La saison 4 de Bosch : L’Envol de l’Ange

En adaptant L’Envol de l’Ange, cette saison 4 de Bosch s’inscrit dans la droite lignée des précédentes tout en permettant de mieux approfondir le personnage principal.

Synopsis : Trois mois après la fin de la saison précédente. Howard Elias, un riche avocat très médiatique, spécialisé dans les affaires de défense des droits civils, est sur le point de commencer un procès intenté contre la ville de Los Angeles : des policiers du LAPD sont accusés d’avoir torturé un suspect noir dans une affaire de kidnapping. Mais l’avocat est abattu à bout portant dans un funiculaire, l’Angels Flight.

Cette quatrième saison de la série Bosch possède les mêmes qualités que les précédentes. D’abord, une enquête qui mise sur le réalisme. C’est une des qualités principales des romans de Connelly (en l’occurrence, pour cette saison, L’Envol de l’Ange, Angels Flight en anglais, le surnom du funiculaire où a eu lieu le crime), qui sont ici, une fois de plus, très bien adaptés : déroulement de l’enquête, lien entre le chef de la police, le maire et le procureur, rôle des médias et des associations, la saison évite tout sensationnalisme excessif pour privilégier une plongée dans le quotidien du travail de la police.

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C’est justement ce réalisme qui donne plus de poids aux critiques qui sont émises, en particulier concernant le système judiciaire américain. La justice est décrite comme un spectacle pouvant générer des accords parfois juteux. Une fois de plus, ce n’est pas la vérité qui est recherchée, mais son apparence. Voilà bien pourquoi Bosch détonne dans ce monde, lui qui s’accroche à découvrir la vérité à tout prix et qui ne lâche rien ni personne tant qu’il n’a pas atteint son but. La veuve de la victime, Millie Elias, ne s’y trompe pas lorsqu’elle dit qu’elle ne peut avoir confiance qu’en lui.

C’est d’ailleurs la première fois depuis le début de la série que Bosch apparaît en position de supériorité. Lui qui, dès la première saison, était décrit comme un flic violent, colérique, attaqué de nombreuses fois en justice pour voies de faits, le voilà placé en situation de confiance. C’est à lui que cette enquête plus que délicate a été confiée par le chef Irving. Avec lui, c’est la certitude que le coupable sera traqué, même s’il est flic.

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Car c’est bien là le point important de la saison. La victime, Howard Elias, est un avocat très populaire, réputé pour défendre les droits civils, et en particulier ceux des minorités. Il est détesté par de nombreux policiers, qui ne cachent pas leur joie de le voir mort. La situation sociale va vite être tendue, des associations communautaires noires manifestant en permanence devant le commissariat. Elles ne croient pas à une enquête impartiale et restent convaincues que la police va étouffer l’affaire, surtout s’il s’avère que le coupable est bel et bien un flic.

Dans ce contexte, le découpage des épisodes a son importance. En effet, cette saison 4 de Bosch reprend le principe développé dans la série danoise The Killing : un épisode = un jour d’enquête. Loin d’être un simple artifice narratif, ce découpage fait que la saison défile comme un compte à rebours vers le moment qui s’annonce comme étant un pic de tension : une manifestation qui pourrait dégénérer en émeutes, comme celles qui ont suivi le passage à tabac de Rodney King en 1992.

La volonté de réalisme entraîne une nécessaire lenteur du rythme. L’avantage, c’est que cette lenteur n’est jamais synonyme d’ennui. On assiste, petit à petit, à toute la réflexion de Bosch, on voit presque les idées se mettre en place, on le suit pendant qu’il remonte les pistes. Ainsi, lorsque des retournements de situation se profilent, ils n’apparaissent pas comme de vulgaires twists cousus de fil blanc mais ils montrent, au contraire, la grande finesse d’écriture du scénario.

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Cette saison 4 s’inscrit d’emblée dans la droite lignée de la précédente. Ainsi, la scène d’ouverture reprend le fil rouge de la série, à savoir l’enquête officieuse de Bosch pour découvrir le meurtrier de sa mère. L’inspecteur va aussi passer pas mal de temps avec sa fille Maddie, et une intrigue secondaire traitera de l’ex-femme de Bosch, Eleanore Wish (interprétée par Sarah Clarke, que l’on avait vue dans les trois premières saisons de 24 heures Chrono), recrutée par le FBI.

De fait, la saison approfondira l’aspect familial de la vie de Bosch. On le verra, de nombreuses fois, se confier sur son enfance, son passé, ses liens avec sa mère, mais aussi avec son ex-femme. Ici, Bosch n’est plus uniquement un policier, mais aussi un père : de nombreuses scènes le montrent en train de discuter avec sa fille.

D’ailleurs, l’enquête principale de la saison va beaucoup empiéter sur la vie privée du policier. Il va même aller jusqu’à recevoir chez lui le suspect numéro 1, pour une discussion nocturne riche d’enseignements.

Il y a un autre policier dont nous suivrons la vie privée, c’est le co-équipier de Bosch, J. Edgar, que nous avions laissé mal en point à la fin de la saison précédente. Nous allons donc voir les incidences de la dangereuse carrière de flic sur la vie familiale chaotique du personnage.

En bref, Eric Overmyer et Michael Connelly nous offrent, une nouvelle fois, une saison riche et dense. Petit à petit, dans la discrétion, Bosch se fait une place dans le paysage des séries policières.

Bosch, Saison 4 : bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=GMcaRTwsx8M

Bosch, Saison 4 : fiche technique

Créateur : Eric Overmyer
Réalisation : Aaron Lipstadt, Ernest R. Dickerson, Tim Hunter…
Scénario : Michael Connelly, Eric Overmyer, John Mankiewicz…
Interprétation : Titus Welliver (Harry Bosch), Jamie Hector (Jerry Edgar), Sarah Clarke (Eleanor Wish), Madison Lintz (Maddie), Amy Aquino (Grace Billets), Lance Reddick (Irvin Irving)
Photographie : Patrick Cady, Michael McDonough
Montage : Steven Cohen, Kevin Casey
Musique : Jesse Voccia
Production : Mark Douglas, Michael Connelly, Titus Welliver
Sociétés de production : Hieronymus Pictures, Fabrik Entertainment, Amazon Studios
Société de distribution : Amazon Instant Video
Genre : policier
Durée : 10X50 minutes

Etats-Unis- 2018

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Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

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