« Les 4 Reliques du rock’n’roll » : les Zumbies remettent le rock sur pied

Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.

Le rock est mort, paraît-il. Une raison suffisante pour confier son salut à quatre cadavres. Les membres ressuscités des Zumbies sont envoyés aux quatre coins des États-Unis pour retrouver quatre reliques légendaires capables de réconcilier une humanité ravagée par le réchauffement climatique, les guerres et l’affrontement entre fanatiques religieux et adorateurs du rock. Leur autre motivation est plus personnelle : réussir la mission avant de devenir de simples zombies décérébrés, condamnés à mâchonner des cerveaux avec une vigueur aléatoire.

Le récit avance vite, fort et sans détour. Découpée en chapitres consacrés à chacun des musiciens, la quête multiplie les obstacles grotesques, les détours sanglants et les rencontres improbables. Un alligator monstrueux, un gorille rose ou une fondamentaliste nymphomane viennent enrichir un panorama déjanté jamais avare en trivialité.

Sous le chaos, l’album s’amuse pourtant d’un monde qui ressemble dangereusement au nôtre. Arnaud Le Gouëfflec grossit le trait jusqu’à l’absurde, sans jamais alourdir la mécanique comique. Ici, pas de grande intrigue sinueuse : le scénario privilégie l’impact, l’humour noir et le plaisir régressif d’une mythologie rock passée au broyeur de la série Z. Même lorsque le tempo ralentit, ce n’est que pour mieux relancer la machine vers un final délicieusement idiot.

Julien Solé s’en donne à cœur joie : corps démultipliés dans l’action, perspectives affolées, visages tordus par la panique ou le désir : son dessin semble taillé pour l’exercice. Aux verts cadavériques répondent des jaunes de fromage fondu, des roses de peluche et des violets toxiques. Chaque chapitre trouve ainsi sa propre ambiance sans jamais calmer la folie joyeuse de l’ensemble.

Un QR code placé en ouverture donne accès à une playlist de dix titres liés à l’histoire. L’idée complète un album qui revendique le rock comme univers total, à la fois musique, folklore, religion et carburant narratif.

Les 4 Reliques du rock’n’roll donne à voir, en quantité, le sang, le sexe, les riffs et les morts-vivants complètement stupides. Les admirateurs des éditions Fluide Glacial y retrouveront une formule qu’ils connaissent parfaitement et qui demeure ô combien efficace. 

Les 4 Reliques du rock’n’roll, Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé
Fluide Glacial, 1er juillet 2026, 56 pages

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3.5

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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