Sortie en DVD de la passionnante série Fauda

Le 10 janvier sort chez Wild Side la première saison de Fauda. L’occasion de se plonger dans cette série passionnante au suspense insoutenable digne de 24 Heures Chrono.

Synopsis : au cours d’une opération de routine, les services secrets israéliens apprennent que l’un des grands terroristes palestiniens, Abou Ahmad, dit La Panthère, qu’ils croyaient avoir tué 18 mois plus tôt, est toujours en vie. Ils vont donc monter une opération pour le tuer à nouveau.

C’est à une première saison magistrale que nous convient les éditions Wild Side. Implacable par sa construction et sa mise en scène, Fauda se dévore littéralement et une fois que l’on en a commencé le visionnage, les douze épisodes s’enchaînent à toute vitesse.

Fauda-serie-Lior- Raz-Hisham- Suliman-photo-Ohad-Romano

Attention, une note nous prévient : il s’agit ici de fiction. Donc, malgré le contexte, il ne faut pas chercher ici d’engagements politiques. Fauda se veut un divertissement, et c’est en cela une parfaite réussite.

La saison nous présente donc une équipe des services secrets israéliens, mais aussi une famille palestinienne. Les personnages nous sont montrés aussi bien dans leur vie privée que dans leurs actions. Parmi eux, deux se détachent, dont les parcours seront parallèles durant toute cette première saison.

Du côté israélien, nous avons Doron, membre des services secrets qui pensaient avoir tué Abou Ahmad et qui a désormais quitté ces activités trop dangereuses pour mener une vie de vigneron avec sa femme et ses enfants.

Face à lui, Taufik, dit Abou Ahmad AKA La Panthère, responsable présumé de la mort de 116 Israéliens, qui vit dans l’ombre depuis l’annonce de sa mort.

La saison commence lorsque ces deux personnages sortent de l’ombre après 18 mois de retrait de la vie publique. Tous les deux vont sacrifier leur famille (parfois au sens propre de l’expression) au nom d’un idéal. La violence va d’ailleurs envahir leur espace privé : il suffit de voir comment Doron s’entraîne au tir au milieu de ses vignes, ou avec quelle brutalité il bouchonne ses bouteilles, comme si c’était un combat.

Et surtout, tous les deux vont s’affranchir de toutes règles et enfreindre tous les interdits imposés par leur hiérarchie pour transformer cette histoire en une affaire personnelle. La violence va faire des victimes, qui vont entraîner la volonté de se venger. La série (dont le titre, Fauda, signifie Chaos) va s’enfoncer dans une sorte de cercle vicieux où la règle est de faire le plus de mal possible. Assassinats, attentats, torture : la violence monte de chaque côté.

Au détriment des familles, bien souvent. Fauda nous propose souvent le regard des femmes, de celles qui perdent tout, leurs maris, leurs fils, leurs frères. De celles qui, en un clin d’œil, passent du statut de jeune mariées à celui de veuves.

« Tu es une héroïne du peuple, dira-t-on à une de ces épouses.
_ Une héroïne du peuple ? Non, je voulais juste être une épouse et une mère. »

La force de la mise en scène et du scénario de Fauda, c’est de montrer le caractère implacable de cette violence. Par la rapidité et la brutalité de son action, avec des scènes parfois éprouvantes qui ne sont pas sans rappeler The Shield (parallèle d’autant plus frappant que, dans les deux séries, se pose la question de la moralité), cette saison entraîne son spectateur dans un tourbillon qui semble ne jamais s’arrêter, un maelström où on s’enfonce inexorablement vers le pire. Cette appréhension d’un pire qui est toujours possible rend la série absolument passionnante. Le scénario, remarquablement construit, nous réserve toujours des surprises et permet d’avoir de l’action dans chaque épisode, maintenant ainsi un rythme infernal. La mise en scène, quant à elle, est complètement immersive et nous plonge dès la scène d’ouverture en pleine action. Elle parvient à créer un sentiment d’urgence et une peur de chaque instant, jouant par exemple magnifiquement bien avec les décors de ruelles labyrinthiques ou d’entrepôts désaffectés.

Wild Side nous propose les douze épisodes de cette première saison en un coffret trois DVD, avec une excellente qualité d’image et de son, le tout agrémenté de deux compléments de programme, un making of et la bande annonce de la saison 2, dont la diffusion a déjà débuté sur la télévision israélienne.

FAUDA-DVD-serie-saison1

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD :

Format image : 1.77, 16/9ème compatible 4/3
Format son : Français & Hébreu/Arabe Dolby Digital 2.0
Sous-titres: Français
Durée : 12 épisodes de 40’
COMPLÉMENTS :
– Making-of (23’)
– Exclusivité : la bande-annonce de la Saison 2
Prix public indicatif : 29,99 € le Coffret 3 DVD
– déjà disponible en téléchargement définitif –

Fauda saison 1 : Bande annonce

Festival

Deauville 2026 : The Man I Love, la fureur de vivre

Dans "The Man I Love", Ira Sachs met en scène Rami Malek dans le rôle d'un acteur confronté à la mort. Entre répétitions, danses, chants et désirs sexuels, il compose une ode à la vie exaltant le plaisir de chaque instant. Un drame queer qui manque malheureusement de consistance et d'émotion pour pleinement s'affirmer.

Deauville 2026 : Mouse, la souricière du chagrin

Présenté en compétition au Festival de Deauville après avoir reçu un très bon accueil à la Berlinale, "Mouse" déploie un récit de deuil adolescent sensible et délicat porté par un somptueux duo d’actrices. En filmant l’intime avec autant de tendresse que de naturalisme, Kelly O’Sullivan et Alex Thompson s’imposent comme des cinéastes incontournables du cinéma indépendant américain.

Deauville 2026 : I’ll Be Gone in June, le crépuscule d’un monde

Comment les Européens perçoivent-ils l'Amérique ? Et comment ce pays, ancienne terre d'immigration, accueille-t-il les étrangers dans un contexte troublé ? Ce sont les questions que posent, en creux, le premier long-métrage de Katharina Rivilis. Avec "I'll Be Gone in June", la cinéaste allemande signe un récit d'apprentissage à la fois âpre et lumineux, tourné dans le désert du Nouveau-Mexique, sur fond de traumatisme post-11 septembre. Une œuvre très personnelle qui touche par sa sensibilité.

L’Étrange Festival 2026 : Blaise, quand la politesse tourne à l’émeute

"Blaise" suit une famille obsédée par son image, prête à tout pour ne déplaire à personne, jusqu'à s'embourber dans une spirale de quiproquos de plus en plus absurdes. Porté par une animation en photomontage numérique inédite, le film transforme la politesse ordinaire en mécanique comique redoutable.

Newsletter

À ne pas manquer

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

A Prairie Home Companion (2006), de Robert Altman : adieu d’un maître, élégie du Midwest

Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.

Fureur apache (1972), de Robert Aldrich : le cimetière des mythes

Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…

La trilogie du « Docteur Mabuse » de Fritz Lang : quarante ans d’une saga criminelle allemande

Réunis dans un magnifique coffret, les trois films que l’immense Fritz Lang a consacrés au génie du crime permettent de réaliser à quel point ils furent le reflet de leurs époques troublées respectives. Car ces œuvres ne sont pas seulement des films noirs paranoïaques qui inspireront une multitude de cinéastes – jusqu’à aujourd’hui. Ils traduisent l’idée que le chaos génère le mal et que, s’il adopte bien des visages, le mal n’en demeure pas moins intemporel.