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Le combat ordinaire, un film de Laurent Tuel : Critique

Happiness Therapy

Marco est un jeune trentenaire parisien, un photographe de guerre fatigué de faire des reportages mortifères, et fatigué par des crises de panique qui l’habitent depuis tout jeune. Il s’exile en Dordogne avec son chat Adolf, dont le mauvais caractère lui a valu son surnom ; un surnom qui pourrait faire penser à une nature primesautière du protagoniste. Pourtant, Marco est taciturne et assez ombrageux, et il est difficile à cerner. Sa névrose est en léger décalage avec son entourage : parents classiques et vieillissants, mais aimants, frère complice dans une relation bon enfant, une facilité relative à nouer une relation amoureuse, un job qu’il aimait jusque là… L’idée est de montrer comment il comble ce décalage au travers d’un combat quotidien pour vaincre ses démons et se rapprocher d’une certaine forme de sérénité, mais un problème de mise en scène et de rythme fait que l’objectif du réalisateur n’est pas forcément atteint.

Le film est pourtant très fidèle à la bande dessinée dont il est l’adaptation (ou roman graphique, comme on a tendance à sous-catégoriser l’œuvre de Manu Larcenet et de quelques autres auteurs ces temps-ci), aussi bien dans les cadrages que dans les dialogues que l’on retrouve mot pour mot dans la série. Œuvre phare de Manu Larcenet, pour laquelle il a reçu un prix à Angoulême, la série Le combat ordinaire, évidemment moins elliptique que le film, fonctionne beaucoup mieux, la progression est plus naturelle dans le récit. Ici, le foisonnement des thèmes abordés, les mêmes que dans la série, éparpille le film, et rien n’arrive jamais vraiment à émouvoir. Sur une durée de 100 minutes, il sera question de la filiation, de la famille en général, de l’amour, de la psychanalyse, de la guerre d’Algérie, de la maladie, du Front National, du chômage, de tout ce qui fait la vie de Marco : des vignettes qui font d’une BD une BD, mais qui ne font pas un film pouvant attirer pleinement l’attention de son spectateur.

Le casting du Combat ordinaire est composé de très bons  acteurs : Liliane Rovère et Olivier Perrier  dans le rôle des parents de Marco, des visages fatigués par la vie, mais une verve qui reste intacte ; André Wilms dans celui du vieux voisin au passé mystérieux ; Maud Wyler en petite amie compréhensive, discrète mais disponible ; et Nicolas Duvauchelle lui-même, en écorché vif, qui s’illumine de temps en temps en présence des gens qu’il aime…Mais le choix d’avoir gardé les dialogues, que Laurent Tuel a trouvé « parfaits », des dialogues courts faits pour les cases d’une BD, donne l’impression qu’il manque quelque chose à leur jeu qui, du coup, sonne un peu faux. Ce qui est percutant à la lecture devient vaguement sentencieux à l’écran.

Filmé en numérique, caméra à l’épaule par le chef opérateur Thomas Bataille, Le combat ordinaire offre quelques plans larges intéressants de Lorient et de la Dordogne, et quelques belles et chaleureuses scènes d’intérieur avec Emily (lumineuse Maud Wyler), la vétérinaire qu’il rencontre grâce à Adolf son chat; mais dans l’ensemble, l’image est assez plate et monotone, en plus d’être inutilement saccadée. Laurent Tuel rajoute quelques effets de style (scènes en noir et blanc qui correspondent aux pages sépia de la série, effets de zoom,…) qui l’éloignent du réalisme du roman graphique de Larcenet, et du côté ordinaire du combat de Marco…

L’adaptation d’un roman graphique ou d’une BD traditionnelle est une entreprise hasardeuse, l’imaginaire du lecteur étant déjà borné par les illustrations du livre. Le choix qui reste au réalisateur est réduit : déconstruire au risque de décevoir les afficionados de l’œuvre originale, ou reproduire à l’identique, au risque d’obtenir un produit bâtard, plus tout à la fait la BD, et pas tout à fait un film. C’est ce qui arrive malheureusement dans le film de Laurent Tuel.

Synopsis : « Le combat ordinaire » c’est le combat de Marco, jeune trentenaire, un brin bourru, mais animé de bonnes intentions et qui, à partir de petites choses, de belles rencontres, d’instants précieux, souvent tendres, parfois troublants, va se reconstruire et vaincre ses vieux démons…

Le combat ordinaire – Bande annonce

Le combat ordinaire : Fiche technique

Titre original : –
Date de sortie : 15 Juillet 2015
Réalisateur : Laurent Tuel
Nationalité : France
Genre : Drame
Année : 2014
Durée : 100 min.
Scénario : Laurent Tuel, d’après l’œuvre de Manu Larcenet
Interprétation : Nicolas Duvauchelle (Marco), Maud Wyler (Emily), Jeremy Azencott (Gilles), Olivier Perrier (Père de Marco), Liliane Rovère (Mère de Marco), André Wilms (Moret), Ludovic Berthillot (Bastounet)
Musique : Alexandre « Cascadeur » Longo
Photographie : Thoma Bataille
Montage : Stéphanie Pélissier
Producteur : Philippe Boeffard, Christophe Rossignon
Maisons de production : Nord-Ouest Productions
Distribution (France) : Haut et Court
Récompenses : –
Budget : NR

 

La rage au ventre, un film de Antoine Fuqua : Critique

Mieux vaut voir un match dont on ignore l’issue

Après avoir créé deux des séries réputées comme les plus badass de ces dernières années (The Shield et Sons of Anarchy), Kurt Sutter réussit enfin à faire transformer un de ses scénarios de long-métrage en une superproduction, ses précédentes tentatives n’ayant abouti qu’à des séries Z dérisoires. Réalisé et coproduit par Antoine Fuqua, lui-même ancien boxeur, La rage au ventre profite également de la présence d’acteurs qui ont le vent en poupe, à commencer par un Jake Gyllenhaal qui, depuis son précédent rôle dans Night Call, a suivi un entrainement qui a complètement transformé sa morphologie (ce genre de transformation qu’apprécie l’Académie des Oscars). Même si ses derniers films (La Chute de la Maison Blanche et The Equalizer) ont terriblement décrédibilisé Fuqua auprès des cinéphiles, son talent pour filmer les scènes d’action qui l’a rendu célèbre redevient évident dès la scène d’ouverture, un match de boxe superbement filmé grâce à un découpage immersif et un montage ultra-fluide qui en font un pur moment de plaisir.

Mais, une fois passé cette montée d’adrénaline, le film prend l’allure d’un drame familial convenu agrémenté du schéma classique de la déchéance de la star suivie de sa quête de rédemption qui elle-même ira s’achever dans un combat final (et n’allez pas croire qu’il s’agit d’un quelconque spoil, la bande-annonce en dit beaucoup plus !). Dès lors, et malgré l’émotion que les acteurs et la mise en scène donnent aux scènes mélodramatiques, aux fulgurances de jeu de Gyllenhaal et au sex-appeal dont fait preuve Rachel McAdams, le scénario est tellement téléphoné que les personnages secondaires, et en particulier ceux de Forest Whitaker et Curtis Jackson, en sont réduit à des caricatures que le talent de leurs interprètes ne parviendront jamais à rendre intéressants, mais aussi que les enjeux et leurs résolutions en deviennent si prévisibles, à force d’avoir déjà vus mille fois, ne serait-ce que dans les premiers Rocky, Fighter et Million Dollar Baby, qu’ils sont émotionnellement caducs. Ce triste constat ne serait pas aussi flagrant si, contrairement à ces exemples, la narration ne s’était pas concentré sur son personnage principal, mais en limitant son point de vue au classique « dur à cuire qui ne sais pas se défendre face à l’insurmontable », le film n’offre rien de nouveau à son sujet.

Bien sûr, le combat final est lui aussi filmé avec une virtuosité exemplaire mais pour peu l’on ait compris à quoi on a à faire, l’admiration et le suspense ont  déjà laissés place à une attente lascive de l’inévitable happy-end. Si une chose doit être retenu de cette séance ciné, c’est indubitablement que Sutter devrait se contenter du format série qu’il maîtrise parfaitement et dans lequel il se permet de sortir des sentiers battus pour offrir un peu de ce politiquement incorrect que l’on aime tant plutôt que signer de tels scénarios de long-métrages qui peuvent être condensés en moins de deux minutes (et là encore, la bande annonce en est la meilleure preuve*). Seule la chanson composée pour l’occasion par Eminem (longtemps pressenti pour incarner Billy Hope) fait retrouver à cette conclusion larmoyante le panache dont le déroulement du film a fini par nous priver.

En résumé, ceux qui ne verront dans La rage au ventre que la prestation de son acteur principal et la qualité avec laquelle sont filmées les deux scènes de boxe jugeront le film brillant, mais pour quiconque espère y trouver une histoire novatrice sur l’univers de la boxe professionnelle ou un drame familial bouleversant, ils n’y trouveront qu’un énième film qui sent le réchauffé. On pourra aussi être de mauvaise foi et prétendre que Fuqua réussit à transcender le classicisme de son scénario, mais on ne peut s’empêcher de regretter qu’il ne travaille plus sur des scripts aussi élaborés que celui de Training Day !

*Vous l’aurez compris, il vous ait fortement déconseillé de voir la bande-annonce avant le film, tant elle se suffit à elle-même.

Synopsis : Le champion du monde de boxe poids moyen, Billy Hope vit la belle vie, aux côtés de sa fille et d’une superbe épouse. A la mort de celle-ci, son monde s’écroule, jusqu’à perdre sa maison et sa fortune. Pire, la garde de sa fille lui est retirée, la justice estimant son comportement incompatible avec son rôle de père. Au plus bas, il trouve une aide précieuse en la personne de Tick Willis, un ancien boxeur avec lequel il reprend l’entrainement. Billy va devoir se battre pour trouver la voie de la rédemption et regagner ainsi la garde de sa fille.

La Rage Au Ventre – Bande annonce (Vostfr)

La rage au ventre : Fiche technique

Titre original : Southpaw
Réalisation : Antoine Fuqua
Scénario : Kurt Sutter
Interprétation : Jake Gyllenhaal, Forest Whitaker, Rachel McAdams, Oona Laurence, Naomie Harris, Curtis ’50 Cent’ Jackson, Miguel Gomez…
Musique : James Horner
Photographie : Mauro Fiore
Décors : Merissa Lombardo
Montage : John Refoua
Production : Todd Black, Jason Blumenthal, Fuqua, Alan Riche, Peter Riche, Steve Tisch
Sociétés de production : Escape Artists, Fuqua Films, Riche-Ludwig Productions
Sociétés de distribution : SND
Genre : Drame/Action
Durée : 123 minutes
Date de sortie : 22 juillet 2015

Etats-Unis – 2015

Chloë Moretz sur le tournage de Brain on Fire

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Les premières photos du tournage et le casting de Brain on Fire avec Chloë Moretz :

La jeune Chloë Grace Moretz (Kick Ass 1 et 2, Carrie) vient de commencer le tournage du prochain film de Gerard Barrett (Glassland), Brain on Fire, et déjà, les premières photos nous arrivent de Vancouver, le lieu du tournage.

Dans ce film tiré de l’histoire vraie que Susannah Cahalan raconte dans son roman Brain oo Fire : My Month of Madness, l’actrice interprétera Susannah, une jeune femme atteinte d’un mal mystérieux. Cette terrifiante maladie lui provoquera des hallucinations visuelles et auditives qui la rendront peu à peu psychotique et paranoïaque. Une descente aux enfers ponctuée d’épisodes violents, de pertes de mémoire et d’un séjour à l’hôpital qui détruiront sa vie amoureuse et sa carrière de journaliste.

Aux côtés de la jeune Moretz, nous retrouverons Tyler Perry (Gone Girl, réalisateur et acteur de The Madea Christmas) qui joue le patron de Susannah Cahalan au New York Post.

Jenny Slate (Une Semaine Ordinaire, Obvious Child), Richard Armitage (Le Hobbit saga, Captain America), Thomas Mann (The Stanford Prison Experiment) et Carrie-Anne Moss (Matrix saga, Pompéi, Crossing Lines) complètent un casting de luxe pour Brain on Fire, second film du réalisateur G. Barrett. Carri-Anne Moss et Richard Armitage interpréteront les parents de Susannah : Rhona Nack et Tom Cahalan.

Broad Green Pictures et la société de production de Charlize Theron, Denver & Delilah ainsi que la Foundation Features financent Brain on Fire qui sera distribué par Broad Green aux USA et Mister Smith en international pour une sortie en 2016.

 

 

Une famille à louer, un film de Jean-Pierre Améris : critique

Si tout n’est pas à jeter, il n’est pas nécessaire de l’acheter !

Entre roses « framboise » et vert « anis » -d’un décorum dont on ignore s’il est à prendre au second degré- un casting de rêve où Violette (Virginie Efira) une jeune mère de famille sans le sou mais bien balancée se voit proposer par Paul André (Benoit Poelvoorde) -quadra bien né comme son prénom ne l’indique pas ( !) un marché de dupe : Il est riche, seul, dépressif et projette d’éponger les dettes de notre belle prolétaire. En contrepartie, elle accepte de l’héberger sous contrat, le temps qu’il découvre les joies et les affres de la sacra sainte famille, de ses piqueniques dominicaux sans oublier la fratrie… ce que les gosses de riches (c’est bien connu…) ne peuvent pas connaitre, les pauvres !.

Et ce n’est pas le pâle valet (François Morel) faire valoir comme il se doit, d’un scénario sans aspérité mais académique certes, qui pourra en moins de dix apparitions nous attendrir. Bémol sur les mômes plus « vrai-semblants » que nature !
La recherche de l’archétype se meut progressivement en fadaises à l’image des sculptures de légumes néanmoins assez réussies, il faut le dire, que réalise notre héroïne. Le mythe de Cendrillon a de beaux jours devant lui…

Entre poncifs et calembours avortés, Jean Pierre Améris, bien trop intelligent achoppe sur l’épineux genre comique pour ne livrer qu’une comédie piètrement sentimentale qui n’a d’humaine que quelques judicieux points de montage, des plans serrés et travelling de qualité, quelques respirations musicales vintages ou les tocs surjoués de ses protagonistes sans oublier le lapin qui apparaît curieusement en amorce et auquel nous décerneront une mention spéciale, Nac assez représentatif du tout… En effet, Il eut été trop simple de choisir un chat et bien trop audacieux de choisir un hérisson.

Synopsis: Paul-André est un homme timide et plutôt introverti. Riche mais seul, il s’ennuie profondément et finit par conclure que ce dont il a besoin, c’est d’une famille. Violette, jeune femme pleine de peps, est menacée d’expulsion et a peur de perdre la garde de ses deux enfants. Paul-André lui propose alors de louer sa famille, en tout bien tout honneur, contre le remboursement de ses dettes, pour qu’il puisse enfin goûter, à l’essai, aux joies de la vie familiale ! Pour le meilleur et pour le pire…

Une Famille à louer >> Bande-annonce

Une famille à louer : Fiche Technique

Réalisateur : Améris, Jean-Pierre
Acteurs : Benoît Poelvoorde, François Morel, Edith Scob, Nancy Tate, Virginie Efira
Genre : Comédie, Comédie dramatique
Nationalité : Français
Date de sortie : 19 août 2015
Durée : 1h36mn

Auteur : Valérie G

 

Shokuzai : le programme de jeudi sur Arte

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Shokuzai sur Arte : le programme à ne pas manquer jeudi 23 juillet !

Jeudi 23 Juillet 2015, Arte diffusera la saga Shokuzai, inédite à la télévision, dans le cadre de sa thématique de l’été : Voyages en Asie. À 20h50 et 22h45, les téléspectateurs assidus pourront visionner ce magnifique long métrage en deux parties, intitulées respectivement Shokuzai – Celles qui voulaient se souvenir et Shokuzai – Celles qui voulaient oublier.
Sorti au cinéma en mai 2013, ce chef d’œuvre original de Kiyoshi Kurosawa, réalisateur japonais maintes fois récompensé (Vers l’Autre Rive, Real, Seventh Code), dépeint avec subtilité la culpabilité de quatre jeunes filles, témoins à huit ans de l’enlèvement de leur amie Émili. Cineseries-mag s’était intéressé au film à l’époque et lui avait consacré un article.

Traumatisées par le viol et le meurtre qui ont suivi l’enlèvement d’Émili, les petites filles occultent le visage du criminel. Elles subissent alors les foudres et la malédiction de la mère d’Émili qui réclame leur aide ou, le cas échéant, une compensation.
Les deux volets de Shokuzai suivent individuellement ces quatre rescapées, quinze ans plus tard, et révèlent leur situation et leurs états d’âme. Certaines veulent se souvenir, d’autres préfèrent oublier mais chacune d’elles tentera de se racheter à sa manière…
L’impitoyable mère finira-t-elle par découvrir la vérité ?

Deux films complémentaires et typiquement japonais qui traitent de l’honneur et de la pénitence. Drame et thriller psychologique, Shokuzai apporte aussi un intérêt sociologique. Une œuvre tragique à ne pas manquer !

Shokuzai >> Bande-annonce

Teach me love : un film de Tom Vaughan, critique

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Pierce Brosnan, un acteur qui sait se faire plaisir

Pierce Brosnan est un acteur qui n’a plus rien à prouver et ne cherche pas particulièrement à le faire non plus.  Depuis qu’il a atteint le pic de sa carrière avec son rôle de James Bond, on l’a certes vu dans The ghostwriter, mais il s’est surtout spécialisé dans deux types de rôles : le voleur / agent secret, de plus en plus vieillissant (The matador, The november man, …) et le séducteur au cœur tendre sous des allures cyniques (Mamma Mia, Une affaire de cœur, …) : Teach me love entre clairement dans cette seconde catégorie.  Aux commandes de sa maison de production Irish dreamtime, Pierce Brosnan finance les projets qui lui font plaisir, et si les notes IMDB ne montent pas très haut (généralement en dessous de 7/10) ses fans ont plaisir à le retrouver dans de nouvelles aventures.

Ce petit préambule a pour objet de vous montrer pourquoi la sortie de Teach me love au format E-cinema est loin d’être absurde : le film n’est pas franchement ambitieux, mais n’a pour unique but que de  proposer un divertissement sympathique pour un chaud après-midi d’été.

Une comédie romantique au rythme alerte

Teach me love est un film qui, peut-être par peur de manquer de matière dans son scénario, propose plusieurs enjeux assez différents dans son histoire.

Le cadre fixé dès la première scène est le suivant : Pierce Brosnan raconte à son fils les événements qui ont fait qu’il se trouve actuellement dans un poste de police. Et de fait le destin n’est pas tendre avec le bel Irlandais : séducteur impénitent et professeur à l’université, il se range pour une Américaine qui demande rapidement le divorce. S’instaure ainsi une situation assez inconfortable : Pierce refuse de rentrer en Angleterre, et s’installe dans la remise de la maison de sa femme (une remise très confortable, on parle d’une grande propriété) pour pouvoir continuer à voir son fils. Il accepte aussi d’enseigner dans une faculté publique peu prestigieuse où les étudiants sont plus intéressés par leur téléphone portable que par Byron. Enfin, sa carte de séjour arrive à expiration et son permis de travail définitif  dépend largement de son mariage qui n’existe plus que sur le papier.

Il va donc s’agir pour notre héros de trouver un meilleur travail, de prouver sa volonté de devenir américain, de ne pas trop énerver son ex-femme pour qu’elle accepte de le soutenir dans sa procédure. Si on ajoute à cela la demi-sœur de Jessica Alba, jouée par Salma Hayek, agent d’écrivain qui est belle, intelligente, mais mariée à un écrivain à succès égocentrique, et son père, joué par Malcolm McDowell (qu’on a plaisir à voir dans un film plus digne que beaucoup de ceux qui composent sa trop chargée filmographie) qui lui reproche d’avoir tourné le dos à ses principes, on comprend que le programme sera chargé.

Teach me love est une comédie romantique qui insiste plus sur le versant comédie que sur le versant romantique : si le film joue sur le potentiel de séduction de ses acteurs principaux, il s’en sert surtout pour les mettre dans des situations de plus en plus compliquées, parfois même assez vaudevillesques. En cela, il n’est jamais ennuyeux : il se passe toujours quelque chose de nouveau, mais avec pour conséquences négatives  que tout reste très superficiel, à l’image du jeu des acteurs, vif mais pas du tout subtil, et que le film se perde un peu dans des intrigues secondaires pas si intéressantes, comme celle du groupe de parole anti-alcool auquel est contraint de participer Pierce Brosnan.

Cohérence cinématographique contre  vie réelle : la question du réalisme

Teach me love, sous ses allures de comédie romantique alerte, superficielle mais sympathique, pose une vraie question de scénario : qu’attendons-nous en matière de cohérence des personnages ?

Pour simplifier grossièrement, il y a entre le spectateur et le film un pacte de suspension de l’incrédulité qui dit : « je suis prêt à accepter ce que je vois, du moment que cela fasse sens dans la mécanique de l’histoire ». Nous pouvons accepter des dinosaures, des terminators, du moment que le film ne se joue pas de nous, et suive les règles qu’il édicte. C’est pourquoi un film comme Inception passe autant de temps à nous expliquer son monde : une fois dans l’action, nous comprenons directement ce qui se passe, en quoi le héros transgresse ses règles et se met en danger.

Dans une comédie romantique, l’acceptation semble plus facile, mais ne l’est pas tellement : si nous n’avons pas affaire à des créatures imaginaires, nous exigeons d’elles qu’elles se comportent d’une manière que nous pouvons comprendre. Sans vouloir tomber dans un scénario où tout a une raison et où tout est défini comme peut brillamment le faire la trilogie Retour vers le futur, il est plus facile de s’impliquer émotionnellement auprès d’un personnage si l’on comprend sa manière de fonctionner.

Teach me love est un film qui ne se soucie absolument pas de ce type de cohérence. Il y a même quelque chose d’assez ludique à observer à quel point le film décrit un personnage pour le faire agir à l’exact opposé. Ainsi, Pierce Brosnan est un coureur de jupons qui va accepter de tout quitter pour une de ses étudiantes et se transformer presqu’immédiatement en papa poule. On ne sait d’ailleurs pas tellement pourquoi il a fait cela, puisque le personnage de Jessica Alba est décrit comme étant une Américaine obsédée par l’argent et qui ne trouve de beauté que dans les plans d’optimisation fiscale : que faisait-elle alors dans un cours sur la littérature romantique à Cambridge ?  De même le personnage de Pierce Brosnan semble être en désaccord complet et  même éprouver du ressentiment envers son père, alors qu’il a exercé le même métier (littéralement : Brosnan ayant repris le poste de McDowell à sa retraite) , repris les techniques de séduction et partagé la même vision du monde à peu près toute sa vie. Enfin, on a du mal à comprendre exactement en quoi il serait si difficile pour un ancien professeur de Cambridge d’obtenir une carte verte, même s’il venait à divorcer : les hommes célibataires n’ont-ils pas le droit de venir s’installer aux Etats-Unis ?

On a rapidement l’impression que les personnages ne sont pas motivés par leurs sentiments mais sont des marionnettes manipulées pour permettre à un rebondissement de se produire. Cette volonté constante de contredire ce qui a été annoncé auparavant culmine dans un happy end qui, si l’on suit les événements semble logique, mais apparaît de plus en plus étrange au fur et à mesure que l’on y réfléchit.

Dans la vraie vie, les personnes qui nous entourent prennent des décisions surprenantes, soit parce que nous ne comprenons pas leur logique, soit parce que, pour reprendre le mot des Deux anglaises et le continent : « la vie est faite de morceaux qui ne se joignent pas ». Toutefois, même face à un choix étonnant, nous essayons de comprendre pourquoi telle personne a fait cela. La légèreté des personnages de Teach me love, changeant d’un instant à l’autre ce qui fait leurs convictions, leurs émotions, ou les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, nous fait nous questionner : sommes nous nous-même aussi incohérents ?

Teach me love pourrait suivre cette sorte de réalisme psychologique, qui veut que les personnes font toujours le choix le moins évident et le plus contraire à leurs intérêts. Mais il semblerait que ce ne soit pas le but premier du film, qui file d’une situation à l’autre sans prendre le temps de s’expliquer, et ce même dans ses aspects les plus secondaires. Ainsi on ne nous dira jamais pourquoi l’une des membres du groupe de paroles a un défaut d’élocution manifeste : ce n’est qu’en voyant au générique le nom de Marlee Matlin que l’on comprend : cette actrice qui a gagné un oscar pour son rôle dans Les enfants du silence est en effet sourde et ne parle qu’avec difficulté. C’est certainement le prix à payer à vouloir multiplier les rebondissements : si on voit bien dans l’ensemble qui sont les personnages, un peu plus de temps passé auprès d’eux nous aurait permis de mieux les comprendre.

Teach me romantic comedy

Que reste-t-il au final de Teach me love ? Si l’on se prend au jeu, on appréciera son rythme élevé, le charme de Pierce Brosnan, le piquant de Salma Hayek, et un scénario mettant en scène un héros désabusé dans la lignée de ceux joués par Hugh Grant. Si l’on est moins client de ce type de film, on  essaiera de comprendre le scénario pour voir que rien ne fait vraiment sens, on se rendra compte que les acteurs jouent somme toute assez mal, que la réalisation est fonctionnelle et par moment laide, et que le film hésite entre vouloir rompre les codes de la comédie romantique et s’y plier complètement, forçant un happy end assez grotesque dans le contexte.  Ce film n’est pas une catastrophe totale, mais représente tout de même un gâchis eu égard à son casting, idéal pour une comédie romantique.

Si Teach me love est très cohérent dans l’offre E-cinema de TF1, puisqu’il s’agit d’une comédie romantique et que Salma Hayek était déjà à l’affiche d’Everly, on vous conseillera plutôt de louer Adaline : plus sophistiqué, plus tendre, mieux joué, mieux écrit et plus original.

Synopsis : Richard (Pierce Brosnan) enseigne le romantisme à l’université de Cambridge. Homme à femmes, il décide de se marier avec l’une de ses étudiantes américaines Kate (Jessica Alba), qui a une demi-sœur éditrice, Olivia (Salma Hayek) elle aussi tout à fait charmante.
Il décide de suivre sa femme aux Etats-Unis, mais tout ne va pas se passer comme il l’avait prévu.

Teach me love : bande annonce

Teach me love : Fiche technique 

Titre original : How to make love like an Englishman
Date de sortie : 31 juillet 2015 (E-cinema)
Nationalité :américaine
Réalisation : Tom Vaughan
Scénario : Matthew Newman
Interprétation : Pierce Brosnan, Jessica Alba, Salma Hayek, Duncan Joiner, Malcolm McDowell, Ben McKenzie
Musique : Stephen Endelman
Photographie : David Tattersall
Décors : John Collins
Montage : Matt Friedman
Production : Grant Cramer , Kevin Scott Frakes , Richard Barton Lewis , Raj Brinder Singh , Beau St. Clair , Michael R. Williams , Keith Arnold , Mark Fasano , Gabrielle Jerou
Sociétés de production : Southpaw Entertainment, Irish DreamTime, PalmStar Media , Das Films (in association with) , Envision Entertainment , Knightsbridge Entertainment, Landafar Entertainment , Landafar
Sociétés de distribution : Solution entertainment group (vente mondiale), TF1 Vidéo (France)
Budget : NP
Genre : Comédie romantique
Durée :  NP (environ 01h30)
Récompense(s) : aucune

Cinéma : Les perles de l’humour noir

Cinéma, les perles de l’humour noir

L’humour noir se démarque de la grande famille du cinéma par sa propension provocatrice et subversive. Malgré ses qualités évidentes, il parvient difficilement à convaincre ou séduire le plus grand nombre et reste relativement marginal ; ses réalisations étant souvent taxées d’audacieuses plus que de révélations cinématographiques.
L’humour noir confronte pourtant de la façon la plus fine les émotions contraires, le rire à la panique, la virtuosité à la perversité ; gomme aussi les frontières des registres mis en miroir par le scénario. Grinçant, incisif voire même corrosif, l’humour noir est une pépite du 7ème art. Un breuvage intelligent à consommer sans modération.

Après Les différents visages de l’horreur au cinéma, la redaction liste quelques prodiges du genre, et espère ainsi vous rappeler de bons souvenirs cinéma.


C’est arrivé près de chez vous
de Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde avec Benoît Poelvoorde, Jacqueline Poelvoorde-Pappaert, Nelly Pappaert
« Gamin, allez viens ! C’est pour rire gamin ! Faut pas rester seul dans ce bois ! »


The Big Lebowski
de Joel Coen et Ethan Coen avec Jeff Bridges, John Goodman, Steve Buscemi,
Les cendres de Donny. Walter fait pas gaffe au sens du vent !


Borat, leçons culturelles sur l’Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan
de Larry Charles avec Ken Davitian, Pamela Anderson, Sacha Baron Cohen
Divergence de points de vue dans la chambre d’hôtel.


Killer Joe
de William Friedkin avec Matthew McConaughey, Emile Hirsch, Juno Temple
Vous ne viendrez plus chez KFC par hasard !


Pulp Fiction
de Quentin Tarantino avec John Travolta, Samuel L. Jackson, Ving Rhames
– Marvin, et toi mon gars qu’est-ce que t’en dit ?
– Moi, vous savez j’ai aucune opinion.
– Arrête tes conneries t’en as forcément une. Dis moi, est-ce que tu crois qu’on peut affirmer que Dieu a intercep…


Delicatessen
de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet avec Pascal Benezech, Dominique Pinon, Marie-Laure Dougnac
L’uchronie du film, ses personnages inquiétants et burlesques à la fois.


Bernie
de Albert Dupontel avec Claude Perron, Albert Dupontel, Roland Blanche
Avec ses qualités de meneur d’interrogatoires, Bernie aurait pu être flic.


American Psycho
de Mary Harron avec Christian Bale, Justin Theroux, Josh Lucas
Fin de soirée sympa à la maison.


Macking off
de Cédric Dupuis avec Cédric Dupuis, Céline Berti, Olivier Bureau
Parce que son équipe atteint un niveau de nullité que les autres n’ont pas, le réal va trouver une solution radicale pour mener à terme son film d’horreur.


Le père Noël est une ordure
de Jean-Marie Poiré avec Anémone, Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel
– Allo, SOS détresse ? Allo ?
– Allo ? Je ne vous entends pas !
– Allo, SOS détresse, j’suis au bout du rouleau là. Qu’est-ce que je dois faire ?
– Allo ? Appuyez sur le bouton.

 


Ne poussez pas mamie dans les orties, après ça !!

Summer, un film de Alanté Kavaïté : Critique

L’été de Sangaïlé

Dans la province lituanienne, l’annuel show aérien de l’été fait chaque fois lever les têtes des plus curieux, de ceux stupéfaits par les cabrioles, et des autres, qui aspirent à leurs ambitions les plus folles. Cette année-là, la chance va tourner pour Sangaïlé qui a le vertigineux rêve d’atteindre elle-aussi les nuages. À la tombola, elle pioche le numéro correspondant à son âge et croise le regard d’Austé. On n’est pas sérieux quand on a 17 ans, alors autant partir à la rencontre de celle qui l’a interpellée. Loin de la capitale et de sa vie d’ado mal dans sa peau, Sangaïlé profite de son été dans les bras d’Austé. Occasion pour elle de réparer ses ambitions ratées et démarrer sa vie d’adulte du bon pied.

La réalisatrice franco-lituanienne Alanté Kavaïté retourne sur les terres de son enfance filmer l’histoire d’amour éphémère de deux jeunes filles aux conséquences décisives. Dans l’un des pays de l’Union Européenne les moins ouverts sur la question homosexuelle, la réalisatrice a l’intelligence d’éviter la charge sociale et le film donneur de leçons. La meilleure façon de militer, était de mettre en scène cette histoire d’amour de manière la plus naturelle, sans s’attarder sur la question de l’orientation sexuelle. C’est la ligne de conduite de la cinéaste, faisant de son Summer un subtil et non moins nécessaire manifeste pour la tolérance.

Sans prétention, le film, léger, est à la hauteur de ses ambitions. Solaire et pop, emmené par deux actrices rayonnantes, Summer est une véritable réussite esthétique et un subtil portrait de cet entre-deux-âges où l’on commence à penser comme un adulte tout en gardant sa fougue adolescente.
Summer, l’une des belles surprises de cet été.

Synopsis : Le temps d’un été, l’histoire d’amour passionnée de deux jeunes filles de 17 ans sur les bords d’un lac lituanien.

Summer : Bande-annonce du film 

https://www.youtube.com/watch?v=FMJO16EpbOc

Summer : Fiche technique 

Titre original : Sangaïlé
Date de sortie : 29 Juillet 2015
Nationalité : Lituanie, France, Pays-Bas
Réalisation : Alanté Kavaïté
Scénario : Alanté Kavaïté
Interprétation : Julija Steponaityte, Aiste Diržiūtė
Musique : Jean-Benoît Dunckel
Photographie : Dominique Colin
Décors : Ramunas Rastauskas
Montage : Joëlle Hache
Production : Zivile Gallego, Antoine Simkine
Sociétés de production : Fralita Films, Les Films d’Antoine
Sociétés de distribution : UFO Distribution
Budget : NR
Genre : Drame
Durée : 90 min
Récompense(s) : NR

Auteur : Jim Martin

Que Viva Eisenstein !, un film de Peter Greenaway : critique

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Éros et Thanatos

Il est étonnant qu’aucun film digne de ce nom n’ait encore été fait sur l’un des pères fondateurs du cinéma mondial, décédé en 1948. Le cultissime réalisateur Peter Greenaway se porte volontaire, en situant son film au cours d’une période charnière d’Eisenstein. A l’occasion d’un voyage au Mexique, ce dernier tourne son film le plus ambitieux qui ne verra finalement jamais le jour. Le projet du cinéaste britannique avait fière allure, le résultat laisse pourtant plus que sceptique.

Dès les premiers plans, on plonge dans l’univers cinématographique si particulier de Peter Greenaway. Plastiquement très élégant, le film propose de nombreuses digressions de montage qui finissent par aseptiser complètement la mise en scène. On ne sait si c’est le fait de faire un film sur le  »père du montage » qui a laissé pousser des ailes au réalisateur, mais cette surcharge de splitscreens et autre mouvements de caméra incongrus finissent par lasser au terme des deux heures de film.

La forme, un poil trop audacieuse de Greenaway, n’est pas non plus sauvée par son scénario. ¡ Que viva Eisenstein ! porte avant tout sur la relation entre le réalisateur soviétique et son jeune et beau guide mexicain. C’est à se demander si la figure d’Eisenstein était un pur prétexte pour financer un film sur la découverte des pulsions sexuelles d’un homme pour un autre. Puisque de l’œuvre d’Eisenstein, il n’en est rien. C’est à peine si le tournage du film ¡ Que viva Mexico ! dont le titre fait immédiatement référence est évoqué. Si avec ¡ Que viva Eisenstein ! on s’attendait à une sorte de 8 ½ à la sauce mexicaine, on a de quoi à être déçu. Greenaway filme l’homme Eisenstein sans faire de parallèle sur son œuvre, la déception ne peut dès lors qu’être à l’honneur. Peter Greenaway se complet dans son cinéma gotico-érotique orgiaque, et en oublie malheureusement son spectateur. Dommage !

Synopsis : En 1931, après un passage avorté à Hollywood, le grand réalisateur russe Eisenstein se rend au Mexique tourner son nouveau film. Ces dix jours à Guanajuato ébranlèrent Eisenstein et donneront naissance à des nouveaux désirs qui exacerberont le génie du cinéaste.

Que Viva Eisenstein ! : Bande-Annonce du film

Que Viva Eisenstein ! : Fiche technique

Titre original : Eisenstein in Guanajuato
Date de sortie : 8 Juillet 2015
Nationalité : Pays-Bas, Mexique, Finlande, Belgique
Réalisation : Peter Greenaway
Scénario : Peter Greenaway
Interprétation : Elmer Bäck, Luis Alberti, Maya Zapata
Musique : NR
Photographie : Reinier van Brummelen
Décors : NR
Montage : Elmer Leupen
Production : Bruno Felix, Femke Wolting, San Fu Maltha, Cristina Velasco
Sociétés de production : Submarine, Fu Works Productions, Paloma Negra Films
Sociétés de distribution : Pyramide Distribution
Budget : NR
Genre : Biopic
Durée : 105 minutes
Récompense(s) : NR

Auteur : Jim Martin

 

Rambo, un film de Ted Kotcheff : Critique

Certains films sont précédés par leur réputation. C’est le cas du film de Ted Kotcheff. Une réputation qui, dans ce cas, est due aux suites et qui ignore la qualité de ce premier opus. Rambo serait un film d’action bien bourrin ? Non, c’est un grand film politique.

Synopsis : John Rambo (Sylvester Stallone), vétéran du Viet-Nam et seul survivant de son groupe, arrive dans une petite ville au Nord-Ouest des États-Unis, Hope. Il y est accueilli très froidement par le shérif Teasle (Brian Dennehy) qui lui fait comprendre qu’on ne veut pas de vagabond en ville.

Un film d’action
Certes, Rambo est un film d’action. Nous assistons à une chasse à l’homme qui réveille les instincts d’une sorte de machine à tuer. Le portrait que fait le colonel Trautman (Richard Crenna, qui a peut-être ici le rôle de sa carrière) de Rambo, au milieu du film, est assez éloquent : Rambo a été entraîné à tuer, tuer tout (hommes ou animaux) avec tout ce qui lui passe sous la main et sans tenir compte des conditions extérieures. C’est un animal sauvage et traqué qui se retourne contre ses chasseurs.
Cela donne son lot de scènes d’action. Fusillades, courses-poursuites, explosions, toute la panoplie est présente. En un film court (93 minutes) et resserré, cela donne un rythme rapide. Rambo est un film dans lequel on ne s’ennuie pas un instant.

Réhabilitation des vétérans
Mais cela ne doit pas nous masquer l’enjeu principal du film. Rambo n’est pas conçu pour être un film d’action. Ce propos est manifestement secondaire ici.
Sorti en 1982, le film de Kotcheff se trouve au centre d’une mode concernant la guerre du Viet-Nam. Ça fait bien dix ans que le cinéma américain parle du conflit en Extrême Orient, mais la sortie presque concomitante de Voyage au bout de l’enfer, de Cimino (avec ses fameuses scènes de roulette russe) et Apocalypse Now, de Coppola, ont vraiment lancé une mode sur le thème « le Viet-Nam, c’est l’enfer ».
Rambo a cette particularité de parler de la guerre du Viet-Nam alors que l’on n’en voit quasiment rien. Deux ou trois petits flashs extraits des souvenirs du personnage principal, rien de plus. Mais tout en parle, l’attitude de Rambo, celle de Trautman, la mort des autres membres du groupe, etc.

Et l’attitude des habitants de Hope (on ne soulignera jamais assez l’ironie du nom de cette ville). Hope, c’est l’exemple de la petite ville perdue au milieu de nulle part et dont les frileux habitants rejettent tout étranger, bien contents d’être entre eux. Eux ne voient en Rambo qu’un vagabond chevelu et lui refusent l’accès à la ville. L’attitude des policiers est significative : on le prend de haut, on veut le raser de force, on le tabasse, on le menace. C’est leur aveuglement qui va provoquer le désastre qui détruira la ville.
Le thème du difficile retour à la vie civile n’est pas nouveau. En 1939, Raoul Walsh avait déjà traité du rejet des vétérans par les civils dans le très beau film Les fantastiques Années 20, où les anciens soldats de la Première Guerre Mondiale sont traités de fainéants qui ont pris des vacances en Europe pendant que les civils travaillaient dur au pays. Le mépris des « imbéciles heureux qui sont nés quelque part » (pour paraphraser Brassens) reproduit d’ailleurs le mépris du gouvernement dans son ensemble.
Le discours final de Rambo est très significatif des intentions du film. Alors que Rambo est un personnage quasiment muet pendant tout le film, il parle à la fin, et ses propos n’en ont que plus d’importance :
« En rentrant, ça grouillait de vermines à l’aéroport. Assassin d’enfants, qu’ils m’appelaient. Pour qui ils se prennent ? Ils y sont allés, pour savoir pourquoi ils braillent ? »
« Je pilotais des hélicos, des chars qui valaient des millions. Ici je peux même pas garder un parking. »
Toute la difficulté de l’adaptation à la vie civile, rendue impossible par les civils hautains et ignorants et un gouvernement qui ne soutient pas ceux qui sont sous ses ordres, est contenue dans ces quelques mots.

Civilisation et sauvagerie
Les décors du film sont très importants. La scène d’ouverture nous présente un décor serein, presque idyllique, mais la mort fait tout de suite son apparition et on comprend que derrière le décor se cache la sauvagerie. Et Kotcheff d’opposer systématiquement le monde des hommes et la nature. Les constructions humaines emprisonnent : le bâtiment de la police ou la mine enferment Rambo et constituent des menaces pour lui. À l’inverse la forêt constitue un espace libre, ouvert et sauvage où le guerrier est dans son élément. De plus, plus on s’enfonce dans la forêt, plus elle perd son caractère typiquement américain et pourrait ressembler au Viet-Nam.
« En ville, la loi c’est toi. Ici, c’est moi. T’obstines pas sinon je te fais une guerre dont tu n’as même pas idée », dit Rambo à Teasle. La forêt est le domaine de Rambo, parce que c’est le lieu où la civilisation cède la place à la bestialité. Parce que c’est bien de cela dont il est question ici : d’un homme qu’on a entraîné à être un animal, un prédateur, et qui ne peut plus revenir à la société normale. Le film de Kotcheff montre à quel point les civilisations engendrent la guerre qui, à leur tour, détruisent les civilisations. Il est impossible de fonder une société sur les débris d’une guerre.
Même Teasle, ce champion de la civilisation, commence à laisser parler sa bestialité quand il affirme qu’il veut tuer et qu’il en a le gout dans la bouche. La frontière entre homme et animal est très mince…

Le retour de bâton
Rambo, c’est le retour de bâton d’une Amérique trop sûre d’elle et trop encline à vouloir dominer le monde, à vouloir imposer son modèle, à coups de conflits s’il le faut. D’une Amérique qui prend sans cesse le risque de voir la guerre lui revenir dessus et détruire son ordre social. L’Amérique a fait Rambo et Rambo défait l’Amérique.
Dans le monde du président Reagan, dans le monde qui a recourt massivement à la course aux armements, dans un monde qui alimente les guerres tant qu’elles se déroulent loin, le film de Kotcheff fait figure d’avertissement. Un avertissement toujours d’actualité.
Vraiment ce premier Rambo est un film à re-considérer, une œuvre bien meilleure, plus intelligente, plus engagée, plus subtile que sa réputation ne le laisserait entendre.

Rambo >> Bande annonce du film :

Rambo : Fiche Technique 

Titre original : First Blood
Date de sortie originale : 2 mars 1983 (en France)
Nouvelle sortie nationale : 15 juillet 2015
Nationalité : USA
Réalisation : Ted Kotcheff
Scénario : David Kozoll, William Sackheim, Sylvester Stallone, d’après le roman Rambo de David Morrell
Interprétation : Sylvester Stallone (John J. Rambo), Brian Dennehy (shériff Will Teasle), Richard Crenna (Colonel Sam Trautman), Jack Starrett (Galt), David Caruso (Mitch).
Musique : Jerry Goldsmith
Photographie : Andrew Laszlo
Décors : Kimberley Richardson
Montage : Joan E. Chapman
Production : Buzz Feitshans
Société de production : Anabasis N.V., Elcajo Productions
Société de distribution : Carolco Pictures
Budget : 15 Millions de dollars
Genre : Drame
Durée : 93’
À sa sortie le film fut interdit en France aux moins de 12 ans.

Les différents visages de l’horreur au cinéma

Les différents visages de l’horreur au cinéma

Le cinéma est sans nul doute le vecteur émotionnel le plus efficace.
Il s’est incontestablement imposé dans la vie contemporaine comme un dogme culturel inébranlable, capable d’abattre toutes les barrières et se réinventer à chaque fois. Dévoilé par les Frères Lumière en 1895 avec « Sortie d’usine », et rendu populaire, entre autres, par Georges Méliès, les studios Gaumont et Pathé à l’aube du 19ème siècle, il n’a cessé de se diversifier au fil du temps.
Au départ documentaire, le cinéma est aujourd’hui l’exact reflet de l’humain, sociologique ou physiologique ; la transposition de l’extrême complexité d’un intellect imaginatif sans bornes. S’il plaît, s’il séduit, c’est que le 7ème Art rassemble les populations autour des messages qu’il véhicule. Révélateur de sentiments, il indique aussi une direction vers un idéal universel, soulève des questions et parfois y répond, traduit les besoins intrinsèquement liés au devenir de l’homme sur sa planète.

Tandis que certains cinéastes s’appliquent à nous déstabiliser avec le drame ou le biopic, d’autres s’attachent à nous révolter avec la guerre ou l’horreur.

L’horreur au cinéma ne se restreint cependant pas à un genre cinématographique particulier, mais s’invite au contraire de façon parfaitement générale sur la pellicule, quel qu’en puisse être le sujet. Elle figure un malaise sociétal profond qui généralement oppose l’homme à lui même, rendant compte de ses travers les plus sombres.

L’horreur au cinéma peut être suggérée ou affichée, physique ou idéologique. Ce thème pour lequel les réalisateurs semblent particulièrement inventifs, suscite tout autant l’intérêt du spectateur, désireux de se trouver dépouillé de ses convictions et poussé dans ses retranchements.

La rédaction vous présente, une sélection de scènes effroyables qui ont marqué les esprits. Des séquences déstabilisantes, détestables ou malsaines, qui montrent que si le cinéma aime triturer son spectateur, l’horreur répond avant tout chose, à la recherche du frisson et de l’angoisse, si possible toujours plus glaçante.

28 semaines plus tard
de Juan Carlos Fresnadillo avec Robert Carlyle, Rose Byrne, Jeremy Renner
Les pulsions assassines de Don.

Irréversible
de Gaspar Noé avec Monica Bellucci, Vincent Cassel, Albert Dupontel.
Éteindre efficacement l’incendie.

American History X
de Tony Kaye avec Edward Norton, Edward Furlong, Beverly D’Angelo
La scène d’intro qui conduit Dereck en prison.

La Passion du Christ
de Mel Gibson avec Jim Caviezel, Christo Jivkovet, Monica Bellucci.
Le châtiment jusqu’au-boutiste, caméra voyeuriste et malsaine.

https://www.youtube.com/watch?v=_vZ0wy4dKfk

Destination finale
de James Wong avec Daniel Roebuck, Devon Sawa, Ali Larter.
La fin de Todd qui voulait juste prendre une petite douche.

Casino
de Martin Scorsese avec Robert De Niro, Sharon Stone, Joe Pesci.
Partie de baseball entre potes.

Le Labyrinthe de Pan
de Guillermo Del Toro avec Ivana Baquero, Sergi Lopez, Maribel Verdu
L’abominable interrogatoire mené par le Capitaine Vidal.

1492 : Christophe Colomb
de Ridley Scott avec Gérard Depardieu, Armand Assante, Sigourney Weaver
L’inquisition Espagnole.

Chopper
de Andrew Dominik avec Eric Bana, Vince Colosimo, David Field.
Rivalités carcérales et bipolarité.

La Ligne Verte
de Frank Darabont avec Tom Hanks, David Morse, Michael Clarke Duncan
L’omission volontaire du malfaisant Percy.

Saw
de James Wan avec Leigh Whannell, Cary Elwes, Danny Glover
Abandonner une partie de soi pour retrouver la liberté.

Biutiful
de Alejandro González Inárritu Avec Javier Bardem, Maricel Álvarez, Hanaa Bouchaib
« Je ne veux pas mourir. »

Allez, maintenant à table si vous avez faim !?

Ant-Man, un film de Peyton Reed : Critique

Au pays des fourmis

Le Marvel Cinematic Universe vient clôturer sa deuxième phase de manière assez minimaliste, préférant introduire un nouveau super-héros plutôt que de terminer avec un imposant climax. Même si Avengers Age of Ultron s’était fait plus encombrant que véritablement satisfaisant, cette phase deux avait néanmoins gagné en qualité par rapport à la première, laissant plus de libertés aux cinéastes mais cela offrait parfois des résultats maladroits. Il y avait aussi de quoi craindre pour ce final de la deuxième phase qui après une production catastrophique a vu son cinéaste affilié sur le projet depuis 8 ans, Edgar Wright, claquer la porte du studio pour différends artistiques. Après de nombreuses réécritures du scénario pour correspondre aux impératifs du studio (ce n’est jamais bon signe pour le produit fini), le film fut enfin confié à un yes man sans véritable envergure pour reprendre le flambeau laissé par Wright. Sauf que Peyton Reed, le nouveau réalisateur, ne semblait pas avoir les épaules pour reprendre les rênes du film au vu de sa filmographie relativement faible sur le plan qualitatif. Alors est-ce que Ant-Man est la purge tant redoutée, symbolisant le premier vrai faux pas de Marvel, ou alors est-ce la bonne surprise que tout le monde espérait mais que personne n’attendait ?

Le film aura un statut beaucoup plus trouble que ça car il est indéniable qu’il contient de bonnes choses. Malheureusement ces bonnes choses ne résulteront pas des nombreuses réécritures du scénario mais viendront de ce qui a été laissé par Edgar Wright (son style étant très reconnaissable et inimitable). Les scénaristes ont voulu garder pas mal de choses qu’avait déjà faites Wright mais en les enlevant de leur contexte, ce qui fait que l’on a l’impression d’avoir deux visions d’un même film au sein d’un seul, ce qui donne une impression schizophrène. D’un côté on a un film frais et très drôle grâce à un humour british assez savoureux et de l’autre on a un film calibré, empli de clichés très lourds et très moralisateurs et qui tombent souvent à plat. C’est dommage que ce soit la version la moins intéressante qui prédomine réitérant les erreurs de tous les Marvel, à savoir un méchant ridicule aux motivations dérisoires, une romance inintéressante et une décrédibilisation systématique des enjeux. Dans ce film il n’y en a absolument pas, tout est pris à la légère mais pourtant tout se prend au sérieux. A partir du moment où l’on sait que cela ne peut pas mal se finir, Ant-man aurait pu assumer son délire jusqu’au bout mais au contraire il préfère souvent jouer la carte des discours pompeux et très américanisés sur la famille. Ici tout y passe, que ce soit la notion de sacrifice, de pardon, de rédemption etc. Les deux héros du film passent par les mêmes développements psychologiques mais un seul des deux se retrouve au centre des « enjeux », ce qui fait que l’autre semblera forcé et un peu détaché au sein de l’histoire. Finalement c’est le personnage de Paul Rudd qui se révèle être assez inutile alors que c’est lui qui est censé intégrer les Avengers. D’ailleurs l’acteur semble un peu à l’Ouest parfois, même s’il reste convaincant, surtout dans la comédie, il ne dispose pas du charisme que peuvent avoir les autres Avengers. Néanmoins cela sert Michael Douglas qui en impose sérieusement. Non seulement il dispose d’excellents moments de comédie mais en plus il apporte la gravité nécessaire pour nous embarquer dans le film, probablement un des meilleurs acteurs et personnages du MCU. C’est juste dommage que mis à part Michael Peña, ici hilarant en meilleur ami de Scott Lang, et du rappeur T.I, qui s’offre un des meilleurs passages du film face à Douglas, les autres ne soient pas totalement à la hauteur. Soit ils sont sous exploités, à l’image d’Evangeline Lilly qui arrive quand même à rater sa seule scène d’émotion, soit ils sont en totale roue libre et peinent à convaincre comme Corey Stoll, le méchant du film.

Ant-Man tente désespérément de se relier aux Avengers et multiplie les allusions aux autres films du MCU sans pour autant apporter une conclusion satisfaisante à la phase 2, ni préparer correctement la phase 3. Le film n’est pas vraiment engageant quant à ce qui peut arriver après surtout qu’ici la seule scène qui implique un autre Avenger semble forcée, inutile voire même un peu ridicule. Par contre le film dispose quand même de très bonnes idées même si on en revient toujours à ce qu’aurait voulu proposer Wright notamment dans le sens du dialogue assez piquant qui se montre très ironique et très british évitant à plusieurs moments d’être trop lourd et permettant de déjouer certains passages trop clichés. Mais surtout la vraie bonne idée du film c’est de reprendre le principe d’un film de casse, ce qui permet à l’ensemble d’être un peu plus original que la moyenne et ce même si le scénario est déjà vu, faisant un peu ersatz d’Iron Man. Cela permet au film d’avoir un rythme soutenu bien qu’il met un peu de temps à se lancer et que la mise en scène se révèle très plate.

La mise en scène de Peyton Reed tombe d’ailleurs dans les mêmes travers que le scénario. A trop vouloir reprendre les idées laissées par Wright, il leur enlève de leurs substances. Ici il veut reprendre entièrement une scène de Wright en singeant son style. C’est durant un monologue de Peña, probablement la meilleure scène du film malgré tout, mais Reed n’arrive pas à trouver la bonne mesure, le montage de la scène manque de dynamisme et n’arrive pas à créer l’humour visuel nécessaire. Chose que Wright aurait maîtrisée à la perfection et que Reed n’arrive à peine à effleurer du doigt que lors du climax du film. Globalement ici la mise en scène se montre assez fade et générique. Elle n’est que purement fonctionnelle et se montre très répétitive lors des scènes d’action rendant l’ensemble assez mou. Malgré tout quelques bonnes idées viennent se glisser ici et là mais rien de bien transcendant ou marquant.

Ant-Man n’est donc peut être pas la purge que l’on pouvait craindre mais il est clairement la preuve que l’on est passé à côté d’un grand film. Il est constamment écrasé par l’ombre de Edgar Wright et n’arrive jamais à s’en extirper car c’est de lui qu’il tire toutes ses bonnes idées. Finalement on est vraiment en face d’un Marvel en mode mineur, alors que le film aurait dû être frais et original, il est finalement classique et très calibré. Cela a été déjà vu mais en mieux au sein du MCU, Ant-Man n’étant qu’un film moyen et assurément un des plus faibles de cette deuxième phase. C’est d’autant plus dommage car c’est lui qui avait la lourde tâche de venir la conclure, c’est lui qui disposait des plus belles promesses d’un délire assumé et virevoltant mais plus que tout c’est lui qui dispose de Michael Douglas, qui s’impose ici comme un des interprètes les plus charismatiques de l’univers Marvel.

Synopsis : Scott Lang, cambrioleur de haut vol, va devoir apprendre à se comporter en héros et aider son mentor, le Dr Hank Pym, à protéger le secret de son spectaculaire costume d’Ant-Man, afin d’affronter une effroyable menace…

Ant-Man >> bande-annonce

Ant-Man : Fiche Technique

États-Unis – 2015
Réalisation: Peyton Reed
Scénario: Adam McKay, Paul Rudd, Edgar Wright, Joe Cornish
Interprétation: Paul Rudd (Scott Lang / Ant-Man), Michael Douglas (Dr. Hank Pym), Evangeline Lilly (Hope Van Dyne), Corey Stoll (Darren Cross / Yellowjacket), Bobby Cannavale (Paxton), Michael Peña (Luis), Tip « T.I. » Harris (Dave)…
Genre: Fantastique
Image: Russell Carpenter
Décors: Shepherd Frankel, Marcus Rowland
Costumes: Sammy Sheldon
Son: Daniel Laurie
Montage: Dan Lebental, Colby Parker Jr
Musique: Christophe Beck
Producteur(s): Kevin Feige
Production: Marvel Studios
Distributeur: The Walt Disney Company France
Date de sortie: 14 juillet 2015
Durée: 1h58