Critique DVD: Pixels, un film de Chris Columbus

Pixels : Les jeux vidéo figurants dans une comédie d’Adam Sandler

Synopsis : Il y a 30 ans de cela, la NASA envoya dans l’espace une capsule renfermant des jeux vidéo d’arcade afin de contacter d’hypothétiques extra-terrestres. Aujourd’hui, ces derniers décident de nous répondre en nous attaquant avec des versions vivantes tirées de ces jeux vidéo. Pour sauver l’Humanité, le monde peut compter sur Sam Brenner et son équipe d’anciens champions du joystick pour mettre un terme à cette invasion…

Ce qui aurait dû être l’un des blockbusters les plus atypiques de cet été 2015 n’a finalement été qu’un pétard mouillé parmi tant d’autres, comme en témoignent les critiques et les chiffres du film au box-office mondial (échec commercial aux États-Unis, où il n’a pas su rentabiliser son budget de 88 millions de dollars). Pourtant, Pixels partait d’un postulat tellement délirant (excellent court-métrage de Patrick Jean) qu’il aurait pu se présenter comme un Independence Day loufoque, ou dans le meilleur des cas, une sorte de Mars Attacks ! flirtant avec les jeux vidéo. Malheureusement, le résultat est bien en-dessous des espérances.

La faute revenant principalement à Adam Sandler. Ce comédien abonné aux comédies hollywoodiennes aussi lourdingues que désespérantes et qui n’a fait, ces dernières années, qu’enchaîner les navets sans nom, occupe ici plusieurs fonctions : acteur principal, scénariste et producteur. Vous l’aurez compris, le bonhomme, bien que n’étant pas à l’origine du projet, a eu la main mise sur ce dernier; jusqu’à se l’approprier de bout en bout, l’éloignant de ce qu’il devait être. Car au final, Pixels n’est ni un banal film d’invasion extra-terrestre ni un délire purement assumé, mais le genre de divertissement humoristique qui cumule les personnages à la fois débiles et énervants, les blagues de mauvais goût et rarement drôles (on sourit tout de même, il faut bien l’avouer), un scénario pas travaillé pour un sou (le suspense est vite éventé lors de la séquence d’introduction) et des interprétations douteuses (seul Peter Dinklage s’éclate véritablement). Sans compter la constante mise en avant de son acteur principal qui peut diablement agacer. Mais ce dernier constat ne fait pas que cela.

En effet, à force de trop concentrer sa trame sur son protagoniste, aussi vide qu’inintéressant, Adam Sandler met de côté l’attrait principal de Pixels, à savoir les jeux vidéo. Alors que nous étions en droit d’attendre des séquences spectaculaires comme le laissait envisager le court-métrage, à savoir des destructions de villes à la Independence Day, Pac-Man et consorts sont réduits à l’état de mini-boss que les héros doivent affronter. Quelque part, cela peut faire référence au monde vidéoludique (le joueur passant de niveau en niveau), mais de la part du film, autant dire qu’on attendait un peu plus que des personnages de jeux vidéo ne servant à rien d’autre que de chair à canon pour les protagonistes. Preuve que Sandler se fichait totalement de ce qu’il avait entre les mains au point d’y faire des références incompréhensibles (pourquoi avoir mis un Schtroumpf, franchement ?).

Et c’est vraiment navrant d’en arriver là, vu que Pixels, en soi, n’est pas si mauvais que cela. Il suffit de voir certaines séquences mettant justement en avant les jeux vidéo pour s’en rendre compte. Allant de Space Invaders à Donkey Kong en passant par Pac-Man (amusante course-poursuite dans les rues de New-York), ces quelques scènes jouissent d’un rythme et d’une bande son tout bonnement agréables, et surtout d’effets spéciaux certes pas phénoménaux (on a vu mieux ailleurs, c’est certain) mais suffisamment plaisants pour que l’on puisse se plonger dans l’action sans déplaisir. Dommage que la direction artistique ne soit pas au diapason de l’ensemble et que le réalisateur Chris Columbus, à la recherche de son talent depuis Harry Potter et la Chambre des Secrets, ne parvienne pas à rendre ces quelques moments-là spectaculaires.

Malgré tout ce qui a été dit, il faut bien reconnaître une chose à Pixels : sa capacité à ne pas ennuyer. Et en cela, une telle note est loin d’être imméritée. Malheureusement, cela n’est pas suffisant pour faire passer la pilule et ce surtout au vu du potentiel du court-métrage de  Patrick Jean qui, en à peine trois minutes, avait su amuser tout en réveillant la fibre nostalgique chez la plupart des spectateurs. A se demander pourquoi ne pas lui avoir donné les commandes de cette adaptation sur grand écran ? Le résultat en aurait été sans doute bien différent !

Pixels : Bande-annonce

Fiche technique – Pixels

États-Unis – 2015
Réalisation : Chris Columbus
Scénario : Adam Sandler, Tim Herlihy, Timothy Dowling et Patrick Jean, d’après le court-métrage de Patrick Jean
Interprétation : Adam Sandler (Sam Brenner), Kevin James (le président Will Cooper), Michelle Monaghan (le lieutenant-colonel Violet Van Patten), Josh Gad (Ludlow Lamonsoff), Peter Dinklage (Eddie Plant), Brian Cox (l’amiral Porter), Sean Bean (le caporal Hill), Jane Krakowski (la première dame des Etats-Unis)…
Date de sortie : 22 juillet 2015
Durée : 1h46
Genres : Science-fiction, comédie
Image : Amir Mokri
Décors : Peter Wenham
Costumes : Christine Wada
Montage : Peck Prior et Hughes Winborne
Musique : Henry Jackman
Budget : 88 M$
Producteurs : Adam Sandler, Michael Barnathan, Chris Columbus, Allen Covert et Mark Radcliffe
Productions : Columbia Pictures, 1492 Pictures, China Film Co. et Happy Madison Productions
Distributeur : Sony Pictures Releasing

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Sebastien Decocq
Sebastien Decocqhttps://www.lemagducine.fr/
Se droguant avec Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Independence Day, E.T. et Indiana Jones à l'âge de 6 ans (même moins pour certains), autant dire que le cinéma était une passion d'emblée. Qui continue à s'élargir au fil des années, à tel point que j'espère un jour en faire mon métier (scénariste, réalisateur, critique... tout est bon !). A mon actif, quelques montages vidéos et un semblant de court-métrage en réserve, je préfère toutefois encore plus m'enfouir dans une salle de cinéma et me laisser transporter par ce que propose le grand écran. Que ce soit un plaisir coupable comme les comédies musicales ou les gros blockbusters d'un certain Michael Bay (je sens la foudre s'abattre sur moi !). Ou bien de véritables chefs-d'oeuvre. Quoiqu'il en soit, du moment que c'est signé par Nolan, Cameron, Spielberg et Burton, je fonce littéralement payer mon ticket.

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