Hunger Games : La Révolte, partie 2 : la bande-annonce explosive du film enfin disponible !
Synopsis : Alors que Panem est ravagé par une guerre désormais totale, Katniss et le Président Snow vont s’affronter pour la dernière fois. Katniss et ses plus proches amis – Gale, Finnick, et Peeta – sont envoyés en mission pour le District 13 : ils vont risquer leur vie pour tenter d’assassiner le Président Snow, qui s’est juré de détruire Katniss. Les pièges mortels, les ennemis et les choix déchirants qui attendent Katniss seront des épreuves bien pires que tout ce qu’elle a déjà pu affronter dans l’arène…
Annoncée quelques jours auparavant par Jennifer Lawrence sur Facebook au travers de la photo ci-dessus intitulée « 6.9.15#MockingjayPart2#Unite » (09/06/15#GeaimoqueurPart2), la bande-annonce de Hunger Games : La Révolte (Moquingjay), partie 2 est enfin disponible !
Elle correspond à la fin officielle du tournage du quatrième volet de la saga Hunger Games confirmée par le réalisateur, Francis Lawrence, sur Twitter. Un dernier épisode qui sent la vengeance à plein nez à en croire les propos clamés par Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) dès le début du trailer : « Snow (Donald Sutherland) doit payer pour ce qu’il a fait ! ».
Hunger Games : La Révolte (partie 2) sortira le 18 novembre prochain au cinéma. Pour l’apogée finale d’une rébellion contre le Capitole engagée depuis la fin de l’épisode 1, on retrouvera Haymitch Abernathy (Woody Harrelson), Peeta Mellark (Josh Hutcherson) ainsi Gale Hawthorne (Liam Hemsworth) et Finick Odair (Sam Claflin).
Hunger Games : La Révolte, partie 2 : Bande-annonce
Présenté en compétition à la Semaine de la Critique à Cannes cette année, Dégradé est un film qui nous vient tout droit de Palestine.
Synopsis : Une famille mafieuse a volé le lion du zoo de Gaza et le Hamas décide de lui régler son compte ! Prises au piège par l’affrontement armé, treize femmes se retrouvent coincées dans le petit salon de coiffure de Christine. Ce lieu de détente devenu survolté le temps d’un après-midi va voir se confronter des personnalités étonnantes et hautes en couleur, de tous âges et de toutes catégories sociales…
13 femmes
De là-bas, nous parviennent le plus souvent des images de guerre. Or, cette histoire de femmes (contée par deux hommes), pourtant située en plein Gaza, prend le parti de ne pas parler directement de guerre, mais de vie. Ainsi, si des figures s’affrontent, c’est sans armes. Le conflit armé a lieu hors les murs, on l’entend, mais on ne le vit que par le son. Tel un huis-clos, tout le film se passe à l’intérieur d’un salon de coiffure où treize femmes se retrouvent coincées. D’abord d’apparence frivoles, leurs conversations deviennent de plus en plus tendues et révélatrices de leur désir de vie, mais aussi des querelles sanguinaires qui se passent au dehors. Confinées, elles se révèlent de plus en plus et certaines envahissent même l’espace telles des chefs de meute. Le film commence sur un ton léger, c’est un moment de détente comme un autre, mais une arrivée impromptue vient tout bouleverser : un lion volé et exhibé par le petit ami d’une des coiffeuses du salon. Étrange ballet, drôle au départ, mais qui déclenche une salve de coups de feux.
Un récit décoiffant ?
L’intérêt principal de ce premier film est de montrer le conflit autrement et de s’interroger sur ce qu’est être une femme aujourd’hui en Palestine. Pour cela, les deux frères réalisateurs, qui ne manquent pas d’humour, ont tenté de réunir à travers leurs personnages un large panel de femmes « de tous âges et de tous horizons ». Résultat, se côtoient dans ce salon une divorcée, une fervente religieuse, une future mariée et bien d’autres personnages hauts en couleurs. Chacun a sa fonction propre dans le film et avec cela son discours. Si bien que tout est fait pour que le conflit qui se joue à l’extérieur, se déplace aussi à l’intérieur. Les femmes du salon se mettent alors à parler de politique et forment même un gouvernement imaginaire, s’écharpent aussi sur des différences de croyances, de convenances. On y croise même une lionne, cheveux devenus crinières qui vocifère sur chacune des clientes. Quelque chose se noue et les aspirations des jeunes filles sont retranscrites. D’autant que si dehors c’est la mort qui advient, à l’intérieur, c’est la vie qui se joue et une autre tension qui démarre : une des clientes est prête à accoucher. On perçoit alors dans ce film des éclats de voix, des rires et des pistes de réflexions. Cependant, si le film parvient à retranscrire un bouillonnement, une pulsion de vie, il est trop démonstratif. Son propos, sa nécessité vitale en plein conflit en fait un film fort, mais ses personnages restent trop enfermés dans des fonctions qui peinent à éviter les clichés attendus. Le film travaille comme un miroir, celui d’une société en souffrance. On y croise alors des femmes figées dans une posture que le film exige pour pouvoir s’exprimer pleinement. Sur un ton à la fois léger, mais décalé par l’urgence de la situation extérieure, le film verse parfois dans l’exagération, mais demeure un message humaniste très fort, réalisé par deux frères au talent certain. Il porte la voix de ceux qui souffrent chaque jour, enfermés dans un conflit qui les dépasse alors qu’ils ne font que rêver d’avenir (grossesse, mariage…) et de liberté (de culte, d’opinion, de création). Après 1h20, on se dit tout de même que Dégradé est moins décoiffant que ne le laissait rêver son titre. Un titre évocateur autant d’une coupe de cheveux que de l’évolution catastrophique d’une situation que le film dénonce à sa manière…
Dégradé : Bande annonce
Dégradé : Fiche technique
Réalisation/scénario : Arab et Tarzan Nasser
Interprètes : Hiam Abbas, Maisa Abd Elhadi, Manal Awad, Mirna Sakhla, Victoria Balitska, Dina Shuhaiber …
Compositeur : Benjamin Grospiron
Directeur de la photographie : Eric Devin
Monteuse : Sophie Reine
Production : Les Films du Tambour, Made In Palestine Project
Coproduction : Full House, Mille et Une Films, Abbout Productions
Distributeur international : Elle Driver
Distributeur France : Le Pacte
Durée : 83 minutes
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 27 avril 2016
10 juin 2015 à Paris, départ de la 4ème édition du Champs-Élysées Film Festival.
Depuis 4 ans, l’évènement met à l’honneur la diversité des cinémas indépendants français et américains ; du film restauré au contemporain des années 2000, et contribue ainsi à la visibilité de ces puits d’idées riches et talentueuses.
Le concept mis sur pied par les organisateurs rapproche les cinéastes et les conférenciers du public ; le public comme seul jury de la compétition. Soumise à l’appréciation de spectateurs avisés, la programmation se veut éclectique et ventile tout au long des 6 jours des œuvres perturbantes, sociologiques ou encore politiques ; aussi des rencontres et soirées à thème.
A l’issue, seront décernés trois trophées pour les catégories :
– meilleur court-métrage français,
– meilleur court-métrage américain,
– meilleur long-métrage indépendant américain.
Il nous est également proposé de redécouvrir des longs, tels Cloak and Dagger de Fritz Lang le mercredi 10 à 20h30 au MK2 Grand Palais ; Une famille à louer de Jean-Pierre Améris, avec Benoît Poelvoorde, en première séance du soir le lundi 15 au Publicis Cinémas.
Gran Torino de Clint Eastwood, Citizen Kane ou encore Killer Joe réalisé par William Friedkin, duquel les organisateurs présentent 6 films majeurs :
– Sorcerer projeté en version longue au cinéma Le Balzac,
– Cruising avec Al Pacino,
– To Live and Die in L.A., qui prit la deuxième place au box-office US dès son premier week-end en salles mais passa presque inaperçu en France,
– Bug, un thriller américano-allemand,
– The Exorcist en Director’s Cut,
– et Killer Joe avec Matthew McConaughey, sorti en 2012.
L’an passé, les présidents du festival étaient Bertrand Tavernier et l’actrice Jacqueline Bisset. En 2015, c’est au tour de Jeremy Irons et Emilie Dequenne d’enfiler le costume. Les invités d’honneur eux aussi se succèdent, année après année, toujours syncrétiques, à l’image du Champs-Élysées Film Festival. Pour cette nouvelle édition, Euzhan Palcy, Josh et Benny Safdie, jeunes courts-métreurs newyorkais, Alan Parker et bien entendu le percutant William Friedkin, ont répondu présent.
Parallèlement à son but premier, Le Champs-Élysées Film Festival s’engage en soutenant l’association « Les Toiles Enchantées ». L’artiste multicarte Lambert Wilson, son ambassadeur plusieurs fois nominés aux Césars ainsi qu’aux Molières, résume la raison d’exister de l’association avec ces quelques mots : « Quand les enfants ne peuvent pas aller au cinéma c’est au cinéma de se déplacer ». Fondée en 1997, elle se mobilise pour faire connaître les sensations du grand écran aux enfants hospitalisés ou handicapés. Elle organise les projections au même moment des sorties en salles, apporte du soutien et leur permet de s’échapper pour quelques instants d’un quotidien difficile.
Quelques chiffres reflètent très exactement l’importance de cette démarche humaniste. En 2014, 350 séances ont été organisées. Près de 21 000 enfants ont ainsi pu prendre place dans 140 établissements partenaires. Belle réussite !
Le Champs-Élysées Film Festival, un évènement couvert par CinéSéries-Mag.
Créer une série autour d’un super héros relativement méconnu du grand public était un pari osé. Contre toute attente la CW l’a remporté haut la main en réussissant à imposer son Green Arrow dans l’imaginaire collectif, face aux mastodontes du grand écran.
Synopsis: Deux ans après être devenu Arrow, Oliver Queen est toujours le justicier de Starling City et de nombreux alliés viennent l’aider dans sa croisade tandis qu’il doit faire face à de nouvelles menaces. Mais non loin, à Central City, un nouveau héro apparaît et avec lui des problèmes d’un nouveau genre. L’univers d’Oliver Queen et de ses amis est alors bouleversé.
Le début d’une nouvelle ère ?
Le network à donc décidé cette année de frapper un grand coup en relançant sa série phare, tout en proposant un spin-off autour du personnage de Barry Allen. Déjà passé par Starling City le temps d’un épisode, l’homme est plus connu sous le nom de Flash. La chaîne prend alors le risque de concurrencer Marvel sur son propre terrain de l’univers partagé, avec les moyens à sa disposition (soit le budget d’une série télé). Arrow et Flash vivent donc leurs petites vies chacun dans leurs villes respectives, se rendant éventuellement visite le temps de quelques épisodes. Faut-il y voir une simple ambition mercantile avec l’utilisation d’une série à succès comme tremplin pour une nouveauté risquée, ou l’instant marque-t-il l’apparition d’une « méga-série » qui dépasserait les simples structures classiques en saison ? Si l’ensemble n’est pas parfait, certaines questions finissent par se poser.
Mais ne nous emballons pas, commençons par le début. Arrow arrive donc à sa troisième saison, et tout semble aller pour le mieux après l’affrontement dantesque contre Slade Wilson/Deadstroke (soit le plus grand assassin de l’univers DC comics). Le justicier est enfin accepté par la population de Starling City et malgré la présence de criminel de tout poil, le calme semble être revenu. Néanmoins Olivers Queen est sur la paille et voit sa société rachetée par un certain Ray Palmer, sa petite sœur est partie avec son ennemi juré Malcolm Merlyn et une des ses alliés est assassinée avec trois flèches dans le ventre. Autrement dit, pas de vacances pour les vrais héros. Malgré toutes ces pistes alléchantes, cette nouvelle saison souffre d’un manque flagrant de cohérence. Si la saison 2 était quasi entièrement consacrée à Slade, celle-ci à bien du mal à se choisir une cible fixe, accumulant les arcs narratifs un peu poussifs. Le méchant est d’abord Malcolm Merlyn sur le retour, puis un certain Brick qui veut prendre le contrôle de la ville, pour enfin conclure sur la ligue des assassins et leur leader immortel Ras’ al Ghul.
Ainsi rien ne s’installe véritablement dans la durée et on se retrouve face à une série qui semble vouloir réinventer ses propres codes sans rien proposer de concret en retour. Les fameux flash-back présentant le passé d’Oliver, qui ont toujours été un peu lourds, quittent ainsi l’île de Lian Yu pour Hong-kong et développent une intrigue rocambolesque autour d’un bio-virus qui n’apporte pas grand chose à l’ensemble. Le présent ne s’en sort pas mieux avec un Atom anecdotique (malgré le talent comique sous-estimé de Brandon Routh) et un Ras’al Ghul manquant un peu de charisme. Si le risque de prendre un acteur assez peu expérimenté pour un tel rôle est louable, l’envergure du personnage aurait mérité un traitement de faveur. L’ex-rugbyman Matt Nable (3 rôles à son actif) n’est pas ridicule, mais ne possède pas l’ampleur d’un Vinnie Jones (Brick) et d’un Peter Stormare (Vertigo), qui bouffent littéralement l’écran lors de leurs apparitions anecdotiques. En s’embourbant dans des digressions psychologiques maladroites, cette troisième saison s’égare et perd un peu sa puissance iconique qui titillait notre fibre de grand gamin et lui permettait de dépasser son statut de série teen au casting classe mannequin.
The Flash propose pour sa part un modèle différent, qui puise directement dans l’âge d’or des comics avec un plaisir communicatif. A l’exact opposé des nuance sombres de Starling City, Central City brille d’un soleil éclatant sous lequel Barry Allen affronte toutes sortes d’humains disposant également de super-pouvoirs divers et variés (téléportation, contrôle de la météo…). Loin des intrigues de gangster et des manigances financières, cette seconde série renoue avec un esprit pulp à l’ancienne, développant des scénarios autours de savants fous, de romances sympathiques et de voyages temporels. Pour citer Oliver Queen, « Central city est la ville où il fait toujours beau et où les méchants se donnent des surnoms rigolos ». L’esprit est plutôt bon enfant et la saison ressemble à une gigantesque cour de récréation où les traits d’humours fusent aussi vite que les rayons glaçant de Captain Cold.
Et si Arrow péchait par un méchant anecdotique, The Flash réussi le tour de force de proposer un des plus formidable antagoniste vu depuis longtemps dans une adaptation de comics. Grâce à une écriture minutieuse et une interprétation parfaite de Tom Cavanagh (qui arrive à faire oublier son rôle de grand frère glandeur dans Scrubs), le docteur Harrison Wells dépasse largement tout les super-vilains vu à la télévision et au cinéma ces dernières années (à l’exception du Joker de Heath Ledger). Ambigu jusqu’au bout dans un double rôle de mentor et d’ennemi juré, le personnage reste séduisant même quand ses travers les plus odieux sont révélés, continuant à porter de l’affection aux héros, malgré leurs divergences. Bien que ses motivations restent floues jusqu’à la fin, sa simple présence vaut le détour. Les scénaristes de Marvel feraient bien de prendre des notes. Malgré son budget serré, The Flash est une réussite presque totale, ne décevant que dans son épisode final qui s’embrouille un peu les pinceaux avec des dilemmes assez hors de propos.
Se pose maintenant la question de l’univers partagé. Qu’apportent donc les ponts entre les deux univers ? Pas grand choses en fait d’un point de vue scénaristique, les deux séries fonctionnent de façon relativement autonome, avec chacune leurs ambiances et leurs intrigues propres. Deux gros points de convergences sont à noter tout de même. D’abord un cross-over assez bien fichu où les deux héros s’entraident pour attraper deux méchants assez corsés, et un coup de main mutuel quand il s’agit de défaire les antagonistes principaux, sans toutefois empiéter sur la puissance iconique d’un duel final. Pour le reste les scénaristes ont eu tendance à s’emballer en faisant intervenir des personnages secondaires de Arrow dans The Flash sans proposer d’équivalent de l’autre coté. Il en ressort une chronologie bancale dans la mesure où ces parenthèses ne s’intègrent pas du tout dans l’intrigue de la série mère, qui reste constant dans son état de crise. Difficile de comprendre quand Félicity et Atom ont trouvé le temps de passer prendre des vacances à Central City alors qu’en face Oliver est porté disparu et Starling City sous le joug de Brick. Des petits soucis temporels qui mettent déjà à mal la cohérence de l’ensemble, c’est dommage. Heureusement que ces croisements possèdent un autre intérêt.
La rencontre de deux univers antithétiques offre un niveau de lecture assez original. En bombardant Oliver Queen dans le décor fun et gentillet de Central City et en confrontant Barry Allen a la violence de Starling City, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent. L’archer supporte difficilement la puérilité du bolide écarlate, tandis que ce dernier n’apprécie pas vraiment les méthodes violentes de son collègue. La confrontation de ces deux points de vue offre finalement un regard critique sur chacune des séries donnant à l’édifice une dimension presque méta. Au travers de leurs protagonistes, les scénaristes mettent en avant les défauts de leurs propres créations, commentent leurs univers et assument leurs différences de ton. Les deux séries se complètent alors plutôt bien, tout en proposant deux formes différentes afin de toucher un public plus vaste.
Il reste encore du chemin à faire pour que cet univers partagé fonctionne correctement, mais les débuts sont plutôt encourageants. Il faut espérer que Arrow se relève et propose une quatrième saison de qualité pour ne pas être enterré par sa petite sœur qui est l’une des bonnes surprises de l’année. Reste également à juger de l’intérêt du prochain spin-off Legend of tomorow et de ce qu’il apportera à l’ensemble. En espérant que la CW ne se fasse pas a nouveau couper l’herbe sous le pied par la Warner déjà responsable des apparitions réduites de la suicide squad par peur de la concurrence (en annulant tout espoir d’une apparition de Harley Quinn). Autrement les bases sont là, et si les producteurs gèrent bien leur coup, tout cela débouchera peut être sur une méga-série d’un nouveau genre qui fera date dans l’histoire de la télévision.
Arrow/The Flash : Teaser
Arrow/The Flash: Fiche Technique
Titre original : Arrow/The Flash
Titre français : Arrow/The Flash
Date de sortie : 2012/2014
Nationalité : États-Unis
Création : Andrew Kreisberg, Greg Berlanti, Marc Guggenheim, Geoff Jones
Épisodes : 69/23
Interprétation : Stephen Amell, Grant Gustin, David Ramsay, Tom Cavanagh, Candice Patton, Emily Bett Rickard…
Musique : Blake Neely
Production : Greg Berlanti, Andrew Kreisberg, Geoff Jones, Gardner Fox, Harry Lampert, Marc Guggenheim
Distribution : The CW
Budget : NC
Genre : Action, Fantastique, Super-héros
On ne ressort pas indemne de ce long métrage de Jeremy Saulnier, qui a réellement marqué la Quinzaine des Réalisateurs de part cette violence parfaitement orchestrée qui déstabilise les spectateurs tout au long du film, Green Room. Certains tentaient par tous les moyens de pouvoir sortir de la salle, d’autres se morfondaient dans leurs sièges en se demandant quand cette histoire « vicieuse » s’arrêtera, et certains étaient émerveillés devant cette atmosphère digne d’un thriller de qualité. Cette œuvre n’est assurément pas faîte pour les âmes sensibles, on comprend dès les premières minutes que ce film noir va nous faire vivre un cauchemar cinématographique. Tout est mis en œuvre pour faire délivrer une expérience aux spectateurs, avec plusieurs moments épiques, tels que des concerts dans des pubs remplis de Skinheads néonazis ; des meurtres à foison et des bains de sang à n’en plus compter.
Green Room pourrait être comparé également en termes de registre à Prisonersou encore au Silence des Agneaux, notamment concernant l’intensité que dégage ce film. Cependant, Saulnier n’a pas encore atteint certainement la maturité ou la maîtrise nécessaire d’un thriller que dispose par exemple, un Denis Villeneuve. Mais, la qualité que l’on peut louer à Jeremy Saulnier c’est sa capacité à ne pas « faire de la violence pour faire de la violence », comme on voit très souvent malheureusement aujourd’hui. Toutes les scènes choquantes et perturbantes à l’écran sont habilement choisies, à l’image du « chien meurtrier » en pleine agonie mais toujours prêt à exercer les ordres. Le réalisateur se distingue aussi de part sa capacité à être imprévisible, au vue des nombreux retournements de situations qui sont rarement téléphonées. A l’image de la fin notamment qui fait prendre une autre dimension au film en s’échappant du contexte initial.
Ce qui est agréable également après avoir visionné de cette œuvre, c’est la capacité des acteurs à prendre une autre dimension au fur et à mesure du film. Puisque à première vue, on découvre des acteurs qui ne sont pas réellement charismatiques. Celle qui sort réellement du lot est Imogen Poots, anodine rescapée du premier meurtre puis véritable héroïne qui porte le film à elle toute seule. Sa neutralité, son sang froid, sa classe naturelle et sa vision de la vie, fait d’elle un personnage que l’on pourrait qualifier de « sublimé » si on la compare aux autres acteurs.
D’autre part le choix de tourner ce film majoritairement en huis-clos est très judicieux et convient parfaitement dans ce type de thriller. On retrouve ainsi une tension naturelle, dans un espace clos où les êtres disparaissent et laissent place à leurs côtés plus lugubres dans des situations aussi précaires. Par moment, ce long-métrage fait également penser au Panic Room de David Fincher. Notamment, avec ces innombrables tensions autour d’une porte verrouillée, où d’un côté les innocents sont dans des conditions précaires et de l’autre côté on discerne les « déterminés » prêts à tout pour en découdre et mettre fin au suspens. De ce fait, on pourrait dire que le cinéaste américain a totalement compris les codes du Thriller, en utilisant tout les procédés pour maintenir en haleine les spectateurs.
Cependant, le point négatif de cette œuvre est son incapacité à aller au-delà de son registre, et tenter d’innover, bien que l’on comprend aisément que ce n’est pas son objectif premier. Le réalisateur réalise une œuvre intéressante dans son registre, en appliquant minutieusement avec de vraies qualités les règles du thriller. Mais, on ressort de cette projection en se disant qu’il y a un air de déjà vu, comme si avec les diverses capacités de ce réalisateur n’avaient pas été totalement exploitées. On pourrait même également reprocher un casting des acteurs « secondaires » un peu léger qui plombe quelques échanges dans des passages cruciaux. Green Room aurait sans doute gagné en efficacité en durant 30 minutes de plus, et en développant quelques scènes comme ce « final de feu » dans tout les sens du terme. Puisque à la fin de cette œuvre, on a véritablement le sentiment que ce réalisateur aurait pu donner encore plus. La note aurait même pu être moins élevée si cette fin atypique n’était pas venue apporter un second souffle à ce thriller qui finit au bout d’un certain moment par être moins prenant.
Ainsi, Jeremy Saulnier au travers de ce troisième long-métrage confirme tout son potentiel entrevu notamment dans Blue Ruin deux ans auparavant. Ce cinéaste doit cependant se remettre en question sur certains éléments, et chercher principalement à apporter une réelle valeur ajoutée aux spectateurs. Puisqu’il est évident que cet américain, dans son registre peut un jour réaliser une œuvre qui rentrera dans les classiques des « thrillers » des années 2010.
Synopsis : Après avoir assisté à un acte de violence terrible, un jeune groupe de punk rock se retrouve piégé dans un lieu isolé. Pour survivre, ils vont devoir lutter contre une bande de skinheads bien décidés à éliminer tous les témoins.
Green Room, de Jeremy Saulnier : Bande-annonce
Fiche technique: Green Room
Réalisation : Jeremy Saulnier
Scénario : Jeremy Saulnier
Interprétation : Anton Yelchin (Pat), Imogen Poots (Amber), Patrick Stewart (Darcy), Alia Shawkat (Sam), Callum Turner (Tiger), Joe Cole (Reece)…
Musique : Brooke Blair, Will Blair
Photographie : Sean Porter
Décors : Ryan Warren Smith
Montage : Julia Bloch
Production : Broad Green Pictures
Sociétés de production : Broad Green Pictures, Film Science
Distribution (France) : The Jockers, Bac Film
Genre : Thriller
Durée : 94 minutes
Date de sortie : 27 avril 2016
Le sujet de l’euthanasie est devenu suffisamment sociétal pour que les cinéastes s’en emparent et le cuisinent à toutes les sauces. C’est une question de morale et de religion, d’éthique par la même occasion, qui empêche que l’on puisse accorder à l’être humain ce que l’on propose à nos animaux qui souffrent trop. Une question sérieuse en tout cas que les réalisatrices Sharon Maymon et Tal Granit ont choisi de traiter sur le mode de l’humour. Un parti pris qui n’est pas sans risque, car les aller-retours entre le rire et le sérieux peuvent desservir le propos et devenir contre-productifs.
Mais même si elles n’y vont pas toujours avec le dos de la cuillère, les deux réalisatrices réussissent globalement à faire cette synthèse : faire rire de la mort tout en montrant la nécessité de pouvoir mourir dans la dignité.
L’histoire commence avec un « senior » -puisque les vieux de nos jours sont appelés ainsi- qui fait une blague à une senior. Ezéchiel (Ze’ev Ravach) est un ingénieur retraité qui aime inventer toutes sortes de machines, ici un engin qui déforme la voix, là un appareil qui (est censé) distribuer automatiquement les médicaments à la bonne heure et au bon jour. Avec sa femme Levana (Levana Finkelshtein) comme complice et à l’aide de sa facétieuse invention qui lui donne une voix sépulcrale, il passe un coup de fil à Zelda, une autre résidente de leur complexe pour riches retraités, en se faisant passer pour Elohim (Dieu) et en lui conseillant de bien prendre ses médicaments, puisqu’il n’y a pas encore de place libre au paradis. La voisine fait délicieusement semblant de tomber dans le panneau.
La scène est irrésistible et donne le ton : un ton irrévérencieux, qui sort les personnes âgées d’un carcan à l’intérieur duquel on ne leur permet d’habitude que maladie, souffrance et ennui. Car tel est le premier mérite de ce film : donner une place à ce troisième âge, des êtres humains qui ne sont qu’une version plus vieille de ce qu’ils ont toujours été, des blagueurs, des amoureux, de mauvaises cuisinières, ou carrément des individus peu recommandables. Une autre scène illustre cela tout aussi drôlement : une sortie du placard dans tous les sens du terme, pour un des amis qui se déclare gay sur le tard (« ne dites rien à personne, ma mère n’est pas au courant » dit-il du haut de ses 70 ans et plus !). De fait, les protagonistes attirent immédiatement la sympathie du spectateur, d’autant qu’ils sont interprétés par d’excellents acteurs, largement reconnus en Israël.
Très vite, la question de l’euthanasie apparaît, car le mari de Yana (Aliza Rozen), l’une d’entre cette bande de joyeux drilles est en phase terminale d’un très douloureux cancer, et ses souffrances sont non seulement physiques, mais également morales, face à l’absence d’autonomie dans les gestes les plus intimes. Yana demande à Ezéchiel de l’aider à trouver une manière d’abréger les insupportables souffrances de son ami. Ezéchiel ne se fait pas trop prier pour mettre au point une machine qui délivrera un produit létal au moment voulu, sous l’action du malade lui-même, ce qui équivaut à mettre sur pied une vraie procédure de suicide assisté, illégal dans le pays et partout ailleurs, sauf dans des rares cas comme celui de la Suisse. (Cette machine, appelée « Deliverance » imaginée par le Dr. Philip Nitschke, a réellement existé).
Au milieu de quelques péripéties dont certaines sont vraiment amusantes et savoureuses (tel le running gag du policier qui les arrête à chaque retour de « mission », qui se méprend sur la nature de leurs pleurs à chaude larme, et qui se sent obligé d’effacer l’effraction constatée et l’amende qui va avec), le « gang » se met à l’œuvre, et aide leur ami et quelques autres à franchir le pas.
Le film, Fin de Partie, est sensible et respectueux, et montre bien à quel point l’équilibre est tendu entre le droit à mourir et le droit à vivre, entre les souhaits de l’entourage et ceux des malades, même si le traitement en comédie, dont on voit bien que l’objectif est de ne pas (trop) plomber le spectateur avec un sujet difficile, même si ce traitement a tendance à gommer l’horreur de l’acte du point de vue de ceux qui l’ont commis.
Seule Levana montre explicitement sa désapprobation et traite son mari et ses amis d’assassins. Elle fait office de contrepoint par rapport au ton général du film. Mais le personnage est partagé entre son éthique et sa propre condition, car Levana est en train de développer la maladie d’Alzheimer, et la question de l’euthanasie / suicide lui devient personnelle dans une période où elle a encore la conscience du chemin douloureux qui l’attend. De même que pour Ezéchiel son mari, tout d’un coup le besoin de dignité exprimé par Levana n’est plus recevable…
Ainsi va le film, manichéen, démonstratif et surligné, pas très adroit, et pas très réaliste. Mais le ressort comique fonctionne vraiment, les acteurs dégagent un plaisir de jouer communicatif et on rit de bon cœur plus qu’à son tour. En revanche, l’euthanasie passe en arrière-plan, le film ne fait pas avancer le débat d’un cran, et au contraire le rend plutôt anecdotique. Un pari risqué et pas complètement réussi donc pour les deux réalisatrices.
Synopsis : Cinq pensionnaires d’une maison de retraite de Jérusalem, ne supportent plus de voir leur ami malade souffrir. A la demande insistante de son épouse, ils se décident à construire une « machine pour mourir en paix » qui conduira le pauvre homme vers l’au-delà. Mais forcer le destin ne se révèle pas si simple……
Fin de Partie : Bande annonce du film
Fin de Partie : Fiche Technique
Titre original : Mita Tova
Date de sortie : 03 Juin 2015
Réalisateur : Sharon Maymon, Tal Granit
Genre : Comédie, Drame
Année : 2014
Durée : 95 min.
Interprétation : Ze’ev Revach (Ezéchiel), Levana Finkelshtein (Levana), Aliza Rosen (Yana), Ilan Dar (Dr. Daniel), Raffi Tavor (Raffi Segal), Yosef Carmon (Carmon),Hilla Sarjon (Noa)
Scénario : Sharon Maymon, Tal Granit
Musique : Avi Belleli
Photographie : Tobias Hochstein
Montage : Einat Glaser-Zarhin
Nationalité : Allemagne, Israël
Producteur : Moshe Edery, Leon Edri, Osnat Handelsman-Keren, Thanassis Karathanos, Talia Kleinhendler, Haim Mecklberg, Estee Yacov-Mecklberg
Maisons de production : Pie Films, 2-Team Productions, Twenty Twenty Vision Filmproduktion, United King Films, Pallas Film
Distribution (France) : Eurozoom
Retour à Ithaque : la sortie DVD du mardi 9 juin 2015 !
Synopsis : Une terrasse qui domine La Havane, le soleil se couche. Cinq amis sont réunis pour fêter le retour d’Amadeo après 16 ans d’exil. Du crépuscule à l’aube, ils évoquent leur jeunesse, la bande qu’ils formaient alors, les 400 coups qu’ils ont vécus à l’époque et la foi dans l’avenir qui les animait…
Sorti au cinéma en décembre 2014, Retour à Ithaque dresse le portrait d’une bande de quinquagénaires cubains qui se retrouvent à La Havane à l’occasion d’une fête pour le retour d’un des leurs. Installé en Espagne depuis 16 ans, Amadeo a décidé de rentrer à Cuba contre l’avis de ses camarades qui, forts de leurs expériences malheureuses, feront tout pour l’en dissuader. Retour à Ithaque est un huis clos riche en émotions de Laurent Cantet (Entre les Murs), sélectionné à la Mostra de Venise et au Festival de Toronto et qui a su ravir la critique.
Première : (…) un film théâtral et bavard.
Télérama : Les acteurs (…) filmés avec tact, apportent trouble, humour et émotion.
Les InRocks : (…) « Retour à Ithaque » embarque par la qualité de ses comédiens, et par le suspense autour du nœud central (dé)structurant la bande.
Fiche technique :
Créé par : Laurent Cantet en collaboration avec Leonardo Padura.
Titre français : Retour à Ithaque
Réalisation : Laurent Cantet
Pays d’origine : France
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h32
Date de sortie : 2014
Avec : Néstor Jiménez, Isabel Santos, Fernando Hechevarria, Pedro Julio Diaz Ferran, Jorge Perugorria
Jesse Eisenberg : star du box-office et symbole d’une génération
Un physique atypique et une carrière en or, Jesse Eisenberg, la trentaine à peine (32 ans en octobre de cette année), est une tête d’affiche que bon nombre de réalisateurs s’arrachent. Les raisons qui lui valent ces faveurs : un choix judicieux dans les films, de grandes qualités d’acteur, sans oublier ce minois qui n’est pas pour déplaire !
Une filmographie béton :
Avec une carrière débutée en 2002, Jesse Eisenberg ne perd pas de temps pour se hisser en tête du box-office en passant par des œuvres à succès. Après une série ratée au côté de Anne Hathaway (La famille Green), l’acteur tourne dans Le Village en 2003 puis dans Cursed en 2005, aux côtés de Christina Ricci, où il incarne un adolescent timide qui se transforme en loup-garou sexy et gonflé aux hormones. Sa prestation dans Les Berkman se séparent est récompensée aux Gotham Awards, et Jesse Eisenberg poursuit son ascension avec Charlie Banks en 2007 et Adventureland : un job à éviter en 2009. La même année, la comédie horrifique Bienvenue à zombieland est un succès international récompensé aux Fangoria Chainsaw et sa carrière décolle.
En 2010, The Social Network fait vibrer l’auditoire et la critique. Jesse Eisenberg accumule les récompenses : meilleur acteur aux festivals de Boston et Toronto et au National Board of review, meilleure distribution au festival d’Hollywood ainsi qu’à Phoenix, San Diego, Palm Springs et enfin meilleur acteur au National society of film critics awards et à l’Irish Film & Television.
Passionné d’écriture et de théâtre, le jeune acteur inscrit ensuite un Woody Allen à son CV avec To Rome with love en 2012 puis fait rêver le spectateur via son personnage de magicien dans Insaisissables en 2013. Après le thriller psychologique britannique The Double, le philosophique Nightmoves et le dramatique Plus fort que les bombes, Jesse Eisenberg est très attendu dans American Ultra, Batman V Superman, Insaisissables 2 et Zombieland 2 ! Preuve que ce garçon ne se repose pas sur ses lauriers…
Un succès mérité :
Jesse Eisenberg cueille aujourd’hui les fruits d’un travail assidu et rigoureux. Issu d’une famille modeste d’origine polonaise et ukrainienne, le jeune homme est passionné de comédie et débute sa carrière à Broadway à l’âge de 13 ans. Il se lance ensuite dans le cinéma à 16 ans mais doit davantage son succès à son perfectionnisme qu’à son physique de gringalet. Ainsi, pour son rôle dans Jewish Connection, l’acteur apprend l’hébreu tandis que pour The Social Network, il va jusqu’à enregistrer, apprendre et répéter avec la même volubilité toutes les citations de Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook.
Pour Insaisissables, Jesse Eisenberg explique : « J’ai étudié la magie, mais je l’ai surtout pratiquée. Beaucoup. L’illusion, c’est un peu comme la comédie : si faire un tour peut s’apprendre en cinq minutes, le réussir à la perfection exige des années. Où que j’allais, je prenais donc toujours un jeu de cartes avec moi. »
Ce volontarisme poussé à l’extrême trahit sans doute un manque de confiance chez le jeune acteur qui laisse derrière lui un adolescent angoissé et solitaire. À ce sujet, Jesse Eisenberg admet d’ailleurs que le cinéma est plus facile que la vraie vie et que la thérapie l’aide beaucoup à se socialiser. Mais cette détermination est aussi une preuve de passion et de courage qu’il tient de sa mère, une artiste clown.
« Ma mère se levait tôt pour s’entraîner, ce qui donnait probablement l’impression qu’elle était un peu cinglée mais elle m’a enseignée l’implication nécessaire pour faire quelque chose de créatif. », avoue l’acteur.
Cette sensibilité et son faciès juvénile et angélique lui confèrent toutefois un charme indiscutable. C’est ce look d’intello BCBG qui lui a valu ses rôles de surdoué ou de geek, symbole de la jeunesse actuelle – la fameuse génération Y – et qui n’est pas sans déplaire à la gent féminine.
C’est en toute discrétion, que sort sur nos écrans ce premier film de Josef Wladyka, produit par Spike Lee. Manos Sucias; en français « Les mains sales » est une plongée en apnée dans une Colombie gangrenée par la drogue. La caméra met en perspective le parcours de trois hommes, animés par la même motivation, celle de survivre dans cet enfer sur terre.
« De la confusion, naît l’émotion », c’est le premier sentiment, que l’on ressent face à une mise en place laborieuse, prélude à la quintessence du propos. Le spectateur, à l’image des deux hommes aux yeux bandés, se demande ou il se trouve, bien qu’il n’ait pas oublié les raisons qui l’ont conduit à pousser les portes des salles obscures. Par le biais d’un flash-back narratif, le réalisateur tente de réordonner le récit, mais en vain….Malgré cela, les éléments à découvrir auront leur plus grande importance pour la suite. En cédant à la mode du style documentaire, avec une caméra souvent prise de convulsions, la réalisation n’aide pas non plus, à apprécier les débuts de l’histoire.
Josef Wladyka nous embarqueà la découverte de Buenaventura en Colombie, où les rues transpirent la pauvreté. La jeunesse; semblable à celle de n’importe quel autre pays, rêve de gloire et d’argent; croit au foot ou au rap comme levier social. Aussi arrogante que pleine d’énergie, cette juvénilité est surtout victime de la misère économique du pays. Pour tirer son épingle du jeu, le trafic de stupéfiants qui vampirise toutes les strates de la société, semble la seule issue. L’environnement est violent, et cette violence n’épargne personne. Chacun doit lutter pour espérer vivre encore et surtout, mieux. Mais à l’instant, seul le profit compte, aux yeux du « jefe ». Le tristement célèbre « dieu dollar », reste l’unique maître à bord.
C’est dans ce contexte, que l’on retrouve Delio (Christian James Advincula), Jacobo (Jarlin Martinez) et un homme dont on ne connaîtra jamais le nom (Hadder Blandon). Les deux premiers semblent avoir un lourd contentieux à régler, tant ils se regardent avec une rage contenue. Le dernier est expérimenté, il est en quelque sorte le chef de cette livraison périlleuse de drogue. Lui est blanc, les deux autres sont noirs, les clivages racistes ne vont pas tarder à se faire sentir. Au détour d’une conversation anodine, censée déterminer qui de Pelé ou de Zico est le meilleur joueur de foot brésilien . La tension va monter d’un cran, avant qu’un drame, ne vienne briser définitivement le semblant de cohésion de l’équipe.
L’histoire décolle enfin, se change en huis clos, nous permettant de mieux cerner les personnages. C’est le calme avant la tempête. La beauté des paysages, la vue de cette mer bleu turquoise est trompeuse. Elle cache la misère, poussant chacun dans ses retranchements, au risque d’y perdre leur soupçon d’humanité qui subsiste péniblement. La poudre blanche est convoitée, tant elle génère de l’argent. Les habitants vivent dans la précarité la plus singulière et les milices paramilitaires sèment la terreur, jusqu’à devenir des dangers mortels. Pendant que les différents groupes s’entretuent dans les rues, l’état major, les politiques comme les barons de la drogue, récoltent les billets tous tâchés de sang. Mais le choix moral est-il toujours possible ? Ces gens n’ont plus rien à attendre d’une vie, où le futur semble aussi sombre, que le pessimisme de leurs regards.
La trame semble devenir classique, et laisse une impression de « déjà vu ». PourtantJosef Wladyka, évite de tomber dans la facilité et parvient au contraire à monter en intensité, rendant son film plus passionnant encore. Le lien qui unit ces deux hommes, ce passé commun, les rend attachants et l’appréhension de les voir tomber sous les balles saisie le spectateur. De l’embarcation aux motos rails, véritable symbole de l’inventivité humaine, le récit délaisse le drame pour se mouvoir en un thriller haletant.
Le réalisateur, qui remporta la bourse Spike Lee et lança un appel à financement sur Kickstarter, aurait pu transposer l’histoire à divers endroits du globe. mais il choisit à juste titre la Colombie, où les problèmes sociaux gangrènent particulièrement la population. Cet éclairage sur un pays constamment associé à la drogue et ses cartels, nous permet d’en apprendre davantage sur les conditions de vie de ces gens. Cela confère au film, un côté documentaire, entrouvrant également la porte du drame intrinséquement lié à leur quotidien. La production a mis à contribution les habitants de Buenventura, en leur offrant la possibilité de participer au film, ils ont directement profité de la médiatisation, pour évoquer de manière juste et véritable leurs propres conditions de vie. En parallèle, l’équipe du film a mis en place des cours d’alphabétisation. Cette initiative, démontre le côté humain de l’entreprise, et sa volonté profonde de faire évoluer les choses, en misant sur la prise de conscience. Sans oublier un casting composé d’étudiants du théâtre de l’université de la ville.
Ce premier long-métrage; même s’il n’est pas totalement maîtrisé; dégage une vérité et une sincérité touchante, dans les images, les mots et les échanges de regards de ces hommes. Josef Wladyka s’avère être un réalisateur à suivre. on comprend ainsi pourquoi Spike Lee s’est investi dans cette aventure, tant le film traite des mêmes thèmes qui lui sont chers.
Synopsis : Depuis le port de Buenaventura, ville la plus dangereuse de Colombie, trois hommes embarquent pour un voyage sur les eaux sombres du Pacifique. Ils transportent une torpille contenant 100 kilos de cocaïne. Avec un filet de pêche pour seule couverture.
Manos Sucias : bande-annonce
Fiche Technique : Manos Sucias
Manos Sucias – Colombie
Réalisation : Josef Wladyka
Scénario : Josef Wladyka et Alan Blanco
Distribution : Christian James Advincula, Jarlin Martinez, Hadder Blandon, Manuel David Riascos, Andrés Reina Ruiz, John Edward García, Javier Martinez, Ruben Dario Gomez, Jose Eliecer Romero, Fidel Olaya et Yesica Orobio
Musique : Scott Thorough
Photographie : Alan Blanco
Montage : Kristan Sprague
Production : Elena Greenlee, Márcia Nunes et Spike Lee
Sociétés de production : HEART-headed Productions, Kubotafilms, Straight Up Films et Tenacious Productions
Société de distribution : Pretty Pictures
Genre : Drame et Thriller
Durée : 84 minutes
Date de sortie : 03 Juin 2015
Dans le monde égocentrique des sitcoms américaines, Brooklyn Nine-Nine avait réussi à surprendre, lors de la première saison, en développant un ton fantasque et des personnages attachants. Malgré des audiences en deçà des espérances, la série revient avec de nouvelles aventures cocasses pour Jake, Boyle, Terry, Rosa, Amy et Gina, toujours sous le regard strict du capitaine Holt. Le plaisir des retrouvailles est bien présent, mais on peut regretter que la série se repose sur ses lauriers.
La première déception apparaît en ouverture, lorsque l’on se rend compte que le twist de la saison 1, qui promettait un changement de dynamique profond, est résolu en deux minutes et trente secondes pour laisser place à un retour du statu quo. A partir de là, les épisodes s’enchaînent et se ressemblent, provoquant toujours le rire, mais apportant peu de changement dans cet univers clos. Une succession de situations délirantes, de personnages hauts en couleur et d’acteurs invités le temps d’un épisode, tels Eva Longoria ou Craig Robinson. L’ensemble ne prend jamais le risque de remettre en cause sa structure ou son fond, et se conforme à un cahier des charges relativement efficace. En somme, une routine policière s’installe et finit par faire défaut à la série, notamment avec un dernier épisode qui se veut émouvant tout en se déroulant comme un épisode lambda, pour une conclusion, rapide, qui peine à convaincre.
Il y a tout de même quelques nouveautés sympathiques. L’évolution de la vie sentimentale de Rosa, la relation du groupe avec le rigide capitaine Holt, qui se décoince un peu (mais perd alors sa singularité attachante) ; sans omettre, non plus l’arrivée de Madeline Wuntch. Némésis du capitaine, l’affrontement entre les deux ne manque pas de sel, mêlant coups fourrés et répliques cinglantes avec deux acteurs qui s’en donnent à cœur joie. Malgré tout, Brooklyn Nine-Nine ne surprend que trop rarement et laisse le goût amer d’une série qui n’a pas eu le souci de se renouveler, préférant la sécurité d’un concept établi qui fit déjà ses preuves, et à maintes reprises.
Synopsis: La vie d’un commissariat de police dans le quartier de Brooklyn, New York, et de ses policiers aux caractères bien trempés.
Brooklyn Nine-Nine, saison 2: Teaser
Fiche Technique – Brooklyn Nine-Nine
Titre original : Brooklyn Nine-Nine
Titre français : Brooklyn Nine-Nine
Date de sortie : 2013
Nationalité : États-Unis
Création : Michael Schur, Dan Goor
Épisodes : 45 (21 min)
Interprétation : Andy Samberg, Andre Braugher, Terry Crew, Melissa Fumero, Joe Lo Truglio, Stephanie Beatriz, Chelsea Peretti…
Musique : Dan Marocco
Production : Fremulon, Dr. Goor Production, 3 Arts Entertainment, Universal Télévision
Distribution : 20th Century Fox
Budget : N.C
Genre : Comédie.
L’Éveil d’Edoardo est une comédie romantique italienne qui nous invite avec beaucoup d’émotion et tendresse dans l’adolescence. Ce film est le premier long métrage de Duccio Chiarini, réalisateur de Hit The Road, Nonna, un documentaire sur sa grand-mère sélectionné à la Mostra de Venise en 2011. L’Éveil d’Edoardo (Short Skin) raconte non seulement l’éveil sexuel d’Edoardo (Matteo Creatini, touchant dans ce rôle), un adolescent timide, sensible et intelligent mais il explore aussi le passage à l’âge adulte, l’éveil à la vie, à la liberté.
L’éveil à la sexualité
La première scène de L’Éveil d’Edoardo nous plonge d’emblée dans le vif du sujet : quelques années plus tôt, les parents d’Edoardo tentent, dans la douleur, de « nettoyer » le prépuce de leur fils. Une histoire de famille, semble-t-il, puisque la petite sœur assiste à la scène. Cette situation montre la proximité entre les membres de la famille mais elle marque aussi le début d’une longue période de douleur et de honte pour le jeune Edoardo.
La scène suivante du film nous projette une dizaine d’années plus tard, au moment de l’adolescence, période cruciale où cette gène physique va devenir un réel handicap pour Edoardo. L’été de sa dix-septième année, la sexualité est omniprésente : dans le discours de son camarade Arturo (Nicola Nocchi), dans le regard des jeunes filles qu’il côtoie, dans les relations et les propos des parents, jusqu’à la saillie de son propre chien ! Le sexe est sur toutes les lèvres, même celles de la petite sœur d’Edoardo qui, de son côté, transite de l’enfance vers l’adolescence.
Pour certains comme Arturo, l’acte sexuel est synonyme d’obscénités et les références pornographiques abondent (films, prostitutions, objets transitionnels). Pour d’autres comme les parents d’Edoardo, le sexe symbolise la trahison, la tromperie tandis que pour Edoardo, il est idéalisé car inaccessible et représentatif de son premier amour, Bianca (Francesca Agostini).
Le passage à l’âge adulte
L’Éveil d’Edoardo est avant tout une transition de l’adolescence vers l’âge adulte faite de prises de conscience (les faiblesses des parents d’Edoardo), d’autonomie et de responsabilités (le rendez-vous médical et l’opération, les aveux…). Cette période de la vie est particulièrement difficile car elle se traduit par des expériences délicates qui mènent parfois à des erreurs ou à des peines de cœur. La sensibilité d’Edoardo rend ce personnage d’autant plus touchant car il ressent une réelle empathie à l’égard des autres, qu’il s’agisse des filles ou de ses parents. Il est soucieux du ressenti d’autrui et des conséquences de ses actes, notamment avec Elizabetta (Mariana Raschillà), une jeune fille amoureuse de lui – preuve d’une grande intelligence qui sera accentuée par la scène des mots-croisés, lorsque Edoardo aide la grand-mère de Bianca.
Peu à peu, l’adolescent va prendre confiance, prendre des initiatives, bonnes ou mauvaises, avouer ses sentiments, avouer son handicap. Loin de décrire une adolescence rebelle, L’Éveil d’Edoardo capture une tranche de vie riche en émotions de toutes sortes. Le spectateur suit le jeune Edoardo de près, avec des plans serrés sur son corps fragile et gracile d’enfant qui a grandi trop vite. S’en est presque dérangeant d’intimité, de par ces corps nus et ce handicap, dérangeant de fragilité et de maladresse mais, c’est aussi très émouvant et tendre.
Chaque situation gênante se mue finalement en un acte pur et noble : en témoigne la rencontre éducative avec la prostituée, maternelle et rassurante, et cette volonté d’Edoardo de se garder pour celle qu’il aime. Car le jeune homme a des principes moraux très forts et la volonté de faire les bons choix. De ses erreurs, Edoardo tire une réflexion, se remet en question, s’assume. C’est un véritable parcours initiatique estival. On le voit changer d’avis à propos de son handicap et changer de statut dans ces relations. Edoardo se transforme, grandit, s’éveille à la vie, s’ouvre à l’avenir, s’épanouit. Libéré de ses complexes et de ses peurs, il devient autonome et prend son envol vers une vie étudiante loin du foyer : la fin d’une étape, le début d’une autre. Comme un éveil à la vie adulte.
Synopsis : Eduordo, adolescent de 17 ans timide et sensible passe l’été sur la côté italienne. Il retrouve Bianca, son amie d’enfance revenue pour les vacances et pour Edoardo a une affection sincère et Arturo, son meilleur ami, lourdaud et grossier. Les deux garçons nouent des liens avec les filles, chacun à leur manière, et si Arturo effraie ces demoiselles, la gentillesse et la finesse d’Edoardo les attirent. Pourtant, le jeune homme souffre d’un phimosis, une malformation bénigne du prépuce qui le handicape dans ses relations…
Fiche technique : L’Éveil d’Edoardo
Acteurs : Matteo Creatini, Francesca Agostini, Nicola Nocchi, Miriana Raschillà, Bianca Ceravolo, Bianca Nappi,
Réalisation :Duccio Chiarini
Scénario : Duccio Chiarini, Ottavia Madeddu, Marco Pettenello, Miroslav Mandic
Chef opérateur : Baris Ozbicer
Ingénieur son : Lacopo Pineschi
Décors : Ilaria Fallacara
Costumes : Ginevra De Carolis
Musique : Woodpigeon
Montage : Roberto Di Tanna
Producteurs : Babak Jalali, Duccio Chiarini
Vendeurs internationales : FILMS BOUTIQUE
Dans l’univers des séries anglo-saxonnes, le personnage du surdoué (ou, éventuellement, le personnage doté de capacités extraordinaires) est très à la mode. De Greggory House à Sherlock Holmes en passant par Patrick Jane. Scorpion vient s’insérer dans cette liste déjà bien fournie.
Synopsis : Walter O’Brien, un surdoué au Q.I. de 197, et d’autres surdoués comme lui sont souvent appelés par la Sécurité Intérieure pour résoudre des affaires compliquées et dangereuses.
Des génies
Scorpion est donc le nom de l’agence qui regroupe quatre génies : il y a donc Walter O’Brien (Elyes Gabel), le patron, qui se vante de son Q.I. de 197 mais qui est incapable d’exprimer le moindre sentiment, son côté rationnel ayant étouffé son aspect émotionnel. Il y a Happy Quinn (Jadyn Wong), la mécanicienne qui peut tout réparer ou construire mais qui se méfie des autres et refuse les contacts humains ; Sylvester Dodd (Ari Stidham) la « calculatrice humaine », capable de dire avec précision où tombera n’importe quel projectile mais rempli de toutes les phobies existantes et Toby Curtis (Eddie Kaye Thomas), médecin comportementaliste, très utile quand il s’agit de manipuler quelqu’un mais joueur invétéré.
À cela il faut ajouter deux personnages plus « normaux », Paige Dineen (Katharine MacPhee), une serveuse qu’ils vont embaucher comme porte-parole et dont le fils, Ralph, est lui-même un surdoué ; et Cabe Gallo (Robert Patrick), l’agent de la Sécurité Intérieure qui les accompagne et qui leur sert de bras armé.
À noter, pour les amateurs de NCIS Los Angeles, l’apparition du personnage de Hetty dans un des épisodes…
Là où la série se veut originale, c’est que les personnages existent réellement.
Des situations extrêmes
L’agence Scorpion est donc appelée dans des situations extraordinaires. Le premier épisode les voit tenter de régler un problème avec le logiciel employé dans les tours de contrôles, problème qui rend impossible l’atterrissage du moindre avion. Ils doivent combattre des criminels, mais aussi simplement des phénomènes naturels. Voilà qui est d’ailleurs bien reposant : Scorpion est une série où, globalement, les épisodes ne se ressemblent pas tous. Les situations diffèrent et cela permet d’échapper aux répétitions.
Par contre, il faut bien admettre que ce sont ces situations, et les solutions apportées par Scorpion, qui créent une des limites de la série : son absence totale de réalisme. Une voiture reliées par un câble électronique à un avion en plein vol, le réveil d’une personne qui n’a pas respiré depuis six minutes, les résolutions in extremis se multiplient, au mépris de la crédibilité bien souvent.
Capital sympathie
Mêlant suspense, action et humour, la série mise beaucoup sur un rythme très rapide qui ne laisse aucun temps mort. Cela se fait, une fois de plus, au détriment de la psychologie des personnages, qui sont tous très formatés, mais fort sympathique.Et, en effet, ici comme ailleurs, la série joue la carte de l’empathie avec ses personnages. On les trouve drôles et sympathiques, on leur donne quelques défauts pour les rendre plus humains, des douleurs personnelles enfouies (mais pas trop, pour que le spectateur puisse les repérer), des histoires d’amour potentielles, il n’en faut pas plus.
En conclusion, une série d’action mouvementées et drôle, pour spectateurs peu exigeants sur le plan du réalisme.
Scorpion : bande-annonce
Fiche Technique- Scorpion
Date de sortie : 22 septembre 2014 Nationalité : USA Création : Nick Santora Réalisation : Sam Hill, Mel Damski, Milan Cheylov, Bobby Roth, Christine Moore (II), David Grossman (III), Dwight H. Little, Gary Fleder, Guy Ferland, Jace Alexander, Jann Turner, Jeff Thomas, Jeffrey G. Hunt, Jerry Levine, Justin Lin, Kevin Hooks, Matt Earl Beesley, Omar Madha Scénario : Nick Santora, Nicholas Wootton, Paul Grellong, Rob Pearlstein, David Foster (IV), Elizabeth Beall, Alex Katsnelson, David J. North, Kim Rømer, Jay Beattie, Dan Dworkin Interprétation : Elyes Gabel (Walter O’Brien), Katharine McPhee (Paige Dineen), Robert Patrick (Cabe Gallo), Eddie Kaye Thomas (Toby Curtis), Jadyn Wong (Happy Quinn), Ari Stidham (Sylvester Dodd) Musique : NR Photographie : NR Décors : NR Montage : NR Production : Troy Craig Poon Sociétés de production : CBS, Perfect Storm Entertainment, S. B. Films Distribution : CBS Budget :NR Genre : action, suspens Nombre d’épisodes de la saison 1 : 22 Durée d’un épisode : 42’