La Ch’tite famille : Dany Boon de retour dans le Ch’Nord

Dix ans après le succès phénoménal de Bienvenue chez les Ch’tis, l’acteur-réalisateur-humoriste Dany Boon revient dans sa région natale avec la comédie La Ch’tite famille, bien partie pour devenir l’un voire même LE succès français de l’année…

Synopsis : Valentin D. et Constance Brandt forment un couple célèbre d’architectes designers. Pour pouvoir s’intégrer au monde du design et du luxe parisien, Valentin a menti sur ses origines : il est issu d’une famille de ch’tis prolétaire. Sa mère, son frère et sa belle-sœur débarquent alors par surprise au vernissage de Valentin et Constance au Palais de Tokyo… Alors que chacun doit surmonter la différence culturelle et sociale des uns et des autres, Valentin perd la mémoire suite à un accident : il se comporte alors comme le Ch’ti qu’il était vingt ans auparavant…

la-chtite-famille-dany-boon-laurence-arne-critique.jpgDany Boon a du mal à faire l’unanimité dans la presse spécialisée et la communauté cinéphile. Ses budgets inutilement spectaculaires (La Forme de l’eau a coûté moins cher que La Ch’tite Famille) ou sa crise aux Césars 2009 après l’absence de nominations de Bienvenue chez les Ch’tis (qui avait alors comptabilisé 20 millions d’entrées) font partie de ces petites choses qui ont divisé la Toile. Dernier exemple en date, Boon a décroché le César du Public, suite au succès de Raid Dingue, à la tête du box-office français en 2017. Pourtant, Boon réussit toujours à attirer les foules depuis ses débuts derrière la caméra. La Ch’tite famille a même signé le meilleur démarrage français depuis 10 ans…

Les détracteurs de Dany Boon ne seront toujours pas convaincus par sa dernière comédie, rappelant initialement le même schéma que Bienvenue chez les Ch’tis : il ne s’agit plus d’un fossé culturel entre le Nord et le Sud, mais cette fois-ci entre nordistes extrêmement pauvres au patois parfois incompréhensible et parisiens mondains aisés et distingués. La Ch’tite famille a le mérite d’être un film inoffensif et sympathique, prônant de belles valeurs : la réussite sociale ne doit pas vous détourner de là où vous venez.  Regarder une comédie sans polémique à l’horizon ne peut pas faire de mal (entre Gangsterdam, A Bras Ouverts, Épouse-moi mon pote et Si j’étais un homme, la comédie française s’est particulièrement mal portée l’année dernière).

Même si les accents sont très exagérés, la différence linguistique entre les personnages reste un élément comique plutôt efficace. Les scènes avec l’orthophoniste, dans la même veine de Pygmalion de George Bernard Shaw, sont également très drôles, peut-être même les meilleures du long-métrage. De plus, Dany Boon est toujours bienveillant et tendre à l’égard de tous les personnages (en dehors de celui de François Berléand, qui incarne le méchant de l’histoire) : les ploucs sont en réalité gentils, sincères et travailleurs et l’arrogante Constance, par amour pour Valentin, finit par apprendre le langage ch’ti.  En outre, le casting est assez convaincant, même si on regrettera un Pierre Richard sous-exploité.

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Cela dit, même s’il n’y a rien de honteux dans cet agréable divertissement, La Ch’tite famille déçoit. Le film démarre pourtant plutôt bien, avec cette présentation de caricature de bobos insupportables malpolis créateurs de meubles modernes hors de prix et peu pratiques. Par ailleurs, le running gag autour des personnages se plaignant d’un affreux mal de dos après s’être assis sur des chaises de luxe inconfortables fonctionne bien. Une grande partie du budget faramineux du film a dû aussi passer par la création de cet univers soi-disant révolutionnaire (sinon, on ne comprend pas où sont passés les 27 millions d’euros là-dedans). En fait, et dans un sens, cela peut être problématique selon le point de vue, le mépris est envers les artistes riches stupides et sans humanité. Le copinage pourra déplaire aux détracteurs de Boon mais les différentes apparitions de stars le temps d’une scène (Arthur, Kad Merad, Claire Chazal, Pascal Obispo) sont plutôt plaisantes.  Mais, à force de vouloir prôner une morale pourtant plus que louable, Dany Boon tombe dans ses éternels travers : son film perd en force comique pour devenir trop mièvre. Pour ne rien arranger, l’histoire se met également en place de manière trop laborieuse avec cette intrigue autour de l’amnésie de Valentin. Enfin, même si certaines scènes sont plutôt amusantes, le scénario a souvent recours à de grosses ficelles rendant le film lourd par moments.

La Ch’tite famille est une comédie familiale assez divertissante et sans prétention mais qui devient rapidement lourde et niaise. 

La Ch’tite famille : bande-annonce

La Ch’tite famille : Fiche Technique

Réalisation : Dany Boon
Scénario : Dany Boon & Sarah Kaminsky
Interprètes : Dany Boon, Laurence Arné, Line Renaud, Valérie Bonneton, Guy Lecluyse, Pierre Richard, François Berléand, Juliane Lepoureau, Thomas VDB, Antonia de Rendinger…
Producteurs : Jérôme Seydoux, Bruno Morin, Eric Hubert
Société de production : Les Productions du Ch’timi, TF1 Films Productions, 26 Db Productions
Distributeur : Pathé Distribution
Durée : 107 minutes
Genre : comédie
Date de sortie : 28 février 2018

France  – 2018

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Tina B
Tina Bhttps://www.lemagducine.fr/
Ancienne étudiante en lettres modernes, j'ai toujours aimé écrire sur les sujets qui m'animent. Et le cinéma en fait clairement partie ! J'ai des goûts assez variés : certes, comme tout le monde, j'ai mes réalisateurs chouchous (Kubrick, Scorsese, Moretti, Loach, Almodovar, Bong Joon-ho), mais je suis avant tout curieuse : aucun genre et réalisateur de n'importe quelle culture ni époque ne me font peur, bien au contraire. Sinon j'ai une grande préférence pour les séries britanniques (Black Books, The IT Crowd, Father Ted...).

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