Quand les salles d'enregistrement lui sont devenues inaccessibles, Jonny Greenwood a pris un violoncelle et réaccordé les cordes à la main, une prise après l'autre, pour atteindre chaque hauteur voulue. La contrainte n'a pas appauvri la texture orchestrale de The Power of the Dog. Elle a forcé une attention au geste que cent musiciens disponibles auraient rendue inutile. C'est là, dans cette chambre sans orchestre, que le son cesse d'être une intention et devient une matière.
Trois films, trois compositeurs, trois façons radicales de ne plus seulement faire écouter la musique, mais de la faire habiter le spectateur : calibrer sa distance au monde, repousser ses frontières physiques, et synchroniser son pouls sur celui du film. Cette semaine, la bande-son cesse d’être un accompagnement. Elle devient une mesure précise du corps.
Baroque vivant, psychose en musique et pop impitoyable. Les BO de Vivaldi et moi, Die My Love et Le Diable s'habille en Prada 2 transforment la musique en vraie force narrative.
La bande originale de Moonlight est là l’image de Chiron, le personnage principal : une carrure monstre qui dissimule l’angoisse d’un esprit qui ne connait sa position par rapport au monde. Et si Moonlight se révèle être une oeuvre riche, c'est aussi dû au talent majestueux de Nicholas Britell.
Une nouvelle fois, Mica Levi transcende son sujet pour construire non pas une bande originale s’accommodant au contexte évoqué, mais devient une véritable réflexion psychanalytique du métrage.
Justing Hurwitz n'en est qu'à sa deuxième composition, mais il tente déjà d'imiter Michel Legrand. Sauf qu'à trop vouloir imiter on finit pas singer, pour le meilleur mais aussi pour le pire.
Découvrez la symphonie macabre de Mark Korven pour The Witch ou La Sorcière, un premier long-métrage d'épouvante américano-canadien écrit et réalisé par Robert Eggers.
Dans le cinéma de Terrence Malick, la réalisation est un atout mais l’alliance de cette dernière avec la symphonie musicale qui habite ses œuvres permet de mieux appréhender la philosophie même de l’écriture de l’Américain.
Si Marc Mancina produit un travail honnête mais peu inspiré, Lin Manuel Miranda casse la baraque, bien aidé à la tâche par la ravissante voix d'Olivia Foa'i.
Lorsqu'il oublie la musique électronique pour l'orchestre, Alan Silvestri signe une très belle bande originale, dans la lignée des grandes histoires d'amour d'Hollywood.
Un oiseau hyperactif, un écureuil rongé par l’anxiété et un chat affamé : James Burks lance une série jeunesse qui assume pleinement ses codes. Sans chercher à révolutionner l’aventure humoristique animalière, ce premier tome mise sur l’énergie, la dynamique du duo dépareillé et l’efficacité du gag cartoon.
Avec "Les Trois Maisons de Michel Foucault", les Presses universitaires de Rennes prennent le parti d'explorer le philosophe français à travers Poitiers, Vendeuvre et Verrue. Le livre transforme ces lieux de vie en véritables chambres d’écho de son œuvre. Une manière singulière, remarquablement incarnée, d’approcher une pensée souvent réduite à ses concepts les plus célèbres.
Le scénariste Jean-Yves Le Naour et le dessinateur Emilio Van der Zuiden s’emparent de Margaret Thatcher, fille d’épicier devenue Première ministre de Grande-Bretagne. Il en ressort une figure intraitable, caractérisée avec ce qu'il faut d'humour noir et de critique sociale.
« - Hamaki va ouvrir son propre restaurent ! Son restaurant à ELLE !
- Oui, super. Et toutes les emmerdes qui vont avec, par la même occasion.
- Ooh, arrête un peu ! Tu ne la crois pas capable de gérer ?
- Si, si…
- Alors ne fais pas ton rabat-joie ! C’est un grand jour pour elle ! Tu me promets de rester PO-SI-TIF ?
- Oui, cheffe ! »
Avec "Au bord de l’abîme : où en est le cinéma d’horreur français ?", Léa Lahannier entreprend un état des lieux du genre horrifique hexagonal. Elle en exhume la mémoire cinématographique, les motifs, les contradictions et les métamorphoses. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.