Les sept samourais : Kurosawa passe sur le billard numérique

On ne voyait pas trop quoi ajouter au chapitre de la vie des Sept Samouraïs en haute définition depuis que Wild Side et La Rabbia avaient clôturé les débats avec leur superbe coffret de 2014. La Rabbia non plus, visiblement, qui ressort sans Wild Side mais avec M6 vidéo le chef-d’œuvre d’Akira Kurosawa dans une édition qui reprend peu ou prou le contenu de la précédente.

Un temps annoncé avec de nouveaux bonus (dont un entretien avec Jean Douchet aux abonnés absents), le millésime DVD 2017 de Les Sept Samouraïs colle à la lettre à son prédécesseur en termes d’interactivité. Sans surprise, vous pourrez donc retrouver l’excellent documentaire « Kurosawa, la voie » de Catherine Cadou. La traductrice d’Akira Kurosawa depuis Kagemusha est partie à la rencontre de cinéastes aux quatre coins de la Terre pour parler de l’influence qu’a pu exercer le maître japonais sur leurs vies de spectateurs, ainsi que leurs pratiques de cinéastes. Un module indispensable pour appréhender l’extraordinaire aura qui continue d’envelopper un réalisateur comptant parmi la poignée d’artistes (aux côtés de Hitchcock, Ford, Lean, Leone et Kubrick) qui ont largement contribué à façonner le langage cinématographique moderne. Vous retrouverez également un making-of d’époque ainsi qu’une rencontre avec certains membres de l’équipe de tournage.

Du pas neuf avec du vieux

les7samourais-sortie-dvd-bluray-m6-larabbiafilms-akira-kurosawaAutant de bonus réjouissants mais déjà présents dans la précédente édition. De quoi s’interroger franchement sur l’utilité du coffret, d’autant que La Rabbia et SND ne se donnent pas vraiment la peine d’habiller la légèreté de la démarche. Même les menus d’entrées reprennent à quelques détails près l’interface de la précédente ! Au final, la seule nouveauté que compte cette édition par rapport à la précédente…est l’absence d’un supplément justement, à savoir le livret écrit par Catherine Cadou qui était intégré au coffret de 2014.

Botox Haute définition pour les sept magnifiques 

Difficile de trouver une raison d’être à cette ressortie, si ce n’est la remasterisation qui semble avoir été opérée sur le master précédent, qui était déjà le produit d’un complément de restauration que la Rabbia avait effectué à l’occasion de la ressortie en salles du film en 2013. Reprenant la répartition du film sur deux disques opérée par le coffret Wild Side/ La Rabbia, le résultat est un véritable lifting numérique qui gomme tous les marqueurs d’époque que le blu ray de 2014 avait conservés. Le grain en premier lieu, porté disparu ici et première victime d’un abus de réducteur de bruit qui fait certes disparaître les traces de rayures ou de défauts de la pellicule qui subsistaient, mais accuse également une fâcheuse tendance à plastifier les visages sur certains plans. Donner l’impression que le film a été tourné hier d’accord, à condition de ne pas oublier son âge durant le processus ! On y déplore également un effet de saccade dès que le cadre s’anime et que l’action s’emballe, au point que l’image semble parfois passer en mode accéléré. De fait, bien qu’il soit présenté dans sa version intégrale et doté d’un chapitrage identique à l’édition précédente, le film ne comptabilise au total que 198 minutes, contre 205 en 2014 !

Version « livre de poche » de l’édition sortie il y a trois ans ou tentative grossière de grappiller quelques sous des portefeuilles des cinéphiles à l’approche des fêtes de Noël, difficile de juger en l’état. Mais une chose est sûre : si vous possédez déjà le coffret Wild Side, rien ne vous oblige à repasser à la caisse, à moins d’être un collectionneur compulsif d’Akira Kurosawa…

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Guillaume Meral
Guillaume Meralhttps://www.lemagducine.fr/
"Titulaire d'un master en filmologie et actuellement en doctorat, Guillaume a déjà travaillé pour quelques médias avant de rejoindre l'équipe. Fan de James Cameron et George Miller, dévot de Michael Mann et Tsui Hark, groupie de John Woo et John Carpenter, il assure néanmoins conserver son objectivité critique en toutes circonstances, particulièrement pour les films qu'il n'aime pas (en gros: La Nouvelle-Vague, les Marvel et Denis Villeneuve). Il aime les phrases (trop) longues, la douceur sémantique de Booba et Kaaris, et le whisky sans coca"

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