Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.
Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.
And Then We Danced est comme le reste de ce début de Festival, assez égal et neutre dans sa proposition ; malgré de vrais beaux moments, le film reste assez limité et malheureusement très inégal.
La section Un Certain regard du Festival de Cannes aime nous émouvoir et nous abreuver de films qui s’introduisent dans le quotidien de certaines de nos sociétés afin de graver dans le marbre les maux et moeurs de ces dernières. Et d’ailleurs, ce fut le cas du film en question : Bull d’Annie Silverstein. Un conte sur une Amérique profonde miséreuse où la solidarité devient la seule source de croyance.
Les films d’animation se font si rares sur la croisette qu’il est toujours appréciable de pouvoir en découvrir un nouveau, d’autant plus lorsque celui-ci est français et qu’il est le premier long-métrage d’animation de Zabou Breitman, épaulée par Éléa Gobbé-Mévellec. C’est donc à l’occasion de la sélection Un Certain Regard du Festival de Cannes 2019 que l’on a pu découvrir Les Hirondelles de Kaboul, un travail de passionnés débuté il y a plus de six ans déjà... pour un résultat encourageant mais globalement en demi-teinte.
Le 72ème Festival de Cannes continue à défeuiller son programme. Après Les Misérables de Ladj Ly, c’est autour de Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles de s’ouvrir à nous. Une expérience foutraque et sans tabous qui fait confronter son féroce militantisme avec la violence sanguinolente de sa force de frappe.
Cannes 2019 : La femme de mon frère est une ode à la famille aussi excessive qu'agréable servie par un montage fou et un casting loufoque. Le premier film de Monia Chokri est une belle farce québécoise à laquelle on espère que le jury de Nadine Labaki sera sensible.
Le Daim de Quentin Dupieux a ouvert ce mercredi 15 mai la Quinzaine des Réalisateurs de la 72e édition du Festival de Cannes. Un film 100% Dupieux et presque 100% daim, qui s'inscrit dans la droite lignée de son précédent Réalité en renouant avec une histoire absurde mêlant quête existentielle et jeux sur les codes du cinéma. Efficace et jouissif, ni plus ni moins.
Ce n’est que le deuxième jour du Festival de Cannes 2019. Cependant, un souffle de fraîcheur surgit précocement. Les Misérables de Ladj Ly fait l’effet d’un immense coup de boutoir aussi rare que déroutant. Dès lors, la compétition officielle, assez rapidement, commence à dévoiler son vrai visage.
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.
« Johannes de Eyck fuit hic 1434… » « La phrase est doublement ambiguë. Elle ne dit pas que le tableau date de 1434, mais que la scène qu’il représente a eu lieu cette année-là. Et elle se garde bien de nous informer si, de cette scène, Van Eyck fut le témoin ou le protagoniste. Elle place le tableau sous le signe du double sens. »
« A l’origine, nous étions des êtres doubles : chaque humain était constitué de deux personnes, unies en un seul corps gigantesque. Notre force et nos capacités étaient d’autant plus grandes et notre pouvoir était tel que nous cherchâmes à rivaliser avec les dieux… »
Dans "L’Âge des inutiles", David Da Silva croise Donald Trump, la Silicon Valley, l’intelligence artificielle et le cinéma pour poser une question simple mais inquiétante : et si le progrès que nous célébrons préparait déjà notre propre déclassement ? Non pas la grande apocalypse mécanique promise par la science-fiction, mais quelque chose de plus discret et rationnel : un monde où l’humain deviendrait peu à peu l’élément le moins rentable du système.