Blue Beetle ne casse pas trois pattes à un cafard

Malgré quelques excellentes surprises, le DC Extended Universe n’a été qu’une succession d’échecs. Alors, comme frappé par un éclair de génie (qu’on aurait aimé voir dans The Flash), Warner a décidé de prendre sa première décision intelligente depuis des lustres : l’euthanasie. Laisser mourir pour reconstruire. C’est désormais sur un reboot complet, chapeauté par James Gunn, que se dirigeront les films de l’univers cinématographique DC. L’arc Gods and Monsters est lancé. Blue Beetle, auparavant destiné à la VOD et au Snyderverse, se retrouve propulsé au cinéma en tant que premier représentant de ce tout nouvel arc. Quelqu’un aurait un insecticide ?

Un grand cafard implique de grandes responsabilités

Imaginons une conversation de la Justice League après le visionnage du film. 

Superman : Bon… Donc ça, c’est le petit nouveau  ?

Wonder Woman : Non, il rejoint un autre univers. Nous, c’est fini.  Braves collègues et amis, travailler à vos côtés a été un grand honneur.

Batman : Je suis Batman.

Flash : Je suis d’accord, Bruce. Moi, j’ai bien aimé. Je l’ai même trouvé meilleur que mon film.

Les membres se tournent vers lui.

Cyborg : C’était très difficile de faire pire que ton film, Barry.

Flash : Au moins, j’en ai eu un…

Aquaman : Pas de quoi en être fier, mon pote.

Flash : Attends ton deuxième, Arthur. Vu les galères en production, il peut très bien être pire.

Wonder Woman : Les garçons ! Nous sommes là pour parler de Jaime Reyes, le premier super héros mexicain. Il est incarné par Xolo Mariduena, révélé dans Cobra Kai. Nous suivons ses aventures et celle de sa famille mexicaine alors qu’il est choisi par un scarabée extraterrestre. Assumera-t-il son destin de super héros ? Telle est la question.

Gros silence. Les membres de la JL se regardent. 

Superman : Pourquoi tu parles comme un robot ?

Cyborg : Ma base de données indique que ses apparitions sont tellement forcées et inutiles qu’elle a fini par perdre sa personnalité.

Batman : Je suis Batman.

Wonder Woman : Je ne pensais pas que tu pourrais me dire une telle chose, Bruce…

Superman : Non, franchement, ça vous a plu ?  A un moment, j’ai utilisé ma vision et j’ai regardé le film d’à coté. C’était sur le concepteur de la Bombe Atomique… ça avait l’air fascinant.

Flash : Ben… grave ! Je me suis attaché à Reyes et sa famille. C’est une origin story assez classique…

Cyborg : Effectivement. Selon mes calculs, le film est composé à 98,45% de clichés et de scènes déjà vues. Les statistiques montrent que la saga Spider-Man a été copiée à 58,87%, bien plus si on se fie au seul scénario de l’œuvre.

Wonder Woman : Laisse tomber les calculs l’espace d’un instant, cher Victor. Savoure ce moment de partage avec tes collègues. Donne ton propre ressenti. Je te prie de bien vouloir t’exprimer. Que dit ton cœur ?

Superman : Non, sérieusement, Diana, là tu deviens flippante.

Flash : Ok, ouais, c’est très cliché. Le film n’a pas une once de surprise. Mais certains passages fonctionnent, non ? Sérieusement, j’ai été ému, quelques fois. Je veux dire, il se passe des choses tragiques. Sans surprise, mais tragiques. Je pense qu’un enfant qui découvrira ce film au cinéma va l’adorer. Il y a de l’action, des enjeux, de la tragédie et les effets spéciaux ont de la gueule.

Aquaman : T’es mal placé pour parler d’effets spéciaux, Barry.

Cyborg : Eh ben… Pour en revenir à ce que disait D.IA.na. – Ils se marrent tous, sauf elle – Je n’ai pas vraiment été déçu. Je m’attendais à rien, mais j’ai trouvé le film d’une lenteur abominable. C’est tellement une autoroute de clichés et de recyclage qu’on en perd tout intérêt. Je veux dire, ce n’est pas comme le film de Barry, qui est tellement raté qu’on en rigole. – Ils se marrent tous, sauf Barry – là, c’est juste plat.

Superman : Je suis d’accord. C’est dommage, car certaines séquences fonctionnent au niveau de la mise en scène. Tu as quelques fulgurances, mais elles ne sauvent pas le film. Par contre, l’acteur s’en sort bien, je trouve. Il porte bien les différents tons du film : la peur, la colère, la vengeance.

Batman : Je suis la vengeance.

Ils se regardent, surpris. 

Flash : Euh les gars, j’ai pas compris ce qu’il voulait dire.

Cyborg : Mon analyse me pousse à croire qu’il a littéralement dit « je suis la vengeance ». 

Aquaman : Pour donner mon avis, je me suis fait chier aussi. C’était surtout difficile pendant une partie des scènes d’action. Certaines fonctionnent, c’est vrai, les effets spéciaux sont plus réussis que le dernier film de Diana ou celui de Barry, vrai aussi. D’ailleurs, de ce que j’ai compris, il ne devait pas sortir en salles ?

Cyborg : Non, en effet. Warner le destinait à la VOD. Blue Beetle a un bien plus petit budget que nos films à nous. – Flash se met à tousser – Très bien, vos films à VOUS… C’est sans doute pour cela que la totalité des scènes d’action se déroulent de nuit et dans un vide créatif total. Dommage, on sait qu’un manque de budget peut très bien donner un excellent résultat.

Flash : C’est vrai, ils ne se sont pas cassés la tête pour le climax.

Ils se tournent tous vers lui. 

Wonder Woman : Toi être moins bien placé pour dire cela, Barry.

Superman : Oh, non.. ça s’aggrave en plus.

Batman : Je suis Batman.

Flash : Oui, c’est vrai ! Bruce a raison, c’est peut-être le film de super-héros le plus centré sur la famille qu’on ait eu, non ?  Ajoutez-y le côté mexicain ! C’est original ça, non ?

Aquaman : C’est sûr. Un père qui a dix lignes à tout casser, un oncle qui accumule autant de clichés qu’un paparazzi qui rencontrerait Lena Situation, une sœur insupportable, une mère invisible et une grand-mère… Non, sérieusement, on en parle de la vieille ? – Wonder Woman se tourne vers lui, en haussant les sourcils – T’es immortelle, meuf.

Cyborg : Oui, dommage que le seul personnage réellement intéressant soit Reyes. Même sa copine n’a pas grand intérêt. Elle joue plutôt bien… c’est tout. En revanche, j’espère que nous sommes tous d’accord pour dire que Blue Beetle possède l’un des pires méchants sur l’ensemble de nos films super-héroïques ?

Aquaman : Oh, bah p****n, ouais !

Flash : Carrément !

Wonder Woman : Moi être d’accord.

Superman : Absolument.

Batman : Je suis Batman.

Superman : Il y a toutefois quelque chose de paradoxal dans ce projet. Je ne l’ai pas aimé, pas du tout. C’est ennuyeux, visuellement très fade et sans aucune imagination et surtout, incroyablement prévisible. En revanche, le personnage de Jaime a un vrai potentiel. Si James Gunn s’occupe bien de lui, il peut en faire quelque chose de très bien, dans les années à venir.

Wonder Woman : Diana Price approuve ce message.

Le Bat-Téléphone sonne. Batman lit le message. 

Batman : Je suis Batman.

Flash : Décidemment… On n’est jamais tranquille. On y va, les gars ?

Aquaman : Une dernière fois.

Cyborg : Une dernière fois.

La Justice League quitte le Bat-Café et s’élancent vers l’inconnu. 

Bande-annonce : Blue Beetle

Fiche technique : Blue Beetle

Réalisation : Angel Manuel Soto

Scénario : Gareth Dunnet-Alcocer d’après le personnage crée par Keith Giffen, John Rogers et Cully Hamner

Casting : Xolo Mariduena / Bruna Marquzine / Belissa Escobedo / George Lopez / Raoul Trujillo

Musique : The Haxan Cloak

Photographie : Pawel Pogorzelski

Production : DC Studios

Distribution : Warner Bros. Pictures

Genre : Super-héros

Durée : 127 minutes

Sortie : 16 Aout 202

 

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