Homeland, saison 4 – Critique de la série

Synopsis : Carrie Mathison est désormais responsable de la cellule de la C.I.A., installée dans les bâtiments de l’ambassade des U.S.A. à Karachi, au Pakistan. Elle va se retrouver au sein d’un immense complot qui vise rien de moins qu’à frapper violemment les U.S.A. sur le sol pakistanais.

Retour au sommet pour la série Homeland, saison 4 !

Une série « born again »

On la disait à l’agonie, cette série d’un nouveau genre, qui avait tant fait parler d’elle à sa sortie. Il y avait du vrai pour les saisons 2 et 3, dans lesquelles les sous-intrigues sans réel intérêt avaient tendance à venir combler quelques vides scénaristiques. Mais il y avait aussi un brin d’exagération de la part de quelques fans quelque peu extrémistes, trop heureux d’apparaître plus puristes que les puristes, incapables de prendre ce qui venait, à savoir une légère baisse de régime d’une série qui avait commencé à un rythme épuisant.

Retour aux fondamentaux

On l’attendait quand même, cette saison 4, d’autant que s’il y a une chose qu’on ne peut pas reprocher aux sept scénaristes, c’est de ne pas savoir terminer une saison. Du coup, même avec une baisse de régime, on attend toujours la suivante sinon avec angoisse, du moins avec impatience. Impatience récompensée, avec cette quatrième saison, qui conserve les atouts des précédentes : acteurs extraordinaires, stress permanent, danger de mort avec lequel vivent des agents en sursis, terrorisme international et magouilles au sommet des états protagonistes.

Monter…et frapper !

Pourtant, on commence en douceur, si l’on excepte le lynchage du début, la suite (sans manquer d’intérêt), sert à mettre en place une gradation incroyable de maitrise, qui amène sans que l’on puisse s’en rendre compte, à l’apothéose de l’épisode 9. Cet épisode a marqué les fans au fer rouge et reste probablement le meilleur de la série et aller… de toutes les séries en général. Insoutenable est ce qui le qualifie le mieux, pas par la violence des images, mais par un suspens si intense qu’il est difficile à intituler. Le cinéma est un art et ici, le suspens devient un art dans l’art.

L’art de rater une fin

Il y a quand même un sérieux bémol, qui peut paraître anodin, mais qui a son importance. Le dernier épisode est, aussi incroyable qu’il paraisse, une véritable catastrophe. Comme un soufflé qui retombe, l’intrigue qui nous avait tenus en haleine, disparaît presque totalement de manière incompréhensible. On s’ennuie ferme, espérant en vain que quelque chose ne se passe et puis…rien ! Rien ne se passe et la saison se termine en eau de boudin, oubliant même de mettre en place cette catastrophe de « dernière minute » qui fait qu’on y reviendra. On croirait presque que les scénaristes se sont trompés, n’avaient de scénarios que pour onze épisodes et se sont retrouvés à « remplir » le dernier. Cette faute n’enlève rien au génie de cette saison…mais ça reste une faute.

Triolisme

Faute à moitié pardonnée face à une Claire Daines (Roméo & Juliette) qui continue de tutoyer le firmament avec son jeu d’actrice. Il y a du génie en elle, c’est incontestable. Comment expliquer sinon qu’elle soit si convaincante en agent de la CIA bipolaire, aux prises avec une vie privée et professionnelle plus que compliquée ? Elle a été stupéfiante dès le premier épisode de la première saison et son talent ne s’est pas démenti depuis. Et puis non, cette série est une mine à génies car, aux côtés de Claire Danes, Mandy Patinkin (Le Rôle De Ma Vie) et F. Murray Abraham (Amadeus) offrent un des plus extraordinaires trios qu’on a vus.

Un générique

Puis il y a ce générique, aussi soigné que dans la plupart des séries actuelles, qui varie au gré des saisons et au gré des événements géopolitiques mondiaux. Ce générique, qui mélange avec intelligence les tenants et les aboutissants de la menace terroriste et les troubles obsessionnels de Carie. On le sait aujourd’hui, le générique d’une série est devenu le premier contact par lequel le téléspectateur jauge le niveau artistique de ce qu’il va regarder. Plus rien d’étonnant donc à ce que leur symbolique, leur esthétique et leur musique font l’objet d’autant de soins.

Saison 5 : transformer l’essai

Bref, une série qui doit assumer le petit ventre mou que sont les saisons 2 et 3, mais qui vient de donner une gifle magistrale à tous les fans qui avaient baissé leur garde. Les deux précédentes manquaient de rythme (difficile d’apprécier les limitations de vitesse quand on a l’habitude de rouler à tombeau ouvert), mais savaient ménager leur dernier épisode, cette fois c’est l’inverse. Espérons que pour la saison 5, les scénaristes parviendront de nouveau à concilier les deux, comme ils l’avaient brillamment fait lors de la première !

Homeland : Bande-annonce

Homeland – Fiche Technique 

Créateurs: Howard Gordon & Alex Gansa
Diffuseur U.S.A: Showtime
Diffuseurs France: Canal+ & D17
Réalisation : Michael Cuesta, Clark Johnson et Jeffrey Nachmanoff
Scénario : Howard Gordon, Alex Gansa, Gideon Raff, Chip Johannessen, Alexander Cary, Henry Bromell (saisons 1 et 2) et Meredith Stiehm
Direction artistique : Geoffrey S. Grimsman
Décors : John D. Kretschmer
Costumes : Katina Le Kerr et Marina Draghici
Photographie : Nelson Cragg
Montage : Jordan Goldman, Terry Kelley et Joe Hobeck
Musique : Sean Callery
Casting : Claire Daines, Mandy Patinkin, F. Murray Abraham, Rupert Friend, Laila Robins

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