La nouvelle édition du Printemps du Cinéma se déroulera en France du dimanche 18 jusqu’au mardi 20 mars 2018. Les tarifs des séances seront arrondis à la modique somme de 4 euros, pour le plus grand bonheur des cinéphiles. Voici donc une très belle occasion de profiter des dernières nouveautés en amoureux ou de rattraper des séances entre amis.
L’opération du Printemps du Cinéma s’apprête à débuter ce week-end dans toutes les salles de cinéma en France. Les séances seront proposées au tarif exceptionnel de 4 euros. La manifestation culturelle va s’étendre cette année du dimanche 18 mars au mardi 20 mars 2018. La seule déconvenue pour le prix de quatre euros concernera les projections en 3D et au format Imax.
Ce week-end, le Printemps du Cinéma célèbre sa 19ème année d’existence. Cette opération est menée par la Fédération nationale des cinémas français. Les acteurs Elsa Zylberstein, Raphaël Personnaz et Franck Gastambide ainsi que les réalisateurs Jean-Paul Salomé et Nabil Ayouch font partie des parrains de la cuvée 2018.
Un clip promotionnel a été réalisé spécialement pour l’occasion afin de promouvoir la manifestation. Ce film a été réalisé par Jean-Paul Salomé (Je fais le mort, Arsène Lupin, Les femmes de l’ombre, Belphégor, le fantôme du Louvre). Les comédiens Zita Hanrot (Fatima, Le Gang des Antillais, K.O., La fête est finie, Carnivores) et Finnegan Oldfield (Marvin ou la Belle Education, Nocturama, Bang Gang – une histoire d’amour moderne, Les Cowboys) se retrouvent côte à côte dans une salle de cinéma. Les deux jeunes qu’ils incarnent se laissent emporter par la magie et la féerie du septième art, à l’occasion du Printemps du Cinéma.
En 2017, le Printemps du Cinéma a attiré près de 2,8 millions de spectateurs dans les salles obscures en France. Selon les organisateurs, ces chiffres impressionnants témoignent d’une fréquentation en hausse de 13 % par rapport à l’édition 2016.
Le marché français est florissant. L’Hexagone représente le premier parc de salles de cinéma en Europe avec 5 843 écrans dans 2 045 cinémas. Pour l’année 2017, plus de 209 millions d’entrées ont été comptabilisées au cinéma. Ces chiffres constituent la troisième meilleure fréquentation depuis cinquante ans.
Le Printemps du Cinéma va donc se dérouler du dimanche 18 au mardi 20 mars avec un tarif unique de 4 euros la séance. Toute la rédaction de Cinéséries-mag vous souhaite donc de bonnes séances et de très belles émotions à l’occasion de la célébration du septième art durant ces trois jours !
Film promotionnel pour le Printemps du Cinéma 2018 :
Selon des informations de Bloody-Disgusting et de Dread Central, le cinéaste et musicien Rob Zombie aurait débuté le tournage de son nouveau long-métrage. Le réalisateur de 31 réserve une divine surprise aux amateurs de films d’horreur !
Le cinéaste américain a publié cette semaine une photographie sur le tournage de son nouveau projet cinématographique : 3 From Hell. Le cliché en question a été dévoilé sur son compte Instagram. Ce long-métrage devrait être une suite de La maison des 1 000 morts (2003) et de The Devil’s Rejects (2005) !
Des rumeurs, au mois d’octobre 2017 à l’occasion d’Halloween, évoquaient la possibilité d’un nouveau projet cinématographique pour Rob Zombie. Le tournage de ce futur film était annoncé pour mars 2018. Rob Zombie a donc pu tenir son calendrier et mener son projet à bien. Le titre de ce futur film laisse envisager de terribles possibilités sur le sort des anti-héros, la famille Firefly, des films précédents.
Le bouquet final du chef-d’œuvre horrifique The Devil’s Rejects a envoyé les personnages principaux vers un funeste destin. A la manière du final de Jason va en enfer d’Adam Marcus où le tueur au masque de hockey est importuné par Freddy Krueger, les Firefly pourraient bien être tombés sur un os en toquant à la porte du Diable ! Ils sont susceptibles de faire leur retour sur Terre, sous la forme de damnés ! Cette suite risque de s’aventurer dans le domaine du surnaturel. Captain Spaulding (Sid Haig), Otis (Bill Moseley) et Baby (Sheri Moon Zombie) pourraient donc réapparaître miraculeusement !
Rob Zombie serait en négociations avec les sociétés Lionsgate et Saban Films pour la sortie du film 3 From Hell en salles, en VOD et pour une commercialisation en DVD et en Blu-Ray. Rob Zombie s’est attelé au scénario de cette suite tant attendue de The Devil’s Rejects. Aucune date de sortie n’a encore été annoncée pour 3 From Hell et le reste du casting est encore mystérieux.
The Devil’s Rejects constitue l’un des meilleurs films de la filmographie de Rob Zombie. La scène finale avec le titre « free bird » de Lynyrd Skynyrd est encore dans les mémoires de nombreux cinéphiles mordus de cinéma de genre et bis. Le réalisateur était malheureusement tombé dans les travers du « development hell » avec sa relecture de la franchise Halloween et avait baissé le pied avec The Lords of Salem. Son dernier film, 31, assez brouillon et digne des montagnes russes ou des trains fantômes, s’apparentait presque à l’adaptation non avouée et non officielle de Running Man de Stephen King ou du jeu vidéo ultra violent Manhunt des studios Rockstar Games.
Les fans de la filmographie de Rob Zombie peuvent donc se réjouir. L’un des maîtres modernes de l’horreur a l’intention d’apporter un troisième volet à sa franchise culte après La Maison des 1 000 morts et The Devil’s Rejects. Le roi de l’horreur est de retour ! Hail to the King, Baby! Groovy!
Décrié par beaucoup, A.I. est l’un des plus beaux moments de cinéma qu’a pu nous offrir Steven Spielberg. Suivant le pas d’un jeune robot en quête d’amour, le cinéaste mêle son aura populaire humaniste à une sphère cette fois-ci, plus intime et mélancolique dans laquelle le précipice de la mort n’est jamais loin.
Dans un monde où les robots sont créés pour palier à des économies énergétiques, environnementales et la survie du monde moderne, David est unique. Unique en son genre parce qu’il est le premier robot à être programmé pour aimer. Non pas pour être aimé mais pour aimer, pour rendre à un couple un amour disparu que leur propre progéniture ne peut plus leur donner. Le film de Spielberg est un être schizophrène, projet désarticulé de Stanley Kubrick (qui devait initialement le réaliser) et de Steven Spielberg qui commence par de la science-fiction cérébrale, intime et sociale dans une famille en reconstruction avant de basculer brusquement dans un conte de fées déchirant évoquant Le Magicien d’Oz et surtout Pinocchio.
Au-delà du fait que le décorum visuel soit somptueux et d’une inventivité féconde, s’appropriant notre modernité contemporaine à celui de l’imaginaire d’anticipation, le cinéaste offre un véritable bijou de mise en scène qui s’attaque à la thématique du regard. Alors que l’un de ses autres films de science-fiction Minority Report se triturait les méninges avec intelligence sur le poids des images, les conséquences de nos actes, la valeur de notre pensée, A.I. différencie sa propre réalité et sa « fausseté » entre l’étroite frontière entre les humains organiques et les robots « méchas ». Mais au lieu de jouer la carte de l’esbroufe esthétique pour initier une confusion des genres, Steven Spielberg se veut plus imaginatif dans son design ou plus concis dans son dispositif de mise en scène pour que l’émotion imprègne mieux l’imaginaire du spectateur mais aussi celui des personnages.
Le réalisateur jouera beaucoup avec le cadre, les miroirs, les flous, l’espace pour agencer la plénitude du film du cinéma de genre à l’image du premier plan qui nous dévoile David : une lumière blanche aveuglante rejaillit comme si un alien allait apparaître. Suite à des problèmes liés à la jalousie du « vrai » fils du couple et à la méfiance du mari, il est rejeté par « sa mère adoptive » dans une forêt au lieu d’être détruit alors qu’il commençait à être aimé par sa « mère ». Il tentera ensuite de réconcilier ses problèmes d’abandon en cherchant la fée bleue pour devenir un « vrai petit garçon » au milieu de paysages aussi délabrés que futuristes envahis par des méchas rejetés de la même manière. La science-fiction de Steven Spielberg est humaniste mais ne perd pas de vue qu’elle existe toujours sous le prisme de la peur et du manque de l’humain.
Derrière la création, derrière ce questionnement quasi religieux qui s’insère dans l’œuvre avec puissance et justesse, il y a toujours une sorte d’alibi, une cassure chez l’humain qui le pousse à vouloir créer ou à détruire : la perte d’un fils est l’épicentre du film. Tout est lié à l’amour avec un grand A : David qui est un robot pionnier, un fils de substitution à bien des égards, ou Joe qui vit pour donner du plaisir aux femmes. Il y a cette servitude émotionnelle qui lie les humains aux robots. Mais cet amour est souvent dysfonctionnel : par cette forme de rejet, par cette peur de l’inconnu, par cet inconscient de la différence. A.I. s’érige comme une expression terriblement angoissée de rejet, de solitude et d’amour sur l’incohérence de notre monde.
Comme en témoigne toute cette séquence dans ce sanctuaire de la mort des robots, qui ressemble trait pour trait à un stade pour « bikers » dans lequel on torture et tue les méchas sous les applaudissements effrénés d’une foule en délire. Sauf que lorsque le jeune David, avec son allure de petit garçonnet, arrive sur le bûcher pour être victime de ces atrocités, le public semble perdre toute notion de réalité, sur qui est humain et qui ne l’est pas. C’est là que tient toute la force centrifuge de A.I., dans cette manière d’accompagner la croyance même aveugle de ce jeune « mécha » qui ne se pose jamais la question de sa condition, dans un monde violent dans lequel les Hommes tentent tant bien que mal d’échapper à leurs propres problèmes : la mort physique de l’humanité mais aussi et surtout, l’effondrement de leurs sentiments.
A.I. est ambitieux, personnel et révélateur, une œuvre qui parle de la souffrance sous l’égide de la naïveté. David veut devenir un enfant et seulement un enfant. C’est en s’écartant de l’habituelle quête existentialiste des robots que A.I. pousse sa profondeur dans des contrées jamais jalonnées sur la misère humaine. C’est un film sur l’enfance, qui oscille entre le béatement enfantin de Spielberg et le cynisme de la violence humaine de Kubrick, pour conforter autant qu’il désarçonne. La fin, quant à elle, a fait grincer des dents mais est d’une beauté et d’une tristesse infinie sur l’image du monde solitaire qu’est l’enfance.
Synopsis: Dans un XXIe siècle où la fonte des glaces a submergé la majorité des terres habitables et provoqué famines et exodes, les robots sont devenus une composante essentielle de la vie quotidienne et assurent désormais la plupart des tâches domestiques. Pourtant, le professeur Hobby veut aller encore plus loin en créant le premier androïde sensible : un enfant capable de développer un vaste répertoire d’émotions et de souvenirs. Peu après cette annonce, David, un robot de onze ans, fait son entrée chez Henry et Monica Swinton, un couple dont le jeune fils a été cryogénisé en attendant la découverte d’un remède pour guérir sa grave maladie. Bientôt abandonné par sa mère adoptive, David entame un périlleux voyage à la recherche de son identité et de sa part secrète d’humanité.
Bande Annonce – A.I. Intelligence artificielle
Fiche Technique – A.I. Intelligence artificielle
Titre original : A.I. intelligence artificielle
Réalisateur : Steven Spielberg
Scénario : Steven Spielberg, Ian Watson
Interprétation : Haley Joel Osment, Jude Law
Musique : John Williams
Photographie : Janusz Kaminski
Montage : Michael Kahn
Maisons de production : DreamWorks
Distribution (France) : Warner Bros France
Durée : 155 min
Genre : Biographie, Histoire
Date de sortie : 24 octobre 2001
Devenu célèbre avec des films commeAu Fil du Tempsou L’Ami Américain, Wim Wenders revient, avec L’État des Choses, sur la passion pour le cinéma, son intérêt pour les voyages et sa façon toute personnelle de montrer le passage du temps.
Dès la scène d’ouverture, L’État des Choses nous propose les deux thèmes majeurs de la filmographie de Wim Wenders, le cinéma et le voyage. Dans ce pré-générique, le cinéaste allemand nous plonge dans un film à l’intérieur du film, sorte de mise en abyme qui sera un des procédés majeurs de ce long métrage. Ce film, intitulé The Survivors, est manifestement une œuvre de science-fiction post-apocalyptique où un groupe de survivants voyage tant bien que mal au milieu des restes cadavériques d’une civilisation dévastée. Un voyage qui a un but, arriver à l’océan, synonyme de survie. C’est là que le voyage et le tournage s’interrompent de concert.
Comme dans la grande majorité des films de Wenders, le personnage principal de L’État des Choses est un voyageur. Il le dit lui-même, vers la fin du film : « Je ne suis chez moi nulle part, dans aucune maison, dans aucun pays ». Mais ici, le voyage se brise brutalement sur une plage du Portugal. Le producteur du film a disparu, l’équipe est à court de pellicule, le tournage est donc suspendu jusqu’à nouvel ordre. Et c’est cette suspension qui constituera la majeure partie de L’État des Choses. L’équipe du film, désœuvrée, doit passer son temps comme elle le peut dans un hôtel qui ressemble à un bunker abandonné.
Après cette séquence d’ouverture qui nous montre The Survivors, le film va donc se diviser clairement en deux parties d’inégales longueurs. Dans la première, la plus longue, Wenders va prendre son temps pour nous montrer les réactions de ses personnages face à cette situation si spécifique. Le rythme, très lent, colle parfaitement à l’état où se trouve l’équipe du film : un état d’attente où le temps semble s’étirer de façon insupportable pour certains. Chacun essaie de faire passer le temps, au sens propre de l’expression, mais la situation extrême où ils se trouvent plongés bien malgré eux entraîne forcément des questionnements, voire des accusations.
La seconde partie découle logiquement de la première : le réalisateur, Friedrich Munro (Patrick Bauchau), au lieu d’attendre inutilement un retour plus qu’hypothétique du producteur, décide de partir à sa recherche à Los Angeles. Le voyageur reprend la route dans l’objectif de sauver son film. Le rythme change catégoriquement, les scènes sont plus courtes, tout semble s’accélérer alors.
Film sur le voyage, L’État des Choses est aussi un film sur le cinéma. Et là, Wenders ne se contente pas de filmer une équipe en train de faire un film. Il fait petit à petit disparaître les frontières entre fiction et réalité, entre le film et le vrai monde.
D’abord, c’est la frontière entre le film The Survivors et la réalité de l’équipe qui devient poreuse, lorsque l’un des techniciens affirme : « ce sont nous, maintenant, les Survivants ».
Mais surtout, c’est la distinction entre la fiction de L’État des Choses et notre réalité qui s’efface. Ainsi, le directeur de la photographie, Joe Corby, est interprété par Samuel Fuller. Mais Wenders joue sur la confusion entre le personnage et son interprète, et, au détour d’une scène, on retrouve Corby en train de raconter le tournage des 40 Tueurs, de Samuel Fuller. Il est intéressant de constater également l’abondance d’appareils photo et de caméras : de nombreux personnages prennent les autres en photo ou posent pour des vidéastes amateurs. Un des membres de l’équipe s’amuse à raconter son enfance en la jouant de façon comique. Deux gamines parcourent tout l’hôtel en se prenant pour des héroïnes de films. Mieux : une partie des événements qui se déroulent dans cet hôtel semble être adaptée d’un roman, et pas n’importe lequel : The Searchers (La Prisonnière du Désert) d’Alan LeMay.
Ainsi, L’État des Choses est un film de cinéphile. Les références abondent, à commencer par la présence de Samuel Fuller et Roger Corman. Le nom du réalisateur, Friedrich Munro, est une allusion transparente à F. W. Murnau, le réalisateur de Nosferatu et L’Aurore, mais le cinéaste est également surnommé Fritz (ce qui renvoie à l’autre géant du cinéma germanique, Fritz Lang). Nous avons des clins d’œil aussi bien au western qu’au film de gangsters, au road movie et à la science fiction des années 50.
L’ensemble fait de L’État des Choses un film surprenant et inattendu. Un hommage au cinéma aussi bien qu’une mise en garde contre une « hollywoodisation » à outrance du 7ème art, où des producteurs pas toujours scrupuleux prendraient l’avantage sur les réalisateurs et les dépouilleraient des moyens nécessaires pour pratiquer leur art.
Synopsis : une équipe internationale tourne un petit film de science-fiction, The Survivors. Mais on apprend que le producteur a disparu avec une partie du budget et que, faute de pellicule, le tournage est interrompu. Toute l’équipe s’installe dans un hôtel sur une plage du Portugal.
L’État des Choses : bande-annonce
L’État des Choses : fiche technique
Titre original : Der Stand der Dinge
Réalisateur : Wim Wenders
Scénaristes : Wim Wenders, Robert Kramer
Interprètes : Patrick Bauchau (Friedrich Munro), Isabelle Weingarten (Anna), Jeffrey Kime (Mark), Paul Getty III (Dennis), Roger Corman (l’avocat), Allen Goorwitz (Gordon), Samuel Fuller (Joe Corby)
Photographie : Henri Alekan, Fred Murphy
Montage : Barbara Von Weitershausen
Musique : Jurgen Knieper
Production : Chris Sievernich
Sociétés de production : Gray City, V.O. Filmees, Road Movies Filmproduktion, Wim Wenders productions, Pro-ject Filmproduktion, Pari Films, Musidora films, Film International, Artificial Eye, Zweites Deutsches Fernsehen.
Société de distribution : Pari Film
Société de distribution de la reprise : Les Acacias
Date de sortie en France : 20 octobre 1982
Date de sortie de la reprise : 14 mars 2018
Genre : drame
Durée : 125 minutes
Une fois n’est pas coutume l’un des événements cinématographiques majeurs de ce mois n’a pas eu lieu dans les salles de cinéma, mais sur les plateformes de VOD. Débarqué sur Netflix le 12 mars après s’être vu refuser par la Paramount une sortie en salle, Annihilation est le deuxième film du Britannique Alex Garland. Après avoir fait forte impression avec son coup d’essai, Ex Machina, le scénariste de plusieurs films de Danny Boyle (28 jours plus tard, Sunshine) a-t-il réussi à renouveler son exploit. Rien n’est moins sûr, surtout lorsque l’on voit les deux avis diamétralement opposés de la rédaction.
Synopsis : Depuis des mois, Léna, professeur de biologie à l’université John Hopkins, n’attend plus son mari Kane, militaire parti en mission secrète et dont elle n’a plus aucune nouvelle. Convaincue de son décès, elle est d’autant plus surprise de le voir apparaître d’un coup à la porte de sa chambre. Mais il semble étrange, ses propos sont incohérents, il a même oublié comment il est arrivé là.
Les premières minutes du film nous plongent d’emblée dans une ambiance de mystère qui restera un des points forts d’Annihilation. Léna (Natalie Portman) est interrogée par un homme en combinaison NBC dans une chambre d’isolement, et elle ne peut pas répondre aux questions qu’on lui pose. Pourquoi elle a disparu pendant 4 mois alors que, pour elle, seules 2 semaines se sont écoulées ? Pourquoi elle ne se souvient pas d’avoir mangé ? Où ont disparu les autres personnes qui l’accompagnaient ?
L’une des forces évidentes d’Annihilation, c’est d’avoir créé un univers énigmatique, un monde de tous les possibles. A partir du moment où l’équipe rentre dans la région du Miroitement, le monde semble échapper aux règles habituelles de la physique. Toutes les lois qui sont à la base de nos sciences modernes sont chamboulées. L’impossible se produit sans cesse, comme si la nature était atteinte de démence. L’ADN de plantes et d’humains se mélangent. Des animaux étranges et inattendus apparaissent, mariages improbables de races qui ne devraient pas aller ensemble.
Bien entendu, pour un cinéaste doté d’un tantinet d’imagination, un tel postulat de départ est un don du ciel. Et Alex Garland s’en donne visuellement à cœur joie, nous offrant des images magnifiques de plantes à forme humaine ou de cerfs blancs de toute beauté. Il sait tirer partie de la liberté visuelle que lui confère le scénario sans en faire trop, sans nous inonder de CGI, parce que là n’est pas le propos du film. Les trucages sont mis au service de l’histoire, et non pas l’inverse.
Mieux : Garland parvient à instaurer une ambiance à la fois poétique et inquiétante. Le film est en équilibre constant entre l’horreur et le contemplatif, le beau et l’angoissant. Et c’est justement par son questionnement, par son aspect énigmatique, que le film parvient à être aussi anxiogène. L’absence d’explications, l’ambiance musicale, la nature atteinte de folie, l’imprévisibilité, tout contribue à cette atmosphère morbide contrebalancée par les indéniables qualités esthétiques.
« C’était fantasmagorique.
_ Cauchemardesque ?
_ Pas toujours. Ça pouvait aussi être beau parfois. »
Annihilation joue aussi beaucoup sur une assimilation entre la nature et les personnages eux-mêmes, jouant sur une similarité entre macrocosme et microcosme. En gros, ce qui arrive en géant, au niveau de la nature, arrive aussi en petit au niveau des humains. Les mutations qui bouleversent les règles de la nature affectent aussi les humains. Le code génétique des personnages change, les empreintes digitales bougent, même les entrailles sont en mouvement. La folie qui gagne la nature atteint aussi les humains ; des esprits habitués à un monde cartésien ne peuvent supporter que toutes les lois de la physique et la biologie soient changées d’un coup.
Là où l’assimilation entre la nature et les humains est la plus visible, c’est dans la comparaison avec le cancer. Au début du film, Léna donne son cours de biologie et on peut y voir des cellules qui se divisent. Symbole de la vie… ou de la mort, puisque ces cellules sont des tumeurs malignes. Et cette image de la tumeur cancéreuse qui se répand va être constamment associée aux personnages principaux (une fille morte de leucémie, un des membres de l’équipage mourant d’un cancer) et à la nature. « On parlerait de pathologie si on voyait ça sur un humain », dira Léna, avant d’affirmer, plus loin : « des mutations. Malignes, comme des tumeurs. » Ainsi, comme le cancer est une mutation des cellules vivantes, ce qui arrive dans le Miroitement est une mutation de la nature. Une forme d’auto-destruction inscrite en chaque cellule.
Cette folie semble carrément atteindre le film lui-même, en particulier dans sa gestion de la chronologie. On sait vite que le déroulement du temps est affecté sous le Miroitement, et tout cela semble avoir aussi de l’influence sur le récit. Les flashbacks viennent de façon imprévisible et illogique, comme si l’ensemble du long métrage était affecté également.
Hélas, il faut compter quand même quelques défauts au film de Garland. Les personnages sont trop transparents, dessinés d’un minuscule trait de plume. La fin est plutôt décevante aussi. Mais dans l’ensemble, Annihilation nous propose un voyage original, inattendu et beau dans un monde de folie et de poésie, et Garland nous montre avec plaisir ce qu’un cinéaste peut faire avec une telle liberté.
Dire que Alex Garland était attendu au tournant est un euphémisme, après le beau petit succès que fut Ex Machina. À cela s’ajoute les premières images prometteuses de Annihilation, le tout couplé à un pitch des plus énigmatiques. Si le deuxième essai du Britannique arrive à faire illusion quelques instants avec cette ONG au but mystérieux ou encore cet inattendu retour du mari perdu, l’esbroufe va très vite prendre le dessus. Cela se manifeste dès la mise en place du monde appelé le Miroitement. Un monde où tout être vivant semble pris dans un cycle de mutation et de mélange permanent, où l’ADN se réfracte (oui, oui , vous avez bien entendu, l’ADN a les propriétés d’une onde et peut se réfracter), les crocodiles se voient affublés d’une dentition de requin, les ours se mettent à pousser des cris de femmes en détresse ou les plantes développent un certain anthropomorphisme. Plus aucune règle scientifique ne semble être en vigueur et le pire, c’est qu’une biologiste soi-disant émérite comme le personnage de Lena incarnée par Natalie Portman semble très vite s’en accommoder. Il suffit de voir sa réaction lorsqu’on lui annonce que l’ADN se réfracte, on dirait qu’on vient de lui annoncer la météo.
C’est d’ailleurs assez cocasse de la part de Garland de traiter d’un univers appelé le Miroitement, alors que lui-même essaie de nous faire miroiter une impression de profondeur dans son film de science-fiction aussi subtil qu’un défilé du carnaval de Dunkerque. L’annihilation dans sa définition physique signifie la destruction totale, et la transformation de la masse en énergie. Alex Garland s’intéresse donc ici à la part auto-destructrice de chaque humain au travers de son commando spécial composé de 5 femmes. Là encore il suffit de voir la caractérisation des personnages pour s’apercevoir très vite que la fausse profondeur est une nouvelle fois de mise. Le développement des personnages hormis Léna qui en tant que personnage principal a quand même droit à un petit traitement de faveur, se résume la plupart du temps à une pauvre ligne expliquant un état de dépression, et de tendance à l’auto-destruction. Entre le personnage de Jason Leigh atteint d’un cancer, de celui ayant perdu sa fille ou encore de Tessa Thompson qui recherche la sensation d’être en vie au détour de scarifications, on doit se dire que là encore, on n’est pas allé très loin. Forcément, on leur ajoute encore une petite fonction scientifique pour faire illusion, comme la géomorphologue dont les talents auront été inutiles, avant de s’en débarrasser pour la plupart comme des malpropres.
Difficile donc de se sentir un tant soit peu concerné par l’expédition de ces 5 femmes dans le Miroitement. Là encore, Garland n’a pas vraiment eu la volonté de faire vivre cette aventure. En utilisant un schéma narratif vu et revu (Léna racontant ses péripéties en étant interrogée dans une salle d’isolement), le cinéaste britannique nous embarque dans un voyage qui devient très vite ronflant. Garland essaie tant bien que mal à nous sortir de la torpeur au travers de moments horrifiques mais qui semblent la plupart du temps inappropriés dans cette tambouille philosophique sur la vie et la mort. S’il arrive parfois à nous impressionner avec quelques idées visuelles sympathiques (on pensera au corps humain devenu une explosion fongique multicolore), certaines moments sont quant à eux plutôt gênants (on pensera par exemple aux séquences d’adultères ou encore à celle de la fusillade de l’ours). Au niveau de la direction artistique là aussi, difficile de donner raison à ceux qui scandent haut et fort que Annihilation est l’un des plus beaux films de ce début de siècle. Encore une fois, ce petit filou de Alex Garland nous fait miroiter quelques petits effets chromatiques pour essayer de faire crier tout le monde au trip esthétique. Mais on n’est pas dupe et l’abondance de lens flares a certainement dû griller la rétine de bon nombre de spectateurs.
Comme on pouvait s’y attendre, tous ces défauts se rejoignent dans le climax du film. Outre le fait qu’il semble être une version S-F pompeuse de Possession de Zulawski, la fin du film enchaîne mauvais choix sur mauvais choix, mais le pire c’est que tout cela semble inévitable. Comme si le film lui-même était dès le départ pris dans un cycle d’auto-destruction, on pourrait presque se lever et saluer la performance méta de Garland. Au final la meilleure illustration de l’annihilation est Annihilation lui même.
Annihilation – Bande Annonce
Annihilation – Fiche Technique
Scénario et réalisation : Alex Garland, d’après le roman de Jeff Vandermeer
Interprétation : Natalie Portman (Léna), Jennifer Jason Leigh (Dr Ventress), Tuva Novotny (Sheppard), Tessa Thompson (Josie), Gina Rodriguez (Anya), Oscar Isaac (Kane).
Musique : Ben Salisbury, Geoff Barrox
Photographie : Rob Hardy
Montage : Barney Pilling
Production : Scott Rudin, Andrew Macdonald, Allon Reich, Eli Bush
Sociétés de production : DNA Films, Paramount Pictures, Scott Rudin Productions, Skydance Media
Société de distribution : Netflix
Date de diffusion : 12 mars 2018
Genre : fantastique
Durée : 115 minutes
Alors que Jurassic World 2 arrive sur les écrans dans quelques mois, il est bon de revenir là où tout a commencé. En 1993, Spielberg sort l’un des films les plus cultes de tous les temps : Jurassic Park. Une vingtaine d’années plus tard, la saga compte trois suites qui n’arriveront jamais à retrouver la magie du premier volet. Analyse d’une franchise qui fera des créatures d’il y a 65 millions d’années la passion de toute une génération.
Oeuvre culte et succès commercial et critique depuis sa sortie en 1993, Jurassic Park de Steven Spielberg a fait des dinosaures un objet de fascination pour toute une génération mais s’est aussi imposé comme un long métrage intemporel dont la révolution des effets spéciaux numériques n’aura en rien fait vieillir le réalisme de ses créatures. Et pourtant, Jurassic Park est le pilier d’une saga qui n’arrivera jamais à retrouver la magie et le caractère de son premier opus. Sur les cinq films réalisés (Jurassic World 2 attendu pour le mois de Juin) autour du parc, seuls les deux premiers sont réalisés par Steven Spielberg Aujourd’hui son film sonne comme un long métrage qui ne peut exister qu’une fois, le si rare mélange entre prouesse technique et réussite émotionnelle. Mais que raconte finalement Jurassic Park ? Adapté de manière aseptisée mais fidèle du roman de Michael Crichton, le film raconte la première visite d’un parc d’attractions où Hammond, riche PDG rappelant le tordu Dr.Moreau, a donné vie à tout un ensemble de dinosaures grâce à la génétique. Cependant, la nature trouvant toujours un chemin, les dinosaures ne tarderont pas à s’échapper de leur enclos.
De la course poursuite du T-Rex, des punchlines de Ian Malcolm ou du cache-cache avec des Raptor, Jurassic Park aligne les moments cultes comme si chaque réplique et chaque scène avaient conscience de l’impact qu’elles allaient avoir sur la culture populaire. En somme, un film qui se sait déjà culte avant de l’être. Plus qu’un spectacle émerveillant qui atteint une maîtrise totale de ses effets spéciaux, le long métrage façonna toute une décennie de cinéma de divertissement. Aujourd’hui, les technologies du 7ème art permettent de tout représenter mais manquent sévèrement de cœur. Et c’est ici qu’on trouve un des premiers parallèles entre Jurassic Park et l’histoire du cinéma. Dans le film, Hammond est un riche entrepreneur qui décide de réaliser l’impossible : insuffler la vie à des dinosaures. La création de ce parc est motivée par un fantasme capricieux mais surtout par un appât du gain. Comment ne pas faire la comparaison avec des blockbusters sans âme qui alignent tout de même les prouesses techniques ?
L’homme et la nature
Plus loin qu’un constat anticipateur sur le cinéma, Jurassic Park propose surtout une réflexion sur l’ego terrible de l’homme et son désir excessif de vouloir contrôler la nature. Les dinosaures sont alors le symbole d’une faune que l’homme n’aurait jamais dû rencontrer. Le film ne raconte pas des monstres qui vont attaquer injustement des pauvres humains mais décrit des forces animales incontrôlables qui vont s’approprier un territoire acquis par l’homme. Les véritables vilains de l’histoire sont l’équipe de scientifiques qui ont voulu jouer aux dieux. Ainsi tous les hommes s’appropriant la nature seront punis durant le film. Dieu crée les dinosaures. Dieu détruit les dinosaures. Dieu crée l’Homme. L’Homme détruit Dieu. L’Homme crée les dinosaures.. Les Raptor et le T-Rex restent évidemment des créatures terrifiantes mais comment traiter de méchants des animaux qui ne font que reproduire le règne animal ? Le propos animaliste de Jurassic Park a cependant véritablement évolué dans la suite de la saga. Pour essayer de comprendre la direction qu’a prise la franchise, il faut désormais s’intéresser au Monde Perdu. Second volet sorti en 1997, Le Monde Perdu est un projet qui n’a jamais vraiment passionné Spielberg. Se sentant coupable de n’avoir jamais donné de suite à E.T, le réalisateur pensait qu’il devient bien à son public une suite au succès colossal de Jurassic Park. De l’autre côté, il sortait du tournage extrêmement éprouvant de La Liste de Schindler et était gêné de produire un blockbuster juste après un film tragique traitant de la Shoah. Comme si Spielberg avait fait un compromis avec lui-même, Le Monde Perdu est résolument plus sombre que son prédécesseur. Et cela se ressent dès la première scène où une petite fille se fait dévorer par des Procompsognathus.
Plus de dents
Dans ce second opus, Ian Malcolm se retrouve plus ou moins obligé d’aller dans une île voisine à Isla Nubar pour accompagner une nouvelle expédition auprès des dinosaures. De » capitaliste à naturaliste » Hammond aurait appris de ses erreurs et prétend simplement vouloir se documenter sur les créatures. Au casting, exit la fausse famille au cœur du premier film et bienvenue à un nouveau casting où seuls Attenborough et Goldblum ont rempilé. La fille de Malcolm s’invite au voyage, et son ex, interprétée par Julian Moore, est également présente. Le trio permet d’imposer une dynamique familiale agréable au milieu des militaires d’Ingen. Car comme on pouvait s’y attendre, l’expédition n’était finalement pas pavée de bonnes intentions. Ingen compte en réalité évacuer les dinosaures pour les amener dans un nouveau parc d’attractions sur le continent. Et à travers ce point continue la métaphore liée au cinéma et à l’histoire de la saga elle-même. La volonté d’Ingen d’étendre le parc fait écho à celle des producteurs de franchiser le premier film à travers de nombreuses suites et produits dérivés. Quant au message naturaliste du premier opus, la suite s’avère plutôt fidèle et dresse un portrait peu reluisant des militaires et grandes firmes prêts à piller les ressources de la planète pour des motivations lucratives et obscures. Le film va d’ailleurs plus loin en traitant les dinosaures comme des animaux rares qui n’ont rien à faire dans des zoos. Se fait alors très facilement un parallèle avec les parcs aquatiques où des orques et dauphins sont confinés dans de tous petits espaces. Malheureusement malgré une mise en scène efficace, Spielberg n’arrive pas à faire retrouver au spectateur l’extase qu’il pouvait ressentir durant Jurassic Park. Si dans le premier opus les dinosaures étaient iconisés à chaque apparition, ils sont presque filmés comme des non-évenements dans Le Monde Perdu. Le film va même dans la surenchère en doublant le nombre de T-Rex, créature emblématique de la saga. Le long-métrage détient quand même des scènes spectaculaires comme l’attaque des Raptor en hautes herbes ou la sortie du T-Rex dans San Diego.
Des suites en demi-teinte
Aujourd’hui que reste t-il de l’œuvre de Spielberg ? Jurassic Park 3 sort sur les écrans en 2001. Au tout début, le film devait parler du personnage d’Alan Grant qui serait resté caché sur l’île pendant des années. L’idée fut abandonnée. Ensuite le projet passa par de nombreuses ré-écritures et Spielberg abandonna le poste de réalisateur et laisse la place à Joe Johnston, papa de Jumanji. Le tournage du film connaîtra de nombreux désagréments dont l’hospitalisation d’un cascadeur et des gros désaccords au niveau du script. Le long-métrage abandonne totalement la réflexion autour de l’éthique, de la science et de la nature au profit d’un film d’action pur. De ce fait, les dinosaures deviennent de simples monstres qui sont là pour servir les rebondissements du scénario. Pour donner un coup de jeune à la franchise, le T-Rex est remplacé par un Spinosaure jusque dans le logo du film. L’accueil critique est très mitigé pour un film qui n’aurait surement jamais dû exister. La saga connaîtra une suite quatorze ans plus tard avec la mise en chantier de Jurassic World qui ignore les événements du dernier film.
Sorti au cinéma en 2015 et se déroulant une vingtaine d’années après les premiers films, Jurassic World connaît un succès commercial monumental. Réalisé par Colin Trevorrow, le long métrage n’échappe pas au fan-service et propose une réflexion méta sur la franchise. Représentation des fans de la saga, le personnage de Jake Johnson collectionne tous les goodies dérivées de l’univers et clame qu’aujourd’hui plus personne n’est impressionné par les dinosaures et qu’il faut donc surenchérir. Dans le film, le premier dinosaure (terrible Indominus Rex) créé entièrement par l’homme se présente comme plus grand, plus dangereux, plus fort, plus vicieux que tous ses prédécesseurs. Cela fait écho au film lui-même en disposant de toutes les nouvelles technologies du cinéma pour essayer d’émerveiller le spectateur dans un cinéma où les effets spéciaux ne surprennent plus. Là, le film se tire une balle dans le pied. Jurassic World est très formaté et joue sans cesse sur la nostalgie mais n’arrive jamais à capturer l’esprit du premier opus. Le long métrage est devenu ce que critiquait Jurassic Park : un spectacle certes bluffant mais dénué d’âme et motivé par l’appât du gain. Réalisé par Bayona, la suite (selon les bandes-annonces) devrait considérer les dinosaures comme des créatures horrifiques mais conserverait un propos animaliste avec notamment une intrigue sur la militarisation des dinosaures. Dans Jurassic World, le scientifique Henry Wu dit : » Vous n’avez pas demandé du réalisme, vous avez demandé plus de dents « . Alors pour la suite, on demande moins de dents et un peu plus de cœur.
Synopsis : Ne pas réveiller le chat qui dort… C’est ce que le milliardaire John Hammond aurait dû se rappeler avant de se lancer dans le « clonage » de dinosaures. C’est à partir d’une goutte de sang absorbée par un moustique fossilisé que John Hammond et son équipe ont réussi à faire renaître une dizaine d’espèces de dinosaures. Il s’apprête maintenant avec la complicité du docteur Alan Grant, paléontologue de renom, et de son amie Ellie, à ouvrir le plus grand parc à thème du monde. Mais c’était sans compter la cupidité et la malveillance de l’informaticien Dennis Nedry, et éventuellement des dinosaures, seuls maîtres sur l’île…
Jurassic Park : Bande-annonce
Jurassic Park : Fiche technique
Réalisateur : Steven Spielberg
Scénariste ; Michael Crichton et David Koepp, d’après le roman Jurassic Park de Michael Crichton
Avec Sam Neill, Laura Dern, Laura Dern, Jeff Goldblum, Richard Attenborough…
Bande originale : John Williams
Direction artistique : John Bell et William James Teegarden
Décors : Jackie Carr
Costumes : Sue Moore et Eric H. Sandberg
Photographie : Dean Cundey
Son : Gary Rydstrom
Montage : Michael Kahn
Production : Universal Pictures
Production : Amblin Entertainment
Distributeur France : United International Pictures (UIP)
Date de sortie : 20 octobre 1993 (France)
Durée : 2h 02min
Genres : Aventure, Science fiction
Souvent âpre et à fleur de peau, Tesnota est le premier film du prometteur Kantemir Balagov. Avec sa mise en scène qui suinte l’urgence, Tesnota nous dessine les traits parfois sombres de la place de la femme dans une société émiettée par ses traditions et l’omniprésence du conflit religieux.
Alors que le petit frère d’une famille habitant le Nord du Caucase est kidnappé avec sa compagne, la famille va tout faire pour essayer de le retrouver et assembler l’argent pour la rançon. Par la suite, ce kidnapping deviendra une affaire de famille, un acte qui doit se régler en communauté. Tesnota n’est absolument pas un film policier ni de près ni de loin. Le point d’ancrage est plus globalisant que cela : le film est un portrait d’une société qui se terre dans ses travers communautaristes où le conflit de guerre est violent et déshumanisant. La toile de fond du film voit une tension religieuse dans la petite bourgade de Naltchik : entre la communauté juive à laquelle appartient Ilana et sa famille, et avec la population kabardienne à prédominance musulmane.
Dans cette liesse hypocrite et manipulatrice, où les enjeux deviennent familiaux, qui ne sont pas éloignés du réalisme social des frères Dardenne, Tesnota se concentrera sur Ilana. Dans son iconisation et sa représentation, Ilana ressemble un peu au personnage de Connie incarné par Robert Pattinson dans Good Time : elle a cette fougue, cette envie de liberté, isolée dans un cadre restreint, pauvre et poussiéreux et lacéré par une mise en scène furtive, qui fait de Tesnota une fuite en avant contre un système et un environnement refermé sur lui-même. Autour de ce dessein-là, Tesnota se fait magistral, de par son insistance visuelle sur les visages, son jeu de lumière inépuisable aussi naturaliste que chromatique et la symbolique du décorum social et religieux. Avec son blouson en jean et son sigle de lion qui rappelle le blouson chromé du Driver de Nicolas Winding Refn avec son scorpion, Ilana se détache de son monde, se mue en une femme qui a soif d’air, de lâcher prise, aussi antipathique que terriblement forte.
Elle fume, boit, aime les moteurs de bagnole, déteste les robes bariolées qu’on lui impose, aime les hommes rustres et ne baisse pas les yeux face au patriarcat dominant. Cette claustrophobie narrative s’étend au-delà du cadre même du film et se retranche dans sa mise en scène esthétique, en mouvement, avec des arguments picturaux jouant dans des appartements exigus qui donnent peu de places aux plans larges et à la respiration filmique. La lumière, qui se veut parfois éclatante, devient une sorte de motif, peignant souvent le décor en couleur lorsqu’elle filtre à travers des rideaux jaunes ou les sorties nocturnes à la Philippe Grandrieux. Le film entier est tourné dans un rapport d’aspect 4:3 étouffant, avec Ilana de plus en plus cadrée voire piégée dans des zones plus petites, ourlées par des objets qui soulignent souvent son visage.
L’atmosphère anxiogène générée par le réalisateur et la performance de Darya Zhovner sont impressionnantes, nous emmènent sur des montagnes russes émotionnelles. Parfois l’image se durcit, pour devenir acerbe notamment lorsque le réalisateur nous met à la place des personnages, lors d’une soirée arrosée, en train de regarder les images réelles de tortures et d’exécutions de guerre. Tesnota offre un regard différent sur le cinéma russe et son habitude à disséquer sa richesse et sa déshumanisation écrasante, et nous délivre un film organique, violent où la matière est en perpétuelle agitation et où la drame fraternel et communautaire à la James Gray éclabousse nos rétines.
Synopsis: 1998, Nalchik, Nord Caucase, Russie. Ilana, 24 ans, travaille dans le garage de son père pour l’aider à joindre les deux bouts. Un soir, la famille et les amis se réunissent pour célébrer les fiançailles de son jeune frère David. Dans la nuit, David et sa fiancée sont kidnappés et une rançon réclamée. Au sein de cette communauté juive repliée sur elle-même, appeler la police est exclu. Comment faire pour réunir la somme nécessaire et sauver David ? Ilana et ses parents, chacun à leur façon, iront au bout de leur choix, au risque de bouleverser l’équilibre familial.
Tesnota – Bande annonce
Tesnota – Fiche Technique
Titre original : Tesnota
Réalisateur : Kantemir Balagov
Scénario : Kantemir Balagov
Interprétation : Darya Zhovner
Photographie : Artem Emelianov
Montage : Kantemir Balagov
Maisons de production : Lenfilm studios
Distribution (France) : ARP Sélection
Durée : 118 min
Genre : Drame, Famille
Date de sortie (France) : 7 mars 2018
Il faut sauver le soldat Ryan est le quatrième film de Steven Spielberg à mettre en scène la Seconde Guerre Mondiale. Après La Liste de Schindler, entre autre, en 1993, qui montrait l’horreur subie par les juifs, le réalisateur peint cette fois les sentiments des soldats pendant cette guerre avec une main de maître.
Synopsis : Alors que les forces alliées débarquent à Omaha Beach, Miller doit conduire son escouade derrière les lignes ennemies pour une mission particulièrement dangereuse : trouver et ramener sain et sauf le simple soldat James Ryan, dont les trois frères sont morts au combat en l’espace de trois jours. Pendant que l’escouade progresse en territoire ennemi, les hommes de Miller se posent des questions. Faut-il risquer la vie de huit hommes pour en sauver un seul ?
Techniquement, Il faut sauver le soldat Ryan est un bijou. Que ce soit le chef opérateur, le monteur ou bien le compositeur qui accompagnent le metteur en scène, ils sont toujours les mêmes et il est évident qu’il ne doit pas s’en séparer tant on s’est habitués à la qualité. Le directeur de la photographie Januzs Kaminski fait un travail remarquable et soigne les plans avec un goût du détail et du réalisme saisissant pour plonger le spectateur au plus près de l’action. Avec une scène d’introduction incroyable de par sa durée, il transcende littéralement le public qui ne peut qu’être emmené directement dans l’ambiance de la guerre. On imagine très bien Spielberg en chef d’orchestre durant ce tableau montrant le débarquement des américains parce qu’autant les images que le son font de cette scène l’une des plus célèbres de sa filmographie. Au sujet du son, il va de soi que le travail y est tout aussi exceptionnel : les bruitages, le bruit des armes, la musique aux allures un peu héroïques parfois mais aussi bien les moments de silence magistral créent un réalisme poignant. Que l’on soit spectateur de l’horreur ou embarqué dans les pensées des personnages, les silences ont autant leur rôle à jouer que le reste du travail sonore et c’est d’ailleurs là toute la qualité de l’oeuvre.
Mais Il faut sauver le soldat Ryan n’est pas seulement un film de guerre ou du moins Spielberg aborde bien d’autres thèmes à travers ce sujet. Les intermèdes calmes où l’art renforce les liens entre les soldats amènent un peu d’air dans tout ce drame. À travers les chansons d’Edith Piaf ou grâce à leurs dialogues où chacun raconte des fragments de vie, le réalisateur ne se contente pas de dépeindre le côté dramatique de la guerre mais de livrer l’humanité persistante dans ces atrocités. C’est rarement l’aspect guerrier et enragé qui prend le dessus mais bel et bien la loyauté, le respect de la hiérarchie et la sensibilité des soldats. Les émotions de la guerre sont vraiment livrées devant le spectateur dans les deux camps : le soldat allemand refuse de tuer Upham et les américains ne cèdent pas à la vengeance quand ils en avaient l’occasion. Le patriotisme que l’on pourrait reprocher au film peut aussi être perçu comme un bel hommage aux américains morts pour servir leur pays.
Il faut sauver le soldat Ryan peut aussi être considéré comme l’amorce de futurs projets de Spielberg : que ce soit avec la relation de Tom Hanks et Matt Damon qui fera penser à celle voyant le jour entre Hanks et Di Caprio dans Arrête moi si tu peux, mais aussi avec le papier glissé dans la poche du capitaine Miller qui est une citation de Lincoln sur qui il fera un biopic quinze ans plus tard.
Il faut sauver le soldat Ryan est donc un des plus grands chefs d’œuvre de Steven Spielberg aussi bien sur le point technique que scénaristique. John Williams donne le ton au film avec sa musique que les images de Janusz Kaminski ne font que sublimer.
Il faut sauver le soldat Ryan : Bande-annonce
Il faut sauver le soldat Ryan : Fiche Technique
Titre original : Save Private Ryan
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Robert Rodat
Interprétation : Tom Hanks, Matt Damon, Tom Sizemore, Edward Buns, Barry Pepper, Vin Diesel
Image: Janusz Kaminski
Effet spéciaux : Stefen Fangmeier, Neil Corbould, Roger Guyett
Montage: Michael Kahn
Musique : John Williams
Son : Ronald Judkins, Gary Rydstrom, Andy Nelson, Gary Summers
Décors : Lisa Dean Kavanaugh, Thomas E. Sanders
Producteur(s): Steven Spielberg, Gary Levinsohn, Mark Gordon (II), Ian Bryce
Société de production: Ambin Entertainment, DreamWorks SKG, Mark Gordon Production, Mutual Films Company, Paramount Production
Distributeur: United International Pictures
Budget : 70 000 000 $
Récompenses : Meilleur son et meilleurs effets visuels (BAFTA Awards) – Meilleur réalisateur, son, photographie, montage et montage sonore (Oscars/Academy Awards) – Meilleur film dramatique, réalisateur (Golden Globes)
Durée : 163 minutes
Genre : drame, guerre
Date de sortie : 30 septembre 1998
Avec La Nuit a dévoré le Monde, Dominique Rocher signe un premier long métrage fort et poignant où le spectateur est confronté à la solitude d’un homme sur fond d’apocalypse de zombies. Ce huis-clos intimiste, presque gênant parfois, nous prend aux tripes avec un minimalisme maîtrisé qui concentre la majorité de son action dans un immeuble haussmannien à l’abandon, pour un résultat remarquablement poétique.
Synopsis : Sam, un trentenaire taciturne, se rend à une soirée organisée par son ex pour récupérer des cassettes audio qui lui appartiennent. Il s’isole dans une pièce pour fuir le chahut, et s’endort pour se réveiller le lendemain au beau milieu d’un appartement haussmannien sans dessus dessous. Il constate alors qu’il est l’unique survivant d’une apocalypse de zombies.
Autant prévenir tout de suite : pour tous ceux qui s’attendent à du spectaculaire, de l’hémoglobine et des montées d’adrénaline avec poursuites de zombies endiablées, morsures, cris et terreur, passez votre chemin. Ici, pas de jump-scare, pas de maquillage outrancier, ni de money shot ou même d’action soutenue. On observe plutôt l’errance d’un homme seul, livré à lui-même dans un immeuble parisien décimé par une étrange apocalypse. Que la survie commence !
Seul au monde
D’entrée de jeu, le héros, Sam, nous est présenté comme un étranger taciturne, qui ne se mêle pas aux foules, ne participe pas aux fêtes, ne se mélange pas au monde. Il est entouré, pourtant, il préfère s’isoler. Il s’endort dans un appartement vibrant de vie et d’effervescence pour se réveiller au milieu du chaos : en une soirée, la nuit a dévoré le monde. Les gens sont zombifiés, l’existence a été anéantie, et il semble être le seul survivant. D’emblée, ce qui frappe dans le traitement du récit, c’est le minimalisme et l’économie de tout. Peu de moyens certes, mais aussi peu de décors, peu de mouvements, peu de dialogues, et peu de préambule. On rentre rapidement dans le vif de l’action, plongés en même temps que ce héros taiseux, dans un univers rongé par la mort. Le plus étonnant, c’est que le personnage principal semble comprendre immédiatement ce qui lui arrive. Pas d’incrédulité, pas d’analyse de situation, pas d’hésitation. Il observe, encaisse, et agit. Il passe en mode survie.
A partir de là, on verra peu ces créatures assoiffées de sang, si souvent représentées dans les films et les séries. Quelques plans sur le dehors, un bout de rue hanté par des silhouettes désincarnées, voilà plus ou moins à quoi se résument les zombies, dans ce film singulier qui préfère assister à la métamorphose d’un homme ordinaire propulsé dans l’extra-ordinaire. Comment survivre, dans un monde où il ne reste plus rien ? Pris au piège d’un immeuble haussmannien, le héros, Sam, s’organise méthodiquement. Il nettoie sa surface habitable, et part bientôt en expédition, en quête de vivres, sans jamais quitter le lotissement dans lequel il est bloqué, se contentant de faire des repérages et de s’introduire chez les gens, de pénétrer dans leurs vies, dont il ne reste que des souvenirs. C’est ici que La Nuit a dévoré le Monde devient intéressant : on est coincé, seul face à un héros condamné à vivre avec lui-même. On le verra revivre les traumatismes de son enfance, faire de l’exercice, rationner ses quantités, parler à un zombie pour ne pas sombrer, créer aussi, et perdre pied. Il fouillera chez les autres comme il fouillera en lui, et comme lui, le public entre par effraction dans l’intimité d’un homme.
Un film d’horreur d’auteur
Le film, en installant son intrigue dans la capitale française, se joue des codes et revêt des allures de film d’auteur, mélange des genres aussi inattendu qu’efficace. Il est par exemple étonnant de voir comment l’instinct animal primaire de Sam (manger, boire, sauver sa peau) est transposé dans un cadre civilisé, très connoté. Sam part « en expédition », il se met en « chasse », allant d’appartements en appartements, chez la concierge, dans la cage d’escaliers… Environnement très urbain qui évoque bien sûr la vie dans les grandes villes, mais décor labyrinthique qui se prête bien à l’exercice de genre. On est désarçonné à plusieurs reprises, dans le bon sens du terme. On est curieux de voir ce que Sam va faire ensuite, pour pallier les problèmes les plus basiques : pénurie alimentaire, eau courante coupée, absence de chauffage. Il déploie alors des mécanismes primitifs qui le font retomber dans un mode de vie primaire, mais toujours dans un lieu aussi évolué, sophistiqué. Le paradoxe surprend et interpelle, c’est intéressant.
Le rythme est assez lent, le film prend le temps de suivre son héros et, progressivement, on pénètre dans son intimité, on se fond en lui de manière troublante et poétique, on se laisse porter par son errance. A ce titre, on peut souligner la performance intrigante d’Anders Danielsen Lie, qui compose un personnage très humain, glissant graduellement vers la folie. Il est livré à lui-même, et on est avec lui sans qu’il ne le sache, ce qui nous donne parfois le sentiment de lui voler des instants de vie très privés, très intimes, nous mettant dans la gênante position de voyeur. Mais la question de l’observation et de l’espionnage est latente dans ce film, qui se base sur un jeu de fenêtres (on épie ses voisins d’en face), à l’aide de jumelles ou encore d’un appareil photo qui capture des clichés personnels, pris en cachette, sur le vif, à l’insu de. L’altérité devient vite une forme d’intrusion à part entière, et on se sent parfois de trop, quand le protagoniste se laisse aller à l’émotion ou la démence, à la colère ou bien même à la créativité (quand il compose des morceaux de musique en enregistrant les sons du quotidien, par exemple). On se sent en trop, dans ce film. C’est rare et perturbant.
Au final, La Nuit a dévoré le Monde reprend bien les codes du film de zombies pour se les approprier avec une beauté singulière et fascinante. Le film nous questionne sur l’altérité, la solitude et l’identité, à travers une histoire humaine qui ébranle et qui nous touche, notamment grâce au personnage de Golshifteh Farahani, apparition salvatrice qui va délivrer le héros de sa paranoïa et de sa peur, pour le pousser à sortir de son monde et faire exploser ses barrières, enfin. On tient ici une œuvre profonde.
Bande-annonce : La Nuit a dévoré le Monde
Fiche technique – La Nuit a dévoré le Monde
Réalisation : Dominique Rocher
Scénario : Guillaume Lemans, Jérémie Guez et Dominique Rocher, d’après le roman homonyme de Pit Agarmen
Distribution : Anders Danielsen Lie (Sam) ; Denis Lavant (Alfred le zombie) ; Golshifteh Farahani (Sarah)
Direction artistique : Sidney Dubois
Son : Nassim El Mounabbih
Costumes : Caroline Spieth
Photographie : Jordane Chouzenoux
Montage : Isabelle Manquillet
Musique : David Gubitsch
Production : Carole Scotta
Sociétés de production : Haut et Court
Sociétés de distribution : Haut et Court Distribution
Genre : horreur, drame
Durée : 94 minutes
Date de sortie : 7 mars 2018
Les téléspectateurs français s’apprêtent à vivre deux semaines à couper le souffle sur les antennes de Canal +. Les quatre derniers épisodes de la saison 3 de la série Gomorra seront diffusés en exclusivité sur les antennes de la chaîne cryptée.
La saison 3 de Gomorra touche bientôt à sa fin dans le cadre de sa diffusion dans l’Hexagone. La chaîne cryptée de Vincent Bolloré diffuse actuellement en exclusivité la série policière italienne qui a révolutionné les codes du genre, tout en renvoyant les intégrales des séries comme The Wire ou Les Sopranos sur les rayons du marché de l’occasion chez les vendeurs et revendeurs de DVDs et de Blu-Rays.
Canal + va donc programmer les épisodes 9 et 10 de la saison 3 de Gomorra le jeudi 15 mars 2018 dès 21h. Le grand final, l’apothéose de la rivalité au cœur du Système camorriste, sera diffusé le jeudi 22 mars 2018 avec les épisodes 11 et 12 à 21h. La rivalité entre Genny, le clan Savastano, les sécessionnistes des places de deals et Ciro di Marizo initiée depuis les tragédies de la saison 1 et de la saison 2 ne va pas laisser les téléspectateurs français indifférents.
L’intégralité de la saison 3 de Gomorra est accessible sur l’application et via la plateforme MyCanal. Ce dispositif (entièrement gratuit, sans frais supplémentaire) est accessible pour tous les abonnés de Canal + sur télévision, tablette, ordinateur, téléphone et consoles de jeux. Les saisons 1 et 2 sont également disponibles à la demande et via l’interface MyCanal. Une saison 4 est officiellement prévue pour Gomorra. Roberto Saviano travaillerait également sur l’écriture d’une série télévisée sur le colonel Mouammar Kadhafi.
Canal + va aussi diffuser, dès le lundi 12 mars 2018 à 21h, sa nouvelle création originale, Knox, une série policière étouffante de six épisodes avec Nathalie Baye et Maïwenn.
Le géant américain Amazon vient de signer un important accord avec Raphael Bob-Waksberg, le créateur de Bojack Horseman. La firme américaine verra donc une série animée pour adultes, Undone, débarquer sur sa plateforme de SVOD, Amazon Prime, en 2019.
Raphael Bob-Waksberg (scénariste et producteur de Bojack Horseman, la suite de La Grande aventure Lego) et Kate Purdy (scénariste et productrice pour Cougar Town, The McCarthys, Bojack Horseman) vont donc développer une nouvelle série d’animation pour adultes mais pour le compte d’Amazon cette fois-ci, selon des informations d’IGN France. Undone sera diffusée sur Amazon Prime en 2019. Quelques éléments ont été dévoilés sur ce programme qui devrait s’apparenter à « une comédie dramatique animée qui se penche sur l’élasticité de la réalité par l’intermédiaire d’Alma, son personnage principal ». La jeune femme en question a survécu à un terrible accident de voiture qui va lui faire revoir son rapport au temps. Grâce à cela, elle va tenter de comprendre les raisons de la mort de son père. Les amateurs du jeu vidéo Life is Strange (bientôt décliné en série télévisée) sur la destinée, l’adolescence et les accidents de la vie devraient notamment apprécier ce nouveau programme développé par les créateurs de Bojack Horseman.
Le casting vocal de la série Undone va réunir Angelique Cabral (Life in Piece) et Rosa Salazar (bientôt à l’affiche d’Alita : Battle Angel). Ce partenariat avec Amazon ne devrait pas compromettre, fort heureusement, le grand retour de Bojack Horseman sur Netflix pour une cinquième saison. Les studios d’animation français seraient bien inspirés de se lancer également dans des projets ambitieux similaires . Les chaînes qui financent l’industrie du cinéma comme Canal +, France Télévisions, Ciné + n’ont pas encore été à l’origine de créations originales animées pour adultes ces dernières années.
L’écrivain français Michel Houellebecq et le chanteur américain Iggy Pop vont être réunis dans un même film. Cet incroyable casting est au cœur du documentaire Rester vivant – méthode (To Stay Alive – A Method) des néerlandais Erik Lieshout et Reinier Van Brummelen.
Selon des informations d’Allocine, le chanteur Iggy Pop et l’écrivain Michel Houellebecq seront prochainement à l’affiche d’un documentaire néerlandais, Rester vivant – méthode. Le titre de ce film est une reprise directe de l’œuvre de Michel Houellebecq, publiée en 1991 aux éditions La Différence puis en 1999 et en 2010 chez Flammarion.
Méthode de survie au milieu des pensées molles et des contorsions théoriques actuelles, ce texte, ici suivi d’articles parus dans la presse, possède la force et la précision d’un projectile… Un regard féroce sur tous les aspects de la modernité.
Dans ce film entre documentaire et fiction, Iggy Pop présente une méthode pour rester en vie dans un monde impersonnel. L’essai Rester vivant : méthode de Michel Houellebecq et les expériences personnelles d’Iggy Pop sont les points de départ de cette quête qui s’intéresse au rôle du poète, aux artistes en difficulté et aux problèmes de santé mentale. Ce projet atypique s’apparente à un feel good movie sur la souffrance.
Un poète mort n’écrit plus, d’où l’importance de rester vivant.
Rester vivant : méthode (To Stay Alive – A Method) était initialement attendu en France pour le 11 avril 2018 au cinéma. Une nouvelle date de sortie officielle a été fixée pour ce docu-fiction fascinant qui réunit ces deux monuments de la littérature, de la poésie et de la musique ! Rester vivant : méthode va finalement débarquer dans les salles obscures françaises le 09 mai 2018, selon des informations d’Allocine.
Iggy Pop avait dévoilé son admiration pour l’écrivain Michel Houellebecq dans le cadre de l’album « Préliminaires » en 2009. Ce disque était inspiré du livre « La possibilité d’une île », paru en 2005 aux éditions Fayard.
Guillaume Nicloux avait déjà immortalisé l’écrivain français dans son propre rôle avec L’enlèvement de Michel Houellebecq. Le romancier, de son côté, avait courageusement adapté son récit La Possibilité d’une île dans une œuvre singulière avec Benoît Magimel, Ramata Koite, Patrick Bauchau, Jean-Pierre Malo, Serge Larivière ou bien encore Arielle Dombasle en 2008. Michel Houellebecq est également apparu dans les films de Benoît Delépine et Gustave Kervern (Saint-Amour et Near Death Experience).
Le film est réalisé par Erik Lieshout, Arno Hagers et Reinier Van Brummelen. Le scénario a été écrit par Erik Lieshout d’après l’essai éponyme de Michel Houellebecq, publié aux Éditions La Différence en 1991. Le casting réunit Iggy Pop, Michel Houellebecq, Anne Claire Bourdin, Jérôme Tessier et Robert Combas notamment. Le montage a été assuré par Arno Hagers et Reinier van Brummelen. Iggy Pop a composé la musique originale de ce film produit par AT-Doc, Serious Film et la RTBF. La durée de ce documentaire est de 1h10. Les passionnés de musique et de littérature vont donc guetter la sortie de Rester vivant – méthode, le 09 mai prochain dans l’Hexagone.