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10 ans déjà de Jaimie Linden : en DVD depuis le 6 juin

Avis aux fans incontestés de la comédie romantique américaine : ce film est fait pour vous ! Loin de se classer dans la liste des meilleures romances, 10 ans déjà de Jaimie Linden est un film choral relativement simpliste mais idéal pour une soirée détente. 

Synopsis : Un groupe d’amis se revoit dix ans après leur étude. Certains sont restés en contact, pour d’autres, c’est les retrouvailles. La dernière occasion aussi pour raviver la flamme ou pour la déclarer… 

On s’était dit rendez-vous dans dix ans

10 ans déjà, c’est un peu l’incarnation de cette chanson populaire. Un jour, une heure et un lieu de rencontre. Mielleuse à souhait, cette comédie sentimentale incarne tout ce qu’il y a de plus ordinaire : une dose d’humour mêlée à un amas d’émotions. Bref, un scénario des plus prévisibles. 

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Pourtant, on s’y laisse rapidement guider. Peut-être parce qu’il existe dans ce film une dimension universelle et intemporelle. En effet, qui n’a jamais pensé un jour, reprendre contact avec son ancien groupe d’amis ? Que sont-ils devenus ? Ont-ils changé ? Ces questions, nous nous les sommes tous déjà posées. Le casting de 10 ans déjà est à l’image de cette romance : Channing Tatum, Chris Patt, Kate Mara ou encore Justin Long, autrement dit, des acteurs  de genre, tous habitués à la comédie américaine.

Malgré une romance des plus classiques, on y retrouve certains moments phares tels que la scène mélodieuse de Never Had, interprétée par Oscar Isaac. 10 ans déjà est une comédie bon enfant, à découvrir seul ou entre amis, pour un moment de simple distraction.

10 ans déjà : Bande-Annonce

Caractéristiques techniques du DVD

  • Réalisateurs : Jaimie Linden
  • Acteurs : Channing Tatum, Chris Pratt, Oscar Isaac, Kate Mara, Jenna Dewan Tatum, Rosario Dawson, Justin Long
  • Durée : 1h36

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  • Image : Couleur
  • Audio : Dolby Digital 5.1
  • Format écran : 16/9
  • Editeur : L’ATELIER DE L’IMAGE
  • Date de l’oeuvre : 1 janvier 2017
  • Date de sortie : 6 juin 2017
  • Langues : Français, Anglais sous-titres Français
  • Support détaillé : Amaray, Fourreau
  • Zone : 2

Prix : 14.99€

10 ans déjà est disponible en DVD sur Amazon.fr :

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Cherchez la femme, un film de Sou Abadi : Critique

Cherchez la femme, le long métrage de Sou Abadi, souffre des défauts d’un premier film mais réussit à lier humour et bienveillance et à déjouer les pièges de la comédie française pour captiver les spectateurs.

Synopsis : Armand et Leila, étudiants à Science Po, forment un jeune couple. Ils projettent de partir à New York faire leur stage de fin d’études aux Nations Unies. Mais quand Mahmoud, le grand frère de Leila, revient d’un long séjour au Yémen qui l’a radicalement transformé, il s’oppose à la relation amoureuse de sa sœur et décide de l’éloigner à tout prix d’Armand. Pour s’introduire chez Mahmoud et revoir Leila, Armand n’a pas le choix : il doit enfiler le voile intégral ! Le lendemain, une certaine Schéhérazade au visage voilé sonne à la porte de Leila, et elle ne va pas laisser Mahmoud indifférent…

Sou Abadi dresse le portrait d’une France de diversités grâce à un trio de jeunes comédiens totalement à leurs places. Camélia Jordana est très agréable pour son premier film et Félix Moati confirme sa légitimité dans la comédie française après LOL ou encore À trois on y va. Anne Alvaro est géniale dans son rôle d’ancienne rebelle contre le pouvoir iranien reconvertie en féministe passionnante. Issu de la série SODA, William Lebghil est aussi très convaincant dans l’habit du grand frère de retour du Yemen et tyrannique avec sa soeur. Contrairement aux comédies françaises qui ont souvent peur de froisser ou qui ne traitent pas les sujets en profondeur, Cherchez la femme ose et ça fait du bien. Malgré quelques raccourcis et quelques excès non nécessaires et peu réalistes que l’on mettra sur le dos d’un premier film, ce long-métrage de la réalisatrice d’origine iranienne possède toutes les qualités que l’on réclame dans la comédie française.

Camelia-Jordana-Felix-Moati-William-Lebghil-film-cherchez-la-femme-critique-cinemaVendue comme la comédie gonflée du mois de juin, Cherchez la femme est un film dont le public français peut se réjouir. Si depuis deux ans le pays a bien appris quelque chose des drames qu’il a vécu, c’est qu’il est important de rire de tout, de toujours dédramatiser et que rien ne doit être tabou. La réalisatrice l’a bien compris. L’islamisme radical ou le voile intégral sont des sujets sensibles au sein de notre société et suscitent de nombreux débats. Dans son premier film, pas de débat, pas de leçon de morale, seulement de l’humour sur un thème au fond sérieux. Sans jamais nous dire quoi penser ni comment agir, sans jamais mépriser quiconque, Sou Abadi se moque de tous et de tout en faisant quelques détours par l’histoire iranienne, passionnante. Les clichés pourront en irriter certains et en faire rire d’autres, la tâche n’était pas simple, mais elle la réalise avec subtilité et finesse. Avec Cherchez la femme, elle fait valser tous les archétypes ensemble pour former un tout bienveillant qui regorge de sensibilité. Il fallait oser rire du niqab au risque d’en froisser certains. Le film traite des sujets de société tels que la religion, l’extrémisme, le féminisme de façon légère et plus décontractée : ce qui fait passer des messages sans pour autant assommer ou accabler le spectateur qui se retrouve totalement diverti. C’est sur cela que repose la vraie force d’une bonne comédie ou d’un bon film d’ailleurs.

Avec Cherchez la femme, la réalisatrice prouve que l’on peut rire de tout et rendre n’importe quel sujet absurde, ridicule et comique tant que c’est traité avec respect. Il a fallu beaucoup de culot et de courage, sans doute, pour tourner ce sujet sérieux en dérision. Véritable réussite, le film se trouve bien loin de la xénophobie et le racisme dénoncés par certains. Le sujet n’effraie pas la réalisatrice alors que l’islamisme radical reste un thème difficile à traiter. Pendant longtemps, la peur d’en rire s’est installée dans les esprits : c’est justement pour cette raison que le film fait du bien et qu’il ouvrira, on l’espère, les esprits conservateurs.

Cherchez la femme : Bande-annonce

Cherchez la femme : Fiche Technique

Réalisation : Sou Abadi
Scénario : Sou Abadi
Interprétation : Félix Moati, Camélia Jordana, William Lebghil, Anne Alvaro
Musique : Jérôme Rebotier
Producteurs : Michaël Gentille
Société de production : The Film, France 2 Cinema, Mars Films
Distributeur : Mars Films
Durée : 88 minutes
Genre : comédie
Date de sortie : 28 juin 2017

France – 2017

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Sortie DVD & Blu-Ray : Fences de Denzel Washington

Sortie DVD & Blu-Ray : Fences le 27 juin 2017. Dix ans après The Great Debaters, Denzel Washington adapte, pour son troisième essai derrière la caméra, la célèbre pièce de théâtre d’August Wilson gratifiée du prix Pulitzer en 1987. L’occasion de (re)découvrir le long-métrage ayant récompensé Viola Davis pour sa performance par l’Oscar du meilleur second rôle.

Synopsis : L’histoire bouleversante d’une famille où chacun lutte pour exister et être fidèle à ses rêves dans une Amérique en pleine évolution. Troy Maxson aspirait à devenir sportif professionnel mais il a dû renoncer et se résigner à devenir employé municipal pour faire vivre sa femme et son fils. Son rêve déchu continue à le ronger de l’intérieur et l’équilibre fragile de sa famille va être mis en péril par un choix lourd de conséquences…

Fences était une des sensations de l’année 2016, et sa présence aux Oscars fut plus que remarquée, permettant à Viola Davis de repartir avec la statuette. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’oeuvre de Denzel Washington n’avait pas volé sa sélection parmi les nommés. En effet, Fences est une réussite qui parvient à nous tenir en haleine pendant plus deux heures, malgré quelques moments de flottements. Avec un casting d’exception (Viola Davis et Jovan Adepo en tête), Denzel Washington a offert au public international une œuvre humaine et plus que forte en émotion, même si chavirant quelque peu dans le pathos. Le texte d’August Wilson est d’une justesse incroyable. Toutefois, la forme « académique » de l’œuvre, qui lui a permis de rouler sur la route des Oscars, vient quelque peut entacher la qualité du film, ce qui est dommageable. La mise en scène est bonne mais Fences est sans nul doute plus agréable à voir au théâtre qu’au cinéma. Les propos défendus, les luttes entre les personnages et les multiples tensions doivent être émotionnellement plus abouties si elles nous sont présentées en live. Fences est donc un film qui peut sembler long, même s’il s’avère réussi.

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 Fences : Bande-annonce

Caractéristiques techniques du DVD :
Image : 16/9 2.39:1 letterbox / Durée : 2h13
Audio : Anglais, Anglais audiodescriptif, Français Dolby Digital Surround 5.1
Sous-titres : Anglais (sourds et malentendants), Français, Néerlandais, Danois, Finnois, Norvégien, Suédois
Bonus :
Un plus grand public : Du théâtre au cinéma • La création de Fences : Denzel Washington

Fences est disponible en DVD sur Amazon.fr :

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Caractéristiques techniques du Blu-ray™:
Image : 16/9 2.39:1 letterbox / Durée : 2h19
Audio : Anglais DTS HD Master Audio, Français, Allemand, Italien, Espagnol, Japonais Dolby Digital Surround 5.1
Sous-titres : Anglais (sourds et malentendants), Français, Néerlandais, Danois, Finnois, Norvégien, Suédois, Allemand, Italien, Espagnol, Japonais

Fences est disponible en Blu-Ray sur Amazon.fr :

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Fences : Fiche technique

Réalisateur : Denzel Washington
Scénario : August Wilson, d’après sa propre pièce
Interprétation : Denzel Washington (Troy Maxson), Viola Davis (Rose Maxson), Stephen Henderson (Jim Bono), Jovan Adepo (Cory), Russell Hornsby (Lyons)…
Musique : Marcelo Zarvos
Photographie : Charlotte Bruus Christensen
Montage : Hugues Winborne
Producteurs : Scott Rudin, Denzel Washington, Todd Black, Coproducteurs Jason Sack, Tony Kushner
Maisons de production : Bron Studios, MACRO, Paramount Pictures, Scott Rudin Productions
Distribution (France) : Paramount Pictures
Durée : 139 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 22 Février 2017
États-Unis – 2016

Si j’étais un homme de Audrey Dana : sortie DVD & Blu-ray le 5 juillet

La réalisatrice et comédienne Audrey Dana revient avec un film dans la continuité de Sous les jupes des filles. Si j’étais un homme, qui sort en DVD et Blu-ray ce mercredi 5 juillet, se dessine comme une comédie sexiste, tout en préjugés.

Synopsis : Plaquée du jour au lendemain, Jeanne (Audrey Dana) décide de tirer un trait définitif sur les hommes. Mais un matin, elle se réveille avec… un truc en plus ! Avec son gynécologue (Christian Clavier) et sa meilleure amie (Alice Belaïdi) elle va tenter de faire face à ce changement, pour le moins radical !

Une surabondance de clichés

« Une comédie de filles, pour les filles. » Le message est clair, rapide et efficace ; Si j’étais un homme est une comédie qui entretient purement les clichés sexistes. 

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Le synopsis pouvait pourtant partir d’une idée originale. Tout comme Audrey Dana, un tiers des femmes rêvent une fois dans leur vie de se réveiller dans le corps d’un homme. Et si le rêve devenait réalité ? C’est de cette illusion, qu’est née cette comédie.

Aussi criard que cela puisse paraitre, Si j’étais un homme s’inspire des préjugés qui perdurent autour de la gent masculine, pour les justifier. En associant l’image de l’homme à celle de l’addiction sexuelle, Audrey Dana plonge son film dans une caricature des genres. Véritable paradoxe, quand on sait que le but de ce film est de traiter sans tabou les clichés sexistes.

C’est avec lourdeur que la réalisatrice construit son ambiance autour d’un humour presque toujours situé sous la ceinture. Le résultat est sans surprise, Si j’étais un homme est une comédie à la limite de la vulgarité. Un film grinçant et prévisible, manquant cruellement d’audace. 

Si j’étais un homme : Bande-annonce

Caractéristiques techniques du DVD :

si-jetais-un-homme-dvdFormat image : 2.40, 16/9ème compatible 4/3

Format son : Français DTS 5.1 & Dolby Digital 2.0

Durée : 1h36
Prix public indicatif : 14,99 €

Caractéristiques techniques du Blu-ray :

si-jetais-un-homme-blu-rayFormat image : 2.40 – Résolution film : 1080 24p

Format son : Français DTS Master Audio 5.1

Durée : 1h38
Prix public indicatif : 19,99 €

Si j’étais un homme est disponible en DVD sur Amazon.fr :

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Mon Poussin, un film de Frédéric Forestier : Critique

Alors que nous aurions pu avoir une comédie du même calibre que Tanguy et Papa ou Maman, Mon Poussin se montre beaucoup trop gentillet et n’exploite quasiment pas son concept pour amuser convenablement le public.

Synopsis : Pour Vincent, 18 ans, c’est le drame. En effet, sa petite amie Elina le largue du jour au lendemain, le laissant inconsolable et dépressif. Pour lui faire passer ce chagrin d’amour, ses parents décident de lui faire suivre un traitement de choc. Une sorte de cure de désintoxication qui commence par lui faire croire qu’Elina n’est pas si exceptionnelle que cela

Une comédie beaucoup trop gentillette pour amuser

Ne pas apprécier une comédie, passée l’hécatombe de Bad Buzz, serait du chipotage pur et dur. Pourtant, même en essayant d’être le moins difficile possible, le fait que le cinéma français ne nous gâte pas dans ce domaine depuis pas mal de temps (et en particulier en cette année 2017) nous empêche de fermer les yeux sur les divers titres sortant en salles. La plupart de ces derniers usant de concepts scénaristiques sympathiques sur le papier mais ne se contentant que du strict minimum pour exister. Comme l’exemple de cette semaine, Mon Poussin, un film réalisé par Frédéric Forestier. Rien que le nom du cinéaste, si l’on connaît les précédents longs-métrages du bonhomme, nous annonce la couleur : Le Boulet, Stars 80 et surtout l’inoubliable – dans le mauvais sens du terme – Astérix aux Jeux Olympiques. Avec ces projets au compteur, il y avait déjà de quoi appréhender Mon poussin. Et le résultat final ne viendra malheureusement pas atténuer nos craintes….

En y regardant de plus près, le film avait une idée qui, si elle avait été exploitée correctement, aurait très bien pu se ranger aux côtés de Tanguy et de Papa ou Maman. Et pour cause, Mon Poussin partait sur les mêmes bases, celle d’user d’un fait familial (ici, le premier chagrin d’amour d’un des enfants) qui va pousser les parents à se lancer dans des méthodes plus que radicales pour améliorer la situation. Mais, contrairement à ses aînés, Mon Poussin n’ose pas s’aventurer dans le trash et dans le politiquement incorrect. Alors qu’il aurait très bien pu proposer des gags et autres situations comiques dans lesquels l’adolescent est véritablement maltraité par le couple Nanty/Martin-Laval (comme le coup des vis de la barre de seuil dans Tanguy), le long-métrage se contente de ce qui est déjà révélé dans la bande-annonce : des insultes et des claques. Ni plus ni moins ! Ou encore de moments déjà éculés maintes et maintes fois dans la comédie française, tant que cela en devient rébarbatif et sans surprise.

Et le plus hallucinant, c’est que Frédéric Forestier, tout fier de nous livrer un nouveau long-métrage, ne sait pas quoi faire de son postulat. En effet, après quelques blagues sur le chagrin d’amour, il décide d’y mettre un terme en plein milieu du film (l’adolescent se remettant avec sa copine) pour finalement se tourner vers les parents, en plein break. Dès lors, nous avons la preuve que le réalisateur/scénariste ne savait pas quoi raconter ni proposer avec Mon Poussin, dérivant en un quart de seconde vers la comédie de couple mille fois vue. Celle qui se prête à des séquences ne sortant nullement de l’ordinaire (le croisement des deux parents au restaurant avec leur prétendant respectif) ou bien se risquant dans du trash ridicule, qui se résume ici en une série de défis (boire du parfum, manger des mégots, arrachage de poils à la cire…). Tout en se finissant, bien entendu, sur un happy end expédié à la va-vite.

Fort heureusement, nous pouvons compter sur le couple Nanty/Martin-Laval pour arracher quelques sourires, ainsi que sur la présence du jeune Thomas Solivéres, pour assurer le spectacle. Bien qu’ils ne soient pas au top niveau et que le côté trop gentillet du scénario ne leur permettent pas de se lâcher, les acteurs parviennent tout de même à transmettre leur bonne humeur. Leur entente si communicative et le plaisir qu’ils ont à se trouver là arrivent aux spectateurs à passer un agréable moment et surtout à ne pas s’ennuyer malgré l’aspect déjà-vu de l’ensemble. Il est vrai que cela ne fait pas remonter Mon Poussin dans notre estime mais, au moins, cela fait passer la pilule avec beaucoup plus de facilité et moins de chipotage.

Cela n’empêche cependant pas le ressenti que nous avons en sortant de la salle. Celui d’avoir eu une énième comédie française qui ne se foule pas du tout pour amuser la galerie et qui risque fort de passer aux oubliettes en seulement quelques jours d’exploitation. Beaucoup trop simpliste et conventionnel, Mon Poussin n’est juste qu’une petite récréation pour ses acteurs, une perte de temps de plus pour les spectateurs. Pour le prix de la comédie de l’année 2017, ce n’est toujours pas avec ce titre que nous trouverons notre bonheur…

Mon Poussin : Bande-annonce

Mon Poussin : Fiche technique

Réalisation : Frédéric Forestier
Scénario : Frédéric Forestier  et Romain Protat
Interprétation : Isabelle Nanty (Cléa), Pierre-François Martin-Laval (Harold), Thomas Solivéres (Vincent), Manon Valentin (Eloïse), Leslie Medina (Elina), Jean-Michel Lahmi (Paul), Nathalie Kanoui (Johanna), Elisa Sergent (Auriane)…
Photographie : Jean-Paul Agostini
Costumes : Lisa Korn
Montage : Thibaut Damade
Musique : Matthieu Gonet
Producteur : Mikaël Abecassis
Productions : TF1, TF1 Films Productions, TF1 Droits Audiovisuels, C8, Canal+, Ciné+, Les films du 24, UGC, Soficinéma 12, Sofica UGC 1 et La Banque Postale Image 9
Distribution : Sony Pictures Releasing
Durée : 97 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 28 juin 2017

France – 2017

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Paris Art & Movie Awards : le programme du 03 juillet

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La billetterie est ouverte et nous vous invitons nombreux à vous y inscrire. Car voici le programme de la troisième édition du Paris Art & Movie Awards…

Pour acheter vos places, c’est par ici

10h : Ouverture du cinéma le Balzac avec la présentation des films (tous les blocks sont suivis d’un Questions/Réponses)

Block 1 : 11h
Marc va pécho – FINALIST – Web Series – FRANCE
Frapuccino – FINALIST – Web Series – FRANCE
Hajimé – WINNER – Student Film – FRANCE
Proclamation Punctuation – WINNER – Visual Art in Motion – US
Son Lux / Cage of Bones – WINNER – Music Video – BELGIUM
Iridescence – WINNER – Dance Film – LUXEMBOURG

Block 2 : Midi
LES DOCUMENTAIRES
Today is a Good Day – FINALIST – FRANCE
hu.mans: David Stuart – FINALIST – UK

Block 3 : 14h
FILMS ANIMES
Icky – IRAN
My Grandfather was a Cherry Tree – RUSSIA
Water is Life – USA
The Traveller – BELGIUM

Block 4 : 15h
COURTS METRAGES FRANCAIS
Black Day
True Heart
Listen
Ici ou là bas

Block 5 : 17h
COURTS METRAGES FRANCAIS 2
1971, Motorcycle Heart
Passé Composé
Inséparable
Plane

Block 6 : 18h30
COURTS INTERNATIONAUX
Mimicry – FINALIST – CANADA
Pollution of the Heart – FINALIST – UK

19h30 : Cocktaïl – Rencontres – Tapis Rouge et concertation
20h30 Discours d’ouverture
20h45 Cérémonie
22h45 Remise des prix et visionnage du meilleur long et courts métrages

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Resident Evil : Vendetta, un film de Takanori Tsujimoto : Critique

Sans jamais aller au-delà de son statut de série B et de DTV commercial, Resident Evil : Vendetta reste une adaptation divertissante et mieux maîtrisée que les nanars de Paul W.S. Anderson.

Synopsis : Alors que l’agent du BSAA Chris Redfield infiltre un manoir pour affronter Glenn Arias, le criminel le plus recherché du moment, Rebecca Chambers, ancienne membre des STARS devenue professeur à l’université, va aider la police dans une enquête impliquant une mort mystérieuse. Sans le savoir, elle va découvrir un nouveau genre de virus, qui ramène les morts à la vie pour les transformer en créatures assoiffées de sang…

Bien plus posé et maîtrisé que chez Paul W.S. Anderson

Resident Evil en film, ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Et pour cause, beaucoup pensent que l’adaptation cinématographique s’arrête à la saga de maintenant six films, signée par Paul W.S. Anderson. Un ensemble de bousins débiles au possible qui se veulent être des hommages aux jeux sans pour autant avoir l’air de longs-métrages dignes de ce nom. Mais en y regardant de plus près, ils découvriront que la société génitrice de la franchise vidéoludique, Capcom, est à l’origine de films d’animation (Degeneration en 2008 et Damnation en 2012). Des DTV purement commerciaux et adressés exclusivement aux fans de la première heure, qui ont toutefois le mérite d’être bien plus regardables et appréciables que les tâcherons vomitifs d’Anderson. Pour comprendre à quel point le fossé est immense entre ces derniers et les divertissements de Capcom, il suffit de s’arrêter en cette année 2017 et de comparer le dernier film live (Resident Evil : Chapitre final) ainsi que le troisième opus fait par ordinateur qui nous intéresse ici, à savoir, Resident Evil : Vendetta.

Le premier atout dont peut se vanter d’avoir Vendetta comparé au film d’Anderson, c’est d’avoir un scénario. Non pas que celui-ci soit extraordinaire, ayant tout d’une série B de bas étage : nos héros devant sauver le monde d’un psychopathe prêt à contaminer la Terre entière. C’est tout aussi cliché et ridicule, d’autant plus que le script n’a pas peur des ellipses et autres facilités d’écriture, donnant l’impression de sauter bien des étapes de l’intrigue pour respecter une durée rachitique de 1h30. Mais quelque part, comme les opus précédents, Vendetta prend le temps de poser les bases de son histoire. De proposer des personnages bien plus attachants et charismatiques le temps de quelques scènes. Et surtout, de livrer un scénario qui soit cohérent de bout en bout, s’imbriquant dans la saga vidéoludique sans faire défaut à ses prédécesseurs ni aux nombreux jeux existants. Bien qu’il soit conseillé de connaître ces derniers ne serait-ce qu’un minimum pour connaître les personnages et l’univers Resident Evil (le film étant un chouïa hermétique aux profanes), Vendetta parvient sans mal à raconter son histoire convenablement et à tenir le rythme jusqu’au générique de fin… à défaut d’innover et de se sortir de son statut de série B.

Là où Vendetta se démarque également par rapport au Chapitre final d’Anderson, c’est par ses séquences d’action. Loin d’être spectaculaires et ambitieuses, elles sont pourtant bien plus abordables que dans les films live. Un constat que nous devons principalement à un montage beaucoup plus posé et à une utilisation de ralentis sans abus, rendant le long-métrage non pas clipesque mais lisible. Et grâce à cela, quelques-unes de ces scènes gagnent même en jouissance car jouant à fond la carte de l’iconisation des personnages cultes de la franchise (Chris Redfield et Leon S. Kennedy filmés comme des héros à part entière) et les faisant se déchaîner face aux zombies (on croirait voir des ersatzs de John Wick défourailler du mort-vivant). Certes, nous sommes à des années-lumière de l’essence même Resident Evil, à savoir, de l’action dans une atmosphère tendue et angoissante (malgré une introduction plutôt réussie dans un manoir, clin d’œil au tout premier jeu). Mais le tout reste agréable à suivre si l’on veut éviter de se prendre la tête… et de se taper une migraine épileptique avec le Chapitre final !

Et il est impossible de conclure cette critique sans parler de l’animation ! Pour ceux qui suivent la trilogie de Capcom, ils ont remarqué que chaque film adoptait le visuel des jeux de leur époque : Degeneration s’accorde avec Resident Evil 5 et Damnation au spin-off vidéoludique intitulé Révélations. Il est donc normal qu’en termes d’évolution graphique Vendetta se rapproche de Resident Evil 6 et se montre bien plus agréable pour la rétine que ses aînés. En effet, le film se permet des jeux de lumière plus convaincants, créant pour l’introduction une ambiance angoissante efficace, et un visuel bien plus détaillé qu’à l’accoutumée (notamment pour ce qui est des décors et accessoires). Cependant, à cause d’un budget plus restreint que les autres films d’animation sortant en salles, Vendetta n’arrive toujours pas à se défaire des carences techniques de ses prédécesseurs. Comme des textures graphiques négligées, se remarquant lors des gros plans ou bien des instants gores (le sang donnant un côté cartoonesque), conférant à l’ensemble une animation assez glaciale. Ou bien la performance capture, toujours exploitée au minimum de ses capacités et livrant pour le coup des personnages inexpressifs, à la gestuelle des plus approximatives. En clair, comme pour Degeneration et Damnation, Vendetta ne donne nullement l’impression d’être un film. Mais plutôt un banal montage enchaînant les cinématiques d’un jeu vidéo. Et pour quelqu’un n’étant pas un mordu de la console, le visionnage de ce long-métrage peut s’avérer très frustrant et hermétique.

À l’instar de ses prédécesseurs, Vendetta n’est qu’une série B d’animation sans ambition, qui n’a pour but que de compléter la saga vidéoludique sans toutefois lui apporter quoi que ce soit. Cependant, cet opus reste également une bien meilleure adaptation que les films de Paul W.S. Anderson. Sachant se montrer regardable, divertissante et surtout respectueuse du matériau d’origine. Le minimum syndical pour intéresser les aficionados des jeux. Mais il en faut tout de même bien plus pour attirer l’attention des profanes, qui passeront à côté de ce titre sans jamais en entendre parler de leur vie. Pouvons-nous le leur reprocher ? Non, cela va sans dire…

Resident Evil – Vendetta : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=X3zgQFne_Vg

Resident Evil – Vendetta : Fiche technique

Titre original : Resident Evil – Vendetta
Réalisation : Takanori Tsujimoto
Scénario : Makoto Fukami et Joe McClean, d’après la série vidéoludique de Capcom
Doublage : Kevin Dorman (Chris Redfield), Matthew Mercer (Leon S. Kennedy), Erin Cahill (Rebecca Chambers), Kari Wahlgren (Nadia), Arif S. Kinchen (D.C.), Arnie Pantoja (Damian), John DeMita (Glenn Arias), Cristina Vee (Maria)…
Direction artistique : Hiroaki Ueno
Musique : Kenji Kawai
Producteur : Hiroyasu Shinohara
Productions : Capcom Company et Marza Animation Planet
Distribution : Sony Pictures Releasing
Durée : 97 minutes
Genre : Animation
Date de sortie : 6 septembre 2017

Japon – 2017

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Clown, sortie en DVD et Blu-ray du film de Jon Watts chez Wild Side

Ce mercredi 28 juin est sorti en DVD et Blu-ray chez Wild Side Clown, un long métrage de Jon Watts (réalisateur de Cop Car et du prochain Spider-Man Homecoming). Le film propose une nouvelle vision horrifique du clown, en s’inspirant notamment du terrifiant La Mouche, de David Cronenberg. Au programme : une légende foldingue mais amusante ; une transformation cauchemardesque ; et des gosses en souffrance.

Synopsis : Lorsque le clown engagé pour animer l’anniversaire de son fils lui fait faux bond, un père de famille doit prendre la relève et lui-même revêtir un déguisement de clown pour assurer le spectacle. Mais très vite, il réalise que le costume est devenu une seconde peau dont il ne peut se débarrasser et il se transforme peu à peu en véritable monstre…

La Mouche, version clown

Dans Clown, un père sauve la fête d’anniversaire de son fils en devenant son clown. Problème, il a trouvé et porté un costume maléfique qu’il ne peut plus quitter. Et petit à petit, alors qu’il se transforme en une créature monstrueuse clownesque, la faim de petits enfants se fait de plus en plus ressentir. Le récit de Jon Watts fait écho – consciemment ou inconsciemment – à La Mouche de Cronenberg, dans lequel un scientifique réussissait à se téléporter. Hélas, une mouche était présente dans l’un des pods de téléportation, et leur ADN fut croisé dans l’exploit scientifique. Le scientifique se transformait alors en mouche…

Le père se transforme petit à petit.

Le Clown de Watts reprend de nombreux éléments du long métrage de Cronenberg : la transformation au quotidien ; l’individu en pleine métamorphose, se sachant dangereux et rebutant, s’isole ; plus tard, transformé, il assume sa nouvelle nature. En se rapprochant du film de monstre, le métrage du réalisateur du nouveau Spidey se distingue clairement de Ça (It) de Stephen King, où le clown est une des apparences d’une entité surnaturelle et dangereuse. En effet, le film présente l’origine du concept du clown comme étant un être monstrueux et démoniaque. Le « clöyne » (non original du clown, dans l’univers du long métrage) a ainsi diverses caractéristiques : peau couleur neige ; nez rouge à cause du froid ; dévoreur d’enfant pendant l’hiver… Le clown selon Watts, malgré tout ce formidable processus de transformation monstrueuse, est finalement un croque mitaine légendaire de plus.

Boogeyman, again and again

Réalisé en 2014, Clown est donc un énième « boogeyman movie », avec ses règles de fonctionnement de son élément horrifique, sa légende allumée, ses codes de destruction de l’entité maléfique. Et surtout, cette fin ouverte comme on en voit dans tous les films d’épouvante/horreur d’aujourd’hui tel que dans le récent The Autopsy of Jane Doe. Ainsi, malgré un travail intéressant et inspiré sur la transformation, avec ses effets spéciaux formidables concernant sa figure monstrueuse, Clown reste convenu dans son récit. Toutefois, on remarquera le travail visuel de Watts parfois éclatant : on pense notamment à l’espace de jeu d’enfant où les tubes sont filmés comme les couloirs et sas de ventilation d’Alien ; et où la pièce au décor enchanté devient un véritable lieu d’enfance cauchemardesque.

D’une blague au Blu-ray

Rappelons que le film est né d’une fausse bande-annonce de Watts sur Youtube où l’on pouvait d’ailleurs noter : « Par le maître de l’horreur Eli Roth ». Justement, la vidéo, devenue un petit phénomène viral, a attiré la curiosité de Roth qui a décidé de produire le film de Watts.

Ci-dessous, la fameuse fausse bande-annonce de Clown.

Sorti ce mercredi en DVD, Blu-ray et VOD chez Wild Side, Clown bénéficie d’une édition à l’image et au son impeccables. On regrettera cependant que ses bonus comptent seulement un making of d’une durée de six minutes, la bande annonce du film et celles des prochaines sorties Wild Side en Blu-ray, ainsi que les crédits.

Bande-Annonce : Clown, de Jon Watts

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CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Format image : 2.40, 16/9ème compatible 4/3

Format son : Anglais DTS 5.1 & Dolby Digital 2.0, Français Dolby Digital 5.1

Sous-titres : Français

Durée : 1h37

Prix public indicatif : 14,99€ le DVD

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Format image : 2.40 – Résolution film : 1080 24p

Format son : Anglais & Français DTS Master Audio 5.1

Sous-titres : Français

Durée : 1h39

Prix public indicatif : 19,99€ le Blu-ray

COMPLÉMENS (communs aux deux éditions)

– Le making-of du film

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K.O. un film de Fabrice Gobert : Critique

Descendu ou mitigé par la critique à tort, K.O. transforme Paris de nuit tout en nous proposant une plongée identitaire cauchemardesque. Subtilement onirique, ce récit initiatique moderne est porté par Laurent Lafitte, au meilleur de sa forme, mais toujours enfermé dans des manières de jouer semblables…

Synopsis : Antoine Leconte est un homme de pouvoir arrogant et dominateur, tant dans son milieu professionnel que dans sa vie privée. Au terme d’une journée particulière oppressante, il est plongé dans le coma. À son réveil, plus rien n’est comme avant : Rêve ou réalité ? Complot ? Cauchemar ?…  Il est K.O. 

Le Faux Coupable

En se réveillant d’un coma, Antoine, puissant et arrogant directeur des programmes dans une chaîne qui ressemble au groupe France Télévisions, se retrouve à faire la météo et la femme qui partage sa vie ne le reconnaît plus. Il a tout perdu, son hotel particulier somptueux, son statut et même ses ennemis. Difficile de ne pas songer au complot et le songe est présent dès le synopsis. Plongé dans ce cauchemar identitaire créé par Fabrice Gobert, à qui l’on doit Les Revenants, et Valentine Arnaud, le spectateur assiste impuissant aux tourments d’un nouveau personnage hitchcockien. Le tendre et désarmé Henry Fonda du Faux Coupable devra lutter ici pour recouvrer la raison. Qui est réellement Antoine Leconte ? Un homme de pouvoir arrogant et dominateur ? Un salarié menacé de licenciement ? Un ami sur qui on peut compter ? Un mari infidèle ?

« Ce n’est pas moi [qui ai créé un pauvre loser pour me sentir mieux dans ma peau] » et déjà les références s’entrecroisent. Brad Pitt s’attaque en ces termes à Edward Norton dans Fight Club et les combats sous-terrains clandestins remplacent le ring officiel sur lequel l’impétueux Antoine misait de grosses sommes d’argent sur un dénommé Baya. Il doit passer sous le pont de Bercy pour regagner son domicile, mais la Capitale est transcendée par la photographie de Patrick Bloissier déjà froide et contrastée dans Mafiosa ou l’ancienne série la plus exportée à l’étranger (après Le Bureau des Légendes saison 3 en cours) Les Revenants. C’est ce maniement de l’étrange cher au réalisateur qui fait du doute une maxime intemporelle et universelle.

La Soif du mal

Inquiétante étrangeté que l’on retrouve dans l’oeuvre de David Lynch et précisément dans Mulholland Drive qui se joue des frontières entre fantasme et réalité. La structure de K.O. en trois parties est plus académique et peut-être dépréciée, mais fonctionne parfaitement. Le piège dans lequel est pris l’acteur principal n’est pas entre la police corrompue et les gangs locaux et Chiara Mastroianni n’a rien de la candeur hollywoodienne de Janet Leigh dans le film d’Orson Welles cité en titre de paragraphe, bien au contraire, trop effacée pour incarner la bien-aimée perdue. Les rôles secondaires sont de parfaits pions d’un échiquier renversé pour permettre au « méchant » de devenir « prince charmant ».

Il faut creuser au plus profond de soi et particulièrement au sein de l’œuvre de Christian Metz sur le rêve éveillé et l’expérience cinématographique. « Le rêveur ne sait pas qu’il rêve, le spectateur du film sait qu’il est au cinéma : première et principale différence entre situation filmique et situation onirique. On parle parfois d’illusion de réalité pour l’une et l’autre, mais l’illusion vraie est propre au rêve et à lui seul. Pour le cinéma, il vaut mieux s’en tenir à noter l’existence d’une certaine impression de réalité. » On ne saurait être plus au cœur de l’expérience avec K.O. Le personnage principal,! qui malheureusement n’égale en rien le charisme de James Stewart dans Sueurs Froides et tristement l’antipathie d’Orson Welles dans le film cité précédemment, devient spectateur de sa vie, recul nécessaire à la compréhension empirique. Antoine est un prénom qui sied bien au sociétaire de la Comédie Française. Depuis Les Petits Mouchoirs (avec la suite en préparation) de Canet et Boomerang aux côtés de Mélanie Laurent, l’acteur/humoriste excelle dans des registres plus dramatiques. Il confirme ici son talent en condescendant directeur des programmes, bien qu’un peu trop tiré, qui prend conscience de ce qu’il a, une fois perdu. Le doute appelant à la folie, est appuyé à la fois par une très bonne direction d’acteur, mais aussi par une mise en scène suspendue qui confère à l’onirisme, un point d’ancrage certain, sans oublier la musique de Jean-Benoît Dunckel aux résonances électroniques et grinçantes, loin certes de Bernard Herrmann, mais proche de Brian Reitzell à qui l’on doit la bande originale de Lost In Translation, Hannibal, le jeu vidéo Watch Dogs (cliquez sur le lien pour comparer les sonorités) et dernièrement American Gods… . C’est d’ailleurs sur le film de Sofia Coppola en 2003 qu’ils ont dû se rencontrer puisque le compositeur français a travaillé sur « Alone in Kyoto » également, du groupe Air. 

Sueurs Froides

Affectionnant les plongées zénithales, Fabrice Gobert installe un climat plus acerbe et déliquescent que brumeux et solaire dans l’adaptation cinématographique D’entre les morts de Boileau-Narcejac par le ventripotent Maître du suspense. Et d’ailleurs, il doit être familier de l’oeuvre des deux romanciers français, car il a revu Diaboliques en citant pour nos confrères à Libération le carton final du film de Henri-Georges Clouzot «Ne gâchez pas l’intérêt que pourraient prendre vos amis à ce film. Ne leur racontez pas ce que vous avez vu».  Il y a beaucoup de sincérité dans la courte filmographie du jeune réalisateur (Simon Werner a disparu) qui en est seulement à son deuxième long-métrage, après avoir débuté dans les séries françaises teenage comme Âge sensible en 2002 ou Coeur océan quatre ans plus tard.

Le tournis est à la fois visuel et diégétique pour K.O., à l’intérieur comme à l’extérieur de la fiction. Auréolé d’un bleu électrique derrière des rideaux de voiles blancs, les amants se retrouvent au salon qui n’a rien de l’hôtel de Vertigo et pourtant la lumière surréaliste discrète vient baigner la scène d’une atmosphère fantasmagorique. D’autant plus que les déplacements des personnages traînent tels les Revenants de la série Canal. La suée est nocturne, sans extravagances, aux abords d’une tension ici non-policière comme Ne le dis à personne, mais existentielle, alors que le budget semble bien lourd à en croire les six co-productions qui entourent 2.4.7 Films sans oublier les participations diverses. Cluzet incarne des facettes nuancées et plurielles, à la différence de Lafitte qui survole, par un jeu statique et froid peu crédible, les caractéristiques du parfait connard. Ce n’est que dans la deuxième partie que son jeu explose et se révèle admirable, par un déséquilibre, voire vertige, progressif.

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K.O. est la parfaite métaphore du spectateur de cinéma, qui devrait plus souvent se remettre en question, car oui l’expérience dans la salle obscure est aussi, en plus du simple divertissement, une étrange plongée en nous-même. Par une atmosphère pesante entre réalisme et doute irréel, réalité/ fiction sous couvert de rêve, Fabrice Gobert arrive à nous faire perdre connaissance, sonné par l’ego surdimensionné ou les aspirations grandissantes qui nous font perdre tout objectivité de vue. Plus, toujours plus, argent ou pouvoir, le moule de la société est un fléau pernicieux qui, bien qu’inévitable, une fois réduit à son plus simple appareil (loyer, emploi, amour), permet la compréhension d’autres idéaux encore plus nobles. Un conte moderne qui rehausse la production cinématographique française en ce qu’elle sait faire de mieux.

K.O. : Bande Annonce

K.O. : Fiche Technique

Réalisation : Fabrice Gobert
Scénario : Fabrice Gobert et Valentine Arnaud
Interprétation : Laurent Lafitte (Antoine), Chiara Mastroianni (Solange), Pio Marmaï (Boris), Clotilde Hesme (Ingrid), Zita Hanrot (Dina), Jean-Charles Clichet (Jeff), Sylvain Dieuaide (Edgar Limo), Jean-François Sivadier (Benezer),  Phareelle Onoyan (Ines)… Image : Patrick Bloissier
Son : Martin Boissau
Montage : Bertrand Nail
Musique : JB Dunckel
Décors : Fred et Frédérique Lapierre
Producteurs : Xavier Rigault et Marc-Antoine Robert
Société de production : France 2 Cinéma (co-production), Panache Productions (co-production), Compagnie Cinématographique, La (co-production), VOO (co-production), BE TV (co-production), Canal+ (participation), Ciné+ (participation), France Télévisions (participation), Indéfilms 5 (en association avec), La Banque Postale Image 10 (en association avec), Palatine Étoile 14 (en association avec)
Distributeur : Wild Bunch
Durée : 155 minutes
Genre : Thriller dramatique
Date de sortie : 21 juin 2017

France – 2017

 

Tuez Charley Varrick ! débarque en DVD et Blu-ray chez Wild Side

Ce mercredi a débarqué en DVD et Blu-ray le « dernier des indépendants ». Son nom : Charley Varrick. Qu’a accompli le Gusse ? Il vient de braquer 765 000 dollars à la mafia par erreur. Suspense, corps meurtris et jeu de chat et souris dans une Amérique décadente.

Synopsis : Charley Varrick (Walter Matthau) dévalise une petite banque de campagne avec l’aide de sa femme et de deux acolytes. Mais le braquage ne se passe pas comme prévu… Et il comprend rapidement que l’important magot qu’il a dérobé appartient en réalité à la mafia, qui fera tout pour le récupérer…

Double survival pour Charley Varrick dans l’Amérique des seventies

Charley Varrick est un survivant, et par deux fois même. Pilote pulvérisateur, il est « le dernier des indépendants », qui vit tant bien que mal de son activité de plus en plus monopolisée par les grandes firmes. Aussi il braque une petite banque, pensant récolter un butin aussi léger que le bâtiment. Il n’en est rien, il braque près de 765 000 dollars, appartenant à la mafia. Ainsi, Varrick doit à survivre à une deuxième grosse entreprise, l’une des plus mortelles d’ailleurs. Don Siegel filme ici la chronique de l’échec de l’« american way of life ». Légalement ou illégalement, l’audace américaine ne peut plus être. Le sourire de la réussite entrepreneuriale a laissé place au visage retenu et silencieux de l’interprète de Varrick, Walter Matthau. Quand au petit blondin complice de Charley jouant au gangster, il ne connaît ni son heure de gloire, ni sa descente aux enfers ; il meurt dans un mobil-home miteux sous les coups d’un agent mafieux.

D’ailleurs ces hommes de l’ombre ne sont plus sensibles au charme de leurs propres prostituées. Aussi l’un d’entre eux porte le costard et travaille dans des bureaux aux grandes fenêtres, soit ouverts à tous les regards. Un autre, tueur à gage, s’appelle non pas Michael Corleone ou Tony ‘Scarface’ Montana, mais Sally. Ce dernier, interprété par l’immense Joe Don Baker (que l’on a pu adorer dans Les Nerfs à Vifs / Cape Fear de Martin Scorsese), sourit d’ailleurs beaucoup. Pervers, probablement, mais pas psychopathe. Méticuleux, et challenger prêt à tous les défis, même les plus mortels, indubitablement. Alors que les grands pontes mafieux soupçonnent l’un des leurs d’être un traître en cause du braquage, Sally n’a pas à abattre tout le monde. Le directeur de la petite banque a du soucis à se faire. Il se fait braquer alors que c’est la première fois qu’il gère le transit d’une aussi grosse somme. « Pur hasard » répond-il paniqué. En effet, ça l’est. Mais la grande famille mafieuse ne croit jamais au hasard. Le directeur, qui était satisfait de sa nouvelle et petite situation de vie au Nouveau Mexique, dans le coin d’Albuquerque, doit prouver son innocence. Il se suicide. À l’inverse de Charley Varrick, le directeur a cédé son indépendance, et échoué sous le poids de l’entreprise.

Walter Matthau interprète Charley Varrick.

Charley lui, expose à peine ses émotions. Tout en retenue, Walter Matthau interprète un homme qui vit et perçoit les éléments et événements avec recul. Non dénué d’émotions (on verra l’homme subtilement abattu par la perte de sa femme), ni d’instinct (Charley n’hésitera pas à draguer et coucher avec la secrétaire du costard mafieux), Varrick est davantage un personnage intelligent et concentré. Il envisage la possibilité de rendre l’argent, se considérant lui-même comme une cible mouvante après le braquage. Il prépare sa fuite et celle de son camarade, tout en anticipant la possibilité que ce dernier meure, et en réfléchissant à ce que sa mort pourrait lui apporter. Varrick est un survivant assagi, non pas parce qu’il serait prêt à mourir, ou préparé à sa chute face aux firmes, mais parce qu’il est prêt à continuer de vivre dans l’anonymat, qui lui a tant fait de mal en tant qu’entrepreneur indépendant, mais qui par la suite, va lui être salvateur face à la grande main noire mafieuse. Quant à la police, pas d’inquiétude, elle est aussi dégourdie que ridicule et burlesque. Même la vieille et délurée voisine casanière de Varrick est mieux renseignée que les policiers qui s’agitent dans tous les sens.

Braquage en DVD et Blu-ray

Cet autre portrait glauque de l’Amérique signé Siegel a eu le droit à une belle restauration que ce soit au niveau visuel ou sonore. On regrettera à nouveau qu’il n’y ait qu’un unique bonus toutefois très riche. Et comme d’habitude, le livre écrit pour l’occasion par Doug Headline viendra compléter et dépasser ce manque en proposant notamment une analyse plutôt conséquence de l’œuvre du génial Don Siegel. Wild Side livre ainsi à nouveau une belle édition pour un film à la (re)découverte incontournable.

Extrait – Tuez Charley Varrick ! (Charley Varrick)

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CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré HD – Format image : 1.85, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Français Dolby Digital 2.0, Anglais DTS 2.0 & Dolby Digital 2.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h47

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré HD – Format image : 1.85 – Résolution film : 1080 24p – Format son : Anglais & Français DTS HD Master Audio 2.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h50

COMPLÉMENTS :

– Le Dernier des Indépendants (72’) : entretien avec l’équipe de tournage sur la conception du film.

+ « Le premier des indépendants » le livre de 180 pages, écrit spécialement par Doug Headline, illustré de photos d’archives rares.

Prix public indicatif : 29,99€ le Coffret Blu-ray+DVD+Livre

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Dream Boat, un film de Tristan Ferland Milewski : Critique

En ce début de saison estivale, le spécialiste du documentaire, Tristan Ferland Milewski, s’est invité à bord d’une croisière exclusive, rythmée par les couleurs de l’arc-en-ciel : le Dream Boat. Une excursion en autarcie face au monde extérieur.

Synopsis : Pendant une semaine, 3 000 hommes se retrouvent à bord d’une croisière exclusivement gay. C’est l’occasion pour eux de se laisser porter par la vie, loin des regards inquisiteurs et des contraintes du monde extérieur.

Une vague de liberté

« On devrait peut-être se construire une île pour y vivre. » Dream Boat.

dream-boat-drapeauxDepuis plusieurs semaines a lieu dans la plupart des grandes villes françaises, la marche des fiertés, communément appelée la Gay Pride. Loin de la dimension populaire de cet évènement, Tristan Ferland Milewski dépeint avec un profond dynamisme, un portrait journalier de cinq homosexuels, venus se divertir lors d’une croisière leur étant exclusivement réservée.

Dream Boat, c’est avant tout un rendez-vous.  C’est un lieu de festivités, bien loin des préjugés et autres critiques homophobes. C’est un endroit de rencontres, sentimentales ou amicales. C’est un coin, au beau milieu de la Méditerranée, où sommeille un brin de liberté. Mais Dream Boat, c’est surtout une croisière cosmopolite. Que ce soit sur l’apparence de ces hommes ou sur les motivations qui les ont amenés à prendre le large, la diversité dans l’unité apparaît comme étant le maître mot de ce voyage. Cinq hommes, cinq nationalités et cinq personnalités : Marek, un Polonais à l’apparence superficielle, Dipankar, un Indien à la personnalité marquée par la solitude, Philippe, un Français s’excluant socialement en raison de son handicap, Ramzi, un Palestinien devenu Belge, suite aux persécutions liées à son homosexualité, et enfin, Martin, un Autrichien éperdument habité par la soif de vivre. Leurs histoires personnelles les opposent, et pourtant, tous rêvent du même mot : liberté. En insistant sur la diversité culturelle de ces hommes, Tristan Ferland Milewski a tenté de montrer que chaque pays construit son propre regard face à la question de l’homosexualité. De la tolérance à l’intransigeance, ce documentaire dresse l’état de la situation de nos jours, c’est-à-dire dans un monde qui se dit pourtant évolué. Dream Boat, se révèle être un huis clos pailleté, loin des diktats perpétrés par la société. 

De la fête à la confidence 

« Je suis gay, j’ai pas eu le choix, j’ai eu de la chance. » Dream Boat.

dream-boat-afficheDans ce documentaire coproduit par Arte, Tristan Ferland Milewski s’est intéressé à la question des microcosmes. Pendant sept jours, ces hommes s’excluant volontairement du monde extérieur, espèrent une chose : former le temps d’une semaine, un groupe social détaché du reste de la société. Mais quelles conclusions espèrent-ils en tirer ?

À en croire la bande-annonce, on pourrait s’attendre à ce que Dream Boat soit une réalisation principalement centrée sur la thématique de l’excès, c’est-à-dire festif et sexuel. Le trailer est pourtant trompeur puisque cet aspect est, en réalité, volontairement relégué au second plan. À travers son documentaire, Tristan Ferland Milewski n’a pas souhaité s’attarder sur le quotidien à proprement parler de la communauté gay. Son principal objectif a été d’aborder, avec finesse, des sujets intimement liés à la question de l’homosexualité. La séropositivité, la religion, le rapport à la famille, ou encore l’affirmation de soi, apparaissent comme des questionnements centraux. Personnels et universels, ils sont révélateurs des inégalités constantes et des préjugés qui persistent à l’intérieur de notre société. Même si ces sujets sont appréhendés de manières différentes chez chacun de ces cinq hommes, il est indéniable que ces derniers renforcent leur sentiment d’isolement. Dream Boat apparaît dès lors comme un voyage formateur, une odyssée permettant de sonder le cœur de chacun.

À la fin de ce documentaire, une morale se dévoile : même au sein d’un groupe en apparence en harmonie, la solitude peut survenir.

« Je veux profiter de la vie. Et c’est ça que j’appelle l’amour. L’amour de la vie. » Dream Boat.

Dream Boat : Bande-annonce

Dream Boat : Fiche technique

Réalisateur : Tristan Ferland Milewski
Genre : Documentaire
Distributeur : KMBO
Producteur : Christian Beetz
Nominations : Teddy Award for Best Documentary
Date de sortie : 28 juin 2017
Durée : 95 min

Allemagne – 2017

 

Transformers : The Last Knight, un film de Michael Bay : Critique

Michael Bay montre qu’il en a encore sous le capot ! Dynamisant la saga qu’il a lui-même créée à grand coups d’idées nouvelles, et bien entendu d’effets pyrotechniques en tout genre, il propose avec Transformers : The Last Knight une aventure assumant à 100% son délire SF, créant ainsi en filigrane un univers, voire une véritable mythologie, autour desdits robots.

Synopsis : Humains et Transformers sont en guerre. Optimus Prime n’est plus là… La clé de notre salut est enfouie dans les secrets du passé, dans l’histoire cachée des Transformers sur Terre. Sauver notre monde sera la mission d’une alliance inattendue : Cade Yeager, Bumblebee, un Lord anglais et un professeur d’Oxford. Il arrive un moment, dans la vie de chacun, où l’on se doit de faire la différence. Les victimes deviendront les héros. Les héros deviendront les méchants. Un seul monde survivra : le leur… ou le nôtre.

Aventures explosives et créatives pour les uns, divertissements décérébrés affligeants de bêtise pour les autres, la saga Transformers laisse rarement indifférent. Et il serait de mauvaise foi que de nier que le bashing l’entourant croît d’opus en opus. Il suffit de voir, lors des premières bandes annonces et retours de projections de presse, la déferlante de critiques négatives accompagnant Michael Bay et ses robots, les assimilant à un cancer cinématographique. Ce dernier volet n’échappe pas à la règle. A tel point que défendre la saga et chercher en elle sa moelle qui la rend si particulière n’est pas réellement pris au sérieux. Mais osons le dire : non, Michael Bay n’est pas un cancer cinématographique. Et oui, Transformers : The Last Knight est réussi!

Une mécanique bien huilée et plus originale…

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Bien qu’il reste fidèle à lui-même, nous sommes tout d’abord étonnés de voir à quel point Bay s’est assagi au niveau de sa réalisation au fil de la saga. Tombant souvent dans les travers de la suite bigger and lounder, dont Bad Boys II et justement Transformers : La Revanche en sont les dignes représentants, il poursuit ici une relative accalmie en adoptant un ton résolument plus sérieux, voire mature. Amorce déjà présente dans le quatrième volet, L’Age de l’extinction, qui malgré des scènes d’action disproportionnées confirmant que le bonhomme prend toujours autant de plaisir à détruire des villes entières, nous avait séduit par ce tournant, cherchant à s’éloigner des codes de la trilogie originale. Poursuivant l’histoire avec ces nouveaux personnages, Marc Wahlberg en tête, bien que les récurrents soient de retour pour des prestations plus ou moins importantes (John Turturro et Josh Duhamel), le réalisateur avec The Last Knight affiche donc de nouveau un caractère plus modéré au niveau de ses scènes d’actions. Certes, nous avons toujours un quota de combats au ralenti ravissant la rétine et courses poursuite automobiles, mais qui affichent une certaine sobriété face à l’action débridée et au potentiel de destruction qu’a connu la saga. Pas d’immeubles qui s’effondrent, ni de villes détruites au centre de combats entre Transformers. Cet aspect plutôt novateur n’empêche pas d’être impressionné face à la maestria visuelle de Bay. En témoigne cette dernière demi-heure éblouissante et épique au possible, où la Terre se fait littéralement absorbée par la planète Cybertron. Réussissant là où Emmerich a échoué avec son Independance Day : Resurgence, la démesure est toujours visible et identifiable à l’écran, renforçant l’immersion du spectateur.

Et si des nouveautés se trouvent du côté action, il en est de même question humour, second fer de lance de l’ami Bay. Car une autre bonne surprise se pointe : l’absence d’humour résolument gras et graveleux, à majorité constitué de blagues sous la ceinture. Certes, à deux ou trois exceptions près, le naturel revient au galop, notamment un quiproquo impliquant des femmes quinquas de l’aristocratie londonienne. Mais on se surprend à rire franchement devant le postulat de certaines situations, qui passe essentiellement par les personnages. Ils sont plutôt nombreux, que ce soit l’abattage d’Anthony Hopkins, visiblement très content d’être là, et loin du cabotinage outrancier qu’il peut parfois nous servir (coucou Red 2 !), son majordome robotique, adepte de la répartie qui fait mouche, ou encore Laura Haddock, nouvel atout charme de la saga, mais très loin de l’hyper sexualisation un brin vulgaire de Megan Fox. Pourtant, les frayeurs se pressentaient, notamment face à des Decepticons caricaturés sous forme de prisonniers dangereux, et présentés de manière expéditive se résumant à des arrêts sur image avec apparition en gros caractère de leur nom. Procédé plutôt ringard et humour lourdingue, faisant instantanément disparaître le peu de terreur qu’ils réussissaient encore à dégager auparavant. Fort heureusement, ils sont rapidement mis de côté, car ils ne seront ici pas la menace principale (désolé Megatron !).

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… pour un résultat des plus jouissifs !

En découvrant le nouvel antagoniste d’Optimus Prime et consorts (dont nous tairons l’identité), le film creuse davantage l’origine et l’histoire des Transformers … tout en réécrivant notre propre Histoire. En effet, le scénario va encore plus loin en démontrant qu’en plus d’être présents sur Terre depuis fort longtemps, ils ont participé et alimenté les principales légendes et faits historique de notre temps. Ainsi, on apprend que la légende du roi Arthur ne serait rien sans les chevaliers, non pas de la Table Ronde mais bien de Cybertron, ou encore que la victoire face au nazisme est en grande partie due à Bumblebee. Certes, le scénario n’est pas parfait, certains points étant passé rapidement au crible. On aurait par exemple davantage voulu voir la montée de la colère de Prime, dont le point d’orgue est sa confrontation avec Bumblebee, plutôt qu’un retournement aussi facile. Mais si la quête d’un nouveau McGuffin reste la trame principale (ici, le bâton de Merlin), elle est rejointe par des intrigues parallèles aboutissant à ce tout cohérent qu’est le développement de l’univers des Transformers, et non un scénario sans queue ni tête. Et ce développement permet à The Last Knight, plus qu’à n’importe quel autre opus de la saga, de faire un pas plus prononcé dans l’univers de la science-fiction. Le résultat n’en est que plus jouissif : au-delà du final démentiel s’apparentant à une bataille spatiale, une véritable mythologie s’installe autour des robots, et on n’est pas surpris des futurs projets de Paramount de créer un univers entier basé sur des spin off et origins stories.

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Reste à savoir si ce nouvel horizon conviendra au public. Car les premières retombées en matière de chiffres sont plutôt catastrophiques outre Atlantique. On dénote un week-end de lancement US à 69 millions de dollars, soit nettement moins que le précédent volet. Le public se lasserait il de ces aventures robotiques justement au moment où la saga amorce un nouveau tournant ? Ou est-ce ce tournant qui n’emporte pas l’adhésion ? L’intention aura eu le mérite d’être présente, louable, sincère et réussie !

Avis donc à tous ses détracteurs : Michael Bay est de retour et en grande forme ! Fermement décidé à ne laisser ses jouets robotiques à personne, bien que des rumeurs affirment le contraire pour la suite prévue en 2019 (à titre informatif, il devait arrêter depuis le numéro trois…), l’artisan dopé au carnage planétaire et à l’action mécanique offre avec Transformers : The Last Knight un nouveau visage à la franchise, tout en en assumant son héritage et sa profonde débilité. Sincère et jouissif, il ne réconciliera pas les détracteurs de la saga, mais constitue ce qui se fait de mieux en blockbuster parfaitement calibré pour l’été.

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Transformers : The Last Knight: Bande-annonce

Transformers : The Last Knight: Fiche technique

Réalisation : Michael Bay
Scénario : Art Macum, Matt Holloway, Ken Nolan, Akiva Goldsman
Interprétation : Mark Wahlberg (Cade Yeager), Isabela Moner (Izabella), Anthony Hopkins (Sir Edmund Burton), Laura Haddock (Vivien Wembley), Stanley Tucci (Joshua Joyce), Josh Duhamel (lieutenant-colonel William Lennox), John Turturro (agent Simmons)…
Doublages (VO) : Peter Cullen (Optimus Prime), John Goodman (Hound), Ken Watanabe (Drift), Franck Welker (Megatron), John DiMaggio (Crosshairs), Jess Harnell (Barricade), Omar Sy (Hot Rod)…
Photographie : Jonathan Sela
Montage : Roger Barton, Adam Gerstel, John Refoua, Mark Sanger
Direction artistique : Jason Knox-Johnston
Costumes : Lisa Lovaas
Décors : Jeffrey Beecroft, Karen Frick, Andrew McCarthy, Richard Roberts
Musique : Steve Jablonsky
Producteurs : Tom DeSanto, Akiva Goldsman, Lorenzo di Bonaventura, Ian Bryce, Don Murphy, Michael Bay et Steven Spielberg
Sociétés de production : Paramount Pictures
Distribution (France) : Paramount Pictures France
Durée : 149 minutes
Genre : Action, science-fiction
Date de sortie : 28 Juin 2017
États-Unis – 2017