Peter et Elliott le Dragon, un film de Don Chaffey : Critique

À l’occasion de la sortie dans les bacs de Peter et Elliott le Dragon, la rédaction du MagduCiné revient sur la version originale de Don Chaffey, une comédie musicale n’ayant pas réussi à passer l’épreuve du temps.

Synopsis : Fuyant sa famille adoptive, les Gogan, qui le maltraite, le jeune Peter et son ami Elliott, un dragon doué d’invisibilité, se rendent dans la ville côtière de Passamaquoddy. Là-bas, alors qu’il tente de cacher Elliott, l’orphelin va trouver en la personne de Nora, la fille du gardien du phare Lampie, une nouvelle mère. Mais les catastrophes provoquées par Elliott vont attirer bien des convoitises, dont celle du charlatan Dr. Terminus…

Un divertissement enfantin qui a pris de l’âge

Si Peter et Elliott le Dragon a su émerveiller bon nombre d’enfants qui s’en rappellent encore aujourd’hui, d’autres se souviennent de ce film via les nombreuses publicités faites à l’époque sur les VHS Disney. Un divertissement familial que Disney a tenté de dépoussiérer l’été dernier par le biais d’un remake en tout point réussi. Mais la question se pose d’elle-même : le film de Don Chaffey, comédie musicale dans l’air du temps du studio aux grandes oreilles, avait-il vraiment besoin d’une remise au goût du jour ? Bien qu’il soit chez la plupart des gens une œuvre intemporelle, il faut bien avouer que Peter et Elliott le Dragon version 1977 avait bien mérité un lifting, le long-métrage n’ayant pas su passer l’épreuve du temps.

À l’époque, le procédé d’un personnage animé évoluant au milieu de vrais décors et d’acteurs en chair et en os avait de quoi émerveiller plus d’une personne. Surtout quand le public avait déjà eu affaire à des titres aussi ingénieux et cultes que Mary Poppins et L‘apprentie sorcière. C’est d’ailleurs ce qui fait grandement défaut à Peter et Elliott le Dragon : passer juste après ces films, qui bénéficiaient d’une animation de très grande qualité. Celle du long-métrage de Don Chaffey (qui ne touche finalement que le dragon et rien d’autre), n’est vraiment pas exceptionnelle. Il faut dire aussi que celui-ci veut faire au plus simple, afin de parler d’amitié et de famille, n’usant pas d’artifices inutiles. Mais dans cette histoire où le surjeu, l’excentricité et la bonne humeur sont rois, cela paraît bien terne, pour ne pas dire vide. Dommage, car Elliott, version « gentille » de Madame Mim (Merlin l’Enchanteur), est un personnage plutôt attachant. D’autant plus que si vous faites partie de ces gens qui n’ont pas encore vu ce film, il vous sera assez difficile de vous y plonger, d’autres oeuvres étant déjà passées par là, avec plus ou moins de réussite mais avec bien plus d’évolution technologique au compteur (Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, Space Jam, Les Looney Tunes passent à l’action…).

Dommage aussi que, niveau structure narrative, Peter et Elliott le Dragon parte un peu dans tous les sens. Si l’on comprend d’emblée les enjeux du film– ce petit garçon, ami avec un dragon qui ne veut que son bonheur, fuyant une mauvaise famille pour tomber sur une autre, bien meilleure –, on a tout de même du mal à voir où tout cela veut mener le spectateur. La faute provient du fait que, malgré son intrigue principale, le long-métrage n’a pas grand chose à raconter. Si ce n’est un enchaînement de catastrophes engendrées par le dragon, venant « pimenter » une histoire familiale naissante. Un scénario aux multiples trous que viennent boucher des chansons (Disney oblige) pour le moins anecdotiques et des séquences excentriques en veux-tu en voilà. Du coup, l’ensemble n’a pas la magie ni la poésie qu’il aurait dû avoir et passe plutôt pour un gloubi-boulga sympathique pour faire passer le temps aux plus jeunes, qui ne seront pas aussi exigeants que leurs parents (quoique que de nos jours…).

 

Il faut toutefois reconnaître que Peter et Elliott le Dragon a ce qu’il faut pour faire passer un agréable moment en famille. Il y a bien entendu des personnages hauts en couleur que nous devons au surjeu amusé des comédiens et au côté too much des films de cette époque question émotions (la palme revenant à Mickey Rooney et surtout Jim Dale en Dr. Terminus). Mais également cette amitié simple et touchante entre l’enfant et le dragon . Sans oublier quelques séquences assez bien menées, qui sauront faire rire (toutes celles où sont mis en avant les Gogan, le Dr. Terminus et son assistant Hoagy) ou bien donner un peu de peps, de tension à l’ensemble (la capture d’Elliott, l’arrivée en pleine tempête du bateau de Paul…). Bref, malgré ses défauts de taille, Peter et Elliott le Dragon a suffisamment de matière pour divertir le public, aussi bien les petits que les grands… même si les enfants sont plus visés que les adultes, ne le cachons pas !

Mais malgré cette bonne note, le verdict est malheureusement sans appel : le film de Don Chaffey n’a pas su passer l’épreuve du temps avec brio, apparaissant pour le coup comme une oeuvre sans ampleur ni génie. Juste un petit divertissement destiné aux plus jeunes, n’arrivant pas à la cheville de Mary Poppins ni même de L’apprentie sorcière. Une question peut toutefois se poser : est-ce vraiment le temps le principal responsable de cette désillusion, ou bien l’esprit d’enfant en chacun de nous qui s’est tout simplement évaporé en grandissant ? La seconde suggestion aurait très bien pu être la réponse… si le long-métrage n’avait pas connu en cette année 2016 un remake lui faisant de l’ombre. Une modernisation enchanteresse qui confirme le fait que Peter et Elliott le Dragon version 1977 a fait son temps.

Peter et Elliott le Dragon : Bande-annonce

Peter et Elliott le Dragon : Fiche technique

Titre original : Pete’s Dragon
Réalisation : Don Chaffey
Scénario : Malcolm Mamortstein, d’après une histoire de S.S. Field et Seton I. Miller
Interprétation : Helen Reddy (Nora), Mickey Rooney (Lampie), Sean Marshall (Peter), Jim Dale (Dr. Terminus), Red Buttons (Hoagy), Charlie Callas (Elliott en VO), Shelley Winters (Lena Gogan), Charles Tyner (Merle Gogan)…
Photographie : Frank V. Phillips
Décors : John B. Mansbridge
Costumes : Bill Thomas et William Ware Theiss
Montage : Gordon D. Brenner
Musique : Irwin Kostal
Producteurs : Jerome Courtland et Ron Miller
Production : Walt Disney Productions
Distribution : Buena Vista
Budget : 10 M$
Durée : 101 minutes (123 minutes lors de sa ressortie en 2003)
Genre : Comédie musicale
Date de sortie : 18 octobre 1978

États-Unis – 1977

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Sebastien Decocq
Sebastien Decocqhttps://www.lemagducine.fr/
Se droguant avec Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Independence Day, E.T. et Indiana Jones à l'âge de 6 ans (même moins pour certains), autant dire que le cinéma était une passion d'emblée. Qui continue à s'élargir au fil des années, à tel point que j'espère un jour en faire mon métier (scénariste, réalisateur, critique... tout est bon !). A mon actif, quelques montages vidéos et un semblant de court-métrage en réserve, je préfère toutefois encore plus m'enfouir dans une salle de cinéma et me laisser transporter par ce que propose le grand écran. Que ce soit un plaisir coupable comme les comédies musicales ou les gros blockbusters d'un certain Michael Bay (je sens la foudre s'abattre sur moi !). Ou bien de véritables chefs-d'oeuvre. Quoiqu'il en soit, du moment que c'est signé par Nolan, Cameron, Spielberg et Burton, je fonce littéralement payer mon ticket.

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