The 100 saison 4, une série de Jason Rothenberg : Critique

Pas de répit pour Skaikru, car à peine une menace éliminée qu’une autre survient. The 100 saison 4 continue dans une direction plus sombre et  ne va pas épargner ses personnages.

Synopsis : Alors que A.L.I.E est enfin détruite, des nouvelles tensions resurgissent entre les différents clans et notamment avec Azgeda cherchant à récupérer le pouvoir. Parallèlement à cela un nouveau danger apparaît avec la révélation de la présence de réacteurs nucléaires qui pourraient engendrer un nouveau Praimfaya.

The-100-saison-4-zach-mcgowan-bob-morley-henry-ian-cusickQuand on pensait que tout aller s’arranger avec la fin de A.L.I.E, les choses vont de plus en plus mal entre Skaikru et les autres clans qui les jugent responsables des dommages causés par l’intelligence artificielle. Cette saison 4 de The 100 va donc suivre un chemin semblable à la précédente. On va dans sa première partie se retrouver de nouveau à suivre ces guerres de clan, notamment entre Azgeda, mené par le charismatique Roan, et Skaikru. C’était déjà un peu le défaut de la saison précédente, ces conflits sans fin où chaque tentative de paix se retrouve compromise par un petit détail qui relance la machine. Cela permettait à la série de ménager un certain sens du rebondissement tout en meublant un peu les 16 épisodes de la saison. Ici, on a une saison plus courte de 3 épisodes, mais les travers des scénaristes resurgissent quand même, du moins dans la première partie de The 100 saison 4.

Heureusement, ces guerres politiques ne sont pas les seuls problèmes qui vont toucher les habitants d’Arkadia ou de Polis. En effet, Clarke a été informé par A.L.I.E de la présence de réacteurs nucléaires qui vont provoquer une nouvelle vague de radiation d’ici 6 mois et risquant d’annihiler toute vie humaine sur la Terre. Il s’agit d’un nouveau Praimfaya, cet événement qui avait déjà conduit l’humanité à s’exiler dans l’espace. C’est véritablement cet arc qui va donner à la saison 4 une véritable saveur. Bien évidemment, comme à son habitude, Clarke se retrouve malgré elle à tenir en quelque sorte la destinée de l’humanité entre ses mains. La série va donc continuer dans son ton plus mature et sombre en mettant Clarke dans des situations particulièrement difficiles. Par exemple, choisir les 100 élus parmi Skaikru qui auront la possibilité de s’abriter au sein d’Arkadia et survivre au Praimfaya.the-100-saison-4-eliza-taylor

Ce fardeau échoue sur les épaules de Clarke qui bénéficiera du soutien de Bellamy. Des tensions vont alors naître au sein même de Skaikru, une fois que cette liste établie par Clarke et qui lui donne le choix de vie ou de mort des membres de son clan sera découverte. Les deux grands adversaires au sein de Skaikru seront Jaha, qui va tout faire pour sauver son peuple même si cela est impossible, et Jasper. Le jeune homme, complètement désespéré et suicidaire depuis la mort de sa bien aimé, va être relativement énervant au cours de cette saison. Son très grand désespoir le rend particulièrement dangereux et ne va pas hésiter à mettre des bâtons dans les roues de ces camarades à plusieurs reprises.

Bien évidemment et comme on peut s’en douter, le premier plan de Clarke n’aboutira pas et, là encore, la saison va utiliser de nombreux rebondissements à base de plans impossible à concrétiser. Cependant, le point commun de ses plans est qu’ils ne sauveront jamais tout le monde. Résultats, les protagonistes et notamment Clarke et même Abby seront confrontés à des choix cornéliens. La découverte de la résistance des Nightblood aux radiations va donner l’idée à Abby d’effectuer des transfusions  afin de permettre aux personnes de survivre aux radiations. Mais avant de mettre à exécution ce plan, il faut faire un test et prendre le risque de sacrifier une personne. Abby se retrouve donc dans une position des plus inconfortables, encore plus lorsque sa fille est la cobaye. Prendre le risque de perdre sa fille pour trouver un moyen de sauver l’humanité entière ? C’est ce genre de choix qui va guider toute cette quatrième saison qui sera loin d’être tendre avec ses protagonistes.

the-100-saison-4-marie-avgeropoulosClarke ne sera pas la seule mise en avant, Octavia aura un rôle particulièrement important également. Devenue une véritable Grounder, Octavia s’impose dans cette saison comme une nouvelle Lexa, un personnage badass mais très juste dans ses choix. Le meilleur épisode de la saison mettra Octavia dans une situation des plus délicates elle aussi. L’épisode du conclave est une sorte de Hunger Games qui voit un représentant de chaque clan s’affronter afin d’offrir aux siens une place dans un bunker ne pouvant accueillir que 1000 personnes. C’est un épisode particulièrement brutal où la série n’hésitera pas une nouvelle fois à se séparer de ses personnages charismatiques. Un épisode à la tension constante et qui s’impose comme l’un des meilleurs de la série. La série continue au travers d’Octavia d’installer des personnages féminins forts et charismatiques.  Globalement ce sont les personnages féminins qui se démarquent cette saison, ce sont elles qui ont les responsabilités. Les garçons, Bellamy, Kane ou Monty sont plus dans la modération. À l’opposé, les filles en particulier le quatuor principal (Clarke, Abby, Octavia et Raven) sont à la recherche de solutions et se démènent pour arranger les choses.

Les différentes relations entre les protagonistes vont être toujours plus creusées. On a parlé de la relation entre Abby et Clarke précédemment, mais c’est du côté de Bellamy et Octavia que les choses vont être les plus intéressantes. La relation mis à mal entre les Blake lors de la saison 3 se voit grandement améliorer où les deux personnages prennent conscience de l’importance qu’ils ont l’un pour l’autre. C’est certainement la relation la plus touchante et la mieux traitée de la série. De leur côté, les amourettes entre Abby/Kane ou Monty/Harper sont un peu insignifiantes. On peut cependant mettre à part le couple d’opportunistes Murphy/Emori qui est lui plutôt bien géré et montre la place de marginaux des deux personnages dans cet univers, certainement l’une des places les plus difficiles.

Ne gâchons pas tous les événements importants de The 100 saison 4, qui, bien qu’inférieure aux précédentes et souffrant du manque de Lexa, reste haletante même si certains processus un peu rabâchés par la série depuis quelques temps feront grincer les dents. On peut toujours saluer la volonté de Rothenberg de malmener ses personnages comme, par exemple, Raven dont les visions vont peser énormément sur le mental de la jeune femme, et de poursuivre dans cette direction assez sombre. Rothenberg continue d’approfondir la mythologie de sa série en y ajoutant de nombreux éléments venant compléter des pistes déjà explorées dans les saisons précédentes. The 100 s’est donc clairement émancipés de son caractère de série adolescente et, même si quelques bribes du cahier des charges des séries de la CW se font encore ressentir (notamment au travers de quelques amourettes un peu trop « cucul »), le côté apocalyptique a pris une nouvelle dimension dans cette saison avec la menace totale du Praimfaya.

The 100 Saison 4 : Bande annonce

The 100 Saison 4 : Fiche Technique

Créateurs : Jason Rothenberg, Kass Morgan
Interprétation : Eliza Taylor-Cotter (Clarke), Bob Morley (Bellamy), Paige Turco (Abby), Marie Avgeropoulos (Octavia), Devon Bostick (Jasper), Christopher Larkin (Monty), Lindsey Morgan (Raven),Richard Harmon (Murphy), Isaiah Washington (Thelonius), Henry Ian Cusick (Marcus), Zach McGowan (Roan)
Producteurs : Matthew Miller, Jason Rothenberg, Bharat Nalluri, Leslie Morgenstein, Gina Girolamo
Société de production : Bonanza Productions Inc., Alloy Entertainment, Warner Bros. Television, CBS Television Studios
Format : 13 épisodes de 42 minutes
Genre : dramatique, science-fiction
Diffusion : The CW

États-Unis – 2014

[irp posts= »64491″ name= »The 100 saison 3, une série de Jason Rothenberg : Critique »]

[amazon_link asins=’B01M0AQMK7,B00TXE2OUS,B06XRQQ5LJ,2221139720,B01LYCC953,2221139739′ template=’ProductCarousel’ store=’cineseriesmag-21′ marketplace=’FR’ link_id=’5323b067-6492-11e7-82a1-4dd9df606967′]

Festival

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Deauville 2026 : The Last Pickpocket in New York, les mains dans les poches

Comment survivent les voleurs à la tire dans notre société moderne ultra connectée, où l'argent est devenu virtuel et les téléphones des traceurs ambulants ? En partant de cette question simple, "The Last Pickpocket in New York" propose un polar urbain délicieusement rétro qui rend hommage aux classiques du genre. Porté par la performance impeccable de John Turturro, le film convainc plus par son atmosphère nostalgique que par son scénario ingénu.

Deauville 2026 : The Man I Love, la fureur de vivre

Dans "The Man I Love", Ira Sachs met en scène Rami Malek dans le rôle d'un acteur confronté à la mort. Entre répétitions, danses, chants et désirs sexuels, il compose une ode à la vie exaltant le plaisir de chaque instant. Un drame queer qui manque malheureusement de consistance et d'émotion pour pleinement s'affirmer.

Deauville 2026 : Mouse, la souricière du chagrin

Présenté en compétition au Festival de Deauville après avoir reçu un très bon accueil à la Berlinale, "Mouse" déploie un récit de deuil adolescent sensible et délicat porté par un somptueux duo d’actrices. En filmant l’intime avec autant de tendresse que de naturalisme, Kelly O’Sullivan et Alex Thompson s’imposent comme des cinéastes incontournables du cinéma indépendant américain.

Newsletter

À ne pas manquer

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

Off Campus : les hockeyeurs mis à nu

Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.