Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Rendez-Vous est une œuvre de la maturité pour Ernst Lubitsch, le maître de la comédie légère et élégante, mais non moins travaillée et écrite avec une rare intelligence. James Stewart et Margaret Sullavan y sont réunis dans un quiproquo exquis, donnant lieu à une romance inoubliable.
Scarface n'est pas seulement un classique du film de gangsters ayant inspiré des générations entières de cinéastes. C'est plus qu'un relief dans l'immense carrière d'Howard Hawks. C'est un monument de la mise en scène, l'écrin idoine de personnages aux déviances multiples, le révélateur d'une puissance mafieuse en extension constante... Et sans doute, cela va sans dire, un des plus grands films de l'histoire du cinéma.
Au regard des manifestations qui sévissent en France, des affaires d’Etat, des allusions complotistes qui pleuvent et lorsqu’on voit le fossé qui se creuse entre les différentes couches sociales de notre époque, on se dit que Cosmopolis de David Cronenberg, qui n’est autre que l’adaptation du roman éponyme de Don Delillo, est une douce mais inéluctable prémonition d’un chaos économique vertigineux.
Tarkovski expose les thématiques de son cinéma dans son second long métrage Andréi Roublev, oeuvre classique incontournable pour saisir toutes les obsessions du cinéaste.
Les soeurs Wachoswki sont surtout connues du grand public pour leur trilogie Matrix et l’aventure initiatique de l’enfant prodigue, Néo. Mais en 2008, vint au jour Speed Racer. Un long métrage ludique et créatif comme on en voit peu de nos jours. Film qui fut boudé à sa sortie, mais qui au fil du temps montrera sa réelle valeur: celle qui dépasse l’ombre des films cultes, pour devenir celle d’un grand film.
La Dernière séance, c'est en quelque sorte l'antidote aux usines à rêves hollywoodiennes : jeunesse lasse et sans perspectives, géographie du désespoir, libertés offertes par la fin du Code Hays en contradiction directe avec les nombreuses entraves qui maintiennent leur emprise sur les personnages... Peter Bogdanovich réalise le film le plus pessimiste du Nouvel Hollywood avec un classicisme quasi suranné.
Revenons sur le Cabinet du Docteur Caligari, film qui a influencé tout un pan de l'histoire du cinéma et a inspiré un genre à lui tout seul : l'expressionnisme.
Dernier film d'Andreï Tarkovski, Le Sacrifice n'est pas tant un film-testament qu'un film-somme, qui réunit toutes les qualités et toutes les thématiques du cinéaste : la rédemption d'une humanité qui rejette la transcendance, des plans-séquences d'une audace technique et visuelle impressionnante, des réflexions vertigineuses mais aussi une capacité à toucher les émotions les plus profondes de chacun d'entre nous.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.