« Retour sur terre » : clap de fin

Les éditions Dupuis publient le dernier tome de la série Olive. « Retour sur terre » réunit enfin Olive et le cosmonaute qui hante ses songes, Lenny.

Dans les dernières pages de « Retour sur terre », Olive et Charlie sont menacées d’être séparées. Cela pourrait être anodin dans d’autres circonstances, mais tout le récit de Véro Cazot et Lucy Mazel a reposé sur cet éveil commun, sur une amitié qui, chemin faisant, a permis à Olive de sortir de son ornière et de trouver les ressources nécessaires à la mission qui lui incombait : secourir le cosmonaute Lenny, laissé pour mort, avec lequel elle entretient un lien télépathique mystérieux.

Sur Lenny, justement, les informations ont été parcellaires, distillées au compte-gouttes. L’ouverture spectaculaire de ce quatrième et dernier tome vient à cet égard satisfaire à toutes les attentes. On y découvre les événements tragiques ayant présidé à la disparition de Lenny. Échoué en Sibérie après une mission spatiale périlleuse, il traverse le Baïkal gelé, affronte le froid glacial et l’hostilité de la faune locale et finit par se réfugier dans une grotte, complètement démuni. Toute cette séquence est superbement dessinée (et éclairée). Le thème de la survie face aux éléments et à la solitude la rapproche de The Revenant ou All is Lost.

Pour sauver celui qui assaille ses rêves, Olive doit se dépasser. Cela passe par un voyage en Sibérie, le vol d’un scooter et une épopée enneigée sur laquelle personne n’aurait parié un sou quelques mois plus tôt. Toute la chair humaine de la série repose sur sa jeune héroïne, qui parvient à s’affranchir des obstacles, notamment psychologiques, pour se réaliser et s’ouvrir aux autres (métaphoriquement, ses liens avec Lenny pourraient d’ailleurs constituer le signe avant-coureur de cette ouverture).

Graphiquement, Lucy Mazel parvient une nouvelle fois à émerveiller et émouvoir. Les pleines pages sont splendides et on conserve la poésie et les couleurs chatoyantes qui ont caractérisé Olive depuis le premier tome. Le lac Baïkal et ses environs, tout comme l’espace des premières vignettes, constituent évidemment des cadres propices à la contemplation, que l’illustratrice s’approprie en clerc.

Non seulement la série a su renouveler son intérêt tout au long des quatre albums qui la composent, mais elle s’est même bonifiée – et densifiée – au cours du temps. Les retardataires savent désormais ce qu’il leur reste à faire.

Olive : Retour sur terre, Véro Cazot et Lucy Mazel
Dupuis, février 2023, 56 pages

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3.5

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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