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Les Aventuriers de l’Arche Perdue de Steven Spielberg : l’aventure a désormais un nom!

A travers la résurrection d’un genre qu’on croyait disparu depuis les années 1940, Spielberg et son comparse Lucas signent avec Les Aventuriers de l’Arche Perdue bien plus qu’un simple film d’aventure : un mythe traversant les âges, et l’iconisation d’un véritable héros de cinéma.

Synopsis : 1936. Parti à la recherche d’une idole sacrée en pleine jungle péruvienne, l’aventurier Indiana Jones échappe de justesse à une embuscade tendue par son plus coriace adversaire : le Français René Belloq.
Revenu à la vie civile à son poste de professeur universitaire d’archéologie, il est mandaté par les services secrets et par son ami Marcus Brody, conservateur du National Museum de Washington, pour mettre la main sur le Médaillon de Râ, en possession de son ancienne amante Marion Ravenwood, désormais tenancière d’un bar au Tibet.
Cet artefact égyptien serait en effet un premier pas sur le chemin de l’Arche d’Alliance, celle-là même où Moïse conserva les Dix Commandements. Une pièce historique aux pouvoirs inimaginables dont Hitler cherche à s’emparer…

Un plan d’ouverture sur une montagne au loin, se mouvant dans les formes du logo de la Paramount. Une silhouette vue de dos, affublée d’un chapeau, d’un révolver et d’un fouet. Un groupe d’hommes errant dans une forêt sombre, hostile, aux bruits inquiétants. En quelques plans judicieusement choisi, le mystère est lancé, le visage de notre héros sort de l’ombre : Indiana Jones ! Et il ne faudra que 10 minutes de plus en sa compagnie, rythmés par une chasse à la relique alternant pièges, un rocher qui écrase tout sur son passage, trahisons et fuite face aux indigènes, soulignés par la bande entraînante de John Williams et la somptueuse photographie de Douglas Slocombe, pour se rendre compte que l’on est face à un grand film. Et pas n’importe lequel : un grand film d’aventure ! Une pépite, un pur joyau cinématographie qui a profondément su redéfinir le genre. Ce qui peut sembler étrange vu la décrépitude de ce dernier au fil des ans, et surtout à l’époque des seventies – début eighties, où l’heure était plutôt aux polars,  aux films d’action et à la consécration de la science-fiction.

La passion au service de l’Histoire

A l’origine du projet se manifeste avant tout la passion et la volonté sans faille de deux hommes : Georges Lucas d’abord, grand nostalgique des serials de son enfance, ayant envie de faire revivre ce genre d’aventures sur grand écran (entreprise déjà commencée avec son premier volet de ce qui allait devenir la saga Star Wars). Steven Spielberg ensuite, conteur parfois au ton grave mais ayant gardé une part de rêve et d’enfance. C’est ensemble et main dans la main qu’ils vont retranscrire leur rêve sur pellicule, sur la base d’un script de Lawrence Kasdan et Phillip Kaufmann. Ce scénario sera pour ainsi dire la clé de voûte du film, car de cette intrigue vont découler bon nombre d’éléments propres au genre du film d’aventure qui seront maintes fois repris et imités, mais jamais égalés.

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L’un d’entre eux sera bien évidemment la quête du McGuffin. Terme d’abord instauré par Hitchock, il prendra bientôt la forme d’un objet rare et précieux, prétexte au bon déroulement de l’histoire puisque au centre de la quête de nos héros. Car ces derniers parcourent parfois une bonne partie du globe afin de le dénicher, d’où un  exotisme prononcé et propre au genre, dont se réclamera bien évidemment Les Aventuriers de l’Arche Perdue, avec une quête transportant le spectateur du Pérou au Népal en passant par l’Egypte. Ici, il ne s’agira ni plus ni moins de l’Arche d’Alliance, le coffret biblique qui aurait transporté les Tables de la Loi par Moïse, les 10 Commandements. Et plutôt que d’en faire une quête superficielle aux enjeux amoindris (richesse et gloire personnelle, don à un musée…), Spielberg et Lucas décident de la réadapter dans un contexte bien déterminé : celle de l’avant-guerre en 1936, lors des prémices de l’avènement des nazis. Particularité scénaristique ne se justifiant que trop bien, puisque qu’il était bien ancré qu’Hitler était fasciné par les sciences occultes et les arts mystiques. Bien plus que la diversité des paysages et des décors, c’est par ce scénario que le film trouve sa richesse, symptomatique d’ailleurs d’une envie de Spielberg d’évoquer la Seconde Guerre mondiale. Même si la trame semble assez convenue et classique aujourd’hui, elle a été l’initiatrice de beaucoup de suiveurs, misant également sur ce cocktail exotisme/aventure, des plus réussies (La Momie de 1999, les deux Benjamin Gates…) aux plus ridicules (Alan Quatermain et la Cité de l’Or Perdu, Sahara…).

Harrison Ford ou la nouvelle incarnation du Héros

Cette incursion de la réalité dans le caractère purement fictionnel de la quête participe aussi à la caractérisation des méchants. Outre Wolf Kahler en général du IIIe Reich, c’est surtout Ronald Lacey qui marque la rétine. Homme de main du Führer, sa physionomie, son sourire sadique, ses lunettes derrière ses yeux menaçants, son accent à couper au couteau, et son costume noir surmonté d’un chapeau, font de ce personnage l’archétype du serviteur du diable, le parfait représentant de l’armée du mal. Mais il ne constituera pas l’antagoniste principal du long métrage. Ce dernier prendra les traits de René Belloq, archéologue français motivé par sa seule recherche de gloire et de célébrité. Ce personnage n’a cependant pas la même aura menaçante que ses confrères, l’interprétation tout en douceur orientée « force tranquille » de Paul Freeman y étant surement pour quelque chose. Il y apparaît même plutôt énervant par son opportunisme et sa chance, et ce, bien que ses envies primaires et son inexpérience le conduiront à sa perte. A ce titre justement, il constitue donc plutôt la parfaite antithèse de notre héros.

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Et quel héros ! Si on ne le présente plus aujourd’hui, c’est que le personnage d’Indiana Jones a tout simplement marqué les esprits dès sa première apparition au cinéma. Se définissant d’abord comme un professeur et un académicien avant d’être un archéologue et un aventurier, le personnage du professeur Jones s’éloigne bien des standards de l’époque. Il n’est pas l’archétype du good guy infaillible, tirant d’abord et réfléchissant après, sous une montagne de muscles ou un physique d’athlète. Il n’hésite pas à prendre des coups, à accumuler les échecs et à faire preuve d’un humour léger et pince sans rire sans que la situation ne l’exige forcément. Et pour donner corps à ce personnage, il fallait bien la décontraction et la nonchalance d’Harrison Ford, qui, un peu à la manière d’un Han Solo, bouscule la conceptualisation de ce qui se faisait en matière de héros dans les années 80. Un exemple parmi tant d’autres : la manière dont il tue un assaillant faisant une démonstration de sabre des plus chorégraphiées. Son impassibilité, causée d’ailleurs par une turista générale survenue pendant le tournage, a participé à l’humour et au rendu culte de la scène !

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Un personnage haut en couleurs se devait de l’accompagner afin de lui tenir tête en tant que comparse ! Interprétée par Karen Allen, Marion sera la meilleure des Indiana Girl de la saga. Garçon manqué maniant aussi bien le couteau que l’ingurgitation d’alcool fort, elle ne sera pas seulement le faire valoir d’Indiana Jones, mais bien un personnage féminin fort au caractère bien trempé. Ce qui là encore à l’époque n’était pas une évidence sur les pellicules.

Une équipe artistique au sommet de sa forme

Et en termes d’innovations, il faudrait bien plus qu’une critique pour énoncer et décrire les nombreuses scènes cultes parsemant Les Aventuriers de l’Arche Perdue, où chaque plan et prise de vue semble avoir été millimétré, médité, réfléchi. Toute la partie au Caire lors de la découverte du tombeau où se trouve l’Arche d’Alliance, bien qu’accusant un ralentissement du rythme, en témoigne : la découverte de l’emplacement exact grâce au rayon du soleil, les ouvriers travaillant sous un soleil couchant, la descente dans le tombeau encerclé par des centaines de serpents …  Mais c’est surtout la séquence finale qui marquera les mémoires : l’ouverture de l’arche et le déchainement infernal qui s’ensuit. Véritable malstrom visuel et sonore qui a très bien réussi l’épreuve du temps, renforcé par des effets de maquillages du plus bel acabit (jamais on n’aura trouvé de « face melting » plus convaincant, même dans le cinéma d’horreur), la scène démontre tout le savoir-faire de son réalisateur coordonnée avec celle de son équipe artistique. Les morceaux de bravoure ne sont d’ailleurs pas en berne. Outre la séquence d’ouverture, les combats et courses poursuites s’enchaînent à vitesse V. Que ce soit une fusillade dans un bar népalais, une course poursuite avec des paniers en osier sur les marchés du Caire, un duel entre les hélices d’un avion, ou la prise d’un camion transportant l’Arche, la mise en scène est d’une précision et sans conteste d’une technicité avant-gardiste. On vous l’a dit : souvent imité, jamais égalé !

C’est par tous ces éléments que Les Aventuriers de l’Arche Perdue a pu faire renaître le genre : considéré à ce jour comme un des meilleurs blockbusters de tous les temps, il consolide un scénario bien écrit, une mise en scène novatrice, une équipe artistique mobilisée, et la passion de ses pères fondateurs, Georges Lucas et Steven Spielberg. Grâce à eux, une nouvelle icône est née, tant et si bien qu’un thème musical signé John Williams lui sera propre. En 1981, l’aventure a désormais un nom : Indiana Jones !

Les Aventuriers de l’Arche Perdue : Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=KjuhSnOZn0A

Les Aventuriers de l’Arche Perdue : Fiche technique

Titre original : Raiders of the Lost Ark
Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Lawrence Kasdan, Philip Kaufman et George Lucas
Interprétation : Harrison Ford (Indiana Jones), Karen Allen (Marion Ravenwood), Paul Freeman (René Belloq), Denholm Elliott (Marcus Brody), Ronald Lacey (Toht), John Rhys-Davis (Sallah), Alfred Molina (Sapito), Anthony Higgins (Gobler)…
Photographie : Douglas Slocombe
Montage : Michael Kahn
Musique : John Williams
Direction artistique : Leslie Diley
Production : Franck Marshall, Howard G. Kazanjian, George Lucas, Robert Watts
Studios de production : LucasFilms Ltd., Paramount Pictures
Genre : Aventure
Durée : 115 minutes
Date de sortie : 16 septembre 1981

États-Unis – 1981

Concours L’Amour des hommes : Gagnez des places de cinéma du film

Concours L’Amour des hommes : Gagnez deux places du long métrage du cinéaste Mehdi Ben Attia, un magnifique film sur l’Art et les rapports entre les hommes et les femmes.

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

Tunis, aujourd’hui. Une jeune femme, Amel, incarnée par Hafsia Herzi vient de perdre son mari. Encouragée par son beau-père, elle va reprendre goût à la vie en faisant de la photographie. Son regard va accrocher celui des garçons de la rue, des prostitués, qu’elle va sublimer par le biais de son art. Une démarche audacieuse dans une société conservatrice, dont elle va devoir s’affranchir.

Après le Fil interprété par Claudia Cardinale, sorti en France en Mai 2010 (prix du public au festival LGBT de San Francisco) et Je ne suis pas mort, avec Mehdi Dehbi, Maria de Medeiros et Emmanuel Salinger, sorti en Août 2013 ( grand prix du meilleur film français au festival Premiers Plans d’Angers), Mehdi Ben Attia revient avecL’Amour des hommes, un beau portrait d’artiste et une autre vision de la Tunisie loin des clichés stéréotypés avec une sublime Hafsia Herzi (La Source des femmes de Radu Mihaileanu , L’Apollonide : Souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello…) et à l’affiche du prochain film de Abdel Kechiche, Mektoub, My Love (en salles le 21 mars)

Réalisateur Mehdi Ben Attia
Scénariste : Mehdi Ben Attia
Co-scénariste : Martin Drouot
Avec Hafsia Herzi (Amel), Raouf Ben Amor (Taïeb), Haythem Achour (Sami), Sondos Belhassen (Souad), Karim Ait M’Hand (Rabah), Nawel Ben Kraiem (Lilia), Rochdi Belgasmi) (Aïssa), Abdelhamid Nawara (Mouldi)…
Compositeur : Karol Beffa
Sociétés Production : 4 à 4 Productions
Coproduction : Cinétéléfilms
Distributeur France sortie en salle : Epicentre
Genre : Drame
Date de sortie : 28 février 2018
Durée : 1h 45min
Nationalité : France – Tunisie

MODALITÉS DU JEU CONCOURS

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Concours Amour Aveugle (Blind) : Gagnez 5 liens du film en VOD

Concours : Gagnez 5 liens du film Amour Aveugle, une romance américaine où l’on retrouve avec grand plaisir le Duo Alec Baldwin & Demi Moore accompagné de Dylan McDermott !

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

Un romancier new-yorkais est rendu aveugle par un accident de voiture qui tue sa femme. Des années plus tard, il retrouve l’envie de vivre et d’écrire lorsqu’il commence une aventure avec une femme négligée par son mari, un homme d’affaires.

Titre original : Blind
Titre français : Amour Aveugle
Réalisateur : Michael Mailer
Scénario : John Buffalo Mailer d’après l’œuvre de Diane Fisher
Montage : Jeffrey Wolf
Acteurs principaux : Alec Baldwin, Demi Moore, Dylan McDermott, Viva Bianca, James McCaffrey…
Montage : Jim Mol
Bande originale : Amy Lee, Dave Eggar
Durée : 98 minutes
Genre : Drame, Romance
Sortie en VOD : 6 Mars
Pays d’origine : États-Unis

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1941 de Steven Spielberg : un délire antimilitariste

En réalisant 1941, Steven Spielberg connaîtra un gros fiasco commercial complètement immérité, tant ce film est un petit bijou d’humour débridé.

Synopsis : 13 décembre 1941, quelques jours après l’attaque de Pearl Harbour. Un sous-marin japonais fait surface le long des côtes californiennes. Son commandant veut attaquer Hollywood pour porter un coup décisif au moral américain.

Une plage déserte. Une jeune femme qui court, se déshabille et plonge dans l’océan. Quelques notes de musique graves, presque sinistres. Le sentiment d’une présence menaçante dans l’eau. Puis…

…un périscope ! Suivi d’un sous-marin aux couleurs du Japon.

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Dès cette entrée en matière, le ton est déjà donné. 1941 se présente d’emblée comme une parodie et une comédie burlesque qui part d’un fait authentique : en décembre 41, après l’attaque surprise de la flotte nippone sur Pearl Harbour, les habitants de la Côte Ouest, en particulier de la Californie, furent pris d’un mouvement de panique en pensant que les Japonais allaient continuer sur leur lancée, traverser le Pacifique et les attaquer directement. Voilà ce qui va servir de point de départ à la seule comédie burlesque et délirante de la filmographie de Spielberg, une petite pépite méconnue qu’il est impératif de re-découvrir.

Spielberg réunit autour de lui une troupe qui allait, par la suite, illustrer parfaitement le Hollywood du divertissement : le scénario est signé par Robert Zemeckis et Bob Gale (qui, quelques années plus tard, feront ensemble la trilogie culte Retour vers le futur) sur une idée de John Milius (co-scénariste d’Apocalypse Now et futur réalisateur de Conan le Barbare). Le script joue sur les différentes formes d’humour : comique de situation, dialogues délirants (« Un porte-sous-marins a atterri sur la côte ! »), parodie, burlesque destructeur et personnages cinglés.

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Ainsi, au niveau des personnages, 1941 nous propose (liste non exhaustive) :

_ un soldat colérique et violent qui déteste la couleur jaune et se prend pour un grand séducteur (interprété par Treat Williams, acteur que l’on peut voir aussi dans Hair, de Milos Forman ou Le Prince de New-York, de Sidney Lumet) ;

_ un aviateur fou qui est convaincu de pourchasser une patrouille aérienne japonaise dans le ciel de Californie (John Belushi) ;

_ un père de famille fanatique des armes et qui se retrouve avec une DCA installée dans son jardin ;

_ un livreur de sapin de Noël qui s’appelle Wood, Holly de son prénom ;

_ une secrétaire qui ne peut faire l’amour que dans un avion en vol (interprétée par Nancy Allen, qui avait joué dans Carrie, de Brian de Palma) ;

_ un général qui paraît complètement décalé dans ce monde de folie, puisqu’il essaie de garder les pieds sur terre, et qu’il préfère aller voir Dumbo que s’occuper de la sécurité de Los Angeles (incarné à merveille par le génial Robert Stack)…

Tout ce beau monde va se croiser et se re-croiser dans un film qui, suivant la logique du cinéma burlesque, semble être pris dans un crescendo de folie destructrice. 1941 semble être alors un immense terrain de jeu pour un enfant-réalisateur qui cherche à s’amuser, et à nous communiquer son amusement. Rien ne va y échapper : les maisons des particuliers, la salle de bal, les rues de Los Angeles et même un parc d’attraction, tout va être ravagé dans un tourbillon incontrôlable.

Un enfant doué cependant, qui sait parfaitement mettre en scène ce jeu de massacre. Le rythme est idéal, les gags s’enchaînent à toute vitesse et il n’y a aucun temps morts. Les acteurs en font des tonnes sans que cela soit gênant, puisque ça rentre parfaitement dans le cadre du film. L’humour joue aussi beaucoup sur l’inattendu, et de nombreuses surprises émaillent le film.

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La reconstitution aussi est remarquable. Et là, c’est plus le Spielberg cinéphile qui passe aux commandes. Les images des années 40 sont bien celles véhiculées par le cinéma. D’ailleurs, le film est rempli d’allusions, et le cinéphile se voit déjà dans le choix de certains acteurs ; ainsi, au casting, on peut trouver Elisha Cook Jr., acteur habitué aux seconds rôles dans les années 50, et Robert Stack, mais aussi Christopher Lee et le génial Toshiro Mifune (acteur fétiche d’Akira Kurosawa) qui forment ici un duo hilarant.

1941 reprend et détourne avec plaisir les scènes typiques du film de guerre. Nous avons le bal des soldats qui se transforme en baston générale, le discours pour motiver les troupes ou la conclusion sur les « valeurs américaines ».

Or, il faut bien avouer que ces « valeurs américaines » sont bien malmenées dans ce film qui, derrière le divertissement, laisse quand même passer l’image critique d’une Amérique paranoïaque fascinée par les armes. Même le Père Noël prend la figure de l’Uncle Sam bardé de cartouchières. Cette fascination fait des Américains les destructeurs de leurs propres valeurs. Le principal danger pour l’Amérique, ce sont certains Américains, et avec une telle population, le pays n’a finalement plus besoin d’ennemis.

L’ensemble fait de 1941 un divertissement de haut vol, un spectacle ahurissant et hilarant et une sorte d’OVNI dans la filmographie de Steven Spielberg. Coincé chronologiquement entre deux de ses films les plus connus, Rencontres du troisième type et Les Aventuriers de l’Arche perdue, 1941 est un bijou à re-découvrir.

1941 : Bande-annonce

1941 : Fiche Technique

Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Robert Zemeckis, Bob Gale, John Milius
Interprètes : Dan Aykroyd (Frank Tree), Robert Stack (Général Stilwell), Ned Beatty (Ward Douglas), John Belushi (Wild Bill Kelso), Treat Williams (Chuck Stretch Sitarski), Christopher Lee (Wolfgang von Kleinschmidt), Toshiro Mifune (Akira Mitamura)…
Musique : John Williams
Photographie : William A. Fraker
Montage : Michael Kahn
Production : Buzz Feitshans
Société de production : Universal Pictures, Columbia Pictures Corporation, A-Team
Société de distribution : Universal Pictures
Genre : comédie
Date de sortie en France : 12 mars 1980
Durée : 118 minutes (director’s cut : 146 minutes)

États-Unis – 1979

Mute de Duncan Jones : un film qui n’a rien à dire ?

Passant à son tour par la case Netflix, Duncan Jones revient avec Mute à ses premiers amours, la SF d’anticipation, et offre une suite spirituelle à son premier film, Moon. Un intriguant long métrage qui promet d’asseoir son auteur comme un véritable cinéaste, et ce, malgré des retours critiques frileux qui ternissent l’image d’Eldorado du cinéma pour le géant Netflix.

Synopsis : Dans un proche avenir, Leo est barman dans un Berlin en pleine ébullition. A cause d’un accident survenu dans son enfance, Leo perd l’usage de la parole et ne vit plus que pour sa séduisante petite-amie Naadirah. Quand elle disparaît sans laisser de trace, Leo se met à sa recherche et se retrouve dans les bas-fonds de la ville. Deux espiègles chirurgiens américains constituent les seuls indices qui le poussent à affronter ce milieu infernal afin de retrouver son amour.

Les regards se sont très vite posés sur Duncan Jones, lui qui est le fils de David Bowie, et ce, dès la sortie de son premier film en 2009, l’excellent Moon. Il y avait quelque chose d’à part dans ce premier essai qui devenait la promesse d’un cinéma singulier et accrocheur. Une promesse qui ne fut jamais vraiment concrétisé alors que le jeune cinéaste perdait film après film le soutient des critiques et du public, surtout après son Warcraft qui n’a clairement pas fait l’unanimité. Avec Mute, Jones essaye de retourner aux prémisses de son style et d’imposer définitivement une vision de cinéaste avec une œuvre qu’il cite lui-même comme étant la suite spirituelle de son premier né. Se déroulant dans le même univers, Mute construit quelques passerelles avec Moon mais qui sont plus là pour être de petits clins d’œil, et apporter un éclairage plus vaste au film, que d’avoir un vrai intérêt pour son histoire.

Mute-Paul-RuddUne histoire qui manque cruellement de substance et s’enfonce bien trop souvent dans les longueurs au cours de l’errance  peu palpitante de son protagoniste. Le film sera trop souvent à l’image de son héros, superficiel, à côté de ses pompes et qui n’a pas grand chose à dire. Avec la caractérisation maladroite des personnages, où le personnage principal souffre d’être muet et de son appartenance Amish pour la seule justification de ralentir le récit plus qu’à apporter un sens à l’intrigue, et des développements hasardeux dans son dernier tiers, Mute n’évite jamais les erreurs. Il ne possède pas la profondeur qu’il aimerait si souvent s’insuffler et tombe dans des clichés relativement dépassés quand à sa manière de dépeindre un futur dépravé. Certaines choses arrivent cependant à fonctionner, comme la manière assez fine de construire le mystère autour de la disparition de la petite-amie du héros. Un mystère qui trouve une résolution pas aussi prévisible que le reste. On notera encore la relation très intéressante qui unit les deux chirurgiens que l’on suit en parallèle du personnage principal, deux personnages qui possèdent un récit bien plus maîtrisé et captivant  grâce aussi aux très bonnes performances d’un Justin Theroux méconnaissable mais surtout d’un Paul Rudd habité qui excelle. Ils volent la vedette à Alexander Skarsgård qui confond trop souvent le fait d’être muet avec le fait d’avoir un handicap mental dans une prestation qui sonne fréquemment fausse.

Mute-Justin-TherouxLa réalisation technique connait aussi quelques maladresses notamment avec des effets spéciaux d’un autre temps et des fonds verts bien trop visibles qui peinent à rendre l’univers visuel du film crédible. C’est d’autant plus regrettable que cela amoindrit des idées de mise en scène plutôt bien senties qui donnent un côté halluciné eu récit. Duncan Jones jouant avec les focales pour donner un air disproportionné à son héros qui devient une forme géante qui se balade dans un monde où il n’a pas sa place, une force de la nature muette mais inébranlable. Son handicap est d’ailleurs jusqu’au bout traité comme tel, où dans ce monde futuriste où quasiment tout passe par la voix celui-ci se trouve incapable d’évoluer dans son environnement. Son errance en devient onirique et Jones arrive à travailler une atmosphère vite envoûtante aidé par le score musical planant et inspiré de Clint Mansell. De jolies fulgurances qui viennent souvent faire la différence et qui rendent le visionnage pour le moins agréable malgré ces défauts persistants.

Mute est clairement la preuve que le cinéma de Duncan Jones s’essouffle petit à petit car il signe ici son film le moins réussi. Même s’il arrive à être globalement convenable, spécialement grâce à de vraies fulgurances de mise en scène et d’écriture et par la biais d’ un casting relativement bon, à l’exception d’Alexander Skarsgård plus bancal dans sa performance. Le vrai problème de ce Mute, c’est l’envie de son cinéaste de vouloir surfer sur un succès passé sans pour autant avoir une véritable histoire à raconter autour. Reste donc un récit sympathique mais vain qui tourne en rond plutôt qu’aller de l’avant. Avec cette nouvelle production, Netflix commence un peu à s’imposer comme une plateforme qui peine à asseoir ses propositions de cinéma où, en dehors de trop rares pépites, propose surtout des films calibrés ou des œuvres mineures de cinéastes fatigués.

Mute : Bande annonce

Mute : Fiche technique

Réalisation : Duncan Jones
Scénario : Michael Robert Johnson et Duncan Jones
Casting : Alexander Skarsgård, Paul Rudd, Justin Theroux, Seyneb Saleh, Dominic Monaghan, Robert Sheehan,…
Décors : Sarah Horton, Wolfgang Metschan et David Scheunemann
Costumes : Ruth Myers
Photographie : Gary Shaw
Montage :  Barrett Heathcote et Laura Jennings
Musique : Clint Mansell
Producteurs : Stuart Fenegan
Production : Liberty Films UK et Studios de Babelsberg
Distribution : Netflix
Durée : 126 minutes
Genre : science-fiction
Dates de sortie : 23 février 2018

Angleterre et Allemagne – 2018

Pour plus d’informations sur le film Mute

Concours L’Assemblée de Mariana Otero : Remporte un DVD du film

Concours L’Assemblée : Après sa sortie au cinéma, le film de Mariana Otero débarque en DVD et VOD le 6 mars 2018, remporte ton DVD du long métrage.

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

Le 31 mars 2016, place de la République à Paris naît le mouvement Nuit debout. Pendant plus de trois mois, des gens venus de tous horizons s’essayent avec passion à l’invention d’une nouvelle forme de démocratie. Comment parler ensemble sans parler d’une seule voix ?

https://vimeo.com/232241386

Pour les  INROCKS « En tournant sa caméra vers Nuit debout, la documentariste saisit à vif cette tentative inédite de mise en place d’une démocratie directe »

Entretien avec la réalisatrice Mariana Otero
Débats autour du film avec • Loïc Blondiaux, Professeur et chercheur en science politique à la Sorbonne • Frédéric Lordon, Chercheur au Cnrs • Mathilde Larrère, Historienne à l’Université Paris XIII • Monique et Michel Pinçon-Charlot, Sociologues, Philippe Urfalino, Directeur de recherche au Cnrs • Yves Sintomer, Professeur de science politique à l’Université Paris VIII.
Bio-filmographie de la réalisatrice – Galerie photos – Film annonce
Durée film 99’ – Durée totale 156’ – Langue français – Sous-titres anglais, espagnol, version sourds et malentendants – Son stéréo

A gagner : 2 exemplaires du DVD – MODALITÉS DU JEU

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Lady Bird, la petite ritournelle adolescente de Greta Gerwig

Lady Bird, au-delà de sa nomination aux Oscars, est un film plein d’une belle tendresse, d’une certaine extravagance et d’une nostalgie plutôt bien dosée, le tout porté par des comédiens au top, Saoirse Ronan en tête. Greta Gerwig convainc en passant pour la (presque) première fois derrière la caméra.

Mademoiselle

Lady Bird est l’histoire d’une jeune fille de 17 ans qui renie son prénom, tient fortement tête à sa mère (jusqu’à se jeter de la voiture en marche pour la contredire, première séquence – déroutante et hilarante – du film), et surtout cherche son identité. Un peu comme la Frances Ha interprétée par la réalisatrice du film, Greta Gerwig, Lady Bird alias Christine est encore incomplète. Elle ne prend pas de chemin de traverse pour aller vers sa vie d’adulte, mais plutôt des détours. Si l’adolescence était un grand désert à traverser, Lady Bird serait en quête d’une eau plus spéciale que les autres pour se désaltérer, avide de mirages et de fantasmes. Des fantasmes ou autres attendus des films d’adolescence que Greta Gerwig s’attache à détourner. Fantasme de la première fois idéalisée (par Lady Bird surtout qui dira préférer finalement « être pelotée »), fantasme de la sentimentalité des filles adolescentes (il y a autre chose dans la vie de Lady Bird) , fantasme des garçons virils (ils sont ici homosexuels refoulés ou faux « beaux » en quête de douceur), fantasme des amitiés quasi indestructibles et des familles solides (la question de l’argent étant au centre, quand c’est l’amour filial qui compte finalement). Ici, tout est déconstruit, en puzzle, ce qui donne lieu à un joli film choral où chaque acteur peut déployer son jeu, son personnage. Mais ce qui frappe surtout c’est la capacité de Greta Gerwig à distiller du fantasque (qui n’est pas que dans les cheveux rouges de son héroïne), de la sensibilité et de la nostalgie dans un film doux-amer.

« Il faudrait pouvoir se tuer idéalement dans nos têtes pour renaître après »

saorise-ronan-laurie-metcalf-lady-bird-film-critiqueLa grande force du film est de contredire un destin tout tracé. En parlant d’elle à travers une fiction, Greta Gerwig parle d’art, d’émancipation, mais aussi de territoire. Sacramento, la ville soi-disant détestée, est en fait le centre de ce film, son cœur battant. On pense assez souvent à la série Gilmore Girls qui racontait le quotidien d’une mère et de sa fille dans une petite ville de banlieue américaine. Si ici il est plus question du conflit mère-fille, on retrouve les thèmes du désir d’être ailleurs tout en étant attachée aux siens. Ce qui impressionne dans le film, c’est son mouvement permanent alors qu’il s’agit plutôt pour Lady Bird de se recentrer sur elle-même tout en s’ouvrant au monde, comme le dit la réalisatrice elle-même : « Ce double mouvement de l’identité m’a intéressée : pour grandir, on a besoin de s’inventer et de pouvoir revenir ensuite à soi-même ». Lady Bird devient ainsi le metteur en scène de sa propre vie, quitte à la laisser lui échapper pour mieux la reconstruire ensuite. A ce jeu-là, l’actrice Saoirse Ronan s’en sort brillamment, en ajoutant de l’étrangeté à son jeu, par son visage et sa sensibilité. Elle n’est pas que le double (pourtant assumé) de Greta Gerwig, elle est aussi sa propre version d’une adolescence comme un mouvement vers l’avenir, tout en étant ancrage sur ce que l’enfance a fait au corps et à l’esprit. Il y a des moments d’émotion pure dans Lady Bird, mais aussi d’autres beaucoup plus drôles ou en apparence convenus. Au final, c’est une douce petite ritournelle que l’on retient, celle qui déjà faisait danser et courir Frances Ha. Le mouvement de Lady Bird est celui de celle qui s’habille en une autre pour redevenir peu à peu elle-même, sans pour autant s’enfermer. Elle s’envole, mais comme un petit oiseau migrateur, revient toujours au nid pour y retrouver la joie d’être ensemble, même en se tenant tête.

Lady Bird : Bande annonce

Lady Bird : Fiche technique

Réalisatrice : Greta Gerwig
Scénario : Greta Gerwig
Interprètes : Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts,  Lucas Hedges, Timothée Chalamet, Beanie Feldstein, Lois Smith, Stephen Henderson
Photographie : Sam Levy
Montage : Nick Houy
Sociétés de production : IAC Films, A24
Distribution : Universal Pictures  International
Durée : 94 minutes
Genre : comédie dramatique
Date de sortie : 28 février 2018

États-Unis – 2018

Pour plus d’informations sur Lady Bird

 

The 28 Heroes sauvent Moscou, en DVD et Blu-Ray

En mettant en scène l’histoire des hommes de Panfilov, The 28 Heroes, qui vient de sortir en DVD et Blu-Ray aux éditions Rimini, nous plonge en plein cœur d’une bataille décisive de la Seconde Guerre Mondiale.

Synopsis : Novembre 1941. Les Allemands tentent une percée qui les emmènerait jusqu’à Moscou. Un petit groupe de soldats de l’Armée Rouge a pour mission de les stopper le plus longtemps possible.

L’histoire des 28 Hommes du général Panfilov, c’est un peu comme Fort Alamo ou la bataille des Thermopyles, l’histoire d’une poignée d’hommes qui vont, par leur courage et au prix du sacrifice de leur vie, retarder l’avancée d’une armée ennemie infiniment plus nombreuse et mieux préparée. L’histoire idéale pour faire un film, d’autant plus que le film de guerre reprend de la vigueur depuis quelque temps. Que ce soit pour critiquer la guerre et ses conséquences (Démineurs), pour montrer la réalité de conflits contemporains (Afghanistan, Irak) ou simplement pour le spectacle (Dunkirk), le genre connaît un sursaut de popularité. La Russie ne fait pas exception, avec des films comme Résistance (sur la Bataille de Sébastopol) ou Stalingrad.

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Comme tout film visant à faire l’apologie de héros s’étant sacrifiés pour leur nation, The 28 Heroes ne fait pas preuve d’une grande inventivité. Les deux réalisateurs nous déploient tout l’arsenal des procédés auxquels nous sommes déjà habitués : la musique grandiloquente, les contre-jours et les contre-plongées, etc. Mais, à défaut d’être original, le film est solidement réalisé. Les images sont très belles, le scénario est bien construit et l’ensemble donne un rythme rapide, sans le moindre temps mort.

Le film sait prendre son temps pour nous présenter les personnages, puis nous les montrer lors des préparatifs de la bataille. La réalisation nous donne ainsi une image bien précise du décor, qui aura une importance capitale dans le film. Nous voyons les soldats creuser les tranchées, et nous avons le temps de sympathiser avec chacun d’entre eux.

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Puis, l’arrivée des Allemands change toute l’atmosphère. D’autant plus que les réalisateurs appuient fortement sur les différences entre les deux ennemis. D’un côté, les Allemands arrivent avec leurs canons et leurs chars, dans le bruit et la fureur, de nuit. Ils n’ont pas de visage et semblent déchaîner l’enfer sur leur passage. Face à eux, les Soviétiques (parce qu’il n’y a pas que des Russes) sont toujours filmés dans la blancheur de la neige, avec leurs armements de fortune et toute leur humanité. A nouveau, le procédé n’est pas nouveau, mais il est employé avec efficacité.

Le reste, c’est un film de guerre plutôt réussi, un combat spectaculaire qui parvient à être un divertissement solidement réalisé.

A sa sortie, le film avait cependant fait l’objet d’une polémique. Il semblerait que l’histoire des 28 hommes de Panfilov soit une légende forgée de toutes pièces par la propagande soviétique de l’époque, et des journalistes avaient accusé le film d’être un instrument de propagande du gouvernement de Vladimir Poutine. Ce qui est sans doute vrai : The 28 Heroes est financé en partie par le Ministère russe de la Culture lui-même.

Ce qui est intéressant, c’est que le film ne cache pas être une légende, une histoire quasi-mythifiée. Ainsi, les soldats n’arrêtent pas de partager les histoires des exploits légendaires de certains « héros » modernes. Tout le monde sait bien que ces histoires sont montées en épingle par la propagande, personne n’est dupe. C’est un peu la même chose avec cet épisode. On sait bien que, même s’il y a un fond de vérité, les détails relèvent plus de la légende. L’un des soldats dira même « on gonflera les chiffres des pertes allemandes, ce sera bien pour nos petits-enfants ». Et puis, l’essentiel est que le résultat soit un vrai bon film de divertissement, un spectacle qui se laisse voir avec beaucoup de plaisir. Et ici, la mission est accomplie.

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Caractéristiques du DVD :
Durée : 116 minutes
Langues : Français et Russe
Sous-titres Français
Son 2.0 & 5.1
Format 2.35
16/9 compatible 4/3

The 28 Heroes : Bande-annonce

Le jeune Karl Marx de Raoul Peck : un biopic réaliste et moderne

Sorti dans les salles américaines la semaine dernière, Le jeune Karl Marx de Raoul Peck est disponible en DVD et Blu-ray disc depuis le 13 février 2018. Une œuvre biographique qui lève le voile sur une période décisive de Marx, sa rencontre avec Engels et la naissance d’une idéologie politique au-delà du communisme.

C’est sur une scène à la fois poétique et violente que le film s’ouvre sur les prémices de la période sacrée de la vie de Karl Marx. Nous sommes en 1943 et ce début pose d’emblée le débat sur la lutte des classes en mettant en parallèle la brutalité à l’encontre des « pauvres » et l’interdiction du journal communiste la Nouvelle Gazette Rhénane. La scène suivante viendra comme un écho pointer du doigt le contexte social et politique qui construira la pensée de Engels, témoin direct de l’injustice envers les ouvriers de son père.
Deux hommes aux origines et aux parcours distincts qui les mèneront à Paris où les théories de l’un rencontreront les idées et les mots de l’autre.
Le jeune Karl Marx met en lumière cette rencontre particulière, étincelante, énergique. Une énergie portée en grande partie par Auguste Diehl (Confession d’un enfant du siècle, Inglourious Basterds), complètement habité par ce Marx dans la fleur de l’âge.
De soirées arrosées en conversations philosophiques, enfiévrées ou épistolaires, les deux complices posent un regard critique sur un système capitaliste, de castes et d’injustice, sur la condition humaine et sur la philosophie elle-même…
D’une façon sobre et relativement moderne, Le jeune Karl Marx met en avant le pouvoir des mots et comment ces hommes de génie ont mené un véritable combat à travers des écrits contestataires, ambitieux mais aussi puissants et qui ont su dépasser les frontières et le temps.

On pourrait regretter que la fin manque un peu de substance et s’arrête de façon plutôt abrupte, en pleine ascension de nos deux théoriciens. Pour autant, le générique qui défile sur la chanson Like a Rolling Stone de Dylan donne un second souffle au film, un souffle revendicateur à travers ses célèbres paroles :

« Once upon a time you dressed so fine
You threw the bums a dime in your prime, didn’t you? »
Il fut un temps où tu portais des vêtements très chics
Tu jetais alors des petites pièces aux clochards du temps de ta splendeur, n’est-ce-pas ?

Le jeune Karl Marx – Bande-annonce :

Le jeune Karl Marx – Fiche Technique :

Réalisation : Raoul Peck
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 119 Minutes
Genres : Drame, Historique, Biopic
Date de sortie DVD & Blu-Ray : 13 Février 2018
Sortie cinéma : 27 Septembre 2017

Synopsis : 1844. De toute part, dans une Europe en ébullition, les ouvriers, premières victimes de la “Révolution industrielle”, cherchent à s’organiser devant un “capital” effréné qui dévore tout sur son passage. Karl Marx, journaliste et jeune philosophe de 26 ans, victime de la censure d’une Allemagne répressive, s’exile à Paris avec sa femme Jenny où ils vont faire une rencontre décisive : Friedrich Engels, fils révolté d’un riche industriel Allemand. Intelligents, audacieux et téméraires, ces trois jeunes gens décident que “les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, alors que le but est de le changer ». Entre parties d’échecs endiablées, nuits d’ivresse et débats passionnés, ils rédigent fiévreusement ce qui deviendra la “bible” des révoltes ouvrières en Europe : “Le manifeste du Parti Communiste”, publié en 1848, une œuvre révolutionnaire sans précédent.

Sugarland Express de Steven Spielberg : la fureur de vivre selon le maître

Entre le téléfilm Duel et le carton Les Dents de La Mer, Steven Spielberg trouva le temps à ses débuts de raconter l’histoire de jeunes parents en vadrouille pour retrouver leur enfant. Ce, avec toute la police de l’état du Texas aux trousses. L’occasion dans cette rétrospective de revenir sur l’excellent Sugarland Express.

Inspiré d’un fait divers, Sugarland Express suit la fuite en avant d’un jeune couple, Clovis (William Artheton) et Lou Jean Popling (Goldie Hawn), à qui l’État à retiré la garde de leur enfant suite à leurs mutuelles incarcérations pour petits délits. Après l’évasion de Clovis de son camp de travail, les deux amants vont prendre en otage un officier de police, Maxwel Slide (Ben Johnson), pour les conduire jusqu’à la ville de Sugarland et récupérer leur fils dans sa famille d’accueil. L’affaire prend vite une ampleur policière et médiatique dingue dans le sillage laissé par le trio.

Quatre ans avant de terrifier le monde avec Les Dents de la Mer, et de changer son destin ainsi que celui du cinéma, Steven Spielberg essuyait l’échec de ce premier long-métrage cinéma. Tronqué par Universal, Sugarland Express bénéficiait pourtant de la star Goldie Hawn, de l’expérience des producteurs Richard D. Zanuck et Richard Brown et d’un prestigieux prix du scénario au Festival de Cannes (il reste d’ailleurs l’unique film du réalisateur présenté en compétition).

Ainsi le sort en sembla-t-il jeté pour une œuvre qui reste encore aujourd’hui l’une des plus méconnues du cinéaste.

Et pourtant, il y a urgence à découvrir ou redécouvrir cette pépite, orfèvrerie de mise en scène posant les grandes lignes du cinéma de son auteur. Au-delà d’un rythme parfaitement maitrisé, Sugarland Express irradie d’une maestria visuelle plus qu’impactante quarante ans après. Avec le Texas comme espace infini et ligne d’horizon, Spielberg nourrit des images à la composition parfaite, jouant constamment des rapports entre premier, second et arrière-plan. Soit les solides germes de son évidente cinégénie, au même titre que des mouvements d’appareil embrassant l’intégralité d’une scène ou encore ces scènes d’actions précises au tempo haletant (ici des courses poursuites). Magnifié par la photographie du regretté Vilmos Zsigmond (qui préfigure Rencontres du Troisième Type dans sa gestion de la lumière) et les arpèges du futur compagnon, John Williams, Sugarland Express est formellement une merveille.

Écrit par Matthew Robbins et Hart Arwood, l’un des secrets les mieux gardés du cinéma américain, le film varie également autour d’une partition très Nouvel Hollywood avec son couple en cavale rappelant furieusement Bonnie & Clyde et ses grands espaces sillonnés autrefois par Easy Rider. C’est pourtant un traitement coenien avant l’heure qu’instaure le film, collant avec humour aux basques d’un couple attachant tout en avançant vers la fatalité absurde de leur destinée. Ainsi, si l’on sourit au début de la légèreté du film et de la démesure que prend l’histoire (la voiture poussée jusqu’à la station, la livraison des toilettes, le peuple traitant le couple comme des rocks stars…), il ne fait aucun doute que la destination n’aura finalement rien du sucré voyage pour ces héros simples, victimes du délit de faciès sociétal.

Sans la cruauté mordante des Frères Coen, mais avec une empathie profondément spielbergienne (qui plus est, ayant l’âge de ses protagonistes à l’époque), le film dépeint l’inconscience d’une jeunesse électrique piégée par une société archaïque imposant sa vaine mais dévastatrice tyrannie. C’est l’État qui retire l’enfant pour des motifs nébuleux. C’est la famille d’accueil qui estime que l’enfant est le sien et que la police va protéger. C’est cette même police qui mobilise un dispositif démesuré et absurde pour un couple très inoffensif. Un couple mû par une réclamation inaliénable, leur parentalité, et qui s’avance dans le tapage médiatique et populaire vers l’inéluctable tragédie. Celle d’une jeunesse sacrifiée d’avoir voulu vivre trop vite et trop fort, fonçant à toute allure sur l’autoroute de leurs illusions pour se prendre le mur de l’injustice crasse.

Et Spielberg de s’incarner dans un brillant personnage d’officier de police, témoin de la situation en empathie avec ses ravisseurs bien qu’impuissant face au destin en marche. De la part de quelqu’un qui est vu comme le pourfendeur du Nouvel Hollywood, Sugarland Express semble pourtant la preuve vibrante que Spielberg en faisait pleinement partie. Les débuts d’un maître.

Sugarland Express : Bande-annonce VO

Sugarland Express : Fiche Technique

Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Hal Barwood, Matthew Robbins
Interprétation : Goldie Hawn, Ben Johnson, Michael Sacks, William Atherton
Musique : John Williams
Photographie : Vilmos Zsigmond
Montage : Eward M Abrons, Verna Fields
Maisons de production : Universal, Zanuck/Brown Productions
Distribution (France) : Metropolitan
Durée : 110 minutes
Date de sortie : 12 juin 1974

Pour plus d’informations sur le film Sugarland Express

Auteur : Adrien Beltoise

Zombillénium s’anime en Blu-ray et DVD chez Universal

Zombillénium, film d’animation français tout en monstres et drôleries, vient s’animer sur le petit écran en Blu-ray et DVD chez Universal. Retour sur le long métrage phénomène à l’occasion de sa sortie video.

Synopsis : Dans le parc d’attractions d’épouvante Zombillénium, les monstres ont le blues. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité… Jusqu’à l’arrivée d’Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, déterminé à fermer l’établissement. Francis, le vampire qui dirige le parc, n’a pas le choix : il doit le mordre pour préserver leur secret. Après avoir été mordu par Francis et son collègue loup-garou, Hector est muté en drôle de monstre. Mais, séparé de sa fille Lucie et coincé dans le parc, Hector broie du noir… Et si il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium ? Attention, Steven, un jeune vampire charmeur digne de Twilight, veille au grain et compte bien avoir le dernier mot…

Monstres en crise de la représentation

On pourrait revenir sur de nombreux points de Zombillénium : l’inscription de son décor dans un coin du Nord en pleine crise ouvrière (causée par le héros) ; le traitement de la différence dans un bourg loin d’y être ouvert… Concentrons-nous ici sur la crise que connaissent les monstres dans leur parc. Francis représente les monstres tels qu’ils ont pu s’épanouir chez Universal puis chez la Hammer : les zombies sont en décomposition ; les momies, couvertes de bandes blanches ; les loup-garous sont des hommes monstrueux de poils ; Francis est un vieux vampire grossissant mais qui n’a rien perdu de son charme et son mordant… Et Hector est une créature diabolique digne d’Hellboy. Et puis, il y a les jeunes vampires dirigés par Steven. Eux ne veulent plus trainer avec les autres créatures immondes. Bon chic, bon genre, ces jeunes dents pointues font le succès du parc auprès des adolescentes et d’un public notamment féminin. Et ils en sont conscients. Justement, alors que le parc est en crise, ils en profitent pour saboter les efforts d’effroi de leurs collègues pour en prendre le contrôle et le refaçonner à leur image. Que faire face à cette victoire de la romance monstrueuse ou de la monstruosité niaise propre à plaire aux adolescentes, ménagères et autres petites fleurs émotionnelles ?

Zombillénium, à travers son conflit de créatures, réfléchit le bouleversement des paradigmes de représentation des monstres que connaît le cinéma (Twilight, Warm Bodies) et la télévision (Vampires Diaries, Teen Wolf) depuis un certain temps. Finis l’action, l’aventure, le mystère, le folklore, les frissons, la peur, le dégout et l’ambiguïté de ce charme que l’on pouvait ressentir face aux agissements de ces créatures infernales. Les maîtres mots sont romance, niaiserie (et probablement « petite fleur des champs ») au pays des monstres aujourd’hui plongés dans le feuilleton du soap opera beta mais vendeur. Pleinement remachés par l’industrie de masse, ces objets de genre avaient aussi complètement perdu de leur force évocatrice. Mais, comme bien d’autres films et séries du genre l’ont fait de manière indépendante – soit presque selon le projet (Shaun of the Dead, Get Out, Burying the Ex) – soit dans un cadre industriel ouvert à ce type de projet (La Momie de 1999, Santa Clarita Diet), Zombillénium redonne aux monstres toute leur force d’effroi. La conclusion des réalisateurs Arthur de Pins et Alexis Ducord quant à leur réflexion de la représentation des monstres est sans appel : ces créatures passionneront toujours, effrayeront et intrigueront ad vitam eternam. Les vampires bcbg et leurs comparses ne sont enfin que poudre aux yeux.

Blu-rayllénium

Zombillénium se présente dans une édition Blu-ray soignée. Rien à redire concernant le film et son rendu vidéo, que ce soit au niveau visuel ou sonore. Le long métrage est accompagné de nombreux bonus qui vous plongeront dans les étapes de construction – impressionnantes et passionnantes – du film. Les compléments vous permettront aussi de découvrir davantage les deux réalisateurs via la présence de trois courts métrages.

Bande-Annonce – Zombillénium

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

1080p HD – 16:9 compatible 4/3 – format d’origine respecté 1.85 :1 – Audio : Français (Dolby Digital 2.0), Français (Dolby Digital 5.1), Anglais – Sous-titres pour sourds et malentendants : Français – Audio description : Français – Durée : 78 min

COMPLÉMENTS

Scènes coupées – Making of – Teaser international : La petite Lucie – Pilote clip « Nameless World » – Courts métrages : Géraldine d’Arthur de Pins (2000 – 9’), La Révolution des crabes d’Arthur de Pins (2004 – 5’), Fêlures d’Alexis Ducord et Nicolas Pavloski (2008 – 9’) – La musique du film – Clips : Get Up And Dance par Mat Bastard & Kameron « Grae » Alexander, Diggin in the Crates feat. F. Stokes par Mister Modo & Ugly Mac Beer, Stand As One par Mat Bastard (version karaoké)

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Zombillénium

14,99 € le DVD

16,99 € le Blu-ray

19,99 € le Blu-ray 3D (+ Blu-ray)

Sortie vidéo le 20 février 2018

Universal Pictures Video

Plus d’informations sur le film Zombillénium

Rio Grande de John Ford : la cavalerie à visage humain

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Avec Rio Grande, le duo John Ford / John Wayne clôt sa mythique trilogie de la cavalerie tout en privilégiant ses personnages pour faire un film humain, drôle et émouvant.

Synopsis : le colonel Kirby Yorke commande un régiment de cavalerie dans un fort du Texas, non loin du Rio Grande qui sert de frontière entre les États-Unis et le Mexique. Un jour, parmi les nouvelles recrues, il découvre son fils. Le lendemain, c’est sa propre femme qui arrive, pour surveiller leur rejeton.

Rio Grande est la troisième partie de la trilogie de la cavalerie que John Ford réalisa à la fin des années 40. Elle succède au Massacre de Fort Apache et à La Charge Héroïque. De nos jours, ces trois films sont synonymes de westerns classiques par excellence, mais en y regardant de plus près on peut y voir non seulement des films très marqués par la personnalité de leur réalisateur, mais également des visions de la cavalerie qui sont loin d’être aussi héroïques et manichéennes qu’il n’y paraît. Ainsi, Le Massacre de Fort Apache est une relecture toute fordienne de l’histoire quasi-mythifiée aux États-Unis de Custer et de la bataille de Little Big Horn. Loin de la thèse officielle (présentée dans La Charge Fantastique, de Raoul Walsh, avec Errol Flynn) qui dit que Custer a été pris en traître par les Indiens et abandonné par les autorités, Ford présente sa version, où Custer est un esprit borné et violent refusant catégoriquement tout dialogue avec les Indiens et provoquant volontairement leur colère.

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De prime abord, Rio Grande paraît être un western parfaitement classique. Dès le générique, on y voit les glorieux cavaliers qui chevauchent à travers le désert ou font boire leurs chevaux le long de la rivière. Mais, très vite, le spectateur déchante. Lors de la scène d’ouverture, les cavaliers rentrent au fort sous le regard inquiet des épouses. Comme elles, la caméra scrute les soldats un par un, et on perçoit vite les grimaces et les blessures. La glorieuse cavalerie a été défaite.

Finalement, une grande partie du film est déjà présente ici, dans ce constat de faiblesse. La cavalerie n’est pas constituée de surhommes pouvant battre les sauvages Apaches. John Ford nous en donne ici une image à taille humaine.

C’est cette humanité qui constitue, de très loin, le point fort du film. Le cinéaste va nous présenter toute une galerie de personnages, que ce soient parmi les jeunes recrues ou parmi les vieux briscards. Des personnages qui vont être montrés dans toute leur individualité, conflictuelle parfois, pour mieux pouvoir être réunis en un groupe homogène lorsque le danger se présente. La cavalerie, nous dit Ford, est un groupe constitué d’être humains, avec leurs faiblesses, mais aussi leurs côtés sympathiques.

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Car Ford n’a pas son pareil pour générer l’empathie du spectateur avec ses personnages. Pour cela, il sait s’entourer de seconds rôles qui, bien souvent, volent la vedette aux grandes stars. En tête de ceux-ci, dans Rio Grande, il faut bien entendu citer Victor McLaglen, acteur fordien par excellence (il a décroché un Oscar du meilleur acteur en 1936 pour Le Mouchard). McLaglen tient ici le rôle d’un sergent instructeur qui aura fort à faire avec les petits bleus, mais aussi avec l’épouse du colonel. Le jeu de l’acteur apporte au film des notes d’humour particulièrement bienvenues. Ainsi, Rio Grande est un film qui sait jouer sur différentes émotions.

Des émotions qui sont parfois contenues. Bien souvent, les deux personnages principaux, le colonel (l’indispensable John Wayne) et son épouse (Maureen O’Hara) ne veulent ou ne peuvent pas exprimer leurs sentiments, mais la caméra de Ford est suffisamment affûtée pour scruter les petits gestes, les regards, tous les signes qui montrent les émotions sans avoir à les dire expressément, comme lors de cette scène magnifique où une chorale improvisée de soldats chantent I’ll take you home again, Kathleen. Comme tout grand cinéaste, Ford sait utiliser les moyens que lui offre le cinéma pour parvenir à ses fins.

Bien entendu, Rio Grande est aussi un film d’action. C’est un western, c’est un film de cavalerie, et il y a des Indiens contre des soldats. Cela nous donne une scène admirable de poursuite en plein désert, et deux ou trois fusillades plutôt sympathiques. Mais, sur ce plan-là, Rio Grande assure juste le service minimum, sans plus. L’intrigue ne fouille pas trop de ce côté, et en plus la mise en scène de l’action a quand même terriblement vieilli (ah ! Ces cascadeurs grimés en Indiens, qui tombent bien sagement de cheval en faisant attention à ne pas se faire mal !).

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Comparer les scènes d’ouverture et de clôture est assez significatif. Nous avons, finalement, exactement la même scène au début et à la fin du film. Plus qu’un procédé habituel pour clore le film, il s’agit ici de montrer que le problème avec les Indiens n’a, finalement, pas avancé d’un pouce. La cavalerie, abandonnée aux confins du pays par une bureaucratie fédérale qui ne connaît rien, ne parvient pas à trouver une solution aux attaques des Indiens. En tout cas, elle ne constitue pas la solution elle-même. Finalement, une fois de plus, Ford parvient à nuancer un propos qui, chez tout autre cinéaste, aurait été purement élogieux.

Débarrassé de ses scènes d’actions qui semblent plus être des excuses que de vrais ressorts scénaristiques, Rio Grande apparaît alors vraiment pour ce qu’il est, un film centré sur ses personnages, un film d’hommes, d’amitiés viriles (au mépris des lois, s’il le faut), et un film sur la paternité également. Peut-être le moins réussi de la trilogie, mais un classique que l’on peut revoir avec plaisir quand même.

Rio Grande : Bande-annonce

Rio Grande : fiche technique

Réalisateur : John Ford
Scénario : James Kevin McGuiness
Interprètes : John Wayne (Colonel Kirby Yorke), Maureen O’Hara (Kathleen Yorke), Victor McLaglen (Sergent Major Timothy Quincannon), Claude Jarman Jr (soldat Jefferson Yorke), Ben Johnson (soldat Travis Tyree).
Montage : Jack Murray
Photographie : Bert Glennon
Musique : Victor Young
Production : John Ford, Merian C. Cooper
Sociétés de production : Republic Pictures, Argosy Pictures
Société de distribution : Republic Pictures
Genre : western
Durée : 105 minutes
Date de sortie en France : 17 août 1951
Date de reprise : 28 février 2018

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