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Critique Cinéma : La grande aventure Lego, un film inventif et fun

Critique du film La grande aventure Lego

Après avoir fait une nouvelle adaptation osée mais réussie de 21 Jump Street, Phil Lord et Chris Miller réalisent un film d’animation où tout un univers est consacré aux célèbres briques de construction, ces petits légos avec lesquels nous nous sommes amusés tous à un moment ou autre dans notre enfance.

« Everything is awesome »

Le héros est une figurine nommé Emmet (Chris Pratt) qui vit dans une dystopie conformiste tout sourire, où la population suit un manuel d’instruction, un monde genre Big Brother, reflet de notre société, avec un peuple endormi et obéissant grâce aux émissions de télévision: une pique satirique lancée aux entreprises marketing-médias du divertissement, tendance « on vous contrôle l’esprit ».

Notre petit légo respectueux des lois, Emmet touche une sorte de pierre qui fait de lui l’élu d’une prophétie qui annonce qu’il sera celui qui sauvera le monde de la menace d’une arme terrible, qu’un puissant mégalomane nommé Président Business (Lord Business en anglais) veut employer pour détruire le monde. Accompagné d’autres personnages devenus des résistants à ce régime, il lui faudra néanmoins être formé par les « maîtres constructeurs » qui peuvent construire des choses à leur guise et de la façon qu’ils veulent.

Lego the movie est un rêve de geek, un énorme coffre au trésor de la pop culture, sans parler d’une mise en scène qui donne l’impression de voir un film en stop motion (animation image par image), il faut dire que près de 15 millions de pièces ont été nécessaires afin de donner vie à cet univers tout en légos. Un film survitaminé, regorgeant d’une telle inventivité qu’il est capable de faire pâlir les derniers Pixar ou Dreamworks, un rythme endiablé, enchaînant les caméos, bourré d’humour et de références cinématographiques (Dune, Terminator,  Matrix, Batman, Inception, Seigneurs des anneaux, Star wars…) etc…

Un univers décalé, farfelu, fun. On pourrait d’ailleurs penser que le scénario est fait pour les enfants de 8 ans mais il n’est pas aussi basique que l’on s’imagine, tous les Maîtres Constructeurs sont des esprits créatifs, doués de spontanéité, une faculté honnie par le Président Business, alias Lord Business, obsédé par la mise en place d’un univers bâti selon ses propres codes. Une autre pique lancée à notre société rentrée dans l’ère de l’uniformisation des esprits et rejetant avec beaucoup de malice toutes les pièces non formatées. 

La grande aventure Lego : bande-annonce

La Grande Aventure Lego est un divertissement aussi bien pour les grands que pour les petits. Le rythme est totalement déjanté, ça défile à une vitesse folle. Une comédie burlesque démente, notamment la scène dans laquelle Batman, Gandalf, Dumbledore, Abraham Lincoln, Superman, Green Lantern, Wonder Woman et bien d’autres font littéralement une rave party dans les nuages…

Outre les nombreux rebondissements totalement inattendus, la plongée immersive dans les mondes Lego, le twist final, vous sortirez de la salle de cinéma en chantant l’hymne phare du film : « Everything is awesome ! Everything is cool when you’re part of the team »… » Enfin, au delà du fond commercial, le film délivre un message d’imagination et de créativité, un film familial bien mené et de qualité, dont la suite est annoncée officiellement pour 2017.

Synopsis : Emmet est un petit personnage banal et conventionnel que l’on prend par erreur pour un être extraordinaire, capable de sauver le monde. Il se retrouve entraîné, parmi d’autres, dans un périple des plus mouvementés, dans le but de mettre hors d’état de nuire un redoutable despote. Mais le pauvre Emmet n’est absolument pas prêt à relever un tel défi !  

 Fiche technique : La Grande Aventure Lego

Titre original : The Lego Movie
Réalisation : Chris Miller, Phil Lord
Scénario : Dan Hageman, Kevin Hageman, Phil Lord, Chris Miller
Interprétation : Chris Pratt (Emmet), Will Arnett (Batman), Morgan Freeman (Vitruvius), Elizabeth Banks (Cool-Tag), Will Ferrell (Lord Business), Charlie Day (Benny), Channing Tatum (Superman), Jonah Hill (Green Lantern)
Sortie en salles : 19 février 2014
Durée : 1h40
Genre : Animation
Directeur de la photographie : Pablo Plaisted
Montage : David Burrows, Chris McKay
Musique : Mark Mothersbaugh
Budget :60 000 000 $
Producteur : Dan Lin, Roy Lee
Production : Animal Logic, Lin Pictures, Vertigo Entertainment, Warner Bros
Distribution : Warner Bros France

The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson : critique du film

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The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson : Univers enchanteur pour un jeu de poupées russes

Le cinéaste dandy Wes Anderson (La Famille Tenenbaum, La Vie aquatique, Fantastic Mr. Fox …) nous replonge dans son univers coloré et burlesque, deux ans après le très esthétique Moonrise Kingdom. Récompensé par un Ours d’Argent lors du tout récent festival du film de Berlin, après en avoir fait l’ouverture, The Grand Budapest Hotel sort dans nos salles de cinéma en France. Un long métrage poétique et drôle dont le scénario s’inspire de Stefan Zweig pour créer un pays fictif d’Europe Central nommé Zubrowska.

L’histoire commence en 68, dans un hôtel désert. Le vieux propriétaire, Zero Moustafa F. incarné par Murray Abraham, raconte son histoire à un client, un écrivain incarné par Jude Law.

Il lui narre les aventures vécues par le concierge Gustave H. (magnifiquement incarné par Ralph Fiennes) et le groom débutant Zero Moustafa (Tony Revolori, « Zero » plus jeune), de ce grand palace alpin, The Grand Budapest Hotel, pendant l’entre-deux-guerres. Dans ce pays fictif de la Mitteleuropa, le concierge chic aux goûts prononcés pour un parfum capiteux « L’air de panache » et les anciennes ladies, apprend la mort de l’une de conquêtes l’extravagante Madame D. (Tilda Swinton). Suspectant une mort fort peu naturelle, Monsieur Gustave le concierge prestigieux à l’aide de son groom rebaptisé « Zero » se lance dans une recherche de la vérité. Théâtre d’une aventure d’héritage rocambolesque, l’hôtel aux couleurs acidulés semble construit pas un démiurge possédé par un esthétisme succulent.

Cette comédie noire façon whodunit, se déploie comme un jeu de poupées russes, construite en couches temporelles, comme une succession de récits enchâssés à la façon de Stefan Zweig qu’elle mentionne à la fin comme source d’inspiration, un procédé permettant de passer d’une époque à une autre grâce à l’utilisation de trois échelles de cadre, le standard, le panavision et le scope.

L’utilisation du format cinéma 1.37 met en valeur une image très graphique avec ses décors aux textures de carton pâte et aux couleurs pastel, avec des pointes de teintes rouge vif. Dans cet univers surréaliste au tempo très rapide, pointe pour la première fois des piques grinçantes et un rappel de l’histoire en arrière-plan avec les ZZ en lieu et place des SS qui s’apprêtent à prendre le pouvoir.

Néanmoins, The Grand Budapest Hotel est avant tout un voyage dans un monde de fantaisie burlesque avec des scènes d’une rare virtuosité et de grands moments d’humour comme la scène des 3 coups de poings. Un petit bijou à l’imagerie cartoonesque avec des stars à foison Willem Dafoe, Harvey Keitel, Bill Murray, Mathieu Amalric, Jeff Goldblum, Saoirse Ronan, Tom Wilkinson, Owen Wilson, Léa Seydoux, Adrien Brody pour n’en citer que quelques uns.

The Grand Budapest Hotel n’est pas juste garni d’une pléiade d’acteurs talentueux, c’est surtout une plongée dans un monde de merveilles, une pâtisserie kitsch composée d’ingrédients fantasques, à la fois sucrée et amère, avec au commande le magicien Wes Anderson, accompagné d’une partition qui swingue signée Desplat.

The Grand Budapest Hotel : Bande-annonce

Synopsis : Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au cœur de la vieille Europe en pleine mutation.

Fiche technique : The Grand Budapest Hotel

Titre original : The Grand Budapest Hotel
Nationalité : États-Unis
Réalisation : Wes Anderson
Scénario : Wes Anderson (avec la collaboration de Hugo Guinness)
Interprétation : Ralph Fiennes (M. Gustave), F. Murray Abraham (Moustafa Zero), Mathieu Amalric (Serge X.), Adrien Brody (Dmitri), Willem Dafoe (Jopling), Jeff Goldblum (Kovacs), Harvey Keitel (Ludwig), Jude Law (le jeune écrivain), Tony Revolori (Zero jeune), Bill Murray (M. Ivans), Edward Norton (Henckels), Saoirse Ronan (Agatha), Jason Schwartzman (M. Jean Jason), Léa Seydoux (Clotilde), Tilda Swinton (Madame D.), Tom Wilkinson (l’auteur), Owen Wilson (M. Chuck)…
Genre : Comédie, Drame
Sortie en salles : 26 février 2014
Durée : 1h40
Directeur de la photographie : Robert D. Yeoman
Décorateur : Josef Brandl
Costumes : Milena Canonero
Ingénieur du son : Pawel Wdowczak
Montage : Barney Pilling
Musique : Alexandre Desplat
Producteur : Jeremy Dawson, Scott Rudin, Steven M. Rales et Wes Anderson
Production : American Empirical Pictures
Distribution : Twentieth Century Fox France

Comme une Poupée, un court-métrage de Joseph Catté

Like a Doll – Comme une Poupée

Librement adapté de la pièce « Bataille Intime » de Roland Topor, « Comme une poupée » est un court-métrage mêlant horreur et fantastique, il met en scène la lutte sanglante d’une jeune femme contre une mystérieuse entité masculine. Entièrement auto-produit, ce court-métrage de bonne facture est réalisé par un Parisien d’origine et Montpelliérain d’adoption.

Joseph-Catte-realisateurJoseph Catté est un jeune réalisateur qui considère que l’image et la musique sont  deux ingrédients intimement liés, capables de véhiculer une émotion brute au spectateur. Influencé par des artistes aux univers variés comme Danny BoyleJames Gunn ou encore Emir Kusturica, il tente toujours de mettre l’accent sur l’aspect dynamique de son travail en s’appuyant sur une mise-en-scène et un montage vitaminé.

Attiré par l’aspect visuel des grandes productions américaines, il décide rapidement d’étudier les effets-spéciaux pour mettre un pied dans cette « usine à rêves ». En 2008, il intègre alors l’école ArtFX deMontpellier. Il y développe son regard, sa culture de l’image et se spécialise en compositing, atout non-négligeable dans son désir de cinéma live.

En 2012, Joseph Catté supervise le projet Get Wild !, court-métrage de fin d’études réalisé avec Valentin AstierOlivia Leonetti et Geoffrey Vattan. Ce clip de 4 minutes, racontant le voyage d’un employé de bureau jusque dans les folles années 60, lui permettra de créer des effets-visuels déjantés sur fond de surf-music et réunira plusieurs codes caractéristiques de son style : du rythme, des couleurs et des visuels impactants !

Aujourd’hui, Joseph est revenu en région parisienne où il travaille en tant que graphiste dans des entreprises d’effets-spéciaux, tout en développant plusieurs projets de clips et de courts-métrages. Depuis, Get Wild ! il a concouru dans plusieurs festivals et a même été acheté par Canal+. ,

L’article sur le parcours de Joseph Catté est inspiré par le site wegotalent.com

Fiche Technique : Comme une poupée

Réalisateur : Joseph Catté
Scénariste : Joseph Catté (d’après la pièce « Bataille Intime » de Roland Topor »)
Actrice : Pauline Helly
Assistants Tournage : Valentin Astier et Marine Avenel
Caméras : Canon 5DMkII et Canon 6D

Vous pouvez voir le court-métrage « Comme une Poupée » sur Vimeo https://vimeo.com/87455310 et allez sur la page Facebook : https://www.facebook.com/likeadollmovie de ce jeune réalisateur à suivre…

Non-Stop de Jaume Collet-Serra : Critique du film

Non-Stop de Jaume Collet-Serra, 146 passagers, 146 suspects

Après « Sans identité » Liam Neeson retrouve le réalisateur (EstherLa maison de l’horreur) Jaume Collet-Serra où il interprète le rôle d’un agent de Police de l’air, Bill Marks, un policier meurtri par le décès de sa fille, alcoolique, qui embarque à bord d’un long courrier bondé de passagers, 146 plus exactement. Durant le vol, il reçoit des SMS d’un inconnu qui dit être à bord et qui assure pouvoir assassiner un passager toutes les 20 minutes si on ne lui verse pas 150 millions de dollars.

Le pitch est à priori simple mais il est plutôt bien exploité, Jaume Collet-Serra construit un thriller solide, multipliant les suspects et les rebondissements. Un jeu de piste où tout le monde est suspect jusqu’au denier moment. Non-Stop est habillement mis en scène, le huis clos est mis à profit, en jouant avec la perspective et les gros plans, le réalisateur injecte une ambiance de paranoïa palpable.

Malgré un scénario comportant quelques invraisemblables, Non-Stop est un thriller bien huilé, divertissant, à la hauteur des attentes des amateurs du genre. Mise à part la pauvreté des dialogues, la réalisation reste honnête pour ce genre de film d’action. A noter, l’utilisation ingénieuse des conversations SMS.

Non-Stop est porté par un casting à la hauteur, Liam Neeson livre une bonne prestation, il incarne parfaitement l’anti-héros fatigué, au passé trouble et Julianne Moore est toujours aussi charmante.

Synopsis : Alors qu’il est en plein vol, un Marshall reçoit des SMS d’un inconnu qui dit être à bord et vouloir assassiner un passager toutes les 20 minutes s’il ne reçoit pas 150 millions de dollars.

Fiche Technique : Non-Stop

Réalisation : Jaume Collet-Serra
Scénario: Ryan Engle, John W. Richardson, Chris Roach
Interprétation : Liam Neeson (Bill Marks), Julianne Moore (Jen Summers), Michelle Dockery (Nancy), Scoot McNairy (Tom Bowen), Nate Parker (Zach White), Corey Stoll (Austin), Lupita Nyong’o (Gwen), Omar Metwally (Dr. Fahim Nasir)…
Genre : Thriller
Sortie en salles : 26 mars 2014
Durée : 1h46
Directeur de la photographie : Flavio Martínez Labiano
Costumes : Catherine Marie Thomas
Montage : Jim May
Musique : John Ottman
Producteur : Joel Silver, Andrew Rona, Alex Heineman
Production : Universal Pictures, StudioCanal, Silver Pictures
Distribution : StudioCanal

Un été à Osage County de John Wells : Critique du film

Un été à Osage County de John Wells, un huis clos entre âmes brisées

Ce drame familial réalisé par John Wells (The Company Men) basé sur la pièce de théâtre écrite par Tracy Letts (Bug et Killer Joe) narre la réunion d’une famille dysfonctionnelle.

C’est avec la voix d’un poète, épaissie par des années d’abus d’alcool que commence cette adaptation cinématographique citant un autre poète : « La vie est très longue » – The Hollow Men de TS Eliot, un poème sur les âmes brisées. Peu après, le poète désabusé, incarné Beverly (Sam Shepard) est retrouvé mort dans le lac… A l’occasion des funérailles du patriarche, la famille Weston se retrouve dans le comté d’Osage, une région où l’été est étouffant, irrespirable avec sa terre aride et ses terrains agricoles plats.

Le procédé consistant à utiliser la chaleur régnant dans le Middle West amplifie la sensation d’oppression, de claustrophobie, comme l’ont fait avant Tracy Letts, William Faulkner et Tennessee Williams. La chaleur écrasante devient presque un personnage à part entière, elle permet la mise en place de l’orage qui se prépare.

La mort du mari de Violet incarné par Meryl Streep (nommée à l’Oscar pour la 18eme fois de sa carrière) est la seule raison pour laquelle se retrouvent ses 3 sœurs Barb (Julia Roberts), Karen (Juliette Lewis) et Ivy (Julianne Nicholson) autour d’un repas après des funérailles qui tournent au règlement de compte. Une réunion famille toxique, hantée par les fantômes du passé, un été à Osage County fait partie d’un genre devenu rare, les drames familiaux, s’interrogeant  sur les relations, les violences familiales conscientes et inconscientes, le rôle de chacun, parents et enfants.

Le cinéaste a parfaitement su orchestrer cette montée des révélations des secrets cachés, en commençant par la mère, Violet, une femme rongée par le cancer «Sa bouche, dit-elle, la brûle tant», une brûlure aussi bien au sens propre que figuré, elle crache ce venin avec une cruauté inouïe. Dans une atmosphère accablée par la chaleur, les secrets les plus sombres resurgissent les uns après les autres adultère, toxicomanie, alcoolisme, inceste, pédophilie… dans cette maison perdue dans les plaines de l’Oklahoma.  

Un huis clos corrosif, violent, une plongée non exempte d’humour noir très piquant dans cette famille, une famille peut être hors norme, mais tout à fait plausible…Un été à Osage County est un plus un film d’acteurs que de scénario, il faut bien le dire la véritable force de ce long métrage réside dans son portfolio d’acteurs de qualité supérieure, Meryl Streep joue avec talent le personnage de cette mère pleine d’amertume, impitoyable, manipulatrice, d’une bassesse incroyable. Quant à Julia Roberts et Juliette Lewis, elles offrent une magnifique prestation. Côté homme, on retrouve l’excellent Benedict Cumberbatch et Ewan McGregor brillant en mari infidèle.

Bien que ce film se termine comme il a débuté, sur un gémissement déprimant, avec ce vers du poème de TS-Elliot « This is the way the world Ends – C’est la façon dont le monde se termine », il est à découvrir, outre son casting royal, les dialogues sont cinglants, venimeux, la photographie soignée et la lumière est magnifique.

Synopsis : En famille, on se soutient. En famille, on se déchire… Suite à la disparition de leur père, les trois filles Weston se retrouvent après plusieurs années de séparation, dans leur maison familiale. C’est là qu’elles sont à nouveau réunies avec la mère paranoïaque et lunatique qui les a élevées. A cette occasion, des secrets et des rancœurs trop longtemps gardés vont brusquement refaire surface…

Fiche technique : Un été à Osage County

Titre original : August: Osage County
Réalisation : John Wells
Scénario : Tracy Letts
Interprétation : Meryl Streep (Violet Weston), Julia Roberts (Barbara), Ewan McGregor (Bill), Chris Cooper (Charles), Juliette Lewis (Karen), Abigail Breslin (Jean), Benedict Cumberbatch (Charles Jr), Julianne Nicholson (Ivy)…
Genre : Drame
Sortie en salles : 26 février 2014
Durée : 1h59
Budget : 25 000 000 $
D’après : la pièce August : Osage County de : Tracy Letts
Directeur de la photographie : Adriano Goldman
Décorateur : David Gropman
Costumes : Cindy Evans
Montage : Stephen Mirrione
Musique : Gustavo Santaolalla
Producteur : George Clooney, Grant Heslov, Steve Traxler, Jean Doumanian
Distribution : Wild Bunch Distribution

 

Pompéi, un film de Paul W.S. Anderson : Critique Cinéma

Pompéi : Cendres et gladiateurs sexy

Le réalisateur Paul W.S. Anderson de la saga « Resident Evil » se lance dans le peplum catastrophique, un mixte entre « Titanic » (1997) de James Cameron, de « Gladiator » (2000) de Ridley Scott 300 ou encore la série Spartacus évidemment sans jamais les égaler. Pompéi est un popcorn movie qui s’assume avec des combats de gladiateurs, une histoire d’amour et des effets spéciaux.

Pompéi est un film en deux phases dans la première, on retrouve les références au film de Gladiator avec un aperçu de la jeunesse de Milo, Kit Jon Snow Harrington, « Jon Snow » de l’excellente série « Game Of Thrones » et le massacre de son peuple, perpétré par l’infâme « Corvus, incarné à l’écran par Kiefer Sutherland qui joue une sénateur romain cruel, sans foi ni loi. La seconde partie est tournée vers le cinéma catastrophe genre Titanic saupoudrée d’une romance entre la belle Cassia « le rôle est confié à Emily Browning, l’héroïne de Sucker Punch » et notre gladiateur sexy.

Au final Pompéi c’est du gros spectacle dans un cadre antique, avec une bonne dose d’effets spéciaux de bonne facture, surtout la scène du raz de marrée. C’est le genre de spectacle divertissant, agréable à regarder avec du beau monde dans les seconds rôles, comme Jared Harris, le Moriarty de Sherlock Holmes joue « Severus », le père de « Cassia » et l’inoubliable Trinity dans la saga « Matrix », Carrie-Anne Moss, qui joue « Aurelia », la mère de « Cassia ».

En somme, un film qui se laisse regarder pour ses scènes d’actions et sa reconstitution antique prenante même si le scénario est fait de grosses ficelles et que les dialogues sont minimalistes, il n’en reste pas moins que Pompéi plaira aux amateurs de films catastrophes sans prise de tête.

Synopsis : En l’an 79, la ville de Pompéi vit sa période la plus faste à l’abri du mont Vésuve. Milo, esclave d’un puissant marchand, rêve du jour où il pourra racheter sa liberté et épouser la fille de son maître. Or celui-ci, criblé de dettes a déjà promis sa fille à un sénateur romain en guise de remboursement… Manipulé puis trahi, Milo se retrouve à risquer sa vie comme gladiateur et va tout tenter pour retrouver sa bien-aimée. Au même moment, d’étranges fumées noires s’élèvent du Vésuve dans l’indifférence générale… Dans quelques heures la ville va être le théâtre d’une des plus grandes catastrophes naturelles de tous les temps. 

Fiche Technique : Pompéi

Titre du film : Pompéii
Réalisateur : Paul W.S. Anderson
Scénario : Janet Scott Batchler, Lee Batchler, Michael Robert Johnson
Casting : Kit Harington (Milo), Adewale Akinnuoye-Agbaje (Atticus), Carrie-Anne Moss (Aurelia), Emily Browning (Cassia), Jared Harris (Severus), Kiefer Sutherland (Corvus), Isabel Lucas (Ariadne), Currie Graham (Bellator), Sasha Roiz (Proculus)…
Genre : Action, Aventure
Sortie : 18 février 2014
Nationalité : USA
Durée : 1h44
Budget : 100 millions $
Directeur de la photographie : Glen MacPherson
Décorateur : Paul Denham Austerberry
Costumes : Wendy Partridge
Montage : Michele Conroy
Musique : Clinton Shorter
Producteur : Jeremy Bolt, Paul W.S. Anderson, Robert Kulzer, Don Carmody
Production : Constantin Film Produktion GmbH, Don Carmody Productions, FilmDistrict, Impact Pictures
Distribution : SND

Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch : un film sombre et envoûtant

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Jarmusch livre un nouveau grand film avec Only Letf Alive, une ballade nocturne et poétique au rythme définitivement vampirisant.

Synopsis : Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?

Poésie rock’n’roll et romance mystique

Pour sa première incursion dans le domaine du cinéma fantastique, Jim Jarmusch réinvente le mythe du vampire. Entre Tanger et Detroit, un couple d’immortels grandiose et bohème traverse les siècles en contemplant le « monde des zombies », un surnom qu’ils donnent au monde des hommes. Dans le film Only Lovers Left Alive, Jarmusch se sert du mythe des enfants des ténèbres désabusés par la société contemporaine pour illustrer les dérives de ce monde moderne.

Un couple d’immortels érudits, follement amoureux, romantiques et particulièrement glamour, vit dans un monde où l’humain devient une source d’inquiétude, un prédateur détruisant la planète, un peu comme dans le film Warm Bodies où on assiste à une inversion des rôles. Dans Only Lovers Left Alive, les vampires sont très humanisés. Ce sont des gardiens de la culture tandis que les humains s’abreuvent à la télé-réalité et la destruction de leur planète.

Jarmusch filme ce couple nommé Adam et Eve, deux magnifiques vampires incarnés par Tilda Swinton et Tom Hiddleston comme les derniers survivants d’un monde proche de l’Apocalypse. Dans leur demeure sophistiquée, ce couple seigneurial d’une rare élégance, collectionneur de guitares vintage, discute philosophie, poésie tout en se délectant de nectar rouge dans de magnifiques flasques.

Only Lovers Left Alive est avant tout un film contemplatif, sublimé par une belle photographie de Yorick Le Saux et une superbe musique matinée de rock expérimental, de luth et de violon. Bien que ce film manque de saignant, ce n’est pas le scénario assez mince qui fait le charme de ce film, ce sont ses traits d’esprits baroques saupoudrés d’une bonne dose d’humour, ses multiples références artistiques et l’amour que portent que ses deux enfants de la nuit pour les belles choses.

Only Lovers Left Alive est une œuvre où de fin esthètes, immortels et éthérés posent un regard fatigué et désenchanté sur l’érosion de la société occidentale. Jarmusch signe avec ce film, une envoûtante balade crépusculaire teintée d’une évidente nostalgie pour les années seventies.

Only Lovers Left Alive : Bande-annonce

Only Lovers Left Alive : Fiche technique

Réalisation : Jim Jarmusch
Scénario : Jim Jarmusch
Interprétation : Tom Hiddleston (Adam), Tilda Swinton (Eve), Mia Wasikowska (Ava), John Hurt (Marlowe), Anton Ylechin (Ian), Jeffrey Wright (Dr. Watson), Slimane Dazi (Bilal), Carter Logan (Scott)…
Budget : 7 millions
Directeur de la photographie : Yorick Le Saux
Décorateur : Marco Bittner Rosser
Costumes : Bina Daigeler
Ingénieur du son : Robert Hein
Montage : Affonso Gonçalves
Musique : Jozef van Wissem, Sqürl
Producteur : Jeremy Thomas, Reinhard Brundig
Production : ARDD Degeto, Lago Film GmbH, Neue Road Movies GmbH
Distribution : Le Pacte
Festivals et récompenses: Cannes, où il a reçu le prix de la meilleure bande originale
Genre : Fantastique, Romance, Drame
Sortie : 19 février 2014
Durée : 123 minutes

Allemagne, Grande-Bretagne, France, Chypre – 2014

Note : Jarmusch utilise les compositions de son propre groupe, Sqürl, et réitère sa collaboration avec Jozef van Wissem, avec lequel il a écrit deux albums en 2012, Concerning the Entrance into Eternity (Important Records) et The Mystery of Heaven (Sacred Bones Records).

 

Ida, un film poignant et sublime de Pawel Pawlikowski

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Le cinéaste polonais Pawel Pawlikowski entraine le spectateur dans un road movie initiatique, filmé dans un noir et blanc somptueux, Ida est une petite pépite, épuré et intense.

Pologne, années 1960. La jeune nonne Ida, sur le point de prononcer ses vœux définitifs, se voit enjoindre par sa mère supérieure de rendre visite à sa famille, loin des murs de son couvent. Or ce qui reste de la famille d’Ida se résume à sa tante Wanda, dite « la Rouge », une magistrate connue pour sa sévérité à l’égard des «ennemis du socialisme», et aujourd’hui en disgrâce.

Et pour ajouter à ce choc des croyances, ce tandem mal assorti part en vadrouille à la recherche de ses racines juives, une famille assassinée pendant l’occupation allemande.Ida récompensé d’un grand Prix aux festivals de Londres et de Varsovie, prix de la critique à Toronto a été réalisé par le polonais Pawel Pawlikowski, pays qu’il quitta à l’âge de 14 ans, pour vivre à Londres.

« Ida » est son premier long métrage tourné en Pologne après 4 films dont le plus connu « My Summer of Love » (2004) qui révèle l’actrice Emily Blunt. Avec Ida, Pawlikowski nous offre un voyage dans une Pologne d’après-guerre dans les années 60, sous la forme d’un récit initiatique, celui de la jeune Ida, une orpheline élevée dans un couvent catholique, qui apprend de la bouche de sa tante Wanda qu’elle est une nonne juive alors qu’elle s’apprêtait à prononcer ses vœux. Elle apprendra par la même occasion que ses parents ont été assassinés par des voisins, des fermiers qui, tout d’abord, les avaient cachés.

Ida, un magnifique portrait de femmes

Wanda la rouge, Wanda la survivante, une pasionaria du socialisme en semi-disgrâce, enchaînant les conquêtes d’une nuit, noyant son chagrin dans l’alcool et la dépression accompagne Ida de son vrai prénom Ana, une jeune femme peu loquace, habitué à l’intériorité de part son mode de vie monastique. Un road-movie d’une grande sobriété pour cet étrange tandem, à la recherche d’une tombe, marchant sur le passé de cette Pologne des années 60, encore rongée par la guerre et la persécution dont furent victimes les juifs durant l’occupation nazie.

A travers la quête identitaire d’Ida, le cinéaste Pawel Pawlikowski, explore des thèmes comme le catholicisme polonais, l’antisémitisme, les purges politiques et les conséquences sur les âmes. Une quête bouleversante pour cette héroïne à la Bresson, troublante et mystérieuse à qui dira ce garçon qu’elle rencontre, un saxophoniste de jazz (Dawid Plourde) :

« Tu ne sais pas l’effet que tu produis… »

Une chronique initiatique, au couleur noir et blanc laiteux, filmé dans un format carré (1,37:1), enluminé dans un esthétisme austère, rythmé par le saxo de Coltrane, Mozart (la symphonie Jupiter) et ce Choral de Bach adapté par Busoni.

Une exploration qui encadre les visages comme des tableaux, le format donne l’impression de feuilleter un portfolio vintage, d’une grande beauté, un bel écrin auquel on peut reprocher une trop grande froideur même si le duo formé par les deux actrices (Agata Kulesza et Agata Trzebuchowska) est incroyable, elles expriment à travers leurs visages, leurs postures, leurs regards un défilé d’émotions intérieurs complexes.

Ida sonde les tréfonds inavouables des âmes à travers le portrait sublime de deux femmes dans une l’atmosphère à la fois grise, boueuse et lumineuse, un poème mélancolique dont l’intensité tragique ne peut laisser indifférent.

Fiche Technique : Ida de Paweł Pawlikowski

Réalisation : Paweł Pawlikowski
Scénario : Paweł Pawlikowski, Rebecca Lenkiewicz
Interprétation : Agata Kulesza (Wanda Gruz), Agata Trzebuchowska (Ida), Dawid Ogrodnik (le saxophoniste), Jerzy Trela (Szymon Skiba), Adam Szyszkowski (Feliks Skiba), Halina Skoczyńska (la mère supérieure), Joanna Kulig (la chanteuse)…
Sortie en salle : 12 février 2014
Durée : 1h19
Genre : Drame
Nationalité : Polonais
Directeur de la photographie : Łukasz Żal, Ryszard Lenczewski
Ingénieur du son : Claus Lynge
Montage : Jarosław Kamiński
Musique : Kristian Selin Eidnes Andersen
Producteur : Eric Abraham, Piotr Dzięcioł, Ewa Puszczyńska
Production : Opus Film, Phoenix Film
Distribution : Memento Films

Jacky au royaume des filles de Riad Sattouf : Critique du film

Jacky au royaume des filles de Riad Sattouf : Voiles et laisse

Quatre ans après le délicieux Les Beaux Gosses (César du Meilleur Premier Film), Riad Sattouf signe ici un piquant second long métrage, en nous plongeant dans le monde de l’une de ses séries dessinées où le personnage Pascal Brutal découvre que La Belgique est gouvernée par les femmes et les hommes portent une sorte de burqua.  A partir de cette histoire, le réalisateur imagine une dictature, un mixte entre Corée du Nord et royaume islamique, dans cette étrange république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir et les hommes sont vêtus de voileries, une sorte d’abaya aux couleurs rouge et orange safran rappelant les kesas bouddhistes.

Jacky au royaume des filles renverse tous les codes, tous les stéréotypes jusqu’au vocabulaire, dans ce royaume c’est le féminin qui l’emporte. Les mots comme blasphème deviennent une (blasphèmerie), (une merde) un (merdin), une culotte un (culottin) etc…, la mise en place de ce vocabulaire participe à la domination de la gent masculine, au risque de déranger dans un cet univers les hommes portent des laisses comme des bijoux, et n’ont qu’un rêve, s’occuper des enfants et devenir un « Grand Couillon ».

Dans ce monde les femmes habillées à la Lady Oscar font la cour en fredonnant sous les fenêtres, posent les pieds sur la table pendant que les hommes sont aux fourneaux, elles dominent fièrement, une image dérangeante pour un monde habitué à autre une lecture des rôles.

Une comédie caustique, grinçante, où le rôle de la gentille Cendrillon maltraitée, mal-aimée est interprétée par un homme, et comme la Cendrillon des frères Grimm, Jacky ne se révolte pas contre sa condition, il n’a qu’un rêve lui aussi devenir le 3ème Grand Couillon de l’héritière du trône, la Colonnelle incarnée par Charlotte Gainsbourg. Jacky est une sorte de Cendrillon, il veut participer au Grand Bal, certain que la Colonnelle lui voue un amour réciproque et ne pourra qu’attraper la laisse qu’il n’oubliera pas d’agiter.

Jacky au royaume des filles est un ovni cinématographique, oscillant entre noirceur et burlesque, une comédie que l’on peut interpréter de différentes façons, certains diront que le cuir, le costume militaire ne fait que renforcer les valeurs masculines, alors que justement un homme peut porter d’une manière élégante, masculine une jupe comme l’a prouvé Jean Paul Gaultier, de même les femmes peuvent porter un vêtement style militaire sans être une caricature.

Une comédie subversive, transgressive qui n’a pas peur de choquer même si l’écriture n’est pas très travaillée et les gags répétitifs, Jacky au royaume des filles est à voir pour son univers décalé porté par une belle brochette d’acteurs.

Synopsis : L’histoire de Jacky au royaume des filles : En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, 20 ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper…

Fiche Technique : Titre original : Jacky au royaume des filles

Réalisation : Riad Sattouf
Casting : Vincent Lacoste : Jacky, Charlotte Gainsbourg : la Colonelle, Didier Bourdon : Brunu, Anémone : la Générale,Valérie Bonneton : la Chérife, Michel Hazanavicius : Julin, Noémie Lvovsky : Tata, Laure Marsac : la mère de Jacky, William Lebghil : Vergio, Anthony Sonigo : Juto, India Hair : Corune, Béatrice de Staël : l’épicière, Fred Neidhardt : Franku, Anamaria Vartolomei : Zonia, Riad Sattouf : Mit Kronk, Valeria Golino : Bradi Vune (caméo)..
Genre : Comédie
Sortie en salles : le 29 janvier 2014
Durée : 1h30.
Production : Anne-Dominique Toussaint.
Photo : Josée Deshaies.
Montage : Virginie Bruant.
Musique : Riad Sattouf.
Costumes : Olivier Ligen.
Décors : Alain Guffroy.
Distributeur : Pathé Distribution

 

La Voleuse de livres de Brian Percival : Critique du film

La Voleuse de Livres, un film commenté en voix off par la Mort elle-même…

Le long métrage couvre ce passé noir, du côté Allemand, de l’intérieur, sans misérabilisme à travers les yeux de Liesel, une jeune fille analphabète, recueillie par un couple d’Allemands, Hans Hubermann (Geoffrey Rush), un peintre en bâtiment au bon cœur, souffrant de privation parce qu’il n’a jamais rejoint le parti nazi et sa femme, Rosa (Emily Watson), une femme qui cache sous un masque de dureté, une bonté réelle.

Elle apprend à lire avec le soutien de sa nouvelle famille et se lie d’amitié avec son voisin Rudy (Nico Liersch), qui idolâtre Jesse Owens, (la star de l’athlétisme des Jeux Olympiques de Berlin en 1936) et Max (Ben Schnetzer), jeune homme juif, que sa nouvelle famille cache des nazis. La voleuse de livre n’est pas un film historique classique, même si le film évoque des événements comme la Nuit de Cristal (Kristallnacht), les déportations, les rafles, les exécutions, les autodafés ainsi que la mise en place dans les écoles de l’enseignement nazi à travers des chants et des discours hitlériens.

Passion et Innocence

Ce film aborde des thèmes intéressants comme l’instruction en opposition à l’obscurantisme instauré par les nazis, une réalité toujours d’actualité, même si les livres ne sont pas brûlés publiquement, l’accessibilité à la culture et surtout au savoir reste fragile, soit parce que l’enseignement est nivelé par le bas et caractérisé par un formatage de l’esprit afin d’obtenir des citoyens bien obéissants, passifs soit car il devient trop cher donc accessible qu’à une certaine élite.

La voleuse de livre montre que pour Liesel et Max, le pouvoir des mots, le pouvoir de la créativité sont une manière d’échapper à l’endoctrinement. Quand Rudy, fan de Jesse Owens, découvre qu’il est sélectionné par les nazis pour une formation militaire d’élite, il se rebelle et s’enfuit avec Liesel pour crier ensemble : « Je déteste Hitler ! » et là on se rend compte de l’importance du pouvoir des mots face à l’absurdité d’une idéologie.

Le réalisateur de Downton Abbey à travers la porte de la petite histoire montre l’importance de l’imagination, d’une instruction faite pour réfléchir, son impact sur les individus…Comme l’écrivit le poète John Milton dans son Areopagitica (1644). «Tuer un homme, c’est détruire une créature raisonnable, l’image divine ; mais étouffer un bon livre c’est tuer la raison elle-même, c’est tuer l’image de Dieu, pour ainsi dire dans son regard.» De la même manière le poète allemand Heinrich Heine nous avertit, dans sa pièce de 1821 Almansor : 

«Là où l’on brûle les livres, on finit par brûler les hommes.»

On pourrait reprocher à cette œuvre de ne pas montrer du sang et des larmes, l’horreur de la guerre, pourtant La voleuse de livres montre un fait rarement traité, la soumission et l’opposition au IIIeme Reich du côté Allemands. Ce film met en valeur les relations humaines, la solidarité, l’amitié et sublime le jeu des acteurs, notamment Emily Watson (l’héroïne de « Punch-drunk love » et de « Breaking the waves »), impeccable dans ce rôle de mère en apparence froide, Geoffrey Rush « Le discours d’un roi », le père adoptif de Liesel, son jeu insuffle une âme à son personnage. Une interprétation magistrale, Sophie Nélisse irradie l’écran par sa douceur et Nico Liersch est poignant. Un film bouleversant, émouvant magnifié par une photographie à la fois glaciale et lumineuse et une musique de John Williams (le compositeur attitré de Spielberg) très inspirée*.

Synopsis : D’après le best-seller international the book of thief de Markus Zusak, réalisé par Brian Percival («Downton Abbey») et un scénario de Michael Petroni (« Le Monde de Narnia: L’Odyssée du Passeur d’aurore »), la voleuse de livre raconte l’histoire de Liesel, fille de dissidents communiste envoyée dans une famille d’adoption allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. L’histoire racontée en voix off par La Mort elle même (Roger Allam) débute lors des funérailles du frère de Liesel, elle ramasse un livre tombé du manteau de l’un des fossoyeurs bien que ne sachant pas lire. Les personnages de La Voleuse de Livres évoluent dans une petite ville Allemande, plus précisément une petite rue appelée (Himmel Strasse) traduite en français par (Paradis).

Fiche Technique : La voleuse de Livres

Titre original : The Book Thief
Date de sortie : 5 février 2014
Réalisateur : Brian Percival
Scénariste : Michael Petroni
D’après l’oeuvre de Markus Zusak
Durée du film : 2 h 11
Genre : Drame
Interprètes : Geoffrey Rush (Hans Hubermann), Emily Watson (Rosa Hubermann), Sophie Nélisse (Liesel), Ben Schnetzer (Max), Roger Allam (Death), Barbara Auer (Ilsa Hermann) et Nico Liersch (Rudy)
Photographie : Florian Ballhaus
Montage : John Wilson
Musique : John Williams
Costumes : Anna B. Sheppard
Décors : Katja Fischer
Producteur : Fox 2000 Pictures, Sunswept Entertainment
Distributeur : Twentieth Century Fox France

*John Williams est nommé aux Oscars 2014 pour le film La voleuse de  livres dans la catégorie Meilleure musique de film

Le Vent se lève de Hayao Miyazaki : Critique

« Le vent se lève ! Il faut tenter de vivre ». Ce  premier vers de la dernière strophe du poème vers du poème Le Cimetière marin de Paul Valery, fournit le titre et la devise du film de Miyazaki.

Le onzième et dernier long métrage du Maître Miyazaki peint le Japon des années 20-40, une période lourde de significations (crise économique, mutation de l’urbanisme, fièvre militariste, désastres naturels…). Les séquences du grand tremblement de terre du Kanto en 1923 sont d’un réalisme confondant, retranscrit dans les moindres détails avec une précision chirurgicale, on s’y croirait…

Cette ultime fresque se détache de sa filmographie par sa maturité, moins fantastique que “Princesse Mononoké” ou “Les contes de terremer”, mais tout aussi beau, « Le vent se lève » raconte l’ascension de Jirô Horikoshi (Hideaki Anno) amoureux d’aviation depuis son enfance, qui mit au point le Zèro, célèbre chasseur de la seconde guerre mondiale !

Le Vent de la Vie

Une animation plus ancrée dans le réel, que ses précédents réalisations, mais toute aussi poétique, le vent se lève embrasse des thèmes comme la famille, l’amour, la nature, l’ambition, la violence, sans doute l’œuvre la plus émouvante du maître de l’animation japonaise. Une animation mélancolique, lyrique, sans doute la plus intimiste du vieux maître japonais, son héros est un artiste du vent, il n’aspire qu’à créer des machines volantes pour leurs beautés que la guerre détourne pour en faire des vaisseaux de morts.

Comme nous dit Jikô dans Princesse Mononoké : « C’est ce monde qui est maudit« , la passion pour l’aviation de Jirô Horikoshi, tout comme Caproni, son idole, son rêve, sa création se transforme en cauchemar.

Une histoire plus sombre, tragique, la relation entre Jiro et Nahoko, une jeune femme atteinte de la tuberculose est émouvante, empreinte d’une poésie autour du vent… Un long métrage au graphisme sublime, un magnifique tableau impressionniste sublimé par la musique de Joe Hisaishi. Le vent se lève s’inspire aussi de la spiritualité japonaise, « il faut tenter de vivre », en dépit des vents contraires, survivre à tous les obstacles aller jusqu’au bout de ses rêves… Le livre du Sensei Miyazaki se referme sur un hymne à la vie…

Synopsis : Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde. Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.

Fiche Technique : Le Vent se lève

Titre original : Kaze Tachinu
Réalisateur : Hayao Miyazaki
Scénariste : Hayao Miyazaki
Interprètes VO : Hideaki Anno, Miori Takimoto et Hidetoshi Nishijima
Animation : Katsuya Kondo et Kitaro Kosaka
Genre : Animation, Drame
Durée du film : 2 h 06
Date de sortie : 22 janvier 2014
Photographie : Atsushi Okui
Montage : Takeshi Seyama
Musique : Joe Hisaishi et Werner R. Heymann
Producteur : Toshio Suzuki pour Studio Ghibli, Nippon Television Network, Dentsu, Hakuhodo DY Media Partners, Mitsubishi Corporation, Toho et KDDI Corporation
Distributeur : The Walt Disney Company France

 

La Belle et la Bête de Christophe Gans : Critique Cinéma

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La Belle et la Bête de Christophe Gans, un conte désincarné clé en main

Paru en 1740, écrit par Madame de Villeneuve, puis reprit en 1757 par Madame Le Prince Beaumont, le célèbre conte La Belle et La Bête a été adapté à plusieurs reprises. Une déclinaison cinématographique plus que réussi avec la version poético-surréaliste de Jean Cocteau sorti en 1946 et le chef d’œuvre animé des studios Disney daté de 1991. La version 2014 revient sur les écrans sous la houlette de Christophe Gans et l’écrivaine Sandra Vo Anh.

Renouant avec le monde des légendes (Le Pacte des loups relatant l’épisode de la bête de Gévaudan), le réalisateur du sombre et mélancolique « Silent Hill » signe un spectacle sublime à l’esthétique ultra-léchée, visuellement impressionnant…

La Belle et la Bête est un conte animée par une magie féerico-poétique, d’un esthétisme flamboyant avec des décors somptueux, des costumes fabuleux, des scènes baroques notamment ses géants de pierre, le lac gelé, la forêt qui s’éveille, une statue qui a une larme sur le visage…

Un écrin visuel enchanteur, rappelant par ses couleurs chatoyantes, l’omniprésence de la nature, l’univers du maître de l’animation japonaise Hayao Miyazaki (« Princesse Mononoke« , « Le Voyage de Chihiro » et dernièrement « Le vent se lève« ). Malheureusement la comparaison s’arrête aux décors, l’œuvre de Christophe Gans bien que traversé par quelques fulgurances où l’on voit la Bête se comporter comme un fauve, les flashbacks sur le passé du prince avant et après sa métamorphose, le film semble dévitaliser, il lui manque une âme, de l’émotion, de la fougue, du mystère, on ne voit jamais l’amour naître, transparaître entre la belle et la bête.

L’œuvre en se voulant grand public manque de mordant, de prises de risque, le côté noir, inquiétant de la bête n’est pas vraiment exploré, même si la bête incarnée divinement par Vincent Cassel produit fascination et peur. Au final, un magnifique tableau visuel, l’emportant malheureusement sur le scénario, La Belle et la Bête est un film mi-figue, mi-raisin, techniquement maîtrisé, une véritable réussite dans la forme, il dégage pourtant une impression de maladresse dans le fond et l’écriture.

La Belle et la Bête : bande-annonce

Synopsis : 1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose.Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie. Chaque soir, à l’heure du dîner, Belle et la Bête se retrouvent. Ils apprennent à se découvrir, à se dompter comme deux étrangers que tout oppose. Alors qu’elle doit repousser ses élans amoureux, Belle tente de percer les mystères de la Bête et de son domaine. Une fois la nuit tombée, des rêves lui révèlent par bribes le passé de la Bête. Une histoire tragique, qui lui apprend que cet être solitaire et féroce fut un jour un Prince majestueux. Armée de son courage, luttant contre tous les dangers, ouvrant son cœur, Belle va parvenir à libérer la Bête de sa malédiction. Et se faisant, découvrir le véritable amour.

Fiche Technique : La Belle et la Bête

Titre d’origine : La Belle et la Bête
Réalisation : Christophe Gans
Scénario : Christophe Gans, Sandra Vo-Anh
D’après : La Belle et la Bête de : Gabrielle-Suzanne de Villeneuve
Interprétation : Vincent Cassel (la Bête/ le Prince), Léa Seydoux (Belle), André Dussollier (le père), Eduardo Noriega (Perducas), Audrey Lamy (Anne), Myriam Charleins (Astrid), Jonathan Demurger (Jean-Baptiste), Nicolas Cob (Maxime), Louka Meliava (Tristan), Yvonne Catterfeld (la princesse)……
France, Allemagne : 2014
Genre : Fantastique, Romance
Sortie en salles : 12 février 2014
Durée : 1h52
Directeur de la photographie : Christophe Beaucarne
Décorateur : Thierry Flamand
Costumes : Pierre-Yves Gayraud
Montage : Sébastien Prangère
Musique : Pierre Adenot
Budget : 33 millions $
Producteur : Richard Grandpierre, Romain Le Grand, Charlie Woebcken, Christoph Fisser, Henning Molfenter
Distribution : Pathé Distribution