Edito : De bonnes et funestes (ré)solutions

Edito Janvier 2016 : si des icônes nous quittent, David Bowie, Alan Rickman, Ettore Scola, d’autres luttent encore dans The Revenant, Carol, Spotlight, Free Love ou 45 ans

Ouvrir avec le tube de Stromae en ce début d’année, c’est un peu comme célébrer le réveillon avec une mauvaise gastro (je plains tous ceux à qui c’est déjà arrivé). On s’était plus ou moins tous promis que 2016 ne pourrait être pire que 2015. Mais que diable pouvons-nous y faire pour y remédier ? La mort nous a touché en plein cœur. CineSeriesMag a démarré l’édito en novembre pour défendre le cinéma contre la violence, sans oublier que l’arrivée du train à La Ciotat en a effrayé plus d’un (selon la légende), sans oublier que Made in France a été retiré du circuit pour son caractère quasi-prémonitoire des attentats terroristes, sans oublier… Qui est l’ennemi ? Daesh ? Ou nous-même pour scier la branche sur laquelle nous nous reposons en puisant dans les énergies fossiles, en nous avilissant devant un capitalisme qui finira par avoir la peau de notre démocratie, en continuant de vivre repliés sur notre nombril, en chopant des conneries comme le cancer qui semble se répandre comme une putain de MST! Peu importe l’ennemi, du moment qu’on a l’ivresse. Le dernier édito de décembre s’accordait avec l’introduction de Demain (encore en salle pour la 7ème semaine).

A peine les festivités digérées que le deuil continue de frapper à notre porte. Elle est belle la transition énergétique, économique, écologique. Économisons notre énergie, retournons à l’école. Ça tombe bien, Gaumont distribue Mon maître d’école. Le retour est morose et l’espoir au prochain carrefour. Des icônes nous quittent, au point de ne plus savoir comment fermer le robinet des désillusions. Wes Craven en août dernier, Chantal Ackerman en octobre, mon père en décembre, puis le leader de Motorhead, Lemmy Kilmister, Michel Delpech, Michel Galabru, David Bowie, Alan Rickman, René Angélil… 2016 ne s’annonce pas plus réjouissante. D’autant plus qu’ils ont tous succombé des suites d’un cancer sauf Galabru et Ackerman. Mais les morts ont toujours fait parti du calendrier et si nous sommes autant touchés, par cette prise de conscience soudaine des événements rapprochés, c’est probablement que nous grandissons. 2016, le passage à l’âge adulte ? Vice Versa nommé aux oscars pour meilleur film d’animation. La survie en milieu hostile (en mettant de côté la vengeance ?), The Revenant, pressenti pour son réalisateur et son acteur principal, j’ai nommé Alejandro González Iñárritu et Leonardo Di Caprio. L’ambition contrariée ? Joy et Jennifer Lawrence… The Big Short… L’émancipation donc mais l’apprentissage surtout ! La rédaction souhaite l’oscar à Room et Brie Larson. Alors sortez au cinéma (sortir pour rentrer dans une salle obscure, elle est belle l’expression). Les larmes couleront aussi par amour. : On accueille à bras ouverts les formidables duos Cate Blanchett/ Rooney Mara dans Carol, Ellen Page/ Julianne Moore dans Free Love et Charlotte Rampling/ Tom Courtenay dans 45 ans. Si ces trois histoires d’amour n’ont plus d’étiquette, ni de barrière – en théorie -, le combat reste entier. Contre les mentalités qui nous l’espérons, évolueront ces 365 prochains jours (l’homophobie ne devrait plus exister dans nos dictionnaires, alors qu’éconologie sera de plus en plus employé), contre le système judiciaire (Spotlight et la lutte contre la pédophilie), contre le cancer qui nous a pris nos idoles, contre nous-même pour ne pas voir que le bonheur n’est pas au bout du tunnel, mais EST ce tunnel. Alors parcourons le à pied, à vélo, en bus qui roule à l’éthanol ou en hoverboard (arrêtons l’analogie à Retour vers le futur une bonne fois pour toutes !), car il y a de très belles séries qui nous attendent.

Reprenons Stromae donc : quand c’est qu’on trouve du travail ? Avec Trépalium sur Arte ! Quand c’est qu’on retrouve HTGAWM après la pause hivernale ? The Missing, Daredevil, Sense8, mais surtout le retour de X-Files ! Quand c’est que les riches vont payer ? Suivez l’arrivée de Billion sur Showtime ! American Crime Story sur FX ! 22.11.63 par Hulu de JJ Abrams avec James Franco ! The Path avec Aaron Paul ! Vinyl de Scorsese et Mike Jagger ! Westworld sur HBO ..! Oh j’oubliais, quand c’est que tu te montres Xavier Dolan, on attend avec impatience The Death and Life of John F. Donovan et l’adaptation de Juste la fin du monde ! Comme quoi 2016 n’est pas si mal.

Post Scriptum : CineSeriesMag compte très prochainement faire peau neuve et vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre. Le chiffre des consultations mensuelles a dépassé la barre des 90 000, on espère franchir les 100 000 et d’ici l’année prochaine les 250 000. Et ce, grâce à vous !

Soyez heureux pour 2016 !

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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« Insidious : l’invasion du Lointain » ne réveillera pas notre intérêt pour la saga…

Entre un scénario prévisible, des incohérences avec le canon établi et des excursions dans le Lointain sans ambition visuelle, ce sixième épisode déçoit malgré quelques bonnes idées.

Mutiny : castagne en haute mer

Jason Statham traque ceux qui l'ont piégé à bord d'un cargo hostile, dans ce thriller de Jean-François Richet. La mécanique de "Mutiny" est bien huilée par endroits, notamment lors du combat final, mais le récit patine et le huis clos promis ne se referme jamais vraiment sur son héros.

Sanjuro (1962), d’Akira Kurosawa : « Le meilleur sabre est celui qui reste dans son fourreau »

Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.

Wake in Fright : les sirènes de la Yabba

"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.

« Soudain », un chemin patient vers l’intime

L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.
Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

A Short Story (2022), de Bi Gan : la fable qui rêvait déjà « Resurrection »

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