Saul Bass : trouver l’ouverture…

Il est cinéaste, graphiste, illustrateur, consultant visuel, créateur de logos, storyboarder. Il a collaboré avec Otto Preminger, Alfred Hitchcock, Martin Scorsese, Billy Wilder, Carol Reed, Stanley Kubrick ou William Wyler. Il est surtout célèbre pour avoir révolutionné le générique de film.

« Jusque-là, les génériques avaient tendance à se borner à n’être que de monotones listes de noms, largement ignorées, qu’on endurait, ou dont on profitait pour aller chercher du popcorn. Il semblait y avoir une réelle occasion d’utiliser le générique d’une manière nouvelle — de créer une atmosphère pour l’histoire qui allait être racontée […] Puis, ça m’a un jour frappé que le générique pouvait apporter une contribution plus importante au processus narratif. Cela pouvait devenir un prologue. » – Saul Bass

Il y a un avant et un après Saul Bass. Dans un premier temps, les films présentent des génériques sans originalité, se contentant le plus souvent de faire défiler des noms, parfois longuement, avant que les premières images ne viennent enfin s’inscrire à l’écran. Le travail de Saul Bass va bouleverser l’ouverture de film telle qu’elle était alors entendue : par des formes, des couleurs, des typographies et des idées annonçant ou symbolisant le spectacle à venir, le graphiste américain, passé à la postérité pour son travail avec Alfred Hitchcock, anime le générique, en fait un film dans le film et polarise d’entrée de jeu l’attention du spectateur.

Comment préfigurer un long métrage de deux heures dans un générique de quelques minutes ? Psychose y apporte un début de réponse. Le nom et le prénom de Janet Leigh finissent séparés, tandis que ceux d’Anthony Perkins sont écartelés à chaque coin de l’image. Faut-il y voir un indice sur le sort qui attend les deux personnages ? Dans Vertigo, un visage féminin se dévoile par bribes, comme un puzzle, avant que n’intervienne la fameuse forme spiralée, les deux annonçant probablement la femme impossible à retrouver et l’obsession liant le héros à cette dernière. La Mort aux trousses fait se confondre les lignes colorées et artificielles du générique (le faux) avec un gratte-ciel en verre reflétant le tumulte urbain (le réel).

Saul Bass est l’instigateur d’une véritable approche graphique du générique. Il possède la capacité quasi unique d’associer durablement et instinctivement une image, ou une forme, à un film. Martin Scorsese dira à son propos : « Ses génériques ne sont pas de simples étiquettes sans imagination – comme c’est le cas dans de nombreux films – bien plus, ils font partie intégrante du film en tant que tel. Quand son travail apparaît à l’écran, le film lui-même commence vraiment. » Saul Bass se passionne tôt pour le dessin. Il est initié au courant Bauhaus par le peintre et théoricien de l’art d’origine hongroise György Kepes, qu’il rencontre au Brooklyn College. L’hommage le plus célèbre à son travail demeure probablement le générique de la série Mad Men, qui croise des éléments d’Autopsie d’un meurtre, Vertigo et La Mort aux trousses.

Saul Bass est donc indubitablement l’inventeur du générique moderne. Tout graphiste se reconnaît dans son travail – ou s’en inspire. Ses ouvertures constituent des levers de rideau : elles impulsent une ambiance et traduisent visuellement le contenu d’un film, ou les éléments dont il se réclame. Animation par découpage, peinture, prises de vues réelles ou animées, Saul Bass multiplie les techniques, mais se range le plus souvent à l’épure formelle. Celui qui réalisera en 1974 son unique long métrage, Phase IV, a par ailleurs vraisemblablement eu un rôle-clé dans l’élaboration de la scène de la douche de Psychose, peut-être la plus célèbre de l’histoire du cinéma. Certaines sources affirment qu’on lui devrait notamment le découpage haché de la séquence.

Peu importe, son nom demeurera de toute façon longtemps inscrit au panthéon du septième art.

Festival

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Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

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Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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