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Downrange : le grand retour de Ryûhei Kitamura au cinéma !

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Le cinéaste japonais Ryûhei Kitamura est de retour avec un nouveau projet pour les besoins du septième art. Downrange s’annonce d’ores et déjà comme un film assez terrifiant et angoissant !

Ryûhei Kitamura (Versus, l’ultime guerrier, Azumi, Godzilla Final Wars, Midnight Meat Train) est de retour ! Le réalisateur japonais a terminé le montage de son nouveau film, Downrange, selon des informations de Mad Movies.

Le pitch s’annonce comme une bonne vieille recette des slashers traditionnels. Le véhicule d’un groupe de six étudiants va être victime d’une crevaison au beau milieu de nulle part. Malheureusement, ils vont être très rapidement la cible d’un mystérieux assaillant.

La rédaction de Mad Movies a relayé les propos de Ryûhei Kitamura sur ce futur long-métrage.

Même si j’ai déjà créé des films en décor unique, Downrange marque une évolution narrative pour moi, quelque chose où la terreur ambiante et étouffante sert de moteur à l’intrigue. On a confectionné une œuvre pleine d’angoisse et nous sommes très excités de la partager avec les fans d’horreur et de suspense du monde entier.

Le scénario a été co-écrit par Ryûhei Kitamura et Joey O’Bryan (Fulltime Killer, Triple Threat). Downrange a été entièrement tourné en anglais. Le casting réunit notamment les comédiens Jason Tobias (Bloodlines), Graham Skipper (Beyond the Gates), Alexa Yeames, Stephanie Pearson (Insidious : Chapître 2), Ikumi Yoshimatsu, Anthony Kiriew et Eric Matuschek.

Espérons donc que Ryûhei Kitamura n’a pas perdu la main et qu’il nous réserve de bien belles surprises dont lui seul a le secret avec Downrange. Aucune date de sortie aux USA ou en France n’a pour le moment été dévoilée.

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La Région Sauvage, un film d’Amat Escalante : Critique

Amat Escalante n’est pas un réalisateur qui a froid aux yeux. A l’image d’une certaine vague du cinéma mexicain qui voit en son sein, Michel Franco ou Carlos Reygadas, le cinéaste aiguise son style entre une forme documentariste austère et une violence visuelle sèche non loin d’une certaine  complaisance, à la fois esthétique et morale. Et La Région Sauvage continue le sillon tracé par Escalante, même si cette fois la violence du réel est suppléée par sa rencontre avec le fantastique, donnant alors une œuvre hybride et fascinante.

Pendant qu’Escalante nous décrit un quotidien morne et déliquescent, avec cette petite famille qui se liquéfie à cause des divers mensonges et d’une réalité sociale difficile, une cabane abandonnée au fin fond d’une forêt « originelle » cache en son antre une « chose » qui voit s’éclater toute forme de rationalité et qui va assouvir tous les plaisirs les plus primitifs: un alien, au graphisme tentaculaire, sorti d’une météorite venue s’écraser sur la Terre et qui fait l’amour comme personne. Comme un Dieu, dieu de la luxure, qui libère nos pulsions les plus enfouies. Dans sa manière de découper son film, La Région Sauvage ressemble un peu à Under the Skin. Les deux œuvres n’ont certes rien en commun dans leur sous-texte thématique même si elles placent la femme en leur épicentre, mais les réalisateurs ont la même approche quant à l’utilisation de la science-fiction : expliciter l’aspect fantastique et sa connotation sexuelle avec vigueur et violence dans une ambiance inquiète, tout en le catapultant dans un univers esthétique naturaliste flamboyant et documentariste.

La Région Sauvage n’est pas un film d’anticipation qui crée une mythologie, mais un film fantôme qui accroît son étrangeté tapie dans l’ombre, qui délite sa réalité pour mieux la contempler, et qui multiplie les scènes coup de poings pour démystifier leur vanité. Amat Escalante reste ancré dans le réel et n’écrit pas une œuvre de science-fiction à proprement parler. Le réalisateur mexicain garde un rapport très austère à sa description du quotidien : comme peut le faire un certain Michael Haneke. La Région sauvage est fait la plupart du temps de plans fixes, à la lumière naturaliste et sans aucun accompagnement sonore (ou presque). Le style est aride et assez opaque pour voir s’entretenir une certaine forme d’empathie pour ce qui se déroule à l’écran. C’est la limite du cinéma d’Amat Escalante, même si l’émotion lacrymale n’est pas du tout une volonté du mexicain, qui se veut plus nihiliste qu’autre chose. Qu’on se le dise, un cinéaste comme lui ou Carlos Reygadas sont des artistes qui aiment parler du Mexique et de ses dérives contemporaines. La beauté esthétique se fait sensorielle et aussi dérangeante. L’érotisme ésotérique du film est mélancolique (le chef op’ est celui de Lars Von Trier), démonstratif mais extrêmement froid dans sa mise en scène.

la-region-sauvage-film-Ruth-Jazmin-RamosTout comme dans Heli, la violence sociale et militariste ne peut être remplacée que par l’onde de choc qu’est le sexe, et le plaisir qui en découle. Et la Région Sauvage devient même la suite logique d’Heli, prend à bras le corps le thème de l’éveil sexuel et de l’acceptation de soi: la dernière scène nous montrait un couple en plein ébat sexuel, torride et libérateur. Sauf que là, les choses ont changé : le « couple » a grandi (ce n’est pas le même) et le rapport sexuel du couple est devenu une sorte de passage obligatoire, une action sans plaisir : tirer un petit coup devient aussi intéressant que se laver les dents ou faire la tambouille quotidienne pour les gamins. Cette misère des mœurs, agencée par l’âpreté journalière, entre le boulot et les gosses, peint avec férocité une société et une cellule familiale mexicaines qui marchent sur la tête et qui voient la femme être la victime de la pression contemporaine.

Comme dans l’œuvre de Jonathan Glazer, le fantastique est une métaphore de la réalité, celle d’une libération féminine dans un monde misogyne ou homophobe et qui aussi lie le sexe à la mort. Et même si le versant documentaire prend parfois le pas, Amat Escalante arrive à créer de réels personnages, notamment féminins, passionnants à regarder : comme cette femme addict, Veronica, au bord du précipice où le plaisir est aussi synonyme de mort; ou encore cette mère de famille qui tente de se retrouver en tant que femme. Alors qu’Heli était influencé par Larry Clark, La Région Sauvage se rapproche du Festin Nu de David Cronenberg et surtout de Possession de Andrzej Zulawski.

Car même si La Région Sauvage peut paraître parfois assez banal même si dénonciateur dans son écriture, avec ce trio amoureux, qui ne l’est pas réellement, où le mari trompe sa femme avec le frère de cette dernière, c’est bel et bien ce prisme surnaturel qui va irriguer toute la magie de La Région Sauvage. Car le drame social va basculer en enquête policière et en récit initiatique protéiforme. L’apparition de l’aspect fantastique permet à Amat Escalante de façonner des séquences marquantes, proche du Hentai (« Urotsukidoji »), et de mélanger le réel au mystique. Dans cette forêt, qui cache des partouzes d’animaux, la nature se fait plus foisonnante et dissimule aussi bien le plaisir que le mal incarné. La Région Sauvage est un film fort, frontal dans sa manière d’aborder ses sujets et qui détient une austérité un peu morne voyant s’immiscer en son antre une sexualité mortifère fascinante.

La Région Sauvage : Bande annonce

Synopsis : Alejandra vit avec son mari Angel et leurs deux enfants dans une petite ville du Mexique. Le couple, en pleine crise, fait la rencontre de Veronica, jeune fille sans attache, qui leur fait découvrir une cabane au milieu des bois. Là, vivent deux chercheurs et la mystérieuse créature qu’ils étudient et dont le pouvoir, source de plaisir et de destruction, est irrésistible…

La Région Sauvage : Fiche technique

Réalisation et scénario : Amat Escalante
Interprétation : Ruth Jazmin Ramos, Simone Bucio, Jesús Meza, Edén Villavicencio.
Image : Manuel Alberto Claro
Montage : Fernanda de la Peza
Décors : Daniela Schneider
Costume : Daniela Schneider
Producteur : Jaime Romandia et Amat Escalante
Société de production : Le Pacte
Distributeur : Le Pacte
Durée : 99 minutes
Genre : Drame, expérimental, hentai
Date de sortie : 19 juillet 2017

Nationalités mexicain, danois, français, allemand, norvégien, suisse

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Critique : Peggy Guggenheim, la collectionneuse, un film de Lisa Immordino Vreeland

Quarante ans après sa mort, la réalisatrice Lisa Immordino Vreeland revient sur la vie remarquable de Peggy Guggenheim, une légende artistique du XXe siècle.

Synopsis : Libre et avant-gardiste, Peggy Guggenheim a traversé les bouleversements du XXème siècle aux côtés d’artistes qu’elle a fait connaître mondialement. Elle a notamment révélé le talent de Jackson Pollock ou encore Max Ernst. Des entretiens inédits de Peggy Guggenheim ainsi que des témoignages d’artistes et de critiques d’arts mettent en lumière la vocation et la vie tumultueuse de cette grande collectionneuse et icône de l’art moderne.

Peggy Guggenheim, une avant-gardiste

Avis aux amateurs d’art, ce documentaire est fait pour vous. Du moderne au contemporain, ces deux périodes artistiques sont très largement mises en lumière à travers ce film, dédié à cette icône du XXe siècle.

peggy-guggenheim-la-collectionneuse-oeuvreCe documentaire est une biographie ouverte de Peggy Guggenheim. Construite en six parties, il s’agit d’une œuvre intégrale, sur la vie de cette artiste. Plus connue pour son musée, fondé sur le Grand Canal de Venise, que pour sa véritable personne, la vie de cette femme est aujourd’hui, quasi inexplorée. Ce documentaire permet ainsi, de reconsidérer l’artiste en tant que telle.

De son enfance, bercée par un univers familial richissime à son essor dans le monde artistique, Peggy Guggenheim a eu un parcours extraordinairement rare. Nous découvrons, grâce à de multiples témoignages, l’incroyable parcours de cette femme, décrite comme étant une autodidacte. Collectionneuse d’un genre nouveau, Peggy a consacré sa vie à l’amour de l’art. C’est auprès de Marcel Duchamp, pionnier dans l’art du XXe siècle, que cette femme s’est ouverte au monde abstrait. Ce documentaire, d’abord centré sur son parcours professionnel, insiste sur la dimension émotionnelle de son travail. Peggy Guggenheim a lutté, tout au long de sa vie, contre la vague de tristesse qui l’engouffrait. C’est le monde artistique qui a donc donné un sens à son existence.

L’histoire de cette femme est particulièrement touchante, dans le sens où elle est partie de rien pour arriver à un tout. Durant sa jeunesse, Peggy Guggenheim n’avait aucune réelle connaissance de l’art. C’est au fil de ses rencontres, de son acclimatation avec ce monde étranger, que l’artiste a compris que c’était à travers cette nouvelle passion, qu’elle pourrait être libre. Et justement, la liberté était à cette époque, plus que tout recherchée. On découvre durant ce documentaire, les blessures laissées par le totalitarisme, durant les années 1940. C’est justement pendant cette période de guerre que l’artiste a commencé à développer une incroyable collection. Elle a acquis au cours des années, une quantité impressionnante d’œuvres rares. À la fin de sa vie, le palmarès artistique de Peggy Guggenheim s’élève à 326 oeuvres d’art !

L’art et la sensualité : deux indissociables

« Si je devais compter mes relations, j’en mourrais. » Peggy Guggenheim.

Ce documentaire n’est pas uniquement dédié à l’incroyable collection de cette femme. C’est également un film personnel, intime et révélateur. Peggy Guggenheim aimait les artistes et ce film nous le montre bien. À travers son interview réalisée quelques temps avant sa mort, l’artiste se dévoile et révèle sa passion quasi obsessionnelle pour les hommes. De Max Ernst à Jackson Pollock, Peggy Guggenheim a fréquenté aussi bien professionnellement qu’intimement, de grands noms du monde artistique. Modèle de la femme libre, Peggy Guggenheim était sa propre création.

Ce documentaire est un voyage formateur, à travers l’incroyable parcours de cette icône féminine de l’art moderne.

Peggy Guggenheim, la collectionneuse : Fiche Technique

Titre original : Peggy Guggenheim
Réalisateur : Lisa Immordino Vreeland
Genre : Documentaire
Durée : 96 minutes
Distributeur Happiness Distribution / MK2 Distribution
Date de sortie : 26 juillet 2017
Nationalité : américain

Peggy Guggenheim, la collectionneuse : Bande-annonce

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Cold Skin : Xavier Gens a réalisé un long-métrage très Lovecraftien !

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Après s’être attelé au tournage d’un film sur l’exorcisme avec The Crucifixion, le réalisateur français Xavier Gens a réalisé une œuvre singulière. Cold Skin risque en effet d’attirer la curiosité des passionnés de littérature fantastique et des œuvres de H.P. Lovecraft.

Xavier Gens a renoué avec le cinéma de genre dans le cadre de son prochain film, Cold Skin, actuellement en post-production, selon des informations de Mad Movies. Ce projet, développé à l’origine par David Slade (30 jours de nuit), était basé sur un scénario d’Alex et David Pastor (Infectés). Xavier Gens a en réalité travaillé sur une nouvelle mouture du script finalement confié à Jesus Olmo (28 semaines plus tard).

Les spectateurs seront plongé dans la destinée d’un jeune officier irlandais, incarné par David Oakes (Les Borgias, The White Queen). Au lendemain de la Grande Guerre et de la boucherie des tranchées, il se rend sur une île proche de l’Antarctique afin de fuir la civilisation. Il a notamment l’intention de mener des expériences scientifiques et d’observer des phénomènes météorologiques. L’homme qu’il est censé remplacer est malheureusement introuvable. Son seul contact sera avec un gardien de phare assez dérangé. Le jeune officier va découvrir qu’à la nuit tombée des créatures qui défient l’entendement humain font leur apparition à la surface de l’île. L’homme du phare pourrait même avoir un secret très lourd à porter et inavouable avec ces créatures…

Les créatures à l’écran, l’atmosphère des années 1920 et l’intrigue vont séduire à n’en pas douter les amateurs des nouvelles fantastiques signées H.P Lovecraft. Cold Skin est en réalité l’adaptation de l’œuvre littéraire de l’auteur catalan Albert Sánchez Piñol, La pell freda (La peau froide), publiée en 2002. Ce film fantastique de Xavier Gens devrait sortir à l’automne 2017 aux USA. Aucune date de sortie en France n’est pour l’instant programmée.

Après s’être cantonné au genre horrifique pendant de nombreuses années avec Frontière(s), The Divide ou The ABCs of Death, Xavier Gens a récemment tourné un film moins oppressant. Il s’est attelé à la réalisation d’une comédie intitulée Budapest et écrite par Manu Payet. L’humoriste, originaire de La Réunion, sera au casting de ce film dont la sortie est prévue pour 2018. Budapest est produit par Labyrinthe Films. Manu Payet s’était confié sur cette comédie en avril dernier sur les ondes d’Europe 1.

Ce sera réalisé par Xavier Gens et pas par moi, car je suis trop par monts et par vaux pour mon spectacle. Je joue dedans, mais j’ai confié la réalisation finalement à un vrai réalisateur qui va nous faire un truc super, car c’est un mec qui a beaucoup de talent. Comme ça, je peux aller faire mon spectacle tranquillement pendant que le film se prépare. La préparation du film a déjà démarré. C’est l’histoire de deux garçons qui sortent de HEC, débauchés à peine sortis de l’école et qui travaillent dans de grandes multinationales. Ils s’emmerdent dans la vie. Ils n’ont pas une vie qui leur plait. Ils ont l’idée de créer la première boite qui organise des enterrements de vie de garçon à Budapest. Tu pars le vendredi, tu rentres le dimanche, et tu te maries. C’est une histoire vraie. Ces garçons existent et nous avons dîné avec eux hier soir, avec mon comparse Jonathan Cohen.

Cold Skin pourrait être présenté dans de nombreux festivals à la rentrée prochaine. La nouvelle incursion de Xavier Gens dans le cinéma de genre et dans le fantastique s’annonce assez envoûtante et visuellement très aboutie, l’affiche du film ressemblant à s’y méprendre à la représentation de Chateaubriand sur son rocher.

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Bande-annonce – Cold Skin de Xavier Gens – VO :

https://www.youtube.com/watch?v=I2dGYMNyXBU

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Campfire Creepers : Alexandre Aja tourne une série en réalité virtuelle avec Robert Englund

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Alexandra Aja, réputé pour ses incursions à Hollywood dans le cinéma de genre (les remakes de La Colline à des yeux, Piranha), s’est lancé un nouveau défi. Le réalisateur français aurait débuté le tournage d’une série assez innovante et immersive, Campfire Creepers. Âmes sensibles s’abstenir !

Alexandre Aja (Horns) a débuté le tournage d’une série d’un genre un peu particulier cet été. Campfire Creepers devrait être un hommage aux Contes de la Crypte. L’aspect novateur de cette série concerne son processus de diffusion qui va s’avérer très immersif et expérimental. Campfire Creepers est en effet une série en réalité virtuelle avec des plans en prise de vue réelle. Le cinéaste français, qui a permis à Kiefer Sutherland d’oublier le temps d’un tournage son rôle de Jack Bauer avec Mirrors, aura la double casquette de réalisateur et de producteur sur ce programme pour les studios VR Future Lighthouse. Casey Cooper Johnson et Martin Andersen sont à l’origine de ce projet et ont écrit la première saison.

Les spectateurs seront conviés à s’asseoir autour d’un feu de camp. Les jeunes campeurs présents au coin du feu vont se relayer et raconter chacun une histoire terrifiante. Les récits angoissants seront illustrés par des séquences riches en sensations fortes. Les utilisateurs du casque de réalité virtuelle vivront donc en totale immersion cette plongée dans les peurs les plus tenaces de notre enfance.

Le comédien Robert Englund fera une apparition dans l’un des épisodes de la série. Il a dévoilé une photographie du tournage sur son compte Twitter comme l’a révélé la rédaction de Bloody-Disgusting. L’inoubliable interprète de Freddy Krueger va incarner le « collecteur de crânes ». Le tournage de Campfire Creepers se déroule donc actuellement aux USA depuis le début du mois de juillet. Les premiers épisodes devraient être accessibles en exclusivité sur le marché à destination des casques Oculus pour la période d’Halloween, en octobre prochain.

Ce projet pourrait donc permettre de révolutionner les pratiques de découvertes et de visionnages des séries. Il y a quelques mois, la dernière mouture du jeu vidéo horrifique Resident Evil proposait également une expérience en réalité virtuelle. Le septième art et les réalisateurs de fictions se tournent de plus en plus vers ce nouveau média et ces outils technologiques fascinants à réserver aux amateurs de sensations fortes.

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Disenchantment : Matt Groening prépare une série médiévale déjantée pour Netflix

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Les fans nostalgiques de Futurama vont pouvoir se réjouir ! Matt Groening va développer une série animée pour adultes pour Netflix. Les premiers épisodes de Disenchantment sont attendus pour 2018.

Netflix pourrait avoir trouvé un moyen infaillible de convaincre les derniers irréductibles internautes qui ne sont toujours pas abonnés. La plateforme de SVOD du géant américain, qui vient d’atteindre la semaine dernière la barre symbolique des 100 millions d’abonnés à travers la planète, vient de publier un communiqué ce mardi qui va faire couler beaucoup d’encre.  Le créateur des Simpson, Matt Groening, va travailler sur une série animée pour adultes pour Netflix. Les premiers épisodes de Disenchantment seront accessibles en 2018.

Les personnages principaux Bean, une princesse alcoolique, Elfo, un elfe au sale caractère et Luci, un démon, vont marquer des générations entières de spectateurs. Netflix a dévoilé des éléments relatifs à l’intrigue et au cadre de la série. Disenchantment plongera les spectateurs dans le royaume médiéval de Dreamland. Des ogres, des lutins, des trolls et de nombreux humains idiots feront leur apparition dans ce programme qui s’annonce d’ores et déjà comme une version rock ‘n roll de l’heroïc fantasy.

Matt Groening a été directement cité dans le communiqué dévoilé mardi par Netflix. Le créateur de génie a tenu à évoquer la tonalité de la série et du projet.

Disenchantment parlera de la vie, de la mort, d’amour, de sexe, et du moyen de continuer à rire dans un monde plein de souffrance et d’idiots, malgré ce que les vieux, les magiciens et d’autres lourds vous disent.

La série sera l’œuvre des Rough Draft Studios qui ont déjà travaillé sur Futurama. La toute nouvelle série animée Disenchantment sera mise en ligne sur la plateforme de Netflix par tranches de dix épisodes. Netflix aurait commandé vingt épisodes pour la première saison selon des informations de la rédaction de Bloody-Disgusting. Disenchantment est produite par The ULULU Company pour Netflix. Matt Groening et Josh Weinstein auront également le rôle de producteurs exécutifs sur ce programme.

Les rôles des trois personnages principaux ont été confiés aux comédiens Abbi Jacobson (Bean), Nat Faxon (Elfo) et Eric Andre (Luci). Le reste du casting vocal regroupe les acteurs John DiMaggio, Billy West, Maurice LaMarche, Tress MacNeille, David Herman, Matt Berry, Jeny Batten, Rich Fulcher, Noel Fielding et Lucy Montgomery.

Matt Groening se lance donc dans un pari ambitieux et un partenariat avec Netflix qui pourrait s’avérer périlleux. Les Simpson, série créée en 1989, vont fêter leurs trente ans en 2019 grâce au contrat signé avec la Fox pour deux saisons supplémentaires. Les deux programmes phares de Matt Groening ont été couronnés de succès par le passé. Les Simpson ont été primés trente-deux fois aux Emmy Awards et Futurama à six reprises.

Disenchantment, sous ses airs de parodie médiévale, pourrait être une satire de l’Amérique sous l’ère Trump. Le géant américain de la SVOD a déjà lancé d’autres séries animées pour adultes comme Bojack Horseman ou bien encore F is for Family.

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Starship Troopers Traitor of Mars : la chasse aux insectes se poursuit façon manga !

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Les cinéphiles déçus du dernier volet d’Alien et de l’absence de Colonial Marines dans le film pourraient se réjouir du prochain projet d’invasion extraterrestre massive ! Un nouvel opus, un peu particulier, de la saga Starship Troopers s’apprête en effet à débarquer à la rentrée prochaine.

Une nouvelle bande-annonce du film Starship Troopers Traitor of Mars a récemment été dévoilée par la rédaction d’IGN. L’esthétique du film risque d’en surprendre plus d’un ! Ce projet est en effet un film d’animation en 3D, générée par informatique. L’aspect visuel du long-métrage, produit par Sony Pictures Entertainment, rappelle farouchement la japanimation et les mangas.

Les fans du film culte de Paul Verhoeven qui pourraient crier au scandale face à ce choix pourront se consoler avec la présence au casting vocal de Casper Van Dien et Dina Meyer. Les personnages de Johnny Rico et Dizzy Flores seront donc bien à l’affiche de ce film d’animation. Les deux soldats de l’espace vont avoir du pain sur la planche à nouveau ! Ils vont devoir repousser une invasion insectoïde sur la planète Mars. Starship Troopers Traitor of Mars est réalisé par Shinji Aramaki (Appleseed Alpha, Albator, corsaire de l’espace) et Masaru Matsumoto. Le scénario a été confié à Edward Neumeier (Robocop, Starship Troopers).

Le film sera accessible à la demande dès le 22 août prochain. Starship Troopers Traitor of Mars sera commercialisé aux USA en DVD et en Blu-Ray dès le 19 septembre. Ce film d’animation pourrait également bénéficier d’une sortie limitée dans les salles américaines lors de la soirée du 21 août.

L’œuvre littéraire de science-fiction de Robert A. Heinlein va d’ailleurs bénéficier prochainement d’un nouveau reboot en live action pour le compte de Columbia Pictures (Sony). Selon la rédaction du Hollywood Reporter, le scénario de cette nouvelle version de Starship Troopers a été confié à Mark Swift et Damian Shannon (Alerte à Malibu). Neal H. Moritz et Toby Jaffe (le remake de Total Recall) vont produire ce film. Ce projet s’annonce malheureusement moins fantasque et « badass » que la mouture de Verhoeven.

La franchise s’était achevée sur un direct-to-video en 2008 avec Starship Troopers 3 Marauder. Un premier film d’animation avait vu le jour en 2012, Starship Troopers Invasion, déjà confié à Shinji Aramaki. Ces deux films sont d’ailleurs accessibles sur le catalogue français de Netflix. Starship Troopers Traitor of Mars pourrait donc remettre la saga sur de bons rails avant le reboot de Columbia Pictures.

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Starship Troopers Traitor of Mars – Bande-annonce – VO :

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Walk With Me, un film de Lisa Ohlin : Critique

Nombreux sont les drames ayant pour thématique celle de l’handicap. Walk With Me de Lisa Ohlin tente de se démarquer de ces derniers en inscrivant au sein de son intrigue, deux univers opposés : la guerre et la danse. 

Synopsis : Thomas, soldat d’élite, perd l’usage de ses deux membres inférieurs à la suite d’une opération militaire. Il commence alors une longue rééducation. Il fait la connaissance de Sofie, une ballerine du Ballet Royal qui l’aide au fil des jours, à reprendre physiquement et moralement goût à la vie. De cette rencontre, naît alors une grande complicité…

Deux vies complémentaires

La souffrance d’un individu liée aux séquelles psychologiques d’un retour à la guerre est un sujet intemporel. Walk With Me a été inspiré par une rencontre entre Lisa Ohlin et  un combattant souffrant de problèmes post-traumatiques. Ce film est donc le fruit de l’expérience personnelle de la réalisatrice, et de sa volonté d’écrire un film, sur le combat intérieur de ces soldats

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Walk With Me, c’est la rencontre entre deux mondes opposés. Thomas et Sofie viennent de deux univers entièrement distincts : la guerre, caractérisée par la violence, et la danse, reflétée par la douceur. Pourtant, leurs personnalités se complètent jusqu’à devenir presque indissociables. Les danseurs étoiles, tels que Sofie, utilisent la maîtrise de leur corps pour aider les soldats blessés dans leur rééducation. Ce travail sur l’écoute de soi-même amène de nombreux questionnements tels que la rudesse de l’exercice physique et la persévérance, comme force mentale. Ces questions, Lisa Ohlin les a très largement traitées à travers cette réalisation.

Ce drame danois teinté d’une histoire d’amour est une ode à la vie. Construit autour de nombreuses allégories, Walk With Me brille par son originalité. La plus reconnaissable des métaphores est l’éveil sensitif des membres inférieurs de Thomas, et cela, par le biais d’une ballerine. Mais l’émotion du film se retrouve également dans la thématique de la perte. Qu’elle soit physique (amputation) ou mentale (décès), les personnages principaux subissent tout deux la douloureuse étape de la disparition.

De l’héroïsme à l’impuissance

Walk With Me est un drame explorant avec une grande profondeur, la faiblesse et la force mentale des soldats portant désormais le nom d’invalides. La symbolique de la renaissance y est particulièrement importante. En effet, l’intrigue est construite autour de l’autodestruction du personnage de Thomas. Ses jambes faisaient de lui le militaire intrépide qu’il était. Voyant du jour au lendemain son principal atout de guerre disparaître, le soldat amputé sombre dans un amas de colère. De cette soudaine désillusion, surgissent tout un tas de questionnements : la détresse humaine, l’incompréhension du présent et l’enfermement social.

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La figure héroïque qu’il vénérait tant laisse brutalement place à un profond dégoût de soi-même. Walk With Me est une plongée dramatique dans le cauchemar éveillé de cet homme Mais ce film est également la preuve que derrière chaque épreuve, se trouve une lumière. D’une rencontre inattendue peu naître un espoir. Et de cet espoir, peut renaître la vie.

Même si l’ambiance du film peut sembler particulièrement pesante par la dureté du sujet traité, la réalisatrice n’omet pas d’inverser la tendance. L’histoire d’amour, qui naît au fil du temps, apporte une certaine légèreté à l’intrigue et permet de dédramatiser la situation. Le combat personnel de Thomas se transforme alors en un corps-à-corps émotionnel des plus touchants.

En nous contant le sombre portrait d’un mutilé de guerre, Lisa Ohlin fait de ce film un profond récit sur la reconstruction humaine.

Walk With Me : Bande Annonce

Fiche technique : Walk With Me

Réalisée par : Lisa Ohlin
Acteurs : Mikkel Boe Følsgaard (Thomas), Cecilie Lassen (Sofie), Karen-Lise Mynster (Ruth), Silja Eriksen Jensen (Nina), Morten Holst (Jimmy), Dar Salimaas (Sami)
Assistants du réalisateur : Tue Czajkowski, Ida Gabrielsen
Directeur de la photographie : Lars Skree
Montage : Anders Nylander
Musique : Louise Alenius, Marcus Jarlbo, Sebastian Öberg
Régie : Lennart Storgaard
Directeur de production : Per Holst
Producteur délégué : Henrik Zein
Produit par : Asta Films
Genres : Drame, Romance
Durée : 1h 45min
Date de sortie : 26 juillet 2017

Danemark – 2016

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Critique saison 1 : Gypsy, une série créée par Lisa Rubin

Gypsy est la nouvelle série troublante de Netflix. Avec Naomi Watts en thérapeute au double visage en premier plan, Lisa Rubin assure dix épisodes passionnants qui entraînent le spectateur dans des aventures complexes et torturées.

Synopsis : Naomi Watts incarne Jean Halloway, une thérapeute new-yorkaise à qui le code déontologique a échappé puisqu’elle va à la rencontre des proches de ses patients et manipulent leurs vies.

Bourbon et introspection

Il est rapidement question d’identité dans Gypsy. À travers le personnage central tout d’abord, puisque Jean se fait appeler Diane Hart auprès de ceux qu’elle rencontre grâce à ses patients, mais aussi par le personnage qui joue sa fille. Plus à l’aise avec l’idée d’être un petit garçon, elle fait tout pour faire comprendre à ses parents qu’elle aimerait en être un. Cela passe par les activités et l’envie de se couper les cheveux ; idées que Jean a d’ailleurs du mal à accepter. Intéressant alors de voir comment une psychologue qui connaît l’importance de l’identité et du genre, va gérer cela alors qu’elle vit elle même avec des tourments identitaires, bien que différents. Le parallèle de ces deux personnages est passionnant à analyser si l’on s’attarde sur le point de vue psychologique que cela peut renfermer. La série passe plutôt en vitesse sur ses aspects qui relèvent de la psychanalyse et choisit un traitement de surface là où les dialogues pourraient être intenses et bousculer le psyché du spectateur. Tout est une question d’équilibre et si certains moments mériteraient d’être plus approfondis, d’autres satisferont largement les esprits torturés qui se réjouiront d’avoir la porte gypsy-naomi-wattsouverte à toute interprétation lorsque l’on plonge dans les sentiments et les pensées les plus intimes de Jean. Gypsy sort du système classique des séries et propose une immersion profonde dans l’esprit de l’héroïne.

Le milieu de la saison devient plus intéressant et moins lent que le début, l’attachement aux personnages donne au public l’impression d’avancer avec Jean dans sa propre vie et la peur qu’elle se fasse découvrir s’installe. Au même rythme que le cœur s’accélère, la pression psychologique qu’exerce l’héroïne sur ses patients se ressent à travers l’écran. De manière détournée et malsaine, elle contrôle leurs esprits en amenant leurs sentiments là où elle souhaite. Jean dirige leur vie et oublie toute morale et toute bienveillance en ayant pour seul but de préserver son petit jeu de double identité et de ne surtout pas être découverte car elle risquerait de tout perdre. Mais il semble qu’elle se perde très vite elle-même dans cette aventure complexe et imprévisible remplie de mensonges. L’obsession destructrice qu’elle subit face à Sidney, l’ex de l’un de ses patients, cause la perte de sa propre identité et fait ressortir le pire de sa personnalité. Manipulation, perversité, tout se mélange de manière négative et angoissante. Jean/Diane erre dans ses propres pensées ; l’excès de rêverie et de fantasme la fait sombrer dans une déraison étouffante dont elle ne parvient pas à sortir. Naomi Watts transmet ce trop-plein d’angoisse et de délire à travers un jeu incroyable en solitaire. Sa perversité narcissique est renversante.

On notera également l’intelligence de la créatrice qui rappelle habilement qu’une mère de famille ayant un mari et un enfant et qui semble tout avoir pour elle, peut avoir besoin d’un peu de folie et d’exotisme. Alors, même si le goût de l’héroïne pour la morale et l’éthique est totalement absent, on apprécie de voir le point de vue d’une femme au premier plan.

Entre rêve et réalité

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Parvenir à entraîner le spectateur dans des moments d’introspection aussi intenses se rapproche presque de l’envoûtement ou de l’hypnose. Mots qui s’accordent très bien avec l’ambiance assez planante qui règne sur la série. À la fois captivant et haletant, le rythme des épisodes ferait presque émaner les effluves de parfum de l’écran. Grâce à l’évocation et au désir suggérés sans cesse dans les regards ou les respirations, un érotisme fou se dégage des personnages. Les acteurs rendent leurs pensées transparentes et pourtant inatteignables. Les silences ont, comme souvent, toute leur importance, et la réalisatrice de 50 shades of Grey les sublime encore une fois. Gypsy révèle une tension psychologique et sexuelle permanente. Le sentiment d’être en dehors de la réalité est récurrent, c’est là la grande réussite de la série. Les liens et les relations entre les personnages enivrent les spectateurs. Les lois de l’attraction s’animent pour provoquer l’ivresse du désir, l’euphorie de se voir dans l’autre. L’intimité est capturée par la caméra grâce à des gros plans qui filment toujours l’extase avec délicatesse.

Avec une fin aux airs de thriller psychologique et un discours très juste sur le harcèlement résumant à la perfection ce que peut ressentir l’héroïne, Gypsy frappe fort les esprits pour cette première saison avec en plus : deux sourires de fin qui en disent long sur ce qui nous attend, et surtout qui nous donnent envie de vite découvrir la suite des aventures de Jean.

Gypsy : Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=BHyQrSMuzkI

Gypsy : Fiche Technique

Crée par : Lisa Rubin
Distribution : Naomi Watts, Billy Crudup, Sophie Cookson, Lucy Boynton, Melanie Liburd
Réalisation : Sam Taylor-Jackson
Scénario : Lisa Rubin
Producteurs : Rudd Simons, Brad Carpenter
Sociétés de production : Universal Television, Working Title Television
Format : 52 minutes
Nombre d’épisodes : 10
Diffusée sur : Netflix
Genre : drame, thriller

Premier épisode : 30 juin 2017

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Dunkerque, un film de Christopher Nolan : Critique

Sous couvert de narrer l’enfer de l’Opération Dynamo, événement méconnu mais pourtant capital de la Seconde Guerre Mondiale, Christopher Nolan préfère avec Dunkerque s’aventurer sur le versant de l’immersion et du « survival » en livrant un film aux airs d’expérience sensorielle. Un choix d’autant plus audacieux qu’à travers ce mécanisme emprunté à Alfonso Cuaron (Gravity) ou Alejandro Gonzalez Innaritu (The Revenant), le britannique arrive à faire de cette odyssée guerrière, son film le plus personnel.

Au cinéma comme à la guerre, la perception a toujours joué un grand rôle. Ce n’est donc pas un hasard si Christopher Nolan s’est emparé de l’Opération Dynamo pour son nouveau film ; l’évacuation de la ville du Nord par 400 000 soldats anglais en Mai 1940 étant perçu différemment selon l’angle où l’on se place. D’un coté, une débâcle militaire sans précédent. De l’autre, une victoire avant tout d’ordre moral dont se servira Churchill pour galvaniser une population britannique apeurée. Une dualité qu’on retrouve jusque dans la mouture concoctée par le cinéaste : le film s’efforçant d’être hybride, naviguant tantôt entre « trip » sensoriel tétanisant et la volonté de se rattacher au wagon d’une filmographie mue d’un profond désir d’ébranler le médium cinéma jusqu’à la racine. Car la plus belle réussite de Dunkerque, outre sa patte esthétique, est bien d’incorporer tous les fondements du film de guerre en son sein, sans paradoxalement jamais en être un.

Quand Gravity rencontre Il Faut Sauver le Soldat Ryan

film-review-dunkirk-kenneth-branagh-film-dunkerque-nolanCela peut sembler clairement absurde de lire ça, mais le fait est qu’avec Dunkerque, jamais Nolan n’aura semblé aussi désireux de se dissocier du genre qu’il met en scène. Dans sa trilogie du Batman déjà, on sentait son besoin de soumettre cette icône de la pop-culture à un monde terriblement moderne. En clair, le vider de sa substance fantastique, de son contexte. Ici, même rengaine. Passé un petit écriteau introductif rappelant pourquoi 400 000 soldats anglais sont parqués sur la plage dunkerquoise, que le film décolle sans jamais retomber ensuite. Et ce, pendant près de 90 minutes. La guerre n’est donc qu’un prétexte, un artifice, une illusion pour ce qui est le véritable objet du film : la survie. Débarrassé de sa veine historique et réduit à un seul mot -la fuite-, l’intrigue tend alors à la pure abstraction. A l’épure. L’ennemi est omniprésent mais on ne le verra (quasi) jamais. Les dialogues sont réduits au strict minimum -les regards des soldats apeurés suffisent- le sang ne jaillira presque pas. De quoi lui permettre d’emballer avec la précision d’un orfèvre une leçon de survie, de cinéma, de maîtrise, de tension ; quitte à faire (presque) disparaitre l’écran. A tel point que ce gigantesque bourbier semble être palpable, que ces soldats pour la plupart anonymes ne sont plus des personnages mais bien des compagnons d’infortunes, que le bruit fait par le voisin de derrière est celui d’une torpille qui aurait déchiqueté votre siège. Bref, que vous soyez plongés en enfer, le tout, sans aucune échappatoire qu’attendre le générique de fin. En cela, le film surprend. Il désarçonne même. Car si l’image est comme à l’accoutumée sublime avec Nolan, c’est bien le son qui est à l’aune du procédé immersif de Dunkerque. Tonitruant voire assourdissant, le son et par extension la musique composée par Hans Zimmer, constituent le personnage principal du film. Ce n’est pas Tommy (Fionn Whitehead) ou le leader des One Direction, Harry Stiles, qui oseront dire le contraire, tant l’outil sonore, utilisé jusqu’à l’épuisement ici, transcende les images et imprime sur elles cet inextinguible sentiment d’urgence, ce feu sur la nuque, cette mort qui rode, qui se cache partout. Et pourtant, passé la surprise de ce procédé, force est d’admettre que le Sieur Nolan nous avait préparé depuis ses débuts à ce coup d’éclat.

Dunkerque-film-debarquement-operation-plage-DynamoLe film-somme de Christopher Nolan

film-review-dunkirk-tom-hardy-cinema-critique-christopher-nolan-movieDepuis Memento déjà, on le savait en effet très porté sur l’expérimentation. Et encore plus quand elle touche au temps. Inception en faisait une belle démonstration, quand Interstellar en venait carrément à l’introduire comme pierre angulaire de son script. Dunkerque parachève cette idée en prenant à bras le corps cette volonté de pulvériser le facteur temps de l’intérieur. Car au fond, qu’est-ce que le temps au cinéma ? Un artifice utilisé pour irriguer une histoire, la mener à son terme. Ici, comme pour mieux souligner le chaos ambiant mais aussi l’héroïsme des aviateurs, plaisanciers ou juste soldats, Nolan se risque donc à alterner 3 temporalités, elles-mêmes contenues dans des éléments différents. D’abord la terre (1 semaine), puis la mer (1 journée) et enfin les airs (1 heure). Un procédé audacieux, si ce n’est kamikaze, qui contre toute attente fonctionne de manière assez miraculeuse, grâce à un adroit sens du timing. Au fur et à mesure que le film égraine les minutes, les implications de chacun se rejoignent, les scènes multiplient les points de vue quitte à épouser le maître-mot sur lequel se repose le film : la perception. A ce titre, il n’est pas anodin de voir le Sieur Nolan avoir emballé son projet dans un format, encore une fois, rarissime. Vu la différenciation évidente de perception existant sur un objet donné, quoi de mieux que de pouvoir convoquer quelques spectateurs triés sur le volet pour qu’à leur tour, ceux-ci perçoivent Dunkerque comme l’a pensé initialement Nolan. De quoi penser que si les copyright avaient empêché le titrage Dunkerque au projet, le terme « perception » aurait été parfaitement valable, tant l’expérience proposée par le film n’a aucun équivalent existant.

Autant plongée en apnée dans l’enfer de la guerre que pur trip expérimental, Dunkerque est une expérience de cinéma totalement dingue et un grand film. Chef d’œuvre !

Dunkerque : Bande-Annonce

Synopsis : Au début de la Seconde Guerre Mondiale, en Mai 1940, environ 400 000 soldats britanniques, canadiens, français et belges se retrouvent encerclés par les troupes allemandes dans la poche de Dunkerque. L’Opération Dynamo est mise en place pour évacuer le Corps Expéditionnaire Britannique (CEB) vers l’Angleterre. L’histoire s’intéresse aux destins croisés de soldats, pilotes, marins et civils anglais durant l’Opération Dynamo. Alors que le CEB est évacué par le port et les plages de Dunkerque, trois soldats britanniques, avec un peu d’ingéniosité et de chance, arrivent à embarquer sous les bombardements. Un périple bien plus grand les attend : la traversée du détroit du Pas de Calais.

Dunkerque : Fiche Technique

Titre original : Dunkirk
Titre français : Dunkerque
Réalisation et scénario : Christopher Nolan
Casting : Fionn Whitehead (Tommy) ; Mark Rylance (M. Dawson) ; Jack Lowden (Collins) ; Kenneth Branagh (Commandant Bolton de la Royal Navy) ; Harry Styles (Alex) ; Tom Hardy (Farrier, pilote de la Royal Air Force) ; Tom Glynn-Carney (Peter) ; Aneurin Barnard (Gibson) ; Cillian Murphy (le soldat tremblant) ; James D’Arcy (capitaine Winnant du CEB) ; Barry Keoghan (George)
Direction artistique : Kevin Ishioka
Décors : Nathan Crowley
Costumes : Jeffrey Kurland
Photographie : Hoyte van Hoytema
Casting : John Papsidera et Toby Whale
Musique : Hans Zimmer
Montage : Lee Smith
Effets visuels : Double Negative
Production : Christopher Nolan, Emma Thomas, John Bernard
Producteur délégué : Greg Silverman
Sociétés de production : Syncopy Films, RatPac-Dune Entertainment, StudioCanal et Warner Bros.
Société de distribution : Warner Bros.
Langues originales : anglais, français, allemand
Genre : drame historique, action, thriller, guerre
Durée : 107 minutes
Dates de sortie : 19 juillet 2017

États-Unis- 2017

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Dunkerque, Baby Driver : Les films à voir ce week-end du 22 juillet 2017

Chaque semaine, une dizaine de nouveaux titres se partagent l’affiche. Dur de s’y retrouver. Heureusement, CineSeriesMag fait le tri pour vous. Ce week-end, on vous conseille Dunkerque et Baby Driver.

Cette semaine est marquée par le grand retour de deux auteurs forts appréciés chez nous, aux styles pourtant éloignés, à savoir Christopher Nolan et Edgar Wright. Le second signe son retour derrière la caméra après sa fameuse « Trilogie du Cornetto » close en 2013 avec Le Dernier Pub avant la fin du monde, tandis que le premier nous avait scotchés avec Interstellar, déjà époustouflant. Autant dire que leurs deux nouveaux films étaient fort attendus, et la déception aurait pu être très grande. Il n’en est rien.

On vous le dit d’entrée : Dunkerque mérite d’être vu au cinéma. La guerre, filmée par Christopher Nolan, tourné en 70mm IMAX, est ici plus que jamais immersive, tout en étant une véritable expérience sensorielle, rappelant ainsi Gravity ou The Revenant. Pour les fans du réalisateur, il s’agit là peut-être du film-somme de Christopher Nolan.
A l’inverse, Baby Driver est un film pop, certes, mais également une véritable leçon de montage et de mise en scène. Fidèle à lui-même, il rend hommage aux films de genre, à la musique et au cinéma en général. On serait presque tenté de parler de comédie musicale tant chaque scène est parfaitement chorégraphiée et en accord avec la musique. Un grand divertissement.

Toujours à l’affiche

Vous pouvez également rattraper le retour d’un autre grand maître du cinéma, Terrence Malick. Aussi détesté qu’adulé, le réalisateur de La Ligne Rouge et de The Tree of Life revient avec Song to Song, avec les stars Michael Fassbender, Rooney Mara, Ryan Gosling et Natalie Portman. Dans la lignée de A la merveille ou de Knight of Cups, Malick revient petit à petit à la narration tout en poursuivant sa quête du sublime.
Le retour encore de Emir Kusturica avec On the milky road, en tournage depuis 2013, avec Monica Bellucci, qui signe un conte baroque et survolté, en plein dans le réalisme magique. Le réalisateur se met en scène dans les paysages des Balkans, déchirés par une guerre meurtrière.
On vous recommande également The Circle avec Emma Watson et Tom Hanks. Véritable regard sur notre rapport à la modernité, nous voilà plongé au cœur d’un complot qui pose question : faut-il préférer la liberté ou la transparence ?
Enfin, le dernier cru Marvel Spiderman : Homecoming, également reboot des anciens films de l’homme-araignée, constitue une belle réussite, sans toutefois s’éloigner trop des autres films du MCU. Et ne loupez pas les deux scènes post-génériques !

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Baby Driver : Musique de Steven Price, tracklist de la Bande originale

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Baby Driver est une chorale, une sorte de « comédie musicale post moderne ». Pendant que les drifts font crisser les pneus sur le bitume, la bande sonore du film d’Edgar Wright fait vivre la caméra, et les mélodies font s’emboiter les plans les uns avec les autres. De toutes les œuvres vues cette année, Baby Driver est l’une de celles qui fait le mieux vivre la musicalité en son sein. La caractérisation des personnages, leurs actions, la réalisation, le montage, tout passe par leur enchevêtrement avec une bande sonore dont la prégnance fait toute la virtuosité et l’originalité d’une œuvre à la dynamique captivante.

Car même si le film s’avère parfois léger dans sa puissance dramatique, le fil rouge thématique musical prend tout son sens. Une comparaison vient rapidement en tête mais parait tellement évidente qu’elle en est inévitable : celle entre Drive et Baby Driver. Nicolas Winding Refn voulait faire de son Driver, un mec qui déambule la nuit, dans sa voiture, en écoutant de la pop music. Baby Driver tombe également dans cette idée, celle de mettre sur un même piédestal le fait d’écouter de la musique pop et de conduire à toute berzingue. Mais le cinéaste danois se servait de la musique comme pur instrument auditif, à la fois pour adoucir la pesanteur de son film et dévoiler les émotions de ses personnages.

Le réalisateur britannique, lui, va plus loin dans sa démarche : la bande sonore n’est pas un personnage du film mais devient presque le script du film : atteint d’acouphène après un accident lors de son enfance, Baby écoute toujours des chansons avec ses multiples Ipod. Toujours avec ses écouteurs sur les oreilles, il vit au rythme d’une bande son rock/blues qui swingue à mort. Il marche en dansant, il parle en écoutant de la musique et suit les ordres de ses comparses sous les vibrations des beats et ; surtout, il ne conduit jamais sans une ribambelle de chansons. Pour sentir le pouls de son environnement, et pour surtout être dans le même tempo, pour s’accorder avec le rythme inhérent aux mélodies, qui devient par la même occasion, le rythme d’action et le leitmotiv de son personnage principal.

Les chansons qu’il écoute ne sont pas simplement une possibilité de rêvasser : c’est pour lui au contraire une façon de rentrer dans le monde réel et aussi, malheureusement, de ressasser des souvenirs dévastateurs. Il aime enregistrer les discussions des autres pour les agencer en chansons sous forme de cassettes. Comme cet exemple frappant, où Baby rate le début de la chanson alors qu’il commence un braquage, et revient en arrière pour permettre à ces collègues braqueurs de commencer leurs pillages. Baby Driver est un long métrage qui transpire l’envie de faire cohabiter les mélodies avec ses personnages. La bande sonore, où l’art musical en général, sert de vecteur narratif au récit, car il décrit les émotions de ses protagonistes mais sert aussi de force centrifuge à la mise en scène. D’ailleurs, l’histoire d’amour vécu entre Baby et Deborah prend naissance alors que cette dernière chantonnait dans son coin. Sans parler du fait que la mère défunte du personnage était aussi chanteuse.

Baby Driver est un hymne à cet Hollywood, à une forme de musique aussi populaire qu’intime. Baby Driver n’est pas un produit commercial qui distille des immenses tubes pop comme pouvait le faire le désastreux Suicide Squad pour cacher la médiocrité du résultat final. Ni un produit qui joue sur la fibre nostalgique comme peut le faire les Gardiens de la Galaxie pour se donner une image « cool ». Non Baby Driver montre un véritable amour pour une bande sonore éclectique qui se superpose toujours à la situation en question, modulant sans vergogne la rapidité du montage et la tension même instituée par la séquence. Dans Baby Driver, les partitions sont les yeux de la caméra du film et les mélodies sont les mouvements du cadre : la bande sonore du film ne sert pas uniquement à donner une énergie à la scène mais devient la structure composite même de la séquence, comme durant les premières minutes du film qui nous présentent la première scène de braquage et de fuite. Comme avait pu le faire Drive de NWR.  Chaque chanson donne un sens à la scène qu’elle accompagne , comme si le film était écrit comme un album de musique. Même si l’omniprésence de la BO peut en gêner certains, Baby Driver ne tombe jamais dans le piège du clip show, où la chanson ne sert que de décoration contemplative ou atmosphérique au métrage. Il est rare de voir des films qui utilisent la musicalité de façon aussi littérale.

Car même si La La Land était une très bonne comédie musicale avec tout ce que cela comporte et même si Song to Song y allait de son point de vue sur l’univers du rock contemporain, Baby Driver passe la cinquième et crée une vraie dynamique filmique et une juxtaposition parfaite entre le rythme sonore et le montage scénique : que cela soit durant les scènes de conduite ou même durant les scènes d’expositions des personnages. A ce moment là, le personnage est à l’image de son métrage : l’un et l’autre ne peuvent pas vivre sans chansons et ne peuvent passer les vitesses qu’en suivant les pulsations de ses « songs ».

Musique Baby Driver Tracklist

01. Jon Spencer Blues Explosion – “Bellbottoms”
02. Bob & Earl – “Harlem Shuffle”
03. Jonathan Richman & The Modern Lovers – “Egyptian Reggae”
04. Googie Rene – “Smokey Joe’s La La”
05. The Beach Boys – “Let’s Go Away For Awhile”
06. Carla Thomas – “B-A-B-Y”
07. Kashmere Stage Band – “Kashmere”
08. Dave Brubeck – “Unsquare Dance”
09. The Damned – “Neat Neat Neat”
10. The Commodores – “Easy (Single Version)”
11. T. Rex – “Debora”
12. Beck – “Debra”
13. Incredible Bongo Band – “Bongolia”
14. The Detroit Emeralds – “Baby Let Me Take You (in My Arms)”
15. Alexis Korner – “Early In The Morning”
16. David McCallum – “The Edge”
17. Martha Reeves & The Vandellas – “Nowhere To Run”
18. The Button Down Brass – “Tequila”
19. Sam & Dave – “When Something Is Wrong With My Baby”
20. Brenda Holloway – “Every Little Bit Hurts”
21. Blur – “Intermission”
22. Focus – “Hocus Pocus (Original Single Version)”
23. Golden Earring – “Radar Love (1973 Single Edit)”
24. Barry White – “Never, Never Gone Give Ya Up”
25. Young MC – “Know How”
26. Queen – “Brighton Rock”
27. Sky Ferreira – “Easy”
28. Simon & Garfunkel – “Baby Driver”
29. Kid Koala – “Was He Slow (Credit Roll Version)”
30. Danger Mouse (feat. Run The Jewels and Big Boi) – “Chase Me”

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