Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Mea Culpa se révèle être d’une efficacité redoutable, livrant des séquences d’action véritablement palpitantes et superbement filmées/montées. Pour s’en assurer, il n’y a qu’à voir la séquence du TGV.
Hercules à le bon goût de ne pas se prendre au sérieux et l’intelligence de ne pas prendre son public pour des buses. Par des touches d'humours judicieusement placé pour ne pas devenir redondante, le blockbuster que l'on attendait burné et gonflé à la testostérone se révèle suffisamment roublard pour surprendre.
Sils Maria est une vraie réflexion sur le cinéma actuel, les attentes d’un public jeune, le star system et sur l’économie qui régit tout cela. Véritable chef d’œuvre de cinéma qui parle de cinéma et qui exploite avec un propos vif et cynique le monde artistique actuel.
Match Retour est un long-métrage fort sympathique, qui amuse. Mais en étant qu’une simple comédie dramatique sportive, le film passe à côté de la parodie hilarante à tendance nostalgique qu’il aurait pu être.
Le film est une juxtaposition de gags plus ou moins réussis. Parmi les plus réussis, on trouve par exemple Michael Lonsdale dans des gags très visuels où il se lève et se rassied de manière très majestueuse, mais tel un automate rouillé, qui déploie péniblement ses éléments un à un, vraiment hilarant
On ne peut pas dire que The salvation soit un mauvais film, c’est un film plutôt divertissant, mais qui n’apporte rien au genre. Du coup, il oscille entre une dimension commerciale qu’il pourra vraisemblablement satisfaire, et une volonté artistique qui a visiblement raté sa cible.
On voit certains enfants prêts à pleurer; signe sans doute d'une société qui laisse de moins en moins de place à la liberté d'expression ou de création que l'on discerne également dans Koyaanisqatsi,
Taken a lancé une mode pour le cinéma d’action franco-américain signé par Luc Besson (scénariste/producteur) : faire venir dans notre chère capitale une star hollywoodienne pour que cette dernière « s’amuse » comme il se doit, flingue à la main.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.