Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg : les silences aussi lourds que les bombes

Il faut sauver le soldat Ryan est le quatrième film de Steven Spielberg à mettre en scène la Seconde Guerre Mondiale. Après La Liste de Schindler, entre autre, en 1993, qui montrait l’horreur subie par les juifs, le réalisateur peint cette fois les sentiments des soldats pendant cette guerre avec une main de maître.

Synopsis : Alors que les forces alliées débarquent à Omaha Beach, Miller doit conduire son escouade derrière les lignes ennemies pour une mission particulièrement dangereuse : trouver et ramener sain et sauf le simple soldat James Ryan, dont les trois frères sont morts au combat en l’espace de trois jours. Pendant que l’escouade progresse en territoire ennemi, les hommes de Miller se posent des questions. Faut-il risquer la vie de huit hommes pour en sauver un seul ?

Techniquement, Il faut sauver le soldat Ryan est un bijou. Que ce soit le chef opérateur, le monteur ou bien le compositeur qui accompagnent le metteur en scène, ils sont toujours les mêmes et il est évident qu’il ne doit pas s’en séparer tant on s’est habitués à la qualité. Le directeur de la photographie Januzs Kaminski fait un travail remarquable et soigne les plans avec un goût du détail et du réalisme saisissant pour plonger le spectateur au plus près de l’action. Avec une scène d’introduction incroyable de par sa durée, il transcende littéralement le public qui ne peut qu’être emmené directement dans l’ambiance de la guerre. On imagine très bien Spielberg en chef d’orchestre durant ce tableau montrant le débarquement des américains parce qu’autant les images que le son font de cette scène l’une des plus célèbres de sa filmographie. Au sujet du son, il va de soi que le travail y est tout aussi exceptionnel : les bruitages, le bruit des armes, la musique aux allures un peu héroïques parfois mais aussi bien les moments de silence magistral créent un réalisme poignant. Que l’on soit spectateur de l’horreur ou embarqué dans les pensées des personnages, les silences ont autant leur rôle à jouer que le reste du travail sonore et c’est d’ailleurs là toute la qualité de l’oeuvre.

Il-faut-sauver-le-soldat-Ryan-Tom-Hanks-Matt-Damon-Edward-BunsMais Il faut sauver le soldat Ryan n’est pas seulement un film de guerre ou du moins Spielberg aborde bien d’autres thèmes à travers ce sujet. Les intermèdes calmes où l’art renforce les liens entre les soldats amènent un peu d’air dans tout ce drame. À travers les chansons d’Edith Piaf ou grâce à leurs dialogues où chacun raconte des fragments de vie, le réalisateur ne se contente pas de dépeindre le côté dramatique de la guerre mais de livrer l’humanité persistante dans ces atrocités. C’est rarement l’aspect guerrier et enragé qui prend le dessus mais bel et bien la loyauté, le respect de la hiérarchie et la sensibilité des soldats. Les émotions de la guerre sont vraiment livrées devant le spectateur dans les deux camps : le soldat allemand refuse de tuer Upham et les américains ne cèdent pas à la vengeance quand ils en avaient l’occasion. Le patriotisme que l’on pourrait reprocher au film peut aussi être perçu comme un bel hommage aux américains morts pour servir leur pays.

Il faut sauver le soldat Ryan peut aussi être considéré comme l’amorce de futurs projets de Spielberg : que ce soit avec la relation de Tom Hanks et Matt Damon qui fera penser à celle voyant le jour entre Hanks et Di Caprio dans Arrête moi si tu peux, mais aussi avec le papier glissé dans la poche du capitaine Miller qui est une citation de Lincoln sur qui il fera un biopic quinze ans plus tard.

Il faut sauver le soldat Ryan est donc un des plus grands chefs d’œuvre de Steven Spielberg aussi bien sur le point technique que scénaristique. John Williams donne le ton au film avec sa musique que les images de Janusz Kaminski ne font que sublimer. 

Il faut sauver le soldat Ryan : Bande-annonce

 

Il faut sauver le soldat Ryan : Fiche Technique

Titre original : Save Private Ryan
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Robert Rodat
Interprétation : Tom Hanks, Matt Damon, Tom Sizemore, Edward Buns, Barry Pepper, Vin Diesel
Image: Janusz Kaminski
Effet spéciaux : Stefen Fangmeier, Neil Corbould, Roger Guyett
Montage: Michael Kahn
Musique : John Williams
Son : Ronald Judkins, Gary Rydstrom, Andy Nelson, Gary Summers
Décors : Lisa Dean Kavanaugh, Thomas E. Sanders
Producteur(s): Steven Spielberg, Gary Levinsohn, Mark Gordon (II), Ian Bryce
Société de production: Ambin Entertainment, DreamWorks SKG, Mark Gordon Production, Mutual Films Company, Paramount Production
Distributeur: United International Pictures
Budget : 70 000 000 $
Récompenses : Meilleur son et meilleurs effets visuels (BAFTA Awards) – Meilleur réalisateur, son, photographie, montage et montage sonore (Oscars/Academy Awards) – Meilleur film dramatique, réalisateur (Golden Globes)
Durée : 163 minutes
Genre : drame, guerre
Date de sortie : 30 septembre 1998

Etats Unis – 1998

 

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Gwennaëlle Masle
Gwennaëlle Maslehttps://www.lemagducine.fr/
Le septième art est un rêve et une passion depuis quelques années déjà. Amoureuse des mots et du cinéma, lier les deux fait partie de mes petits plaisirs. Je rêve souvent d'être derrière la caméra pour raconter des histoires et toucher les gens mais en attendant, je l'écris et je me plais à le faire. Je suis particulièrement sensible au cinéma français ou au cinéma contemplatif dans sa généralité, ce qui compte c'est de ressentir. Les émotions guident mes passions et le cinéma ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

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