Dans les ruines d’un monde rongé par la rouille et le sang, Chang Sheng livre la conclusion de sa trilogie dystopique. Spectaculaire, viscéral et parfois d’une poésie inattendue, ce troisième volume rassemble les fils de l’intrigue, dévoile l’énigme d’Alice et convoque la question de la Matrice, cette ombre tentaculaire qui hante toute la série.
« Toute ma vie, je n’ai cessé d’inventer des statistiques bidons pour clouer le bec des interlocuteurs. Un bon chiffre, ça fait toujours l’affaire. Chaque fois que je me retrouve en difficulté dans un échange, pouf, la petite stat qui va bien. L’appui mathématique, rien de tel. Les nombres exercent une force redoutable sur l’esprit humain. »
Quatre sœurs, quatre saisons, quatre visages d’une même mémoire blessée. Dans "Les Sœurs Seasons", Rick Remender orchestre avec Paul Azaceta une fresque à la fois intime et fantastique, où le merveilleux se heurte à l’ombre du désenchantement. Derrière la promesse colorée d’un conte moderne, se déploie une réflexion sur la célébrité, la solitude et les liens invisibles qui unissent une fratrie.
"Je représente l’homme que tu as toujours rêvé d’être : fort, autoritaire, grossier et violent." La réplique claque comme une gifle. Elle condense à elle seule l’essence du mythe de Stevenson, revisité par Marco Cannavò et magnifié par le style charbonneux de Corrado Roi. Car dans cette nouvelle adaptation consacrée aux monstres gothiques (après "Dracula" et "Frankenstein"), ce n’est pas seulement le duel intérieur de Jekyll et Hyde qui se joue, mais une plongée vertigineuse dans l’opacité des désirs humains.
Deux récits, deux mers, deux siècles : Jean-Yves Delitte et ses complices poursuivent leur vaste fresque des Grandes Batailles Navales en mettant en parallèle deux épisodes où un simple embrasement, une initiative imprévue, a suffi à faire basculer l’Histoire. De la baie de Navarin en 1827 aux eaux grises de la mer du Nord en 1914, tout semble rappeler que la guerre, surtout sur mer, se nourrit d’accidents fatals.
Avec "Après la chute", écrit en 1964, Arthur Miller nous convie dans le tribunal intérieur d’un homme qui se juge lui-même. L’édition française que propose Robert Laffont offre aux lecteurs francophones la possibilité de revisiter cette pièce souvent moins lue que ses grandes sœurs, mais peut-être plus essentielle encore.
Entre huis clos étouffant et manipulations cruelles, "Hunt" (Soleil) revisite le jeu du loup-garou dans une version impitoyable où la confiance devient un piège et la survie une épreuve psychologique.
On connaît Fabien Toulmé pour "L’Odyssée d’Hakim". Avec "Ulis", son nouvel album, il s’aventure dans un territoire encore méconnu : celui des classes spécialisées d’inclusion scolaire et des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).
Comment deux Français se sont-ils approprié l'une des sagas d'horreur les plus iconiques d'Hollywood ? Sébastien Vaniček et Florent Bernard reviennent sur la genèse de "Evil Dead Burn", ses partis pris narratifs et techniques, et la place qu'il occupe dans une franchise qui avance, plus que jamais, à tâtons.
Dans cet entretien, la réalisatrice Victoria Verseau revient sur "Trans Memoria", un film intime et sensoriel où mémoire, deuil et transition se mêlent. Elle y évoque Meril, son amie disparue, la construction du film, la présence d’Athena et Aamina, et la manière dont son geste artistique interroge identité, survivance et transformation.
Dans "Libertate", le cinéaste Tudor Giurgiu revient sur un épisode oublié de la Révolution roumaine de 1989 : des centaines de prisonniers enfermés dans une piscine à Sibiu. Entre manipulation médiatique, violence d'État et quête de liberté, le film interroge notre rapport à l’Histoire.
Actrice aux multiples visages et réalisatrice audacieuse, Zabou Breitman revient avec Le Garçon, un objet filmique inclassable entre enquête documentaire et fiction. À l’occasion du festival Ciné Mania, elle se confie sur ce projet atypique, sa méthode intuitive et son attachement au Québec, dans un entretien à cœur ouvert.
Dans un premier long-métrage poignant, "L’âge imminent", le collectif Col·lectiu Vigília explore avec une rare sensibilité les thèmes de la dépendance et des relations intergénérationnelles, dans une approche presque documentaire. Rencontre avec ses créateurs.