Les oranges amères, une image bien choisie

Elena est une étudiante en philosophie à la faculté de lettres de Barcelone. Ses parents n’habitant pas trop loin, elle peut rentrer chez eux le soir. Mais elle découvre un nouveau milieu et côtoie de nouvelles personnes. Du coup, la voilà partagée entre son envie de nouveauté et son confort établi, en famille et avec son fiancé, Mario.

Son confort est d’autant plus tentant qu’elle a beaucoup de mal à s’imaginer s’en priver. Elle est très bien avec Mario comme avec ses parents qu’elle considère comme un modèle de couple sachant entretenir une complicité qu’elle se plait à contempler. Cerise sur le gâteau, ses parents acceptent Mario si naturellement qu’ils se réjouissent de la séance désormais établie du vendredi soir où ils se retrouvent pour profiter d’un film en vidéo, choisi conjointement par Elena et Mario.

L’amour selon Platon

Lors d’un cours, l’enseignant commente Le banquet de Platon où le philosophe décrit sa vision du véritable amour, présenté comme l’union de deux entités qui se reconnaissent pour avoir été séparées. Cela va dans le sens de ce que certains désignent par le coup de foudre. Pour Elena, la question qui se pose est donc de savoir si Mario compte à ce point pour elle. Autant dire qu’elle y croyait ferme avant de fréquenter l’université. Là, elle réalise que la fréquentation des autres étudiants l’intéresse particulièrement, même si, dans un premier temps, elle fuit ces nouveaux contacts.

Une collection, un format

Cet album signé Javi Rey (scénario, dessin et couleurs) inaugure la série Intermezzo chez Dargaud, avec une œuvre qui mérite la découverte. Ainsi l’auteur explore de nombreux thèmes (découverte de soi, confrontation avec un nouveau milieu, de nouvelles têtes, l’amour et les multiples questionnements qu’il engendre, les relations familiales avec leur lot d’influences et obligations, petites et fortes, l’émulation intellectuelle, etc.) ce qui n’empêche pas de proposer un album agréable à parcourir. Son atout principal est l’exploration de la personnalité d’Elena au travers de ce qu’elle vit, objectif raisonnable au vu d’un format moyen pour un total de 32 pages avec couverture souple et un prix modeste. Si les autres personnages restent au rang de faire-valoir, l’album propose de nombreuses péripéties tout en incitant à une vraie réflexion. Quant à sa forme, elle reflète une maîtrise réelle du medium BD, avec une organisation des planches aussi variée que bienvenue, pas mal de texte sur certaines planches et aucun sur d’autres pour apporter une vraie respiration. Un jeu naturel sur la temporalité (flashbacks, rêve, représentation visuelle du contenu d’un cours) séduit. De plus, l’utilisation des couleurs fait son effet, à l’image de l’illustration de couverture. Tout l’album est dans le même ton.

Les Oranges amères – Javi Rey
Dargaud (collection Intermezzo) : sorti le 28 août 2026
Note des lecteurs0 Note
3.5

Festival

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Deauville 2026 : I’ll Be Gone in June, le crépuscule d’un monde

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L’Étrange Festival 2026 : Blaise, quand la politesse tourne à l’émeute

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Deauville 2026 : Les Contrebandiers, l’or noir de la Grande Dépression

Présenté en ouverture du Festival de Deauville, "Les Contrebandiers" propose une immersion profonde dans les forêts de l’Oregon lors de la Grande Dépression. Un film de survie âpre et tendu, qui convoque les grands classiques des années 1970. Porté par l’interprétation très physique d’Ethan Hawke, il compose un divertissement d’une efficacité redoutable, sans échapper à quelques clichés.

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