« L’Autre » : rencontres et (més)aventures

Les éditions Glénat publient le premier tome de la série L’Autre, intitulé « Le Souffle de la hyène ». Lylian et Montse Martin y mettent en scène deux jeunes personnages aux talents surnaturels dont les parcours vont s’entrechoquer. De quoi prolonger, avec un certain succès, l’univers fécond de Pierre Bottero.

Chercheur et professeur d’histoire, Ernesto est un « paria », un « rêveur », un « idéaliste ». Soucieux de préserver ses découvertes, il s’attaque à la hâte aux secrets d’un étrange cube en lévitation, laissé à l’abandon dans ce qu’il pense être un ancien temple maya. Mais ses actions inconsidérées libèrent des forces surnaturelles anesthésiées par 3600 ans de captivité. Concomitamment, au Canada, à Montréal plus précisément, le jeune Natan offre une victoire inespérée à ses coéquipiers lors d’un match de basket particulièrement disputé. On comprend vite que l’adolescent dispose de facultés surhumaines. Celui qui parle cinq langues mais demeure désespérément seul a d’ailleurs déménagé plusieurs fois après en avoir fait la démonstration de manière un peu trop ostentatoire. Enfin, en France, c’est à travers le point de vue de Shaé, placée sur tutelle, que l’on découvre le caractère harcelant de certains hommes. Bien que cherchant à se maîtriser, la jeune femme leur dévoile sa double identité, puisqu’une créature primitive apparaît tapie au fond d’elle.

« Le Souffle de la hyène » place ces deux protagonistes à l’aube d’une probable grande aventure. Après avoir perdu ses parents dans des circonstances troubles, Natan reçoit un appel pré-enregistré l’implorant de se réfugier à Marseille. C’est là-bas, manipulé par un vieil homme, qu’il va faire la rencontre de Shaé, non sans avoir été auparavant pourchassé par un lycanthrope. « Un sang différent coule dans tes veines », lui avait-on annoncé. Est-ce cela, ainsi que la puissance que sa famille semble receler, qui expliquent l’étrange succession des événements ? Dans des planches aérées, Lylian et Montse Martin multiplient les rebondissements, confrontent leurs héros à des situations épineuses et éventent leur dualité, sans toutefois révéler aux lecteurs tous les secrets d’un récit en cours de développement. Ils confèrent à Natan les traits d’un adolescent solitaire, entravé dans ses capacités, tandis que Shaé est plutôt caractérisée par son genre – elle subit les comportements déplacés des petits voyous du coin – et sa condition – son tuteur lui refuse de l’argent et elle habite un logement sans charme, aux murs fissurés et à l’ascenseur dysfonctionnel.

Ce premier tome de L’Autre pose déjà quelques solides jalons. Porté à hauteur d’adolescents, il est axé sur l’aventure et doté d’un rythme (déjà) effréné. C’est ensemble que les deux protagonistes-phares vont devoir affronter d’obscurs helbrumes, des êtres dépourvus d’yeux et dont la puissance est supposée sans commune mesure avec leur apparence. Issu d’un univers commun avec La Quête d’Ewilan, « Le Souffle de la hyène » est porteur de promesses, même si on peut déplorer, à ce stade, la relativité de son propos.

L’Autre : Le Souffle de la hyène, Lylian et Montse Martin
Glénat, juin 2022, 64 pages

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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