« La peste » : Ariane et Nino s’adaptent à l’actualité

Sur fond de pandémie de coronavirus, Ariane et Nino, les deux héros de la collection « Le Fil de l’histoire », se penchent sur la peste.

Elle apparaît en 541 en Égypte et décime Constantinople quelques mois plus tard. Elle refait surface en 1347 dans la ville de Caffa, en Crimée. Les soldats mongols cherchent alors à assiéger la ville et, tenus en échec, décident de jeter des cadavres contaminés par-dessus les murs fortifiés de la cité. Des marchands italiens quittant la région dissémineront la maladie dans plusieurs ports de Méditerranée : Marseille, Messine ou, une nouvelle fois, Constantinople. En cinq ans, 25 millions de personnes périront. Dans les années suivantes, le monde cherche à se prémunir tant bien que mal. À Venise, les navires seront bientôt placés en quarantaine sur une île au large. En Grande-Bretagne, le village d’Eyam choisira de se fermer lui-même à la vie extérieure après la découverte d’un malade infecté. À Milan, des familles seront confinées de force. En mai 1720, le problème n’est toutefois pas résolu : les marchands qui dirigent la ville de Marseille décident de décharger à la hâte, sans observer la quarantaine de rigueur, des étoffes transportées sur un bateau n’ayant pas obtenu son « billet de santé ». Des puces contaminées sont débarquées dans la cité phocéenne et quelques semaines plus tard, la peste se déclare. Le Roi devra envoyer ses troupes pour isoler la ville et éteindre l’épidémie.

Ces quelques exemples témoignent de la virulence, de la contagiosité et de la pérennité de la peste. Ce qu’ils ne disent pas en revanche, c’est que la maladie peut prendre des formes diverses : bubonique, pulmonaire ou septicémique. Ariane et Nino, les narrateurs de la collection « Le Fil de l’histoire », racontent également les à-côtés de cette pandémie. Notamment la paranoïa qui a accompagné ce « fléau » (pestis veut dire fléau) : des chasses aux sorcières sont lancées, des chrétiens s’auto-flagellent pour obtenir le pardon divin, les juifs sont persécutés, les lépreux ostracisés, les infirmiers et les fossoyeurs suspectés de profiter de la maladie pour s’enrichir et des individus se voient même accusés de répandre du pus de bubons sur les murs des villes. Il faudra attendre les progrès de la science à la fin du XIXe siècle, sous l’égide de Louis Pasteur, d’Alexandre Yersin ou de Paul-Louis Simond, pour comprendre enfin qu’il s’agit d’une maladie bactérienne transmise par les puces. Mais la science a son revers : entre 1940 et 1944, les Japonais lâcheront sur la Chine des bombes contenant le bacille de la peste. Ces éléments indissociables de l’histoire de la pandémie se trouvent en bonne place dans ce petit album, didactique comme à l’accoutumée, et augmenté d’un appendice comprenant notamment un fil chronologique, quelques éléments historiques et un dossier sur les différentes pandémies.

La Peste, Fabrice Erre et Sylvain Savoia
Dupuis, octobre 2020, 48 pages

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3.5

Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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