Primate : on n’apprend pas à un singe à faire… peur

L’une des premières bonnes surprises de l’année nous vient – encore – du rayon horrifique. Et, sans se mentir, on n’attendait pas grand-chose d’un film d’horreur avec un singe tueur. Preuve que le film de genre n’a pas fini de nous surprendre, Primate se révèle être la parfaite série B dont on rêvait. Intense, méchante, sans concession et vraiment effrayante grâce à un singe particulièrement réaliste. On pardonnera donc les quelques facilités et personnages idiots pour se concentrer sur le cœur du film : la terreur et l’angoisse qu’il diffuse, en plus de mises à mort génialement sanglantes et pleines d’idées.

Synopsis : PRIMATE suit un groupe d’amis dont le séjour idyllique sur une île lointaine dégénère en un affrontement bestial.

Quelle belle petite surprise au rayon de la série B horrifique pour commencer ce début d’année ! À l’instar de Companion l’an passé, ce Primate nous régale ! Comme quoi le cinéma de genre prouve encore qu’il est peut-être le domaine qui se renouvelle le plus et se positionne comme un vecteur de divertissement souvent convaincant, pour peu qu’on soit client. Rajoutons que depuis quelques années, le sous-genre du film de terreur animale a le vent en poupe et nous gratifie de petites pépites. Alors, il y a quand même eu l’excellent Crawl d’Alexandre Aja et ses alligators, la très bonne et grosse surprise francophone Vermines et ses araignées mutantes, ou la sympathique série B de requins Dangerous Animals cette année. Comme quoi Mère Nature et ses créatures peuvent être pourvoyeurs de films terrifiants et très sanglants. Avec ce Primate, on a le droit à une menace inusitée au cinéma puisqu’il s’agit d’un chimpanzé, un animal qui est généralement plutôt une source de mignonnerie et de réconfort. Ça aurait pu être totalement à côté, c’est finalement très réussi.

Johannes Roberts est un honnête faiseur qui s’avère être capable du meilleur, comme avec un autre film du genre avec des requins (47 Meters Down), mais aussi du pire (ses incursions dans les sagas, comme avec le reboot prometteur mais finalement complètement foiré de Resident Evil ou son épisode très dispensable au sein de The Strangers). Cette fois, il livre peut-être sa plus éclatante réussite avec ce long-métrage qui va droit au but et réussit tout ce qu’il entreprend. Déjà, et c’est très louable, Primate ne perd pas de temps avec une introduction simple, efficace et condensée qui nous met vite dans le bain. En effet, dans ce genre de film, on vient pour le sang, la tension et la peur, et non pour voir vivre les personnages qui seront, a fortiori, de la chair à canon. Et tous ces éléments sont là, et quand le carnage commence, jamais le rythme ne retombera. C’est terriblement efficace de bout en bout et sans concession. Tout ce qu’on demande à un tel film.

Les petits hics qu’on pourra reprocher au film viennent surtout de certains personnages complètement idiots. On sait que c’est la panacée dans ce genre de film qui s’apparente à un slasher – animalier, puisque le tueur est un animal – mais comme il y a un relatif travail sur la famille centrale, avec le père sourd et muet (qui occasionne une séquence sans son absolument géniale), dommage que certains seconds rôles soient complètement idiots, à tel point que cela en devient rageant et improbable. Et puis il faut avouer que les dialogues sont réduits au strict minimum et tout juste fonctionnels, voire simplistes. Cela empêche Primate d’être la vraie petite bombe qu’il aurait pu devenir. Mais passons, tant on passe un bon moment et qu’on trouve ici ce qu’on était venu chercher.

Et là où le long-métrage excelle le plus, c’est bien sûr dans ces mises à mort, toutes plus sanglantes et extrêmes les unes que les autres. Roberts n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de montrer la folie de ce singe qui a la rage. Démembrements, éventrations et morsures extrêmes, tout y passe et on ne nous cache rien. Du gore généreux et sans concession, comme on peut en attendre d’un tel film. Ces exécutions ont en plus le mérite d’être variées et originales, le cinéaste utilisant notamment parfaitement le décor de cette superbe villa hawaïenne perchée sur les rochers pour les mettre en scène de manière aussi recherchée que sanglante et visuellement intéressante. Les séquences avec la piscine sont notamment particulièrement angoissantes et bien mises en scène. Enfin, le fait de choisir des effets pratiques plutôt que numériques pour animer la bête est un gage de réalisme. En effet, le singe Ben est proprement terrifiant. Bref, si vous aimez avoir la trouille et vous cacher les yeux, foncez !

Bande-annonce – Primate

Fiche technique – Primate

Réalisateur : Johannes Roberts.
Scénaristes: Ernest Riera & Johannes Roberts.
Production : Paramount Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Interprétation : Johnny Sequoyah, Jessica Alexander, et Troy Kotsur, Victoria Wyant, Gia Hunter, Benjamin Cheng, Charlie Mann, Tienne Simon
Genres : Suspense – Horreur.
Date de sortie : 21 janvier 2026.
Durée : 1h29.
Pays : USA.

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3.5

Festival

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