Compétition officielle : satire du cinéma

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Pénélope Cruz, Antonio Banderas, Oscar Martinez se donnent la réplique dans Compétition officielle. Un film d’humour (parfois poussif) grinçant sur le cinéma, l’argent et l’égo qui ne font pas toujours bon ménage !

Festival d’égo

La compétition officielle n’est pas que celle du tapis rouge que fouleront peut-être un jour les trois dingues de cette comédie, mais bien celle qui se déroule entre eux. Né du désir d’un milliardaire désireux de laisser une trace dans ce monde, le film (dans le film que nous voyons) de la réalisatrice Lola Cuevas est une petite folie qui aurait pu être une pépite… si seulement ! Il n’y a qu’à écouter Lola en conférence de presse (elle ne donne jamais d’interview, please!) pour apprécier la saveur de ce film dans le film auquel il ne faut surtout pas chercher une idéologie (non, non, non !). Telle une ado, Lola a soigneusement consigné son film dans un cahier rempli de collages, de matières, de désir. Elle est une artiste, un génie presque, telle qu’elle est décrite au départ, et « faire le meilleur film » autorise à tout visiblement !

C’est sans compter sur ses exercices plus tordus les uns que les autres : jouer sous un rocher de plusieurs tonnes pour ressentir la pression, s’embrasser devant des micros, trouver sa vérité entre 5 et 6.5 d’intensité. Bref, tout est fait pour tourner en ridicule une industrie perdue entre la gloire et l’envie de faire un cinéma singulier, vrai, sincère. Rien de mieux que cette histoire de déchirure entre deux frères qui se transpose peu à peu dans le cratère qui oppose les deux acteurs du film qu’est Compétition officielle. Les duos mal assortis sont toujours l’apanage du cinéma – on les réunit même tous les dix ans comme dans Loin du périph –  ils ne servent là qu’à en intensifier la satire. A ce jeu les acteurs s’amusent et on le sent, jouant sans cesse avec le vrai et le faux, insistant sur les défauts de leurs personnages jusqu’à l’outrance.

Coulisses 

Nous mêmes, spectateurs, sommes constamment sur le qui vive (entre deux rires) comme pour sentir quand il sera temps de se laisser prendre par les faux semblants, les mensonges. On ne sait jamais quand les personnages jouent et quand ils pètent vraiment les plombs. D’autant, que comme le dit si bien la voix off à la fin, le film semble inépuisable (dès qu’une idée s’épuise, une autre la remplace, la fin elle-même est un début d’autre chose), plein de mille ressources : « Aborder des questions telles que le processus de création artistique, le degré de compétence professionnelle, les égos, le besoin de prestige et de reconnaissance, les différentes écoles de jeu et d’art dramatique et les tensions entre des artistes issus de milieux et de parcours différents, qui poursuivent des objectifs différents, est l’un des défis qui nous passionnent le plus dans Compétition officielle » comme le déclarent eux-mêmes les réalisateurs (dossier de presse du film). On est dans les coulisses du cinéma. Sauf que, contrairement à Coupez! qui voulait continuer à tout prix à faire film malgré les couacs, on est ici dans une hyper construction qui veut se nourrir de ses rivalités, de ses excès, quitte à se mettre sans cesse en péril. Quoi qu’il en soit, dans les deux cas, l’imagination et la création sont reines et on n’arrête pas le tournage (quoi qu’il arrive!!!).

Vérité

Entre la scène où Ivan s’imagine refuser un prix prestigieux (parce que comprenez, il est au-dessus de tout ça !) et celle où il est offusqué (tellement qu’il se venge!) lorsque Lola détruit ses précieux trophées, tout l’art de Compétition officielle est là. Quel art ? Des scènes savamment construites comme des petits précipités d’architecture, de lignes des espaces réellement habités (de véritables plans construits), des moments poussés à l’extrême (souvent hilarants!) et une durée des scènes très millimétrée (on voit bien la broyeuse en action dans la scène des trophées).  Tout cela pour parler d’un monde perdu entre art et divertissement, capable de tous les excès et heureux de lui-même, mais qui ne cherche qu’une chose encore et encore : paraître le plus vrai possible à l’écran. Un vrai défi.

Compétition officielle : Bande annonce

Compétition officielle : Fiche technique

Synopsis : Un homme d’affaires milliardaire décide de faire un film pour laisser une empreinte dans l’Histoire. Il engage alors les meilleurs : la célèbre cinéaste Lola Cuevas, la star hollywoodienne Félix Rivero et le comédien de théâtre radical Iván Torres. Mais si leur talent est grand… leur ego l’est encore plus !

Réalisation : Mariano Cohn, Gaston Duprat
Scénario : Andrés Duprat, Mariano Cohn, Gaston Duprat
Interprètes : Pénélope Cruz, Antonio Banderas, Oscar Martinez, José Luiz Gomez, Irene Escolar
Photographie : Anrnau Valls Colomer
Montage : Alberto Del Campo
Production : MediaPro, TRVE, TV3-Cataluna
Distribution :Wild Bunch
Genre : Comédie
Durée : 1h54
Date de sortie : 1er juin 2022

Espagne – 2021

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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Chloé Margueritte
Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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