisodes à créer du mystère autour du rassemblement des sorcières et des ambitions qui les animent. De même, la bataille biblique entre les Puritains qui défendent les lois du Dieu tout puissant, et ces sorcières avides de pouvoir, apportent leur lot d’injustices, de violences, et d’exécutions sommaires. Certaines scènes malmènent la rétine, comme cette jeune femme possédée qui désigne, tel un chien renifleur, la sorcière de son doigt vengeur en vociférant : « The Witch !».

On est bien loin de l’humour ou de la fantaisie des Grimm ! Dès l’affiche façon Hannibal et son trailer, Salem annonce clairement son ambition de se rapprocher davantage de « Coven » d’American Horror Story. Cette ambiance gothique envoûtante est indéniablement le point fort de la série; pour le reste, la réalisation assez noire, la photographie sublime et glauque à souhaits, les costumes, l’époque et le générique d’ouverture à la Marilyn Manson, (Cupid carries a gun composée avec Tyler Bates) suffisent à créer un univers délicieusement macabre.

Toutefois, Salem n’est pas exempte de défauts, à commencer par un casting inégal. Si Janet Montgomery (Entourage) parvient à camper une magnifique Mary Sibley, sorcière à la fois ténébreuse et amoureuse, Shane West (Urgences, Nikita à ses débuts) est plutôt inexpressif en bellâtre grincheux revenant de guerre. Heureusement les personnages secondaires apportent une certaine cohérence à l’ensemble : Seth Gabel (Fringe, Arrow), est crédible dans le rôle du pasteur Cotton Mather, personnage complexe, dénonçant le Mal qui ronge Salem, bible à la main, mais tiraillé entre ses aspirations et ses faiblesses, souvent de chair. Xander Berkeley (Nikita, Mentalist) campe son père tyrannique, le Magistrat Hale, personnage redoutable, assez mystérieux lui aussi ; sa fille Anne Hale, digne de l’aura de son paternel, incarnée par Tanzim Merchant (Les Tudors), jouera très vraisemblablement un rôle important dans la suite du récit.

Avec une montée des enjeux dans la seconde partie, essentiellement à partir de l’épisode 5, Salem prend la mesure du combat entre le bien et les forces su mal, avec toutes ses contradictions inhérentes : amour, haine, trahison, injustice…. On devine aisément que les sorcières ne vont pas se laisser consumer aussi facilement. Encore faudrait-il qu’elles résolvent en premier lieu leurs querelles internes, avant de se livrer entièrement à l’apogée du Grand Soir. On devine également que la romance a priori basique entre Johan Alden, le héros prétendu victorieux et Mary Sibley, la sorcière énigmatique, pourrait bien sceller le sort de cette dernière. Les ressorts de l’intrigue se tendent peu à peu, renforcés par des dialogues au langage soutenu.

Salem pourrait donc être une réussite si elle remplissait plusieurs conditions, afin que la magie perdure. Tout d’abord, il faudrait que la force du scénario soit suffisante lors de la seconde saison pour faire oublier le contexte bouseux de ce microcosme urbain minuscule ; il faudrait que la force des dialogues perdure ; il faudrait également sortir de cette dichotomie trop facile entre méchantes sorcières et puritains inquisiteurs, en complexifiant les enjeux et les trames secondaires. Il faudrait enfin peut-être, renouer avec l’Histoire et ne pas tomber dans la facilité de la surenchère fantastique. C’est là où les scénaristes vont véritablement sceller le sort de Salem, le devenir d’une série culte, ou un feu éphémère de la Saint-Jean…

Synopsis : En 1685, John Alden fuit le puritanisme de Salem et part en guerre contre les Indiens, espérant retrouver rapidement sa bien-aimée, Mary Sibley. Sept ans plus tard, il revient à Salem et découvre une ville dominée par la peur des sorcières.

Bande-annonce : Salem Saison 1

Fiche technique : Salem 

Créée par : Brannon Braga (24, Star Trek: The Next Generation, Voyager, Enterprise), Adam Simon (The Haunting In Connecticut)
Année de création : 2014
Production : Américain(e)
Format : 60 min.
Chaîne(s) : ABC, WGN America
Genre : Drame, Fantastique, Thriller
Casting: Shane West (Nikita), Seth Gabel (Fringe, Arrow), Janet Montgomery (Entourage, Human Target) et Xander Berkeley (Nikita, 24 Heures Chrono)
Statut : Saison 2 en préparation
Nombre d’épisode(s) : 13
Date de première diffusion : 20/04/2014
Episode 1 : The Vow, diffusé le 20/04/14
Episode 2 : The Stone Child, diffusé le 27/04/14
Episode 3 : In Vain, diffusé le 04/05/14
Episode 4 : Survivors, diffusé le 11/05/14
Episode 5 : Lies, diffusé le 18/05/14
Episode 6 : The Red Rose And The Briar, diffuse le 25/05/14
Episode 7 : Our Own Private America, diffusé le 01/06/14
Episode 8 : Departures, diffusé le 08/06/14
Episode 9 : Children Be Afraid, diffusé le 15/06/14
Episode 10 : The House Of Pain, diffusé le 22/06/14
Episode 11 : Cat And Mouse, diffusé le 29/06/14
Episode 12 : Ashes, Ashes, diffusé le 06/07/14
Episode 13 : All Fall Down, diffusion prévue le 13/07/14

 

 

 

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