Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Son of a Bitch, moyen-métrage belge de Rémi Clobert, est une belle découverte de 28 minutes, un drame onirique réalisé début 2015 et projeté pour la première fois lors de la 8ème édition de « Namur fait son Cinéma ».
Moins prenant et angoissant que son prédécesseur, Sinister 2 se présente aux spectateurs comme un film d’horreur tout ce qu’il y a de plus conventionnel et qui ne fera nullement date dans ce style de cinéma.
While we're young démarre lentement, entre constat facile d’une société stérile et portrait du couple asphyxié par sa monotonie, un scénario un peu décousu, lumière filtrée déjà vu, et mouvements de caméra superflus, Baumbach s’emmêle un peu dans les codes d’un cinéma indépendant très convenu.
Port-au-Prince, Dimanche 4 janvier, nous emmène dans le tumulte de la révolte étudiante en Haïti. Le film de François Marthouret est-il à la hauteur de Bicentenaire, roman de Lyonel Trouillot, qu'il adapte ?
Le réalisateur Laurent Tuel a voulu coller au plus près du "combat ordinaire", le roman graphique du même nom de Manu Larcenet. Mais à force de s'être trop approché de la flamme, il s'est un peu brûlé les ailes. Voici pourquoi...
Si une chose doit être retenu de cette séance ciné, c’est indubitablement que Sutter devrait se contenter du format série qu'il maitrise parfaitement et dans lequel il se permet de sortir des sentiers battus pour offrir un peu de ce politiquement incorrect plutôt que signer de tels scénarios de long-métrages qui peuvent être condensés en moins de deux minutes.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.