Notre Chère Brigitte rencontre James Stewart en DVD et Blu-Ray

La plus connue des actrices françaises dans un film inédit en France ? Voilà de quoi exciter la curiosité des cinéphiles pour ce Chère Brigitte, qui sort en DVD et Blu Ray chez ESC le 28 novembre.

Synopsis : Henry Leaf est un poète et universitaire américain. Il est farouchement opposé aux sciences et s’indigne de leur place grandissante dans le campus. Il vit sur un bateau avec sa femme et ses deux enfants. La surprise viendra du petit dernier, Erasme, qui est totalement dépourvu du moindre talent artistique mais qui se révèle être capable d’effectuer rapidement des calculs très complexes.

chere-brigitte-critique-film-james-stewart-henry-koster

Le film Chère Brigitte démarre comme une agréable comédie familiale. Ses premières minutes donnent le ton : un personnage qui se fait appeler « Le Capitaine » parle directement aux spectateurs, face caméra, pour présenter une petite communauté de doux rêveurs qui vivent sur l’eau dans la baie de San Francisco. La présence de James Stewart renforce encore cet aspect : nous sommes bel et bien devant un petit film de famille, sans forcément de grandes prétentions artistiques (Henry Koster fut un bon artisan, mais n’a jamais réalisé de chefs d’œuvre).

Le film présente donc une famille à laquelle le père impose un mode de vie marginale. Cela donne l’occasion à James Stewart de faire quasiment un one-man-show où il n’hésite pas à cabotiner, ce qui, finalement, correspond bien à son personnage à la fois fort en gueule et incroyablement distrait. A ceux qui apprécient les personnages lunaires façon Pierre Richard, voici un film qui devrait plaire : Henry Leaf en vient même à oublier qu’il est venu au travail en voiture et rentre régulièrement en taxi, laissant son véhicule à l’université.

chere-brigitte-film-henry-koster-james-stewart-critique

Autour du génial acteur, le film va déployer toute la panoplie des personnages typiques des comédies familiales américaines : l’épouse au foyer (qui a beaucoup plus les pieds sur terre que son cher mari), l’adolescente qui fugue en barque pour rencontrer son amoureux, et le petit garçon qui va se révéler être exactement ce que le père ne voulait pas : doué pour les sciences ! Cela donne aux spectateurs l’occasion de voir des scènes impensables de nos jours : un duel de vitesse de calcul entre un enfant et un ordinateur ! Rappelons-nous que nous sommes dans les années 60, à l’époque où un ordinateur tenait une pièce complète et prenait plusieurs minutes pour effectuer un calcul…

Bien entendu, l’enjeu du film sera double : faire en sorte que le père accepte le talent de son fils, et éviter tous les pièges tendus devant leur route par des personnes mal intentionnées.

Et Brigitte Bardot, dans cette affaire, alors ? Elle est le grand amour secret d’Erasme, le petit génie des maths qui écrit chaque soir une lettre à la célèbre actrice. Il rêve de la rencontrer. Parviendra-t-il à réaliser ce rêve qui frôle l’obsession ?

Le film constitue une agréable petite comédie, qui se laisse voir avec plaisir. Les personnages sont sympathiques, le rythme est soutenu et l’ensemble dégage un petit air nostalgique des années 60.

Le DVD propose une très belle copie haute définition, et le film est accompagné de deux suppléments, le premier sur « Le Phénomène BB » et le second sur la fabrication du film (on y apprend, entre autre, le rôle important de Daryl F. Zanuck).

CHERE BRIGITTE (Dear Brigitte)
Un film de Henry Koster
Film inédit en France !
Nouveau master haute définition

Avec : James Stewart Brigitte Bardot dans son propre rôle.
Scénario : John Haase, Hal Kanter
Musique : George Duning
Directeur de la photo : Lucien Ballard
Réalisateur : Henry Koster
(1905-1988) : Monsieur Hobbs prend des vacances (ECS distribution), Harvey, Tunique, Honni soit qui mal y pense, Vive monsieur le maire, Le voyage fantastique…

Année de production : 1965 – Langue : Anglais Sous-titres : Français – Format image : 1.85 : 1 / 16/9 compatible 4/3 – Format audio : dolby digital mono 2.0 – durée du film 100 mn

Bonus inédits :

• « Le phénomène BB », par Stéphane Mulys
• Entretien avec Antoine Sire (auteur)

Dans la même collection…

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

RRR : le blockbuster tollywoodien qui a conquis le monde

« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !

Le Rouge et le Noir (1954) : exploration d’une quête romantique, politique et spirituelle

Entre romance et lutte des classes, Claude Autant-Lara réalise une adaptation minutieuse du roman grandiose de Stendhal, axée sur les passions consumées et le repentir.

Sur la route d’Omaha : le pari de la retenue

Présenté au Festival de Sundance et à Deauville en 2025, "Sur la route d'Omaha" suit un père et ses deux enfants contraints de quitter leur maison du jour au lendemain. Sans jamais céder au misérabilisme, Cole Webley signe un road movie d'une grande délicatesse, où chaque étape révèle ce qu'une famille tente encore de préserver lorsque tout semble lui échapper.

Les Maîtres de l’univers (2026) : les muscles froissés

Adoré en mème depuis quarante ans, boudé en salle cet été, le nouveau "Les Maîtres de l'Univers" prouve qu'aimer un souvenir ne suffit pas à remplir un cinéma. Sorti en catimini en streaming sur Prime Video, le reboot de Travis Knight révèle la fracture entre ferveur nostalgique en ligne et indifférence bien réelle du public devant l'écran. Un nouvel échec pour Musclor et son épée magique.

« L’Odyssée » de Christopher Nolan, un spectaculaire voyage intérieur

On l'attendait depuis trois ans ! "L'Odyssée" débarque cette semaine sur nos écrans. Une épopée mythologique sensationnelle qui redore enfin le blason du péplum. Délaissant le pouvoir des dieux au profit des tourments d'un homme, Ulysse, incarné par Matt Damon, Christopher Nolan représente le retour à Ithaque comme un labyrinthe mental inextricable.
Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

La Guerre des prix : le pacte de non-rétribution

"La Guerre des prix", premier film d'Anthony Dechaux porté par Ana Girardot et Olivier Gourmet, plonge dans les coulisses des négociations commerciales entre agriculteurs et grande distribution. L'édition vidéo signée Diaphana prolonge cette réflexion grâce à des bonus qui reviennent sur le tournage et les mécanismes du système alimentaire.

La colline a des yeux 1 (1977) et 2 (1985), de Wes Craven : contamination de la violence

Si ces films – et surtout le second, complètement raté – ont à maints égards mal vieilli, l’édition prestige qui combine les deux films et de nombreux memorabilia, vaut assurément son pesant d’hémoglobine. D’autant plus que les suppléments, tant vidéo qu’écrits, se révèlent parfois plus intéressants que les films eux-mêmes !

Règlements de comptes à O.K. Corral (1957) de John Sturges : deux géants au service de la fabrique du mythe

Wyatt Earp, Doc Holliday, la fusillade à O.K. Corral… Ces trois mythes occupent une place prépondérante dans le « roman national » de l’Ouest. Pour les évoquer au cinéma, quoi de mieux que deux légendes d’Hollywood ? Au service du réalisateur John Sturges (Les Sept Mercenaires, La Grande Evasion), Burt Lancaster et Kirk Douglas font des étincelles, dans ce western immense.