No Pain No Gain, un film de Michael Bay : Critique

No Pain No Gain, une comédie noire d’inspiration tarantinesque

No Pain No Gain s’inspire de l’histoire incroyable mais vraie de ces trois kidnappeurs amateurs qui, à la recherche d’une vie meilleure, se retrouvent embarqués dans une série d’actes criminels qui dégénèrent rapidement… Rien ne se déroule jamais comme prévu!

Michael Bay, est le réalisateur connu de films comme 2 Bad Boys, la trilogie blockbusters des Transformers ou encore Armageddon et Pearl Harbor, des films grands spectacles, du lourd.

Loin des blockbusters explosifs, Michael Bay signe ici une comédie noire de son vrai titre Pain & Gain traduit en français « No Pain No Gain », sur fond de rêve américain, à partir d’une histoire basée sur des faits réels, où 3 culturistes dégénérés décident de monter un plan et de braver la loi en kidnappant un self-made man « qui aura une réplique à retenir » «T’es fauché parce que t’es un gros con qu’a jamais fait d’études» pour le forcer a leur donner tout ce qu’il a.

S’inspirant de Pulp Fiction et de Fargo, Michael Bay livre un film où il traîne dans la boue la notion de rêve américain, en prenant pour héros des décérébrés qui voulaient croquer la Big Apple.

L’idée de mettre sur pellicule des criminels idiots, la vraie histoire du gang Sun Gym, ne va pas être appréciée par tous le monde. Le film a des imperfections mais il n’en reste pas moins drôle, violent, cynique par moment, voire dérangeant. Michael Bay fait preuve de sarcasme, d’autodérision en critiquant ce qu’il a érigé en valeurs, le patriotisme et le fameux American Dream.

Ce film joue sur le décalage, l’humour noir est omniprésent. Il est fascinant de voir le prix qu’est prêt à payer le chef de Gang, Daniel Lugo incarné par l’excellent Mark Wahlberg, un idiot congénital qui croit que la vie se résume en belle voiture, maison et argent en abondance. Ce film est une véritable critique du mode de vie à l’américaine, où tuer et torturer son prochain sans jamais prendre conscience de la monstruosité de ses actes est juste un moyen comme un autre d’arracher le rêve. Les 3 criminels réalisent l’adage du tout est possible aux USA avec une telle innocence idiote que même les moments les plus durs prêtes à rire.

Le style outrancier de Bay parvient à nous dresser un tableau des dérives de cette Amérique avec son culte du corps, la glorification de bimbos décérébrés où n’importe quel crétin peut devenir un modèle.

A travers des images très travaillées, de beaux ralentis, la voix off constante avec en arrière plan la bannière étoilée, une bonne bande son, Mickael Bay réalise un film délirant, une fable cruelle qui lève le voile sur cette illusion qu’est le rêve américain …

Pour le reste du casting il est bon de retrouver le formidable Tony Shalhoub (que certain reconnaîtront pour avoir joué dans la série Monk), le charismatique Ed Harris et Dwayne Johnson qui interprète un personnage surréaliste, grâce à sa dualité morale, une montagne de muscles, un fou de dieu, amoureux du Christ au visage béat, ne supportant pas la violence et qui tabasse des mecs car tuer un homme c’est lui éviter de souffrir. Un rôle de tordu croyant franchement hilarant!

Un film un peu trop long, mais un scénario totalement déjanté, de l’humour noir grinçant décapant. No pain No gain est à la fois drôle et sarcastique, il transforme le rêve en cauchemar et la laideur en une sorte de beauté.

Synopsis : A Miami, Daniel Lugo, coach sportif, ferait n’importe quoi pour vivre le « rêve américain » et profiter, comme sa clientèle fortunée, de ce que la vie offre de meilleur : maisons de luxe, voitures de course et filles de rêve…Pour se donner toutes les chances d’y arriver, il dresse un plan simple et (presque) parfait : enlever un de ses plus riches clients et… lui voler sa vie. Il embarque avec lui deux complices, Paul Doyle et Adrian Doorbal, aussi influençables qu’ambitieux.

Fiche Technique – No Pain No Gain

Réalisé par: Michael Bay.
Avec: Mark Wahlberg, Dwayne Johnson, Anthony Mackie, Tony Shalhoub, Ed Harris, Rob Corddry, Bar Paly, Ken Jeong et Rebel Wilson.
Genre: Action, Drame, Comédie.
Nationalité: Américain.
Titre original: Pain & Gain.
Distributeur: Paramount Pictures France.
Durée: 2h09min.
Date de sortie: 11 septembre 2013.
Public: Interdit aux moins de 12 ans.

 

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Primetime – Tel est pris qui croyait prendre

Avec Primetime, Lance Oppenheim transforme les dérives d’une émission américaine controversée en thriller trouble et formellement radical, porté par un Robert Pattinson impressionnant.

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

Primetime – Tel est pris qui croyait prendre

Avec Primetime, Lance Oppenheim transforme les dérives d’une émission américaine controversée en thriller trouble et formellement radical, porté par un Robert Pattinson impressionnant.

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.