Wedding Nightmare : Deuxième partie – Battle of the ring

En apparence, ce Wedding Nightmare : Deuxième partie promettait d’être une suite qui se démarque de la surexploitation des studios. Le film de Matt Bettinelli-Olpin et de Tyler Gillett s’inscrit pourtant dans cette triste réalité, après un premier volet qui avait su encapsuler tout le plaisir régressif d’une série B, avec ce qu’il faut de suspense, d’effusion de sang et de maladresse calculée pour que le spectateur s’amuse ludiquement dans une partie de cache-cache à mort.

Après avoir survécu à ses vœux de mariage et à sa belle-famille Le Domas, Grace est rappelée dans une mêlée sanglante impliquant cette fois plusieurs familles fortunées venues des quatre coins du monde. Le récit survole cependant rapidement les raisons qui étendraient sa mythologie, ce qui n’est pas toujours bon signe quand on nous promet quelque chose de cohérent et de neuf. C’est là que le bât blesse, et pas qu’un peu. L’héroïne résume d’abord les événements passés pour briefer ceux qui auraient manqué les festivités précédentes. On pourrait croire que ces informations seraient au moins utiles pour Faith, la sœur cadette embarquée malgré elle dans l’aventure, mais il faudra d’abord survivre à une longue exposition qui présente un à un les nouveaux adversaires de ce duo recomposé.

Les noces fugaces

C’est avec une certaine hystérie qu’on découvre ces familles prêtes à en découdre avec Grace, dont la mort constituerait une belle promotion dans la hiérarchie des adeptes de Satan. Aînés et descendants se jettent alors tour à tour dans une arène ouverte… dont on ne fera finalement rien. Le budget a visiblement gonflé depuis le premier volet, et ça se voit : terrain de golf soigné, manoir labyrinthique aux décors vertigineux, temple souterrain construit dans une église retournée. Les décors sont là, ambitieux et presque généreux. Mais la mise en scène les traverse comme on traverse un couloir d’hôtel, sans curiosité, sans exploiter leurs recoins ni leur potentiel dramatique. On abandonne rapidement les espaces ouverts pour des sous-bois, avant de revenir au huis clos. Ces lieux se succèdent sans qu’on en tire grand-chose, et la compétition entre familles rivales, pourtant fertile sur le papier, tourne vite au défilé de faire-valoir.

Ce paresseux rapport à l’espace n’est pas sans rappeler ce qu’on reprochait déjà aux Scream 5 et 6 du même duo, où la mise en scène se contentait de gérer le trafic d’un train fantôme plutôt que de créer une tension véritable. Depuis leurs débuts dans l’anthologie V/H/S, Radio Silence Productions a multiplié les franchises avec une régularité qui commence à ressembler davantage à de la gestion de catalogue qu’à de la prise de risque. On les comprend d’avoir quitté la saga de Ghostface, tant la franchise crie elle-même à l’épuisement et ferait mieux qu’on la laisse tranquille. Mais l’univers Wedding Nightmare, présenté comme un terrain plus expérimental, ne confirme pas encore cette promesse.

Les réalisateurs avaient pourtant affiché une intention claire : faire de ce deuxième volet « une histoire d’amour », celle de deux sœurs qui se retrouvent. L’idée est belle. Grace remet la même robe de mariée pour l’occasion, quelques montages parallèles tentent de mettre en résonance les blessures des deux femmes, mais l’émotion se perd dans le pathos avant même d’avoir le temps de s’installer. Ce film est avant tout conçu pour divertir à coups de morts fun, et cette ambition sentimentale sonne surtout comme une justification après coup.

Prêt pas prêt, déjà vu

Car c’est bien là le problème central : la traque manque cruellement de rythme et de suspense. On retrouve les explosions de corps qui avaient fait forte impression au dénouement du premier volet, et certaines morts peuvent encore susciter rires et plaisir — notamment grâce aux réactions d’un Elijah Wood distrayant en arbitre des jeux, dont le flegme pince-sans-rire constitue l’une des rares bonnes surprises du film. Mais l’humour peine globalement à décoller dans ce chaos revisité avec peu d’originalité. Ce sont des problèmes d’écriture qu’on notait déjà dans Abigail, où l’on s’amusait finalement davantage avec sa ballerine vampire. On pense aussi à They Will Kill You, survival horrifico-comique qui, avec ses gros sabots et son aura grand-guignolesque, arrivait à trouver un ludisme que ce film semble ne pas vraiment assumer, notamment dans ses scènes d’action et dans la façon dont il traite, avec bien plus de naturel, la relation entre deux sœurs qui se retrouvent.

Du côté des personnages, Samara Weaving et Kathryn Newton fonctionnent bien en duo. Newton, déjà rodée au mélange d’humour noir et de morceaux d’entrailles depuis Abigail, est ici bien dans ce registre. Leur réconciliation n’échappe cependant pas aux raccourcis les plus balisés du genre. Du côté des antagonistes, David Cronenberg fait une courte apparition pour le clin d’œil, et Sarah Michelle Gellar n’a pas grand-chose à défendre malgré sa présence. C’est finalement Shawn Hatosy qui tire son épingle du jeu, avec ses élans colériques et sa quête du pouvoir fébrile. Il incarne un méchant dont l’instabilité compense la platitude des autres familles, présentes essentiellement pour amuser la galerie avec leur incompétence répétée, rejouant parfois les mêmes cartes que le premier opus.

Tous se battent pour un anneau qui gouverne le monde, sorte de deus ex machina ultime si jamais il tombait entre de mauvaises mains. La séquence finale est jouissive, mais arrive trop tard et ne peut pas grand-chose contre l’impression tenace d’un film qui n’a jamais vraiment décidé ce qu’il voulait être : une comédie gore qui assume son trash, ou une suite avec une profondeur émotionnelle dans la sororité. En voulant les deux, Wedding Nightmare 2 ne réussit vraiment ni l’un ni l’autre.

Wedding Nightmare : Deuxième partie – bande-annonce

Wedding Nightmare : Deuxième partie – fiche technique

Titre original : Ready or Not 2: Here I Come
Réalisation : Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett
Scénario : Guy Busick & R. Christopher Murphy
Interprètes : Samara Weaving, Kathryn Newton, Sarah Michelle Gellar, Shawn Hatosy, Nestor Carbonell, David Cronenberg, Elijah Wood
Photographie : Brett Jutkiewicz
Décors : Andrew Stearn
Costumes : Avery Plewes
Montage : Jay Prychidny
Casting : John Buchan
Musique : Sven Faulconer
Thèmes originaux : Brian Tyler
Producteurs : Tripp Vinson, James Vanderbilt, William Sherak, Bradley J. Fischer
Producteurs exécutifs : Greg Denny, Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillet, Samara Weaving, Tara Farney, Paul Neinstein, Guy Busick, R. Christopher Murphy, Chad Villella
Sociétés de production : Radio Silence Productions, Mythology Entertainment, Vinson Films
Pays de production : États-Unis
Société de distribution : Searchlight Pictures
Durée : 1h48
Genre : Comédie, Épouvante-Horreur, Fantastique
Date de sortie : 8 avril 2026

Wedding Nightmare : Deuxième partie – Battle of the ring
2.5

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Jérémy Chommanivong
Jérémy Chommanivonghttps://www.lemagducine.fr/
Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

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