Révélé 20 ans plus tôt aux bords des planches de Deauville, le festival célèbre aujourd'hui son art en offrant à son public la possibilité de (re)découvrir sa riche filmographie. À l'occasion de cet hommage, nous avons choisi de nous arrêter sur "Two Lovers", théâtre d'un bouleversant triangle amoureux. 16 ans après sa sortie, nous en avons toujours le cœur meurtri et déchiré.
Si la guerre est enracinée dans la nature humaine, la survie l’est encore plus. Sous ses faux airs de road-trip testostéronné, "Les Damnés" travestit intentionnellement le décor du western afin de nous immerger dans les limbes que traversent des soldats de l’Union. Passé sous le radar du trop-plein de la sélection cannoise au printemps dernier, son ascension au cœur de la compétition du festival de Deauville ne pourra que lui offrir toute la visibilité espérée. Est-ce pour autant une bénédiction ? Fruit d’une proposition expérimentale, le film possède des qualités visuelles et réflexives indéniables, mais il peine à exister dans le domaine de l'abstrait ou du sensoriel.
Examen de conscience sur la réalité des choix que l'on fait par erreur, par amour et par peur, "The Knife" nous immerge dans une prise d'otage psychologique où une famille afro-américaine tente de faire entendre leur droit de légitime défense. Ce huis clos ne satisfait malheureusement pas le divertissement en tension que le réalisateur Nnamdi Asomugha souhaite générer, faute à un scénario bancal, malgré d'honnêtes performances chez les comédiens qui défilent un à un devant la caméra.
Grand Prix du Festival de Cannes 2024, "All we imagine as Light" a été présenté en avant-première au Festival de Deauville dans la sélection « À l’heure de la Croisette ». En s’attachant au portrait d’un Mumbai effervescent et de jeunes femmes indiennes, le film dépeint avec sensibilité les carcans d’une société traditionnelle. Malgré quelques longueurs, il nous offre une belle ode féminine à l’amitié, l’amour et la liberté.
Todd Wiseman Jr. nous a fait l'honneur de présenter son premier long-métrage à Deauville en première mondiale. Entre "Battle Royale", "Hunger Games" et "Américain Nightmare", "The School Duel" décolore les valeurs d'une Amérique soucieuse de son contrôle et de sa sécurité. Un plongeon dans un monde post-apocalyptique et familier, où l'instrumentalisation de la violence va de pair avec une religion qui honore ses rois et pleure ses martyrs.
Premier long-métrage de Ryan J. Sloan, "Gazer" propose un thriller psychologique dans la lignée du cinéma des années 1980. Présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes puis en Compétition au Festival de Deauville 2024, le film, tourné en 16mm avec un budget restreint, nous immerge dans une atmosphère sombre parfaitement maîtrisée. Dommage que son scénario, pas totalement abouti, ne soit guère à la hauteur de la démonstration technique.
La seconde journée de compétition a vu passer des relations conflictuelles au cœur de familles et de communautés qui prêchent le pardon. Le film de Minhal Baig magnifie cette notion dans un portrait sur l'enfance et l’amitié. "We Grown Now" raconte donc avec nostalgie la captivité de locataires de logements sociaux, en quête de rebond et de renaissance.
Présenté en avant-première au Festival de Deauville 2024, en présence du réalisateur Elliott Lester, "The Thicket" propose un western enneigé découpé au couteau. Un bon bol d’air frais qui nous plonge dans les montagnes isolées en compagnie d’un Peter Dinklage toujours aussi trépidant. Malgré un récit plutôt linéaire manquant un peu d'ampleur et de suspense, "The Thicket" réussit à divertir grâce à son humour décalé et à sa bande de personnages marginaux.
Comment deux Français se sont-ils approprié l'une des sagas d'horreur les plus iconiques d'Hollywood ? Sébastien Vaniček et Florent Bernard reviennent sur la genèse de "Evil Dead Burn", ses partis pris narratifs et techniques, et la place qu'il occupe dans une franchise qui avance, plus que jamais, à tâtons.
Dans cet entretien, la réalisatrice Victoria Verseau revient sur "Trans Memoria", un film intime et sensoriel où mémoire, deuil et transition se mêlent. Elle y évoque Meril, son amie disparue, la construction du film, la présence d’Athena et Aamina, et la manière dont son geste artistique interroge identité, survivance et transformation.
Dans "Libertate", le cinéaste Tudor Giurgiu revient sur un épisode oublié de la Révolution roumaine de 1989 : des centaines de prisonniers enfermés dans une piscine à Sibiu. Entre manipulation médiatique, violence d'État et quête de liberté, le film interroge notre rapport à l’Histoire.
Actrice aux multiples visages et réalisatrice audacieuse, Zabou Breitman revient avec Le Garçon, un objet filmique inclassable entre enquête documentaire et fiction. À l’occasion du festival Ciné Mania, elle se confie sur ce projet atypique, sa méthode intuitive et son attachement au Québec, dans un entretien à cœur ouvert.
Dans un premier long-métrage poignant, "L’âge imminent", le collectif Col·lectiu Vigília explore avec une rare sensibilité les thèmes de la dépendance et des relations intergénérationnelles, dans une approche presque documentaire. Rencontre avec ses créateurs.