Synopsis : L’impératrice Wu règne sur la dynastie Tang aux côtés de l’empereur Gaozong. Elle envoie sa flotte vers l’empire Baekje afin de soutenir cet allié de longue date, envahi par le belliqueux empire Buyeo. Mais, juste après leur départ, les navires sont attaqués par une mystérieuse et gigantesque créature surgie du fond des mers.
Le Sherlock Mandarin
Les fans de cinéma asiatique sont déjà familiers avec le réalisateur Tsui Hark, le créateur de la saga Il Était une fois en Chine, qui avait permis de populariser un certain Jet Li, bien avant son rôle marquant dans L’Arme fatale 4. Ses œuvres, habiles mélanges entre fresque historique et film d’art martiaux, sont instantanément reconnaissables grâce à son style unique. Un style qu’il a réussi à conserver malgré un succès de plus en plus grand en Occident. En 2010, Tsui Hark donnait vie au personnage de Détective Dee, un homme dont les talents de déductions ne sont pas sans rappeler un certain Sherlock Holmes. Quatre ans plus tard, il lui offre un suite aux allures de prequel.
La 3D, grand atout du film
Hark a choisi de passer à la 3D, ce qu’il avait déjà fait lors de son précédent long-métrage, La Légende des sabres volants. Il imprime ainsi à ce Détective Dee 2 une ampleur dépassant celle de son prédécesseur, déjà empreint de majesté. Ce qui ne s’avère trop souvent qu’un gadget (même dans Avatar) permet ici de donner vie à des décors époustouflants et fourmillants de détails, grâce à une profondeur de champ atteignant des sommets. Toute la grandeur de la Chine de la dynastie Tang, une période charnière pour l’Empire du Milieu, est ainsi magnifiquement rendue à l’écran.
Autre avantage du relief, les scènes de combat, dont les chorégraphies sont toujours aussi travaillées et virevoltantes. Dans un style popularisé en occident par Tigre et Dragon, d’Ang Lee, les affrontements défient la gravité, lors de scènes bondissantes plus esthétiques que violentes. Tsui Hark s’amuse beaucoup des possibilités de la 3D, et prend un malin plaisir à multiplier les projections d’armes vers l’écran. Sympathique, bien que dispensable.
La jeunesse de Dee
Le titre Détective Dee 2 peut induire en erreur : il ne s’agit pas tant d’une suite que d’un prequel. Andy Lau absent, Tsui Hark a dû changer son fusil d’épaule, et c’est donc Mark Chao qui reprend le rôle, incarnant un détective plus jeune et inexpérimenté, mais déjà observateur et bien plus spontané. Son duo avec le jeune apprenti médecin Shatuo est un clin d’oeil appuyé au duo Sherlock/Watson, que le réalisateur assume pleinement. Les amoureux du premier volet pourront être décontenancés par ce changement de casting, mais force est de constater que le résultat est plaisant.
Le scénario fait la part belle à un humour absurde et décalé, tout en s’attachant à dépeindre son époque dans une fresque grandiose, sans jamais accuser de longueurs. On revisite ici l’Histoire à travers la jeunesse de son protagoniste, et la galerie de personnages secondaires sympathiques donne un peu de profondeur au script.
Détective Dee 2 est un très bon divertissement complètement barré, irréaliste et jubilatoire, sublimé par une 3D qui lui donne une ampleur supérieure. Les fans de Tsui Hark apprécieront.
Fiche technique – Détective Dee 2
Titre: Détective Dee II : La Légende du Dragon des Mers
Hong-Kongais – 2013
Réalisateur : Tsui Hark
Scénario : Tsui Hark, Kuo-fu Chen, Chia-Lu Chang, Jialu Zhang
Distribution : Mark Chao (Dee), William Feng (Yuchi), Lin Gengxin (Shatuo), Angelababy (Yin), Carina Lau (l’impératrice)
Genre : Action, aventure
Directeur de la photo : Sung Fai Choi
Monteur : Baiyang Yu
Compositeur : Kenji Kawai
Producteur : Tsui Hark, Wang Zhonglei, Kuo-fu Chen, Nansu Chi
Production : Huayi Brothers
Distributeur : Jokers, Le Pacte
Synopsis : Nikki est veuve depuis 5 ans. Un jour, elle tombe sur le double parfait de son mari défunt. Envahie par son trouble, elle décide de le séduire.
Les vertiges de l’amour
Peut-on retomber amoureux de la personne qu’on aime ? Deux personnes peuvent-elles être à la fois exactement la même, tout en étant totalement différentes ? Le film de Arie Posin pose ces questions à travers la romance entre Nikki, veuve depuis cinq ans, et Tom, le sosie de son défunt mari. Le thème du double au cinéma n’est pas nouveau, et il a donné quelques unes des plus belles œuvres du 7ème art. Si The Face of Love n’en fera pas partie, il reste un beau film d’amour, sensible et poétique.
La déchirure
Cela commence plutôt mal. Très mal pour Garett, le mari de Nikki, dont le corps est retrouvé par cette dernière, échoué sur la plage. Mal aussi pour le spectateur, tant cette introduction sonne forcée, presque creuse à force de clichés de mise en scène. L’opposition entre l’ombre et la lumière et les cadrages mettant en avant l’absence, le vide ressenti par la femme éplorée sonnent comme autant d’artifices qui empêchent de vraiment se projeter dans ce drame humain. La mise en scène de Posin se fera plus discrète par la suite, moins grossière et plus lumineuse, et c’est heureux.
L’apparition de Tom, joué par le même Ed Harris, dont la troublante présence est pour beaucoup dans la réussite de l’histoire, est un turning point plutôt maîtrisé. On se prend de curiosité pour cet homme, professeur d’art, dont on ne sait quoi penser, à l’image de l’héroïne du film, qui se verrait bien combler l’absence de l’être aimé par cette copie parfaite, un peu comme on souhaiterait compléter un puzzle par une pièce qui n’est pas tout à fait la bonne, mais presque. Nikki va alors tenter de forcer le destin, et les frontières entre les deux êtres, Tom et Garett, vont progressivement s’effacer, se mêler, se reformer alors que la raison du personnage semble vaciller. Annette Bening est impeccable dans ce rôle de femme obsédée, parfois à la limite de la déraison, mais toujours poignante et plein d’émotion.
Sueurs chaudes
Le scénario fait immanquablement penser à l’un des chefs d’œuvre de Hitchcock, l’excellent Sueurs froides, auquel le film fait un clin d’œil appuyé. Malheureusement, il ne termine pas les promesses entamées par cette première partie prometteuse. Le trouble disparaît trop vite, laissant place à une romance, certes fort jolie, mais somme toute trop classique. Cela manque de force, de tension, d’un retournement de situation, peut-être, qui referait sortir le film de l’ornière. Ce n’est pas le cas, et The Face of love restera un film sympathique, qui aurait pu être un petit bijou, mais pêche par manque de cran.
Une belle romance, sublimée par un duo d’acteurs au sommet, mais qui laisse un goût d’inachevé en bouche lorsque l’on pense à ce qu’il aurait pu être.
Fiche technique – The Face of love
Américain – 2013
Réalisateur : Arie Posin
Scénario : Arie Posin, Matthew McDuffie
Distribution : Annette Bening (Nikki), Ed Harris (Tom/Garett), Robin Williams (Roger), Amy Brenneman (Ann), Jess Weixler (Summer)
Directeur de la photo : Antonio Riestra
Genre: Drame, romance
Montage : Matt Maddox
Compositeur : Marcelo Zarvos
Producteur : Bonnie Curtis, Julie Lynn, Jonathan McCoy
Production : Mockingbird Pictures
Distributeur : Chrysalis Film
Régulièrement, le cinéma australien offre quelques petites trouvailles bien senties qui permettent d’élargir le panorama du cinéma de genre mondial, et plus particulièrement du cinéma d’épouvante horreur. Pas assez prolifique en termes de production cinématographique et toujours associée à une image « mad maxienne », l’Australie n’en reste pas moins un pays viscéral qui transcende ses peurs et ses pulsions à travers des films de genre devenus parfois cultes, comme l’ont été le survival Wolf Creek, le torture-prom The Loved Ones, l’animalier Razorback ou l’aquatique The Reef. Il faudra désormais compter sur Mister Babadook dans cette liste tant il rassemble l’essence-même du film de croque-mitaine avec une profondeur psychologique remarquable.
Synopsis: Depuis la mort brutale de son mari, Amelia lutte pour ramener à la raison son fils de 6 ans, Samuel, devenu complètement incontrôlable et qu’elle n’arrive pas à aimer. Quand un livre de contes intitulé ‘Mister Babadook’ se retrouve mystérieusement dans leur maison, Samuel est convaincu que le ‘Babadook’ est la créature qui hante ses cauchemars. Ses visions prennent alors une tournure démesurée, il devient de plus en plus imprévisible et violent. Amelia commence peu à peu à sentir une présence malveillante autour d’elle et réalise que les avertissements de Samuel ne sont peut-être pas que des hallucinations…
Auréolé d’une formidable renommée dans tous les festivals par lesquels il est passé (dont la Mecque Sundance), Mister Babadook a profité de ses bonnes critiques pour être acquis par Wild Bunch, qui nous fait l’honneur d’une distribution française. C’est surtout à l’occasion de sa présentation au Festival de Gérardmer -l’un des plus remarquables d’Europe- que le film a conquis l’ensemble des spectateurs présents, en raflant le Prix du Jury, le Prix du Jury Jeunes, le Prix de la Critique internationale et le Prix du Public. Le Grand Prix du Jury, la récompense suprême du festival, lui a échappé car nombreux sont ceux qui estiment que Mister Babadook comprend trop de similitudes avec le Mamád’Andrés Muschietti, le vainqueur de l’édition précédente. A tort par ailleurs. De fait pour éviter une ressasse de l’année dernière, c’est l’inclassable Miss Zombie du japonais Hiroyuki Tanaka qui fût récompensé par le jury de Gérardmer. Qu’à cela ne tienne, le film de Jennifer Kent a fait l’effet d’une bombe partout où il est passé et il s’agit certainement de la meilleure récompense qui soit pour un étonnant premier film.
De la difficulté d’être une mère veuve
S’étant déjà frotté à l’épouvante par le biais de son premier court métrage Monster, Mister Babadook peut être vu comme la version longue de son court qui raconte également l’histoire d’une mère et de son fils harcelé par un monstre. A ceci près que Mister Babadook est peut-être plus psychologique, plus traumatisant et offre un nouvel élan au « boogeyman movie ». A la suite d’un tragique accident de voiture, Amelia se retrouve mère veuve avec son fils Samuel de sept ans, un enfant turbulent en proie à des troubles comportementaux, dont une sorte d’hyperactivité incontrôlable et une violence gratuite envers les autres. Seule et travaillant dans une maison de retraite, la mère n’arrive plus à gérer les crises de son fils et ses comportements toujours plus agressifs. C’est à cet instant de sa vie qu’un livre pour enfants va l’amener à affronter ses plus grosses peurs. Selon les dires de Jennifer Kent, Mister Babadook est un film à multiples interprétations. Il est vrai qu’on peut y voir plusieurs messages dominants dont la difficulté de surmonter un deuil et celui d’être une mère.
Le croque-mitaine, qui donne son nom au film, n’apparaît finalement que comme une forme de représentation mentale des troubles et des peurs d’Amélia. Ce qui est d’autant plus intéressant, c’est que le récit prend la moitié de l’intrigue pour pleinement développer les personnages, qui en ressortent aussi crédibles qu’attachants. C’est l’histoire d’un fils qui aime sa mère et d’une mère qui ne sait pas comment réagir, dépressive et perdue par la perte de son mari et d’un fils qu’elle ne sait plus contrôler. Tout est amené avec une certaine subtilité. Jamais les personnages ne viendront à exprimer leurs sentiments par le biais de dialogue mais chaque plan amène à interroger la relation que chacun a avec autrui. Ce plan furtif où la mère décide de tourner le dos à son fils en se mettant au bord du lit révèle parfaitement la difficulté de cette dernière à vivre avec son fils. Le premier film de Jennifer Kent traite donc de la question de surmonter ses plus grandes peurs pour arriver à vivre. Il est aidé par un duo très juste, dont Noah Wiseman, cet enfant relativement bluffant tant il opère un véritable changement dans son personnage, passant de l’être incontrôlable à l’enfant typiquement œdipien.
En prenant son temps, le film se démarque des standards du genre par une ambiance à la fois onirique et macabre qui permet de voir comment réagissent au sein de cet univers des personnages profonds et extrêmement intéressants. La folie n’est jamais très loin et très souvent le film cherche à nous faire douter des potentiels troubles de la mère, ou du fils, ou bien de savoir si le Babadook existe réellement en tant qu’esprit démoniaque. Depuis le début, Jennifer Kent a sans cesse déclaré être davantage intéressée par l’écriture des personnages que par la fonction « chair fraîche » typique du film d’horreur mainstream. Tout ce qui pourrait sembler prévisible ne l’est pas et la réalisatrice cherche à contrecarrer les codes du genre. Il était tellement simple de faire du collègue de travail l’amant d’une mère en quête d’amour et donc logiquement, le victime d’un monstre qui ne laisserait pas sa place à un nouveau « père » mais le récit n’accorde son importance qu’à ce tandem mère-fils, et au fond seule la mère semble voir un semblant de signe affectif et de désir dans l’importance que lui porte son collègue. Vous ne verrez rarement une telle horreur psychologique autre part que dans Mister Babadook, comme ce plan où la mère prend seule du plaisir dans le lit marital, tandis que son fils vient l’interrompre sans l’ombre d’un soupçon. C’est typiquement ce genre de plan qui permet d’en révéler énormément sur le personnage sans le dire. Ce qui manque à Amelia, c’est tout simplement un homme. De même, l’enfant va peu à peu acquérir le statut de la victime, et filmer de manière frontale un étranglement sur mineur est aussi rare que cruel dans le cinéma contemporain. Mister Babadook ose les choses et tant mieux.
Inutile de s’attendre à des jump-scares prévisibles et des effets chocs, Jennifer Kent préfère miser sur une ambiance troublante. En faisant de Mister Babadook un monstre invisible agissant dans l’ombre des petits instants de la vie, elle renvoie à notre propre condition humaine déstabilisée par les difficultés de la vie. Cette longue silhouette noire armée de griffes métalliques a un petit côté Freddy Krueger mais travaille encore plus le mental à travers des plans tout droit sortis de cauchemar. En faisant de la demeure familiale un endroit où la peur peut survenir d’une zone d’ombre, de sous le lit, du plafond, le film s’avère aussi terrifiant que Conjuring de James Wan qui nous scotchait sur le fauteuil quand l’ombre d’une porte était l’endroit le plus terrifiant de la maison. Malgré un budget faible qui voit toute l’intrigue se dérouler dans ce huis-clos qu’est la maison familiale, il y a une vraie volonté de travailler l’esthétisme du film et Jennifer Kent ne se gêne pas pour offrir quelques plans tout droits sortis de l’expressionnisme allemand, de la trilogie d’appartement de Polanski ou plus étonnamment des films de Méliès, le Babadook s’incorporant jusque dans la magie du célèbre réalisateur du Voyage dans la Lune.
La photographie est d’une élégance formelle à base de bleus obscurs, de noirs omniprésents et de couleurs très froides en général. Rajoutée à cela, une mise en scène qui passe d’un environnement clinique à quelque chose de bien plus ténébreux. Et que dire de ce travail sur le livre Babadook, composé par l’illustrateur Alexander Juhasz, véritable bijou de terreur. Cette scène où Amelia retrouve le livre est tout simplement une des meilleures du film, tant le livre révèle enfin une terreur insoupçonnée et présage d’une relation destructrice de la mère avec son fils, ou l’inverse. Ce que nous apprend le dénouement du film, c’est qu’au fond Mister Babadook est davantage une métaphore enfouie de la difficulté d’oublier le deuil, le croque-mitaine se terrant dans la cave au milieu des souvenirs du père disparu tragiquement. Il continuera à y loger tant que le deuil n’aura pas été fait mais paradoxalement, la mère et son fils continueront à le nourrir, entretenant le croque-mitaine au sein de la maison, représentation du mental troublé de la mère. Le final est à deux doigts de tomber dans la farce grotesque mais s’avère plutôt démonstratif du traitement psychologique du boogeyman dans le film.
S’attirant une renommée déjà culte dans les festivals par lesquels il est passé, Mister Babadook passionnera les amateurs de films en dehors des standards du genre horrifique. Une telle précision dans l’écriture est à saluer, et même les premiers spectateurs ont cru à cette histoire de Babadook, l’associant à une vieille légende australienne. Huis-clos éprouvant malgré quelques maladresses, on lui pardonnera ces quelques erreurs pour un premier film aussi ambitieux dans le traitement de ses personnages, l’installation réussie d’une ambiance macabre et certains plans de toute beauté. Même s’il était à un cheveu de tout rafler à Gérardmer, Mister Babadook est assurément le vainqueur de cette édition du festival et très certainement l’un des films de genre les plus remarquables de cette année. En reprenant un langage horrifique qui revient aux origines de l’expressionnisme allemand et par la déconstruction de tous ces effets saturés et codifiés du film d’épouvante, Jennifer Kent crie au monde qu’il convient d’apporter un vrai vent de fraîcheur (et d’intelligence) au genre. Pas étonnant que la critique ait été si sensible à cette histoire de croque-mitaine australien.
Fiche Technique: Mister Babadook
Titre originale: The Babadook
Australie
Réalisation: Jennifer Kent
Scénario: Jennifer Kent
Interprétation : Essie Davis (Amelia), Noah Wiseman (Samuel), Hayley McElhinney (Claire)Daniel Henschall (Robbie), Barbara West (Madame Roach), Ben Wispear (Oskar), Tiffany Lyndall-Knight (La Maman du supermarché), Tim Purcell (le Babadook)
Genre: Epouvante-horreur
Durée: 1h33
Image: Radek Ladczuk
Décor: Alex Holmes, Jennifer Drake
Costume: Heather Wallace
Montage: Simon Njoo
Musique: Jed Kurzel
Producteur: Pete Best, Julie Byrne, Kristina Ceyton, Jan Chapman, Jeff Harrison, Kristian Moliere, Jonathan Page, Michael Tear
Production: Causeway Films, Smoking Gun Productions
Distributeur: Wild Bunch
Festival: Prix du Jury, le Prix du Jury Jeunes, le Prix de la Critique internationale et le Prix du Public au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer.
Prix du Meilleur Film d’horreur étranger aux Golden Trailer Awards.
Fastlife de Thomas Ngijol : Un premier essai solo inachevé
Franklin Ebagé (Thomas N’Gijol) est un homme immature et arrogant. Il vit encore sur son lointain passé glorieux, ce qui exaspère son amie Pauline (Karole Rocher) et son agent Lionel (Julien Boisselier). Il n’a plus que le soutien de son ami Samir (Yasit Ait Hamoudi), créateur de la ligne de vêtements « Swagg DeBonhommes », qui rencontre autant de succès, que Franklin. Celui-ci se retrouvant avec un seul et unique sponsor, les poulets fermiers Jeno (Olivier Marchal). Malgré tout, il croit toujours en sa capacité à se qualifier pour les JO. Il va se battre pour accéder à son rêve, envers et contre tous.
Après une première réalisation réussie, en binôme avec son ami Fabrice Eboué Case départ. Thomas N’Gijol se lance seul dans l’aventure. Un premier essai moyennement réussi, qui se veut une critique de la starisation excessive, mais se révèle au final, une comédie inoffensive, bien loin de ses prétentions.
Thomas N’Gijol ; révélé par le biais du Jamel Comedy Club, est doué pour la scène, pour les punchlines assassines ou il n’épargne personne. Sa carrière cinématographique est moins réussie. Certes, Case Départ fut une bonne surprise, mais Le crocodile du Botswanga, fut une catastrophe, même si sa performance était sympathique.
Il a choisi d’être seul derrière la caméra, mais pour l’écriture, il s’associe avec Mohamed Issolah, un réalisateur et scénariste de courts-métrages, mais qui comme lui, manque d’expérience. On retrouve le manque de vécu à l’écran. Pire encore, l’exigence qui fait de Thomas N’Gijol, un des meilleurs humoristes actuels, est absente.
La platitude de la réalisation, l’absence de rythme, de personnages secondaires forts et d’un scénario bancal, rend le film quelconque. Une comédie qui ne vit que par le regard pathétique et la mauvaise foi de Thomas N’Gijol, parfois illuminé par la folie d’une scène, comme la rencontre avec Olivier Marchal, ou celle avec Kaaris au studio.
De trop rares moments, qui ne suffisent pas à en faire un film, ni même un sketch, la désastreuse vidéo de rap de Thomas, à peine sauver par une chute de scooter, en est le parfait exemple. L’amateurisme de l’ensemble, d’un casting léger, comme les dialogues, en fait un film du dimanche soir sur TF1.
Faut-il vraiment parler du cas Kaaris ? Artiste minable aux textes aussi insipides, que sa prestation. Il est à l’image du héros. Une comète qui ne fera pas long feu, aussi bien au micro, que devant la caméra. Par contre, on appréciera Olivier Marchal et la folie de son personnage. Un rôle loin des flics torturés qui l’ont fait connaître du grand public. Karole Rocher aussi à contre-emploi, elle aussi cantonné aux rôles de femmes flics physiques. Même si elle reste une femme forte et à son moment violence physique ridicule. Elle est moins convaincante, son couple ne fonctionne pas vraiment avec Thomas N’Gijol, alors qu’ils le sont vraiment hors écran, ça arrive. Yasit Ait Hamoudi, le bon copain bedonnant, mais transparent. Julien Boisselier, l’agent quelconque, n’apporte pas grand chose. On notera le caméo de Fabrice Eboué, qui nous sort sa plus belle tête de con, pour le plaisir de nous faire sourire.
Une comédie banale, loin de l’irrévérence de son auteur, qui semble avoir perdu de sa verve avec le succès. C’est surtout un one man show de Thomas N’Gijol, si on l’apprécie, ça passe tout juste. Mais si ce n’est pas le cas, il vaut mieux éviter de se retrouver devant, au risque de s’ennuyer fermement.
Synopsis : Franklin Ébagé est un athlète franco-camerounais, coureur du 100 mètres. Après avoir décroché une médaille d’argent aux Jeux Olympiques, il y a quelques années, sa carrière bat de l’aile. À 34 ans, il est cependant toujours obnubilé par l’envie de briller à n’importe quel prix.
Fiche technique – Fastline
Fastlife – 2014
France
Réalisateur : Thomas N’Gijol
Scénario : Thomas N’Gijol et Mohamed Issolah
Distribution : Thomas N’Gijol, Karole Rocher, Julien Boisselier, Yasit Ait Hamoudi, Olivier Marchal, Kaaris, Olivia Biffot
Photographie : Michel Amathieu
Musique : Guillaume Roussel
Producteurs : Eric et Nicolas Altmayer
Sociétés de production : Mandarin Cinéma et EuropaCorp
Distribution : EuropaCorp
Durée : 91 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 16 Juillet 2014
Critique Une histoire vraie de David Lynch : Au cœur de l’homme
Synopsis : Comme son titre l’indique, il s’agit bien d’une histoire vraie, celle d’Alvin Straight qui, a soixante-treize ans, après une mauvaise chute, décidé de quitter Laurens, village du nord de l’Iowa, pour retrouver son frère aîné qui vient d’avoir une attaque. Les deux frères sont fâchés depuis dix ans. Malgré son état de santé médiocre et après avoir réfléchi à leur contentieux, Alvin décide d’aller voir Lyle dans le Wisconsin et entreprend un voyage de plusieurs centaines de kilomètres par ses propres moyens.
Une œuvre de cœur
Une Histoire Vraie tient une place à part, celle du film décalé dans la filmographie de David Lynch. De ces films qu’on revoit avec toute l’affection que l’on a pour une œuvre qui touche au cœur des plus humains sentiments. On tient sans doute ici le plus « normal » des films de Lynch : pas de monstres, pas non plus d’êtres difformes ni d’atmosphère malsaine. Juste une histoire simple, sur d’authentiques habitants de la campagne américaine, un film au plus près de ces gens, de leurs regards, de leurs solitudes et de leurs espérances. Alors tout compte fait, Une Histoire Vraie n’est peut-être pas ce film « normal » pour lequel il se fait passer…
Le vieil homme et sa tondeuse
Car Une Histoire Vraie, c’est avant tout celle d’Alvin, vieillard broussailleux à la barbe neigeuse et aux yeux couleur d’horizon, un vieillard qui va parcourir 563 kilomètres, juché sur le siège d’une tondeuse à gazon (puisqu’il n’a pas le permis), pour aller rendre visite à son frère malade, un frère qu’il n’a pas vu depuis une bonne dizaine d’années. Pour accomplir ce périple, Alvin va devoir passer outre les mises en garde de son entourage et en particulier celles de sa fille Rosie, femme courage, touchante de fragilité et de détermination. En bon road-movie, cette histoire jonchera la route d’Alvin de nombre de rencontres et d’imprévus parfois iconoclastes qui lui permettront d’étancher sa soif de rencontres et de découverte.
Regagner les plaines
On glosera la photographie de Lynch, tout à fait superbe ici, en rappelant qu’il n’est pas si compliqué de filmer de beaux paysages dans les superbes grandes plaines des U.S.A. Mais il ne faut pas oublier que, même s’il s’agit de son premier film du genre, ce réalisateur a déjà fait preuve par le passé d’une vision picturale aiguisée qui transformait chaque plan en peinture de maitre. Ce talent trouve ici son accomplissement. Les couchers de soleil, enflammant les champs de blé, sont d’une beauté stupéfiante, rappelant clairement le travail de Kubrick sur Barry Lyndon. Il n’y a pas c’est vrai, ou alors très peu, de fulgurances de mise en scène, peu de prouesses techniques, mais le film ne s’y prêtait de toute façon pas. Cette œuvre est d’une sobre douceur, un road-movie cheminant à la vitesse d’une tondeuse à gazon, soulignant les contrastes entre cette tondeuse et les camions tonitruants qui doublent Alvin à chaque instant, entre le calme d’un homme vieillissant et la vitesse de la civilisation moderne.
La sagesse rurale
Lynch insiste beaucoup surces contrastes entre ces deux « civilisations » qui semblent se côtoyer sans se voir ni se comprendre. Ces villes qui amènent le bruit et la fureur dans des campagnes qui tentent, tant bien que mal, de continuer à vivre au rythme du temps qui passe. Alvin est un sage, un homme qui prend et accepte les choses comme elles se présentent, un homme qui semble n’accorder d’importance qu’à éviter ce qui pourrait faire du mal autour de lui. Un vieillard qu’on sent en bout de course et qui veut accomplir là un dernier voyage en forme de pèlerinage, celui qui le réconciliera avec son frère. Le talent de Lynch est de, pour une fois, ne pas parler des « bouseux » d’une manière condescendante, mais avec toute l’affection qu’on doit à ceux que la communauté oublie dans les endroits reculés du pays.
Des acteurs « possédés »
D’ailleurs, la confusion est grande et permanente entre Alvin et Richard Farnsworth (Josey Wales, Hors-La-Loi, Papillon), son interprète. Rarement acteur sera à ce point entré dans son personnage, tant on se demande qui, de l’acteur ou du personnage, habite l’autre. Lorsqu’on voit évoluer ce grand-père aux yeux tristes et aux rides soulignées de bonté, on ne peut imaginer un instant que Richard Farnsworth ne soit pas exactement le même dans sa vie de tous les jours. Même chose pour sa fille, interprétée par Sissy Spacek (Carrie Au Bal Du Diable, JFK), étonnante en fille affublée d’un bégaiement qui semble venir d’un trop-plein de gentillesse. On l’imagine n’ayant jamais été aimée à sa juste valeur, si ce n’est par ce père qui décidément, semble ne vouloir en faire qu’à sa tête et la rendre folle. Tout ça pour finir le film avec la cerise sur le gâteau, le frère d’Alvin, interprété avec charisme par Harry Dean Stanton (Paris, Texas).
Lynch change et reste lui–même
Une Histoire Vraie surprend, tant il semble déplacé dans le cinéma de Lynch. Pourtant on y retrouve ses univers habituels, parfois loufoques et peuplés de personnages en rupture. Un cinéma qui aurait au fond pour credo de toujours sortir de la norme. Bien sûr, voir que le film est produit par Disney peut surprendre, mais il ne faut pas oublier que, qualité ou pas, Disney investit là où il y a de l’argent à gagner, tant mieux si cela se fait avec un bon film. Finalement, mais avec un thème plus conventionnel, Lynch parvient à créer un univers fantasmagorique, peuplé d’êtres en rupture ou en tout cas à la marge. Il signe un film d’une grande douceur dans son déroulement, mais d’une force évocatrice peu commune sur notre rapport à la mort, à l’espace et au temps qui nous échappe. Nous rappelant (car nous avons tendance à l’oublier) que tant qu’on n’est pas mort, on est bien vivant et, que tant qu’on est vivant, la partie n’est jamais perdue…
Fiche Technique: Une histoire vraie de David Lynch
Titre original: The Straight Story
Nationalité: Américain
Date de sortie: 1998
Réalisateur: Lynch David
Acteurs: Richard Farusworth (Alvin Straight), Jane Galloway Heitz (Dorothy), Joseph A. Carpenter (Bud), Harry Dean Stanton (Lyle Straight, le frère d’Alvin), Sissy Spacek (Rose Straight), Dan Flannery (Docteur Gibbons)…
Genre: Road-movie
Compositeur: Angelo Badalamenti
Fleming: The Man Who Would Be Bond est un morceau de choix, une série pleine de cette distinction et de ce flegme tout britanniques, une série qui déborde de la noblesse de cette bourgeoisie londonienne au milieu de laquelle semblait déambuler Ian Fleming, l’auteur dont on commence à oublier qu’il est le père de James Bond, depuis que ses romans ne servent plus de base aux adaptations cinématographiques des aventures de 007. Cette série est assez bienvenue, en sauvant de l’oubli celui qui fit de sa vie un roman, aussi bien à l’écrit qu’en réalité, tant il semble qu’il était incapable de ne pas inventer même sa propre existence.
Synopsis : Le parcours de Ian Fleming, ancien officier de l’intelligence navale britannique devenu l’auteur des romans consacrés à l’agent 007 James Bond…
Dr Fleming & Mr Bond
La vie rêvée de Fleming
On se moque en fait, de savoir si cette série est une réussite, tant on est pris par l’enjeu, voir adaptée à l’écran la vie (du moins une partie) de celui dont on dit qu’il a truffé son œuvre de détails authentiques. L’ambiguïté est permanente, qui de Bond ou Fleming est un personnage de fiction ? Au cours des quatre épisodes, on découvre un Fleming tour à tour séducteur à tendances sadomasochistes, adepte de vodka-martini au shaker (pas à la cuiller), propriétaire d’une villa à la Jamaïque appelée Goldeneye, devenu commandant aux services secrets de Sa Majesté et affublé d’une secrétaire d’âge mûr nommée Monday, avec laquelle il pratique le jeu délicieux de la séduction. Toute ressemblance avec un personnage n’ayant jamais existé ne serait pas fortuite. Tout l’univers de Bond : personnages, situations, noms et caractères se retrouvent dans sa vie. Fleming était un électron libre, fâché avec la hiérarchie et qui se moquait du règlement mais qui, au contraire de son héros, n’est quasiment jamais allé sur le terrain, à son grand désespoir.
The Spy Who Loved Me
Sa vie semble avoir été presque aussi passionnante que celle de 007, en pleine Seconde Guerre Mondiale ; il met son imagination (déjà fertile) au service de la reine et des services secrets de la Royale Navy. La reconstitution est d’ailleurs à saluer : décors criants de vérité, mœurs bourgeoises pleines de fourberie aristocratique alternent avec les alertes à la bombe. On prête beaucoup d’exploits à Fleming, mais combien en a-t-il inventés ? Au début on le croit sans peine, puis on se rappelle l’écrivain et on se demande à quel point il aurait pu romancer sa vie mais ce qui ressort, c’est qu’on comprend à quel point James Bond est son double, celui qu’il aurait rêvé d’être dans une autre vie, celui dans lequel il a jeté toutes ses frustrations, dues en partie à une mère castratrice et autoritariste.
Cooper est Fleming
Les Anglais semblant tenir à la qualité de leurs productions audiovisuelles, n’ont pas mégoté sur la qualité du casting, donnant le rôle de Fleming à Dominic Cooper (Need For Speed, Captain America) britannique et imbuvable à souhait, Rupert Evans (Un Monde Sans Fin) et dans le rôle de Monday, Anna Chancellor (How I Live Now). Mais on reste marqué par Lara Pulver, parfaitement venimeuse dans cette relation d’amour et de haine qu’elle entretien avec Fleming et troublante par ses faux airs de Jodie Foster. Le casting est so british, l’accent anglais est superbe et racé, la série doit énormément à la qualité de ses interprètes.
Fleming, plus Bond que Bond
C’est finalement la mise en scène, la musique et la narration qui sont les plus troublantes, semblant glisser au fil des quatre épisodes vers l’ambiance des premières adaptations de Bond à l’écran. On finit par se laisser prendre avec délice dans le tourbillon de la guerre, par Fleming qui semble incarner à l’écran le 007 qu’il créera par la suite. Fleming semble jouer Bond lui-même, convaincu semble-t-il que s’il prend les choses trop au sérieux, la vie ne pourra que le décevoir. Le format en quatre épisodes semble le meilleur choix, ne reprenant qu’une partie de la vie de Fleming, nous épargnant naissance, mort et permettant d’apporter de la densité au sujet sans jamais ennuyer.
Imaginer ses désirs
On finit passionné par une vie si complète d’un auteur qui verra son personnage survivre à la plus longue franchise de l’histoire du cinéma. On comprend à quel point Fleming s’est investi dans Bond et à quel point Bond s’est investi en Fleming : deux faces d’une même médaille qui montra un jour son revers. Fleming écrivain des aventures de Bond mais avant tout, Fleming écrivain de sa propre vie. Dans le quatrième épisode, on l’entend dire que les choses ne se passent jamais comme on les imagine, peut-être est-ce pour ça qu’il a un jour décider d’imaginer les choses telles qu’il voulait qu’elles se passent.
Fiche technique – Fleming: The Man Who Would Be Bond
Réalisateur: Mat Whitecross
Écrit par: John Brownlow et Don Macpherson
Origine de la série: Britannique – BBC America mini-série de 4 heures
Genre: Drame
Acteurs: Dominic Cooper (Ian Fleming), Lara Pulver (Ann O’Neill), Annabelle Wallis (Muriel Wright), Lesley Manville (Evelyn Fleming), Anna Chancellor (Second Officer Monday), Samuel West (Rear Adm. John Godfrey), Rupert Evans (Peter Fleming) and Camilla Rutherford (Loelia).
Compositeur: Ilan Eshkeri
La Planète des Singes a toujours été une saga cinématographique très appréciée du grand public. Il faut savoir que cette saga trouve son inspiration dans le roman français du même nom de Pierre Boule. En 1968, l’adaptation du livre par Franklin J. Schaffner a véritablement bouleversé le genre science-fiction et anticipation. Fort d’un immense succès public et critique, quatre suites ont vu le jour, presque toutes dispensables.
Synopsis: Une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s’est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.
Un remake est pensé dans les années 80, puis proposé à de très nombreux réalisateurs dans les années 90 avant de tomber dans les mains de Tim Burton au début des années 2000. Malgré des effets spéciaux épatants pour l’époque, cette réadaptation est médiocre et les critiques sont unanimes pour qualifier la déception du film. La version de Tim Burton est néanmoins un immense succès commercial et la Fox croit toujours en sa saga, prenant 10 ans avant de remettre sur pied, une réadaptation contemporaine des plus innovantes. Sous la direction de Rupert Wyatt, cette préquelle est une réussite tant sur le plan visuel que sur le plan scénaristique, installant une nouvelle mythologie et une vraie humanité au sein d’un film terriblement brûlant (critique acerbe à l’encontre de la science). Le Commencement est une immense réussite commerciale et, surtout pour la Fox, profite d’un excellent accueil critique ce qui lui permet de lancer sereinement une suite. Pas si sereinement pour Wyatt qui juge les délais trop courts et laisse donc sa place à un sympathique Yes Man en la personne de Matt Reeves (Cloverfield, Laisse-moi entrer). Avec un tel réalisateur qui pouvait s’avérer assez malléable par les studios, sans compter l’absence du casting d’origine hormis Andy Serkis, on doutait fortement du potentiel de cette suite. A tort, L’Affrontement est une excellente suite, supérieure au premier volet et dotée d’une technologie pour animer les singes tout simplement bluffante
Ape escape
Dix ans ont passé depuis les événements du Golden Bridge à San Francisco, l’humanité n’est plus ce qu’elle était à la suite d’un virus, né de l’inconscience des scientifiques après des essais sur les singes, qui a décimé une majorité de la population mondiale. La Planète des Singes : L’affrontement s’ouvre sur le regard de César, alias Andy « Motion Capture Man » Serkis, à l’allure d’un conquérant et prêt à tout pour le bien de sa tribu. Ne-serait-ce que de nom, difficile de ne pas sous-entendre le rapport à l’empereur César qui a emmené ses romains à la conquête de l’Europe, mais au fur et à mesure de l’intrigue, César se rapproche d’une certaine sagesse qui ferait penser à Nelson Mandela. Trahi et blessé par les humains, il n’en reste pas moins un singe doté d’une certaine intelligence et d’un pardon exemplaire à l’encontre de cette espèce qui ne le considère comme un vulgaire macaque. Leader et réfléchi, César est en permanence dans la réflexion pour déterminer ce qui peut s’avérer être le mieux pour sa communauté et celle des humains désemparés. S’il ne devait y avoir qu’une raison pour aller voir La Planète des Singes : L’affrontement, il s’agit bien de César et de sa communauté de singes bien plus mise en avant que dans le premier opus, qui laissait l’humanité faire face à ses conséquences. Aussi bien sur le plan visuel que sur le plan intime, cette communauté de singe est le gros point fort de ce film qui trouve le ton juste pour décrire une société naissante. En parallèle, les humains se relèvent doucement de la décimation de la population mondiale et n’espèrent plus qu’une chose, retrouver le feu de l’Homme du XXème siècle, l’électricité. Haineux envers les singes qu’ils tiennent pour responsable du virus, l’homme ne fait pas réellement preuve de la même sagesse que les singes et sont prêt à entrer en guerre pour récupérer leur dû, et au fond récupérer leur statut d’espèce dominante.
Depuis le début de la promotion, Matt Reeves a déclaré n’avoir jamais voulu faire un film manichéen qui opposerait les humains aux singes, et chaque personnage -même les plus détestables- a ses raisons pour agir comme il le fait dans le film. Si ses scénaristes tombent parfois dans la caricature outrancière aussi bien chez les humains que chez les singes, il faut reconnaître que le ton du film est bien plus humaniste que dans le premier volet. Une profonde poésie émane de ce film, notamment dans son introduction somptueuse où l’on découvre véritablement la vie en communauté de ces singes, leur joie, leur déception et la sagesse dont ils font preuve avec cet orang-outan immense, éduquant les petits derniers au principe de la vie en communauté. Nouveau père au moment du tournage, Matt Reeves a très rapidement fait le lien de sa propre vie avec César, à travers l’évolution verbale et psychologique de ses enfants. C’est ce qui tend à plus de justesse dans l’intrigue et nous amènera tristement à une cohabitation impossible avec les humains. C’est là tout l’enjeu du film, cette confrontation inévitable entre deux espèces si proches et si égocentriques à la fois, les singes n’apprenant pas des hommes et faisant preuve des mêmes erreurs. Quand l’une souhaite conserver sa suprématie mondiale, l’autre cherche à se venger de l’affront des humains à l’encontre des singes. Vrai message sur la condition humaine, le film de Matt Reeves pose d’intéressantes réflexions sur le communautarisme, le pardon, la famille, la tolérance, la conquête et montre des intentions bonnes et mauvaises aussi bien chez les humains que chez les singes.
Malgré toutes ses bonnes qualités, La Planète des Singes : L’affrontement n’en reste pas moins irréprochable. Au profit d’une contemplation et d’une immersion dans la communauté des singes qui ravira les cinéphiles par sa poésie, le film souffre d’un cruel manque de rythme, de séquences d’action marquantes et de nombreuses longueurs. En dépit de l’attaque de San Francisco ou du duel final à la « Tour des Humains », ce second volet prend le temps de placer son contexte et d’instaurer une vraie tension avant un final qui nous amène de plus en plus à l’origine-même du film de Franklin J. Schaffner. Film efficace mais qui, à l’instar de Godzilla cette année, trompera les attentes d’un public trop peu habitué à ce long parti-pris contemplatif. Le film ne s’avère pas être un produit pour les enfants et tend davantage à impliquer plus d’enjeux dramatiques, de psychologie et de résonances contemporaines. L’Affrontement est un vrai film mature. On notera que, contrairement à certains films récemment, la 3D ici est plus que dispensable. De plus, à force de vouloir concentrer l’action sur les singes, les humains s’avèrent plutôt négligés et Jason Clarke dans son premier grand rôle ne sauvera pas les meubles avec sa performance relativement discrète du film. Ni lui, ni Gary Oldman (plutôt absent du film), ni le dispensable Kodi Smit-McPhee ne font preuve de la même émotion que dégageait James Franco dans le précédent film. On saisit rapidement les états d’esprit et les attentes des humains mais ces derniers sont trop vite survolés et on ne garde à l’esprit que l’image de « sauvages réfléchis » prêt à tout pour retrouver une certaine forme de confort (ou de matérialisme) à travers l’électricité. Finalement, le seul acteur qui porte véritablement le film est paradoxalement celui dont on ne voit jamais le visage.
Justement, L’Affrontement repousse encore plus loin les limites de la motion capture et des effets spéciaux bluffants. Reconnaissons à César ce qui est à César par le biais de cette performance monstrueuse d’Andy Serkis mais n’oublions pas que des centaines de personnes ont travaillé pour rendre chaque poil de ces primates aussi réaliste que possible. Les rides sur le visage de César est une image absolument époustouflante, et il se dégage de ce seul visage, une conviction, une colère, une puissance de feu qui émanera de ce personnage tout le long du film. WETA confirme son savoir-faire dans la modélisation des visages et des mouvements de tous les personnages, un peu moins dans la séquence de la tour plus brouillonne. Mais qu’à cela ne tienne, cette suite s’affirme sans mal comme une avancée majeure en terme de langage visuel. Alors que le premier opus voyait une très grosse majorité de son intrigue être tournée en studio, les costumes de motion capture n’étant pas adaptable au terrain, ici L’Affrontement est presque entièrement tourné dans des décors extérieurs. Une prouesse technologique révolutionnaire grâce aux évolutions apportées aux costumes qui peuvent être désormais « maltraités » dans les environnements extérieurs. Le talent de tous les informaticiens, animateurs et simulateurs font le reste par ordinateur pour les raccords, les ajouts et opérer ainsi une réussite formelle sur le plan visuel. WETA confirme son expérience inégalable et se pose comme l’un des musts de la performance capture dans le monde. Des petits gars qu’il convient logiquement de saluer honorablement.
La Planète des Singes : L’affrontement est donc une excellente suite et la Fox a eu raison de croire au potentiel de cette saga, tant les thématiques du film sont d’une intelligence et d’une audace rare dans ce genre de produit formaté. Malgré quelques erreurs de parcours, l’intrigue de cette suite est d’une humanité, d’une poésie, d’une émotion et d’une intelligence très appréciable. L’Affrontement est très certainement la meilleure séquelle depuis The Dark Knight. Un troisième opus est logiquement sur les rails et on apprend que Matt Reeves sera à nouveau à sa tête. Une bonne nouvelle qui confirme la réussite du film et la toute-confiance des studios. De ce troisième volet se dégage déjà une vraie volonté de la part de la Fox de suivre l’évolution des singes avec des groupes d’humains différents. Pas sûr que Jason Clarke et sa bande reviennent mais tant mieux, l’approche n’en sera que plus focalisée sur les singes, l’essence-même de cette trilogie. Si Les Gardiens de la Galaxie risque de s’avérer être l’un des blockbusters les plus funs de l’été, La Planète des Singes : L’affrontement sera alors l’un des blockbusters intelligents de l’été, voire de l’année. Une excellente séquelle qu’il serait fort dommage de manquer.
La Planète des Singes : L’Affrontement : Bande-annonce
La Planète des singes : L’Affrontement : Fiche Technique
Titre original: L’Affrontement (Dawn of the Planet of the Apes)
Réalisation: Matt Reeves
Scénario: Mark Bomback, Scott Z. Burns, Rick Jaffa, Amanda Silver
Interprétation: Andy Serkis (César), Toby Kebbell (Koba), Gary Oldman (Dreyfus), Jason Clarke (Malcolm), Kevin Rankin (McVeigh), Kirk Acevedo (Carver)…
Genre: Science-fiction, action
Durée: 2h11
Budget:120 000 000 $
Image: Michael Seresin
Décor: Melissa Bruning
Costume: James Chinlund
Son: Will Files
Montage: William Hoy, Stan Salfas
Musique: Michael Giacchino
Producteur: Peter Chernin, Dylan Clark, Rick Jaffa, Amanda Silver
Production: Chernin Entertainment
Distributeur: Twentieth Century Fox France
Etats-Unis – 2014
*A noter la très bonne initiative du CGR Méga Kiné de Freyming-Merlebach (Moselle) qui, à l’occasion de l’avant-première, a mis en place devant son cinéma des carcasses de voiture, des tonneaux de feux, et embauchés toute une bande d’amis pour se déguiser en singes et soldats. Toute une mise en scène apocalyptique. Remarquable quand on sait que l’audace de cette animation ne provient pas de la 20th Century Fox mais bien du cinéma.
Lost Highway : Le ruban de Möbius ou l’art du mystère
Peut-on apprécier un film sans en comprendre le scénario ? Peut-on se perdre dans les méandres d’une œuvre labyrinthique, de son plein gré, et en ressortir soufflé par une expérience cinématographique hors normes ? La réponse ne sera pas la même pour tout le monde. Mais, pour ceux qui sont prêts à tenter l’aventure, bienvenue dans le monde tentaculaire de David Lynch.
Lost Highway, s’il fallait le résumer, c’est l’histoire de Fred Madison, un saxophoniste de jazz, qui soupçonne sa femme Renee de le tromper. Lorsque celle-ci est retrouvée morte, il est accusé du crime et condamné à la peine capitale. En prison, il se transforme en un autre homme Pete Dayton, garagiste sans histoires. Libéré, il fait la rencontre d’Alice Wakefield, sosie de Renee Madison, et se retrouvera confronté au gangster Dick Laurent. Tout cela sous l’œil vigilant d’un mystérieux homme en noir.
Déjà mal au crâne ? Et encore, ce résumé ne tient pas compte de la façon dont les deux histoires se croisent, se télescopent, s’interpénètrent, et de leur temporalité éclatée. Le film se termine ainsi au moment exact où il débute, sur le palier de Fred Madison. La structure du film peut être assimilée à un ruban de Möbius, cet anneau qui n’a ni début ni fin. Lynch lui-même se plaît à entretenir le mystère, se gardant bien de donner une explication définitive, qui ruinerait probablement l’intérêt du film.
Il existe probablement autant d’interprétations que de spectateurs, et la subjectivité joue un rôle essentiel dans la façon dont sera apprécié ce film, cette expérience même. Quittons donc ces basses tentatives d’expliquer ce qui ne peut l’être, et concentrons-nous sur l’aspect purement formel. Lynch nous offre là une œuvre intense, puissante, tirant parti d’un sens du cadre léché, d’une photographie magnifique et, surtout, de ce qui fait tout le sel de sa filmographie depuis ses débuts, une mise en scène sonore travaillée. Chaque détail, chaque grincement, chaque chuchotement ou porte qui claque est un détail minutieusement placé, et les chansons hypnotiques et répétitives rythment cette partition, naviguant avec élégance entre jazz et métal.
La photographie du film, comme celle de son successeur Mulholland Drive, est un véritable chef d’œuvre, et participe grandement à l’atmosphère étouffante ressentie tout au long du récit, particulièrement dans la première partie. Le technicien en Lynch ressort à travers un choix de focales et de cadrage habile. La scission qu’il opère, au milieu du film, est ainsi mise en relief. Des cadrages serrés et anxiogènes, on passe à des angles de prises de vue plus large, avec une profondeur de champ augmentée. La première partie du film renvoie parfois à l’expressionnisme allemand des années 20, ses angles accentués par des zones d’ombres découpées, et l’inquiétante étrangeté qui en émane. La seconde est beaucoup plus réaliste, ce qui n’empêche pas des fulgurances obscures de faire apparition de temps à autre. Deux univers semblent constamment en balance, luttant pour la possession de l’autre, s’interpénétrant à l’occasion.
Il faut replacer l’œuvre dans le contexte de la filmographie de Lynch. Le réalisateur sort d’une traversée du désert de cinq ans, après l’arrêt forcé de sa série Twin Peaks, conclue par le film Fire, walk with me. Son image était sérieusement écornée depuis sa Palme d’or à Cannes en 1990 avec Sailor et Lula. Ce film constitue à la fois son retour en force et son testament cinématographique. Il contient toutes ses obsessions, la quintessence de son art. On peut y voir à la fois le pouvoir du metteur en scène, à travers l’homme en noir, mais aussi les troubles de l’identité que cette omniscience peut provoquer.
Mulholland Drive, qui le suivra quatre ans plus tard, reprend d’ailleurs ces thèmes, de façon plus explicite encore. Ce dernier connaîtra d’ailleurs un succès bien plus conséquent, rapportant à son auteur un prix de la mise en scène à Cannes et asseyant son statut de réalisateur ultra-talentueux aux idées troubles. Mais c’est bien Lost Highway, pourtant bien plus opaque, qui constitue le pic de la carrière de Lynch, un film dans lequel se retrouvent à la fois son talent de technicien et ses obsessions d’auteur. Que l’on aime ou déteste, que l’on se perde dans ses méandres ou que l’on reste sur le pas de la porte, Lost Highway ne laissera personne indifférent.
Synopsis : Fred Madison, saxophoniste, soupçonne sa femme, Renee, de le tromper. Il la tue et est condamné à la peine capitale. Le film raconte l’histoire de cet assassinat du point de vue des différentes personnalités de l’assassin lui-même.
Interdit aux moins de 12 ans
https://www.youtube.com/watch?v=jFlLTMYd_98
Fiche Technique: Lost Highway
États-Unis – 1997
Réalisation: David Lynch
Scénario: David Lynch, Barry Gifford
Interprétation: Bill Pullman (Fred Madison), Patricia Arquette (Renee Madison et Alice Wakefield), Balthazar Getty (Pete Dayton), Robert Loggia (Mr Eddy et Dick Laurent), Robert Blake (l’homme-mystère), Natasha Gregson Wagner (Sheila), Gary Busey (Bill Dayton)…
Durée: 2h09
Image: Peter Deming
Montage: Mary Sweeney
Musique: Angelo Badalamenti
Producteur: Deepak Nayar, Tom Sternberg, Mary Sweeney
Editeur: MK2
Et si toute une vie pouvait se décider en une fraction de seconde, en une décision prise au dernier moment ? Tout n’est que question de choix, au fond. Mais certains choix ont plus d’impact que d’autres. La pilule bleue ou la pilule rouge ? Sophie ou Émilie ? À droite ou à gauche ? Pour Ivan Locke, tout va basculer à un feu rouge, dès les premières secondes du film. Engagé dans la voie de gauche, celle qui doit le ramener chez lui après une longue journée de travail, il va finalement choisir de partir à droite. Le spectateur ne le sait pas encore, mais ce brusque changement de voie va dicter les événements des quatre-vingt-dix prochaines minutes.
Un homme et sa voiture
Le principe de Locke est à la fois d’une simplicité parfaite, et d’une extrême complexité. Exposer toute la vie d’un homme, et les changements qu’il va subir, en gardant une unité de temps et de lieu. Le temps est celui qu’il mettra pour relier son point de départ et l’hôpital de Londres, soit environ une heure et demie. La durée du film, donc, à laquelle il fera régulièrement référence par de petites indications. Le lieu est sa voiture, dans laquelle il restera tout au long de l’histoire, avec le spectateur.
Tom Hardy tient le film sur ses seules épaules. Lui seul apparaît à l’écran. Les autres personnages sont résumés à deux dimensions : leur nom, qui apparaît sur l’écran de bord de sa voiture tandis qu’il les appelle (en main libre, la sécurité avant tout) et leur voix à travers son oreillette. Aucune apparition, aucune présence autre que vocale. Un one-man show, en somme, dans lequel l’acteur qui incarnait Bane dans le Dark Knight Rises fait une nouvelle fois preuve d’une présence proprement hallucinante. Par sa seule voix, par ses seules expressions, il parvient à faire passer l’image d’un homme simple, dont la vie a basculé suite à une seule erreur. Un homme banal, confronté à une situation qui ne l’est pas moins.
Dialogues de haute volée
Pour tenir l’exploit sur la distance, bien sûr, un acteur, aussi charismatique soit-il, ne suffit pas. Il faut aussi une mise en scène qui tienne la route. Sans effets spéciaux, sans mouvements de malade, avec seulement une poignée de valeurs de plans différentes, Steven Knight obtient un long-métrage au rythme lent, presque hypnotique, traversé de moments de beauté intense. Quiconque a déjà pris la route la nuit connaît bien cet éclairage si particulier obtenu par un mélange des lampadaires et des phares des automobilistes. Bercé par le bruit du moteur, le spectateur se retrouve embarqué dans cette aventure, comme un passager clandestin.
Mais là où Knight brille, c’est par son sens des dialogues. Raconter une vie n’est pas chose aisée. Brosser ainsi le portrait d’un personnage en quelques phrases, le rendre crédible, et faire ressentir l’intensité du basculement que sa vie vient de prendre tient de la gageure. Le réalisateur/scénariste y parvient avec une maîtrise qui force l’admiration, suspendant le spectateur à des phrases d’une banalité telle, d’une simplicité si réaliste, qu’on croirait presque entendre son voisin de café.
Rentrer dans cet univers particulier n’est pas donné à tout le monde, et certains se retrouveront rapidement abandonnés au bord de la route. Mais, pour qui aura la curiosité d’aller jusqu’au bout de cet ovni cinématographique, l’expérience vaut d’être vécue.
Synopsis : Ivan Locke a tout pour être heureux : une famille unie, un job de rêve… Mais la veille de ce qui devrait être le couronnement de sa carrière, un coup de téléphone fait tout basculer…
Fiche Technique – Locke
Britannique, Américain
Réalisateur : Steven Knight
Scénariste : Steven Knight
Genre : Thriller
Distribution : Tom Hardy (Ivan Locke), Olivia Colman, Ruth Wilson, Andrew Scott, Ben Daniels, Tom Holland, Bill Milner, Danny Webb, Alice Lowe, Silas Carson, Lee Ross, Kirsty Dillon…
Directeur de la photographie : Haris Zambarloukos
Monteuse : Justine Wright
Producteurs : Paul Webster, Guy Heeley
Production : IM Global, Shoebox Films
Distributeur : Metropolitan Filmexport
Sabotage s’adresse directement aux nostalgiques des années 80, ces années où Stallone et Schwarzenegger se tiraient la bourre à grands renforts de pectoraux aux amphétamines et de coups de fusils à pompe.
I’ll be back !
Le parfum des eighties
Des films assez bas de plafond mais, jouissifs dans leur bêtise simpliste, quand les seuls moments de réflexion revenaient à se demander si le héros allait mettre ou non la langue en embrassant la blonde à forte poitrine de service. Bref, une période d’insouciance et de films d’action tous plus bêtes (mais si bons) et abusés les uns que les autres, Stallone enchaînant les Rambo, Schwarzy les Terminator et Van Damme (ne l’oublions pas…), les navets…
Les gros bras de Schwarzy
L’avantage de Sabotage, outre le fait que Schwarzy vieillit plutôt pas mal, c’est qu’en quelques répliques on est au parfum, c’est le cas de le dire. Une des toutes premières (qui deviendra culte c’est sûr) est à écouter dans un véhicule blindé, quand l’un des « héros » demande qui a pété. S’étalent sous vos yeux des gros muscles, des grosses armes, des gros tatouages et des gros bourrins. On ne voit à peu près que ça d’ailleurs, des armes, des tripes et des paires de seins de qualité tout à fait honorable. Autant dire qu’on n’est pas vraiment en présence de Sissi Impératrice, ici c’est un film de mâles, pour les mâles et qui fait mal. Le résultat est plutôt agréable d’ailleurs, sans être un chef-d’œuvre, Sabotage est plutôt décomplexé et revendique l’héritage d’une époque glorieuse de l’action movie. Schwarzy n’est plus gouverneur et c’est tant mieux, il peut du coup refaire la course avec Stallone et ses Expandables.
Les petits bras du scénario
Dans le respect des traditions, le scénario est presque invisible et comporte à peu près autant de lignes qu’il n’y a de neurones dans le crâne de celui qui en est l’auteur…si auteur il y a. Tout est fait pour ménager l’adolescent pré-pubère trop occupé a faire travailler sa tête en cours de physique/chimie. On a donc un cartel qui torture, une bande de flics des stups qui arnaque le cartel et qui se retrouve prise pour cible, jusqu’à la révélation finale qui parait un tantinet tirée par la racine des cheveux. C’est à peu près tout et, sauf si le scénariste a couché sur le papier les : bangs ! pan ! et autres boum !, il n’a pas dû écrire plus de mots que n’en comporte ce texte.
Les bras minuscules d’Ayer
La réalisation n’a rien d’extraordinaire, on est loin des génies du genre que sont McTiernan ou Tony Scott, mais l’essentiel est là : ça défouraille dans tous les sens, on a notre dose d’hémoglobine et de héros badasses plus sûrs d’eux qu’un représentant en encyclopédies dans une cité ouvrière du Nord. David Ayer fait le job sans inspiration, mais en connaisseur qui récite sa leçon avec conviction. Ce qui lui manque sincèrement, c’est une sacrée bonne dose de culot, quitte à se casser la gueule quand il tente quelque chose. Par contre, il aurait dû faire un effort sur la bande originale, pas assez présente dans les moments de « gloire » et franchement passe-partout quand on l’entend. Pourtant, la musique dans ce genre de film, apporte beaucoup au panache que peuvent avoir les scènes d’action pure.
Mais pas de bras pour Schwarzy l’acteur
Quant à Schwarzy, qu’on nomme désormais « Schwarz Le Vieux », il démontre encore une fois son absence absolue de talent d’acteur lorsqu’il s’essaie à la composition. Il fait très bien le regard d’acier qui glacerait le cœur d’une Clara Morgane en période d’accouplement. Par moments, il fait même terriblement penser à Eastwood comme on le voit dans la trilogie du dollar. Mais dès qu’il sort de ce personnage, son jeu devient maladroit, forcé et terriblement surjoué. Le reste du casting, sans être forcément au top, est tout de même un léger ton au-dessus, rappelant que si Schwarzy a un jour fait du cinéma, c’est avant tout pour son physique. Stallone lui, a eu Copland pour démontrer qu’il pouvait réellement être rangé dans la catégorie « acteurs », Schwarzy attend toujours…
Un film très con mais bon
Sabotage ne ravira peut-être que les nostalgiques et les ados attardés, de ceux qui se contentent de sang et de chair fraîche pour passer une excellente soirée. Sabotage est un film violent et régressif qui insiste lourdement sur le côté gore des meurtres qu’il met en scène, probablement par exorcisme. La recette est simple : trouvez-vous une bande de potes, un gros pack de bières et n’oubliez pas la cartouche de cigarettes, n’oubliez non plus pas les pizzas et les pieds posés sur la table su salon. Vous êtes dans les années 80, Jeanne Mas a les cheveux droits sur la tête et Schwarzy des bras gros comme ses cuisses. Vous êtes dans les années 80 : savourez Sabotage…
Synopsis : Pour cette force d’élite de la DEA, il s’agit officiellement de prendre d’assaut le repaire d’un important cartel mais en réalité, l’opération se révèle être un véritable braquage. Après s’être emparés de 10 millions de dollars en liquide, les agents complices pensent leur secret bien gardé… jusqu’à ce que quelqu’un se mette à les assassiner les uns après les autres, froidement, méthodiquement. Alors que les meurtres se multiplient, chaque membre de l’équipe devient un suspect. Chacun sait tuer, et chacun a un excellent mobile…
Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
https://www.youtube.com/watch?v=jFlLTMYd_98
Fiche technique – Sabotage
USA – 2014
Réalisation: David Ayer
Scénario: David Ayer, Skip Woods
Interprétation: Arnold Schwarzenegger (John « Breacher » Wharton), Sam Worthington (Monster), Olivia Williams (Détective Caroline Brentwood), Terrence Howard (Sugar), Joe Manganiello (Grinder), Mireille Enos (Lizzy), Harold Perrineau (Jackson), Josh Holloway (Neck), Max Martini (Pyro)…
Distributeur: Metropolitan FilmExport
Date de sortie: 7 mai 2014
Durée: 1h49
Genre: Action, Thriller
Image: Bruce McCleery
Décor: Jennifer M. Gentile
Costume: Mary Claire Hannan
Montage: Dody Dorn
Musique: David Sardy
Producteur: David Ayer, Bill Block, Paul Hanson, Palak Patel, Ethan Smith
Production: Crave Films, Open Road Films, QED International, Miller Roth Films
The Raid 2 : Le coup de grâce au cinéma d’action mondial
Après avoir porté un sévère coup de bambou contre le cinéma d’action mondial avec The Raid, Gareth Evans double la mise et porte un énorme coup de grâce au cinéma Hollywoodien. Là où le premier s’attardait sur le raid de l’armée Thaïlandaise dans un immeuble, le second propose une véritable intrigue comprenant trahison, honneur et trafics mafieux, laissant la possibilité à Gareth Evans de se surpasser d’autant plus sur sa mise en scène.
L’intrigue de cette suite se déroule seulement deux petites heures après le premier. Cependant, rien n’est jamais vraiment fini et on ordonne à Rama de devoir démanteler les plus grands réseaux de corruption au sein de la police en devant s’infiltrer dans le gang dominant de Jakarta. Il devra aller en prison pour ce faire ami avec le fils du chef du gang malgré la dangerosité de cette mission pour lui comme pour sa famille.
Et c’est en ce point que ce film surpasse le premier. The Raid nous proposait une heure et demi d’action pure où la tension ne retombait jamais et où les combats étaient ahurissants de dynamisme et de réalisme. Cette suite nous propose en plus de scènes de combats surréalistes, une intrigue âpre, digne de vrai film de gangster Asiatique. Néanmoins, même si le récit est assez profond, il ne l’est pas autant que des chefs d’œuvres du genre, tels Infernal Affairs de Andrew Lau et Alan Mak ou Outrage de Takeshi Kitano qui étaient bien plus dignes que moult films occidentaux dans leur manière de traiter leur thème.
Gareth Evan prend aussi le temps d’écrire son intrigue doublant sa casquette de réalisateur à celle de scénariste. Non sans nous déplaire. En effet, en essayant de construire une histoire de vengeance parsemée de thèmes idéologiques tels la famille, l’honneur, le courage ou encore le respect de l’adversaire, Evans pose ses bases durant la second partie du film, souffrant cependant de petites longueurs, seul défaut du film, avec des personnages néanmoins assez travaillés. On ne se lasse pas des sous intrigues plutôt efficaces, n’utilisant pas les scènes d’action comme prétexte mais privilégiant bien le récit. Car si le premier était de l’action non-stop, le second propose même une sorte de trou dans l’action d’une demi-heure en posant ses bases de manière remarquable.
D’un point de vue purement extérieur, une des plus grosses surprises, après que l’argument de vente se fasse sur les scènes d’action tout bonnement ahurissantes, c’est la profondeur de l’intrigue. Le réalisateur Gallois nous propose de nombreux thèmes assez travaillés même si certain sont un poil survolés. On a ainsi un énorme rapport à la famille, à la violence et à l’honneur. Nous comprenons facilement où le réalisateur veut en venir. Surtout que pour un film d’arts martiaux, nous proposer une intrigue aussi poussée, relève de la prouesse totale. Un réalisateur qui a compris que la baston ne suffit pas ; beaucoup de films hollywoodiens devraient en prendre de la graine.
La second réussite résulte bien évidemment de la mise en scène, ultra efficace et ultra soignée. Les combats les plus beaux (et le film en lui même) atteignent un paroxysme de génie au moment où il tombe dans l’ultra violence. Les combats sont superbement chorégraphiés et superbement filmés. Certaines scènes comme celle de la cuisine resteront dans les annales du film d’action pendant une trentaine d’années minimum. Surtout qu’Evans réussit la prouesse de renouveler sa technique et ses rendus sur chaque scène, repoussant toujours plus ses limites sans jamais en voir le plafond. L’art martial utilisé est le Pencak-Silat, un art martial indonésien, maîtrisé à la perfection par le réalisateur depuis son Merantau également avec Iko Uwais. On ne peut pas faire mieux du côté Européen au niveau de la mise en scène et le remake en production du premier film promet forcement d’être une déception.
On peut également glorifier dans ce long métrage, la distribution avec le champion dans sa discipline, un artiste martial du Pencak-Silat, Iko Uwais, bluffant pour un acteur semi professionnel qui n’a eu pour expérience étrangère, que le (moyen) Man of Taï Chi de Keanu Reeves, sinon il n’a osé tourner qu’avec Gareth Evans dans Merantau et les deux films The Raid. Gareth Evans n’a pas voulu prendre la grosse tête suite au succès du premier film et décide de ne prendre que des acteurs inconnus du grand public, quasi amateur, livrant chacun une performance aussi efficace qu’épatante. L’acteur Arifin Putra, excelle dans son interprétation du personnage d’Uco, le fils du patron du gang, froid, sombre et très professionnel. On notera aussi la prestation remarquée de Julie Estelle, interprétant The Hammer Girl, la fille au marteau, véritable hommage (trop voyant?) à Old Boy, une guerrière sourde et quasi aveugle.
Cependant nous oublions que ce qui fait l’évidente et la plus grande force du film, à savoir la fusion de tous ces éléments, conduisant à une symbiose parfaite, à l’ambiance digne d’un film de mafia et aux meilleurs scènes d’action de ces dix dernières années. Gareth Evans est le réalisateur à suivre de notre génération, ses films sont aussi violents que brillants, aussi efficace que bien écrits.
Nous ne pouvons que glorifier The Raid 2. Le réalisateur Gallois a réussi la prouesse de mélanger film d’action ultra efficace et ultra violent (à ne surtout pas mettre devant tous les yeux !) et polar âpre et sombre dans l’univers mafieux. Le résultat est époustouflant et brillant de réalisme. La mise en scène est sublime que ce soit pour les scènes d’actions qui resteront gravées dans la mémoire collective ou pour l’intrigue mafieuse aux thèmes développés et riches. L’affiche avait finalement raison, il s’agit là d’un des meilleurs films d’action de tous les temps !
Synopsis : Après un combat sans merci pour s’extirper d’un immeuble rempli de criminels et de fous furieux, laissant derrière lui des monceaux de cadavres de policiers et de dangereux truands, Rama, jeune flic de Jakarta, pensait retrouver une vie normale, avec sa femme et son tout jeune fils…. Mais il se trompait. On lui impose en effet une nouvelle mission : Rama devra infiltrer le syndicat du crime, où coexistent dans une sorte de statu quo mafia indonésienne et yakusas. Sous l’identité de « Yuda », un tueur sans pitié, il se laisse jeter en prison afin d’y gagner la confiance d’Uco, le fils d’un magnat du crime indonésien – son ticket d’entrée pour intégrer l’organisation. Sur fond de guerre des gangs, il risquera sa vie dans un dangereux jeu de rôle destiné à porter un coup fatal à l’empire du crime.
The Raid 2 : Bande-annonce
The Raid 2 : Fiche technique
Titre américain : The Raid 2 : Berandal
Réalisation: Gareth Evans
Scénario: Gareth Evans
Interprétation: Iko Uwais (Rama alias Yuda), Yayan Ruhian (Prakoso), Arifin Putra (Uco), Oka Antara (Eka), Tio Pakusadewo (Bangun), Alex Abbad (Bejo), Julie Estelle (la fille aux marteaux), Cok Simbara (Bunawar), Ryuhei Matsuda (Keichi), Kenichi Endo (M. Goto), Kazuki Kitamura (Ryuichi)…
Image: Matt Flannery, Dimas Imam Subhono
Décor: Tomy Dwi Setyanto
Costume: Rinaldi Fikri, Aldie Harra
Montage: Gareth Evans
Musique: Joseph Trapanese, Aria Prayogi, Fajar Yuskemal
Producteur: Ario Sagantoro, Nate Bolotin, Aram Tertzakian
Production: Merantau Films, XYZ Films
Distributeur: The Jokers, Le Pacte
Durée: 128 minutes
Genre : Action, Arts martiaux
Date de sortie: 23 juillet 2014
Interdit aux moins de 16 ans avec avertissement
Dans moins de trois heures, la purge va commencer et durer douze heures. Leo (Frank Grillo) prépare son arsenal. Eva (Carmen Ejogo) tente de demander une augmentation à sa patronne, pour mieux subvenir aux besoins de sa fille Cali (Zoe Soul), mais surtout de son père, qui a besoin de médicaments. Shane (Zach Gilford) et Liz (Kiele Sanchez) sont en route pour voir la sœur de celui-ci, et annoncer leur séparation. Mais rien ne va se passer comme prévu. Leo va se détourner de sa mission, pour sauver Eva et Cali des mains de mystérieux hommes masqués. Ils sont rejoints par Shane et Liz, pris en chasse par la bande du skateur muet, croisé juste avant le début de la purge, qui sont responsables de la panne de leur voiture.
Another night in hell
Cette suite d’American Nightmare, est bien plus efficace. Le huit clos laisse la place aux rues de Los Angeles. Un espace plus grand, offre de plus grandes possibilités et encore plus de psychopathes. La mise en place se fait rapidement. On nous présente les différents protagonistes, tout en laissant planer une zone d’ombre sur leurs rapports et motivations. C’est calme, avant que Shane soit bousculé par ce skateur muet au visage peint en blanc, avec la croix inversée dessinée sur le front. A partir de ce moment, l’angoisse s’installe et nous ne lâchera pas jusqu’à la fin.
Le scénario est simpliste, tout comme les personnages. Mais l’atmosphère est prenante. C’est tendu, nerveux et violent. Enfin violent, pas vraiment finalement. On ne voit pas grand chose pour un film qualifié d’horreur. La faute à une production visant un public plus large, faisant des concessions pour n’obtenir qu’une interdiction au moins de 13 ans. Dans une nuit de violence sans limites, l’absence de tueries sanguinolentes est un peu absurde. On voit tout de même du sang, mais cela reste soft, il n’y a pas de scènes chocs. James DeMonaco va compenser avec des scènes fortes.
Le succès n’empêche pas le réalisateur de critiquer à nouveau cette Amérique puritaine et hypocrite. Il frappe encore plus fort sur les nantis. La scène ou l’on voit le père assis, entouré d’une famille de riches, qui se fait un cadeau pour la purge, est saisissante. Encore plus, lorsque d’autres riches qui s’ennuient et ne savent pas quoi faire de leur argent, s’offrent un lot de pauvres capturés, pour les traquer et les éliminer, comme les chasses du comte Zaroff.
Un groupe d’individus traqué dans les rues d’une grande ville et de nuit, cela fait penser aux Guerriers de la nuit de Walter Hill, ou New York 1997 de John Carpenter. Tout comme le personnage sombre et solitaire de Frank Grillo, au volant d’une voiture de sport blindée, tel Mel Gibson dans Mad Max. James DeMonaco a de bonnes références cinématographiques. Il ne manque à aucun moment de respect à ses œuvres, se hissant parfois à leur hauteur, au détour d’une ruelle, ou d’une course angoissante dans les tunnels du métro.
Frank Grillo est impeccable. Un acteur physique, à la présence électrisante. Son rôle est proche de celui de Mel Gibson dans Mad Max. Zoe Soul est la jeune révélation. Elle fait concurrence à son aîné. Leurs scènes sont réussies. Elles sont drôles et émouvantes. Carmen Ejogo est plus en retrait, un peu fade, comme Zach Gilford et Kiele Sanchez. Mais le duo précédent prend tellement de place, qu’on ne peut pas leur en vouloir. Jack Conley et sa mâchoire, reconnaissable entre toutes. Une gueule, avec un rôle qui lui va bien. Légère déception du côté de Michael K.Williams, en leader d’opposition, habillé comme un membre des Black Panthers. Un peu caricatural dans son attitude, et mécanique quand il déverse des flots de punchlines,
Un film efficace, largement au-dessus du premier opus. Il surprend parfois, dans sa direction et ses événements. Il frustre aussi, par son côté soft et des personnages mystérieux sous-exploités. Mais dans l’ensemble, c’est un bon divertissement. Un thriller passablement horrifique, mais diablement efficace.
Synopsis : 2023, Leo, un homme sombre et énigmatique, est hanté par la disparition de son fils. Eva, une mère célibataire tentant tant bien que mal de joindre les deux bouts, et sa fille adolescente Cali vivent dans un quartier défavorisé et n’ont pas les moyens de s’offrir une bonne protection. Shane et Liz, un couple sur le point de se séparer, sont les victimes d’un acte de sabotage sur leur voiture à quelques minutes seulement du début de la Purge. Leurs chemins vont se croiser dans les rues de LA, où ils vont tenter de survivre jusqu’à l’aube.
Fiche technique – Americain Nightmare 2 : Anarchy
The Purge : Anarchy USA – 2014 Réalisation : James DeMonaco Scénario : James DeMonaco Distribution : Frank Grillo, Carmen Ejogo, Zach Gilford, Kiele Sanchez, Zoe Soul, Justina Machado, Jack Conley, Michael K. Williams, Edwin Hodge Genre : Horreur/Epouvante Durée : 103 minutes Date de sortie France : 23 Juillet 2014 Photographie : Jacques Jouffret Montage : Todd E. Miller Musique : Nathan Whitehead Production : Michael Bay, Jason Blum, Andrew Form, Bradley Fuller et Sébastien Lemercier Sociétés de production : Blumhouse Productions, Platinum Dunes, Universal Pictures et Why Not Productions Société de distribution : Universal Pictures