Stranger Things saison 2 : Retour dans le monde à l’Envers

L’attente est enfin terminée. A Halloween, les fans de Stranger Things ont pu découvrir la saison 2 tant attendue de la série phare de Netflix. Retour sur la sensation de l’automne qui n’a pas fini de faire parler d’elle.  

Le bon équilibre

Sur un air de “Rock You Like A Hurricane” des Scorpions, une voiture arrive en dérapant sur le parking du lycée d’Hawkins. Billy, le nouvel arrivant, en sort, tout vêtu de jean et mulet au vent; sa petite sœur, “Mad Max”, championne des jeux d’arcades file dans le bâtiment sur son skateboard. Stranger Things est bel et bien de retour.

Mulets à foison, converses et bande son délicieusement kitsch (des morceaux de synthé emplis  de mélancolie créés à l’occasion par Kyle Dixon & Michael Stein qui alternent avec des chansons de Corey Hart ou de Bon Jovi), Stranger Things nous renvoie à nouveau dans le passé et arrive même à rendre nostalgiques les spectateurs n’ayant jamais connu les années 80. Les références s’enchaînent : Les Goonies, E.T., Alien, tout y passe. Et si certains lui ont déjà reproché cette accumulation de références, l’accusant d’être un simple patchwork, la série arrive étonnamment bien à trouver son équilibre, échappant à la nostalgie nauséabonde grâce à un bon dosage d’humour et d’émotion.

Car là repose toute l’essence de la série, sur l’émotion et la tendresse de son univers dues à sa panoplie de personnages plus attachants les uns que les autres. Que ce soit les personnages principaux comme Jim Hopper, chef de police cynique et fatigué, ou les personnages très secondaires comme Erica, la petite sœur insolente et hilarante de Lucas; tous arrivent à nous émouvoir et nous faire rire. Et si certains ne parviennent pas à être tout à fait sympathiques (comme Billy ou le père de Nancy et Will, le barbant Mr. Wheeler), ils compensent grâce à une bonne dose d’humour et de parodie.

Plus qu’une comédie, Stranger Things nous renvoie dans l’enfance, non pas parce qu’elle nous propulse dans les années 80 mais parce qu’elle met en scène l’adolescence, ses premiers émois amoureux et ses moments de solitude. On retiendra la dernière scène de cette saison, la bal de Noël, aussi banal qu’émouvant dans sa simplicité.

Abordant les sujets de la guerre froide et du racisme dans une saison peut être plus noire que la première, Stranger Things explore d’autres territoires à notre plus grand plaisir mais n‘échappe pas au piège du recyclage optimisé. Reprenant le même schéma que la première saison : Will qui est coincé dans l’Upside Down (ici coincé entre les deux mondes), les demogorgons (ou demodogs pour reprendre le terme de Dustin) qui envahissent petit à petit le monde et Eleven qui vient à la rescousse de tous : Stranger Things réutilise son intrigue de base, la rendant juste plus grande, plus impressionnante. Il aurait toutefois été intéressant de voir toutes les références et clichés  qui abondent dans la série contrecarrés par une intrigue plus ambitieuse et originale que ce qui nous a été donné à voir, bien que la série ne pâtisse pas réellement de ce manque de renouveau dans l’intrigue, tant elle a de richesses à nous offrir. Le seul réel point noir est l’épisode 7, concentré uniquement sur Eleven qui part à la recherche de sa “sœur”, coupant le récit à un moment culminant, frustrant le spectateur pour, au final, dire ce que nous savions déjà sur Eleven.

Efficace et rythmée, Stranger Things continue d’être la série feel good par excellence. Cette saison, peut être même meilleure que la première, pose les bases pour une suite alléchante. On espère voir Billy prendre plus d’importance à l’instar de Steve, personnage plus ou moins antipathique dans la saison 1, qui forme à présent un duo drolatique inattendu avec Dustin; ou encore voir une amitié naître entre Max et Eleven, qui rendrait la première un peu moins accessoire.

Stranger Things saison 2 – Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=vgS2L7WPIO4

Stranger Things saison 2 – Fiche Technique 

Créateurs : Matt Duffer, Ross Duffer
Réalisation : Matt Duffer, Ross Duffer, Andrew Stanton, Rebecca Thomas
Scénario : Matt Duffer, Ross Duffer
Interprétation : Winona Ryder (Joyce Byers), David Harbour (Jim Hopper), Matthew Modine (Dr Martin Brenner), Cara Buono (Karen Whiler), Finn Wolfhard (Mike Whiler), Millie Brown (Onze/Eleven), Gaten Matarazzo (Dustin), Caleb McLaughlin (Lucas), Noah Schnapp (Will Byers), Natalie Dyer (Nancy Whiler), Charlie Heaton (Jonathan Byers), Sadie Sink (Max), Dacre Montgomery (Billy)
Musique : Kyle Dixon, Michael Stein
Producteurs : Matt Duffer, Ross Duffer, Shawn Levy, Ian Paterson
Société de production : 21 Laps Entertainment
Société de distribution : Netflix
Date de sortie : 27 Octobre 2017
Format : 9 x 50 min
Genre : science-fiction, horrifique

ÉTATS-UNIS – 2017

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

RRR : le blockbuster tollywoodien qui a conquis le monde

« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !

Le Rouge et le Noir (1954) : exploration d’une quête romantique, politique et spirituelle

Entre romance et lutte des classes, Claude Autant-Lara réalise une adaptation minutieuse du roman grandiose de Stendhal, axée sur les passions consumées et le repentir.

Sur la route d’Omaha : le pari de la retenue

Présenté au Festival de Sundance et à Deauville en 2025, "Sur la route d'Omaha" suit un père et ses deux enfants contraints de quitter leur maison du jour au lendemain. Sans jamais céder au misérabilisme, Cole Webley signe un road movie d'une grande délicatesse, où chaque étape révèle ce qu'une famille tente encore de préserver lorsque tout semble lui échapper.

Les Maîtres de l’univers (2026) : les muscles froissés

Adoré en mème depuis quarante ans, boudé en salle cet été, le nouveau "Les Maîtres de l'Univers" prouve qu'aimer un souvenir ne suffit pas à remplir un cinéma. Sorti en catimini en streaming sur Prime Video, le reboot de Travis Knight révèle la fracture entre ferveur nostalgique en ligne et indifférence bien réelle du public devant l'écran. Un nouvel échec pour Musclor et son épée magique.

« L’Odyssée » de Christopher Nolan, un spectaculaire voyage intérieur

On l'attendait depuis trois ans ! "L'Odyssée" débarque cette semaine sur nos écrans. Une épopée mythologique sensationnelle qui redore enfin le blason du péplum. Délaissant le pouvoir des dieux au profit des tourments d'un homme, Ulysse, incarné par Matt Damon, Christopher Nolan représente le retour à Ithaque comme un labyrinthe mental inextricable.
Perrine Mallard
Perrine Mallardhttps://www.lemagducine.fr/
J’ai grandi avec Luke Skywalker, Korben Dallas et la bande de Friends. Rêvé de devenir un gangster comme dans les films de Scorsese. Me suis prise pour une cinéphile après avoir vu Pulp Fiction et découvert mon amour pour le cinéma avec les films des frères Coen. J’aime la poésie de Sofia Coppola et l’imaginaire de Wes Anderson. Je préfère presque toujours les méchants. Et mes films préférés sont entre autres : Bronson, Un Tramway nommé Désir, Donnie Darko, The Dark Knight, Thelma & Louise, Somewhere, Mad Max : Fury Road, The Voices, Snatch et la plupart des Coen. J’ai découvert les séries avec Supernatural pour ensuite me tourner vers The Walking Dead, Misfits et continuer avec The Office, Hannibal, True Detective pour ne jamais m’arrêter, à tel point que je ne peux plus me passer de ma dose quotidienne. Néanmoins, j’ai la fâcheuse tendance à dire que les premières saisons sont les meilleures. Je n’ai pas de préférence entre le cinéma et les séries, tout comme je n’en ai pas concernant les genres, les seuls films/séries qui ne me plaisent pas sont ceux qui me laissent indifférente.

Off Campus : les hockeyeurs mis à nu

Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.