Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
De très loin le meilleur film de Gilles Legrand, L’odeur de la Mandarine peut sembler désuet sur le fond comme sur la forme mais sait tirer l’avantage des moments d’intimité entre ses deux excellents acteurs, et ce même si leurs personnages disparaissent derrière le discours tenu sur la difficulté de s’épanouir sexuellement sans amour.
Malgré quelques scènes cruellement gores, le film reste une comédie noire loin de l'esprit malsain de ses modèles italiens, mais ne méritait-elle pas mieux qu'une sortie en e-cinéma?
Alors que la Cinémathèque Française et la ville de Lyon, par l'intermédiaire du Festival Lumière, rendent hommage au talent et à la personnalité unique du metteur en scène américain Martin Scorsese, focus sur la carrière et la vie mouvementée de ce prodige de la pellicule.
Un début prometteur est une comédie sur la famille avec Manu Payet et Fabrice Luchini, qui s'enlise dans une certaine facilité décrédibilisant toutes les vaines tentatives d'originalité.
L'utilisation du fantastique, et notamment de fantômes, non pas pour faire peur mais pour rendre le récit émouvant, est un dispositif pour le moins original. Fonctionnera-t-il en occident où le rapport aux morts est loin de celui de la tradition nippone ?
Cette semaine, une vague de bandes-annonces a déferlé sur la toile. Cineseries-Mag les a répertoriées rien que pour vos yeux : The X-Files, Ange et Gabrielle, The Big Short, Le Grand Jeu, Angry Birds
Le drame montagnard Everest qui relate la terrible ascension de deux cordées sur la montagne éponyme sort finalement sur les écrans. Annoncé comme la variation alpine du survival Gravity, que vaut donc ce périple mortel sur les cimes du toit du monde ?
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.